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mar, 10/03/2015 - 00:00 La synthèse est en cours de rédaction.

De quoi parle-t-on ?

Direction du numérique pour l’éducation
le 20/01/2015 - 00:00

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves

Utiliser les technologies numériques pour apprendre, s’informer, se construire, explorer et découvrir le monde, semble à la portée de tous les élèves. Avatar de la pédagogie pour les uns, nouvelle opportunité pour la réussite des élèves selon les autres, tout le monde s’accorde au moins sur le fait que le numérique est en train de modifier en profondeur les manières d’apprendre, d’accéder à la connaissance et d’interagir. Selon quelles modalités et dans quel sens se fait cette transformation ? C’est ce qu’il nous faut chercher à comprendre, en observant ce qui se passe dans les classes et en écoutant les principaux acteurs de ce changement.

De nombreuses expérimentations ont montré que l’usage bien pensé d’outils et de ressources pédagogiques numériques rend les enseignements plus stimulants, plus attractifs et augmente la motivation, l’activité et l’engagement des élèves dans leurs apprentissages.

Aujourd’hui 79% des 12-17 ans se connectent tous les jours à Internet de leur domicile. 41 % des enfants et adolescents de 12 à 17 ans disposent d’une tablette. L’introduction dans le cadre scolaire des supports mobiles, maniables et plus légers dans les cartables, semble ouvrir des pistes nouvelles et démultiplier les possibilités déjà offertes par les connexions à distance à des ressources ou un environnement de travail.

Dans ce nouveau contexte, les questions posées sont :

  • De quelle manière le numérique peut-il contribuer à l’amélioration des apprentissages et à la réussite des élèves ?
  • Quels sont les besoins en termes de ressources, d’accès et d’équipements permettant d’atteindre ces objectifs ?

Quels défis ? Les enjeux

Proposer un défi
AFDEL
#1123, le 09/03/2015 - 17:25

EQUIPER LES ECOLES ET ETABLISSEMENTS SCOLAIRES EN TECHNOLOGIES NUMERIQUES

L’AFDEL appelle à ce que l’Etat donne une impulsion forte en faveur de l’équipement des écoles et établissements scolaires en technologies numériques, dans la lignée des annonces du Président de la République de l’automne 2014.  

Les équipements numériques – tablettes, ordinateurs, tableaux interactifs etc. – constituent à la fois des points d’accès aux contenus et  des outils de création numérique. L’AFDEL tient en particulier à rappeler l’importance de la plateforme logicielle qui, derrière l’outil matériel, apporte l’intelligence à l’équipement.

Il convient ainsi d’accélérer la diffusion dans les classes des équipements numériques et la transformation des manuels scolaires, au service de l’éducation et de la pédagogie : travail collaboratif, créativité, communication, esprit critique etc.

La transformation numérique des écoles et établissements scolaires doit naturellement s’insérer dans une approche globale. Elle n’est possible que si elle est accompagnée par le déploiement du très haut débit. Les écoles doivent aussi être dotées d’une infrastructure qui permette d’accueillir et d’utiliser facilement des terminaux mobiles : il est ainsi indispensable d’investir dans un équipement Wifi de qualité. Il convient également de donner une impulsion forte en faveur de la formation – initiale et continue – des professeurs, qui est un élément clé de la réussite du projet; une collaboration entre l’Education nationale, les collectivités territoriales et les entreprises pourrait permettre un investissement plus important et ciblé en matière de formation, au bénéfice de la transformation numérique de l’école. Dans tous les cas, sur le terrain, il conviendra de s’appuyer en premier lieu sur les enseignants les plus motivés.

Dans la mise en œuvre du plan, l’AFDEL préconise l’établissement d’un dispositif national, qui permette d’abonder les dépenses en équipements numériques des collectivités territoriales.  Nous recommandons également, dans le mécanisme d’abondement qui sera défini par l’Etat, la bonne prise en compte des projets déjà engagés par les collectivités territoriales, afin de ne pas remettre en cause des dynamiques lancées, et de veiller à préconiser une diversité de solutions. Il est également impératif de veiller à ce que les budgets des collectivités territoriales pour l’achat des manuels scolaires puissent bien être mobilisés pour les ressources numériques.  

AFDEL
#1122, le 09/03/2015 - 17:13

SYNCHRONISER LA STRATÉGIE NUMÉRIQUE ÉDUCATIVE AVEC LA POLITIQUE INDUSTRIELLE DU GOUVERNEMENT, ET RESPECTER LA NEUTRALITÉ DE LA COMMANDE PUBLIQUE

La stratégie numérique éducative devra en outre se synchroniser avec la politique industrielle du gouvernement définie notamment dans le cadre du plan e-éducation (un des 34 plans du gouvernement), afin de jouer son rôle de soutien à l’écosystème français en particulier aux PME et ETI du secteur de l’édition de logiciels, par exemple dans le domaine des applications éducatives ou des Environnements Numériques de travail (ENT). Il ne s’agit naturellement pas de déterminer les choix d’outils, de ressources, et de technologies numériques selon des critères de pure politique industrielle ; l’ambition doit être toute entière tournée vers l’éducation et la réussite des élèves, mais la puissance publique doit en parallèle impérativement être consciente du rôle de la commande publique sur l’écosystème. L’effet de levier de l’achat public demeure en effet déterminant pour faire émerger des champions du numérique éducatif, à vocation exportatrice.

Ce levier doit être activé dans le respect du principe de neutralité de la commande publique.  Ainsi, c’est l’accès de tous les acteurs économiques à la commande publique qui garantira le mieux l’adéquation entre les besoins numériques de l’école et les actes d’achat de la puissance publique. Plus globalement, et du point de vue de la politique industrielle, on ne construit pas de filière d’excellence, porteuse d’innovation, sur la discrimination de certains acteurs économiques. L’AFDEL rappelle à ce titre que le choix entre différents modèles de logiciels ne peut intervenir a priori : il dépend du cadre d’utilisation, de l’importance et de la composition des communautés concernées, de la complexité des systèmes d’information et de leur niveau de criticité etc. Contrairement à ce qu’expliquent certains acteurs, ce serait donc une erreur de décréter en amont que tel type de logiciel (qu’il soit libre ou propriétaire) est le meilleur a priori. Il faut analyser chaque contexte et chaque cas d’usage.

Au-delà, cela signifie également qu’un dialogue en amont avec les industriels est nécessaire. On doit à tout prix éviter de réinventer les outils et les usages. Il faut, tout en laissant une liberté de choix aux enseignants et aux collectivités, rester en phase avec les outils existants. Dans la mesure du possible, il semble ainsi préférable d’apprendre aux élèves à utiliser les outils répandus dans le monde professionnel plutôt que  de travailler sur des outils « maison » de l’éducation nationale. Ce type de question se pose de façon très concrète, par exemple, dans la préparation aux métiers de la comptabilité, à l’aide de différents logiciels d’ERP (Enterprise ressource planning).  

Luc Belot - Deputé
#1121, le 09/03/2015 - 17:11

Des outils mobiles pour une école ancrée dans le réel et tournée vers l’avenir

Aujourd’hui, les nouvelles générations sont nées avec les nouveaux outils numériques, les évolutions technologiques sont plus rapides que nos réactions et l’intégration pédagogiques de ces nouveaux outils.  Alors que ces dix dernières années, nous avons aménagé des salles dédiés à la pratique de l’outil informatique, nous nous apercevons que l’école a besoin d’outils mobiles, qui viennent soutenir les enseignements dispensés par les équipes pédagogiques.

L’outil numérique ne doit pas être perçu comme une menace, une pratique qui viendrait remplacer l’écrit, les connaissances indispensables mais bien comme un outil complémentaire, pour lequel nous devons y associer des usages précis. 

 

  •          Un formidable outil pour redonner aux élèves le plaisir d’apprendre et favoriser la réussite de tous les élèves

 

Un des outils pour combattre la fausse fatalité de l’échec scolaire, c’est de préparer nos enfants au monde de demain, pour qu’ils en soient des acteurs et non des sujets. Chaque jeune citoyen français doit être pleinement instruit des potentialités du monde numérique qui l’entoure.

1 élève sur 5 qui entre au collège ne maîtrise pas correctement la lecture ou l’écriture. Ce premier chiffre nous pousse à agir, à donner la priorité à l’éducation. Depuis 2012, nous avons apporté des réponses, en donnant plus de moyens à l’école, en retravaillant les programmes, de la maternelle à la terminale, pour qu’ils soient mieux adaptés à la réalité de notre société. Nous avons choisi de renforcer l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. C’est dans cette optique que nous devons collectivement repenser l’apprentissage du numérique pour qu’il accompagne l’apprentissage des fondamentaux. 

L’Ecole de la République doit redevenir celle de l’égalité des chances, de la réussite pour tous et de l’épanouissement de nouveaux talents.

Les enseignants du primaire construisent, inventent, s’adaptent sans cesse pour répondre aux besoins de leurs élèves, nous ne le disons pas assez. Si nous réussissons à associer leur inventivité aux outils numériques modernes, nous aurons les deux atouts complémentaires qui vont rendre la réussite scolaire possible. Le numérique est un formidable outil pour redonner aux élèves le plaisir d’apprendre. Les dalles numériques, par exemple, permettent aux enseignants de travailler facilement sur la syntaxe ou la grammaire en faisant glisser les mots pour les mettre dans l'ordre ou en mettant en évidence certaines fautes.

 

  •          Arrêtons l’informatique, passons au numérique

 

Mais il ne faut pas confondre Informatique et Numérique. Depuis le milieu des années 80 et le plan Informatique Pour Tous, l’Education Nationale a peu fait évoluer sa réflexion sur les outils. Nous en sommes restés à l’informatique comme outil technique : traitement texte, rédaction de mails, recherches sur Internet ; ou aux exerciseurs qui ne font que transposer sur un nouveau support ce qui se faisait sur papier …

L’école doit faire sa mue numérique. L’outil seul n’a aucune importance. Il n’apprendra jamais rien de solide et durable aux élèves. Par contre les outils numériques sont les supports de cette nouvelle pédagogie au service des apprentissages de base, mais aussi et surtout de la différenciation, de la remédiation, du travail en autonomie ou en petit groupe. Loin d’un modèle descendant ou magistral, l’enseignant adapte sa pratique aux réalités de sa classe, aux difficultés de quelques-uns, à la réussite pour tous.

Alors que nous sommes le 2ème pays au monde pour l’équipement de notre administration, la France est en retard en matière de numérique à l'école : 8ème rang européen pour l'équipement de ses établissements secondaires, au 12ème rang européen pour ses écoles et au 24ème rang pour ce qui est de l'accès à l'outil numérique et sa maîtrise dans un contexte pédagogique.

Les ordinateurs de fond de classe et autres salles informatiques doivent être remplacés par des chariots numériques connectés avec tablettes. Nos tableaux noirs, blancs et même nos premières générations de vidéoprojecteurs interactifs doivent céder la place aux dalles numériques connectées. Le passage au numérique c’est également la mise à jour plus fréquente des manuels, des contenus interactifs donc plus attrayants, avec la possibilité d'enregistrer sa voix chez les élèves non francophones pour faciliter l'apprentissage de la langue, et beaucoup d’autres possibilités.

Les adultes d’aujourd’hui découvraient il y a peu ce qu’était d’ « aller » sur Internet, les futures générations seront en permanence « dans » Internet. C’est pourquoi il est indispensable que tous les élèves, dès le plus jeune âge, apprennent  à coder et soient initiés à la Programmation. Il ne s’agit pas d’en faire tous de futurs ingénieurs, mais bien de répondre au double enjeu de la compréhension et de la maîtrise des usages, de préparer les générations futures à évoluer et comprendre le monde connecté dans lequel ils vivront. Au-delà des usages, ce sont aussi les « principes » de collaboration, d’ouverture, de partage, de travail en plusieurs phases successives (itération).

 

  •          Le numérique au secours de la fracture territoriale 

 

Les espaces ruraux de faible densité sont par définition isolés, mal desservis et peuvent avoir des difficultés à s’équiper en outils numériques. Ce sont ces zones fragilisées (Gabriel Dupuy) qui souffrent de plus en plus de la fracture numérique, et par ce biais ce sont les enfants des zones rurales qui portent cet handicap. Les programmes et l’enseignement scolaire doivent être le même sur tout le territoire national pour donner la même chance, telle est la promesse de l’école Républicaine. Or, nous nous apercevons que le numérique peut accentuer une fracture déjà existante, celle de la fracture culturelle. L’équipement des écoles en outils numériques est une des réponses permettant de répondre à cet éloignement géographique, ils permettent d’ouvrir le champ des possibilités et des contenus en donnant le même accès pour tous, celui d’internet et de la richesse d’informations qu’il contient.

Le plan numérique rural, développé en 2009, dans les écoles a permis d’équiper leurs classes en outils et matériels informatiques. Toutefois, l’équipement en informatique n’est pas toujours synonyme  d’utilisation qui dépend parfois de la formation des enseignants à ces nouveaux outils et du temps de mise en place de l’activité. 

Ainsi le rapport consacré à l’enseignement des mathématiques à l’école primaire (2006) note que « le recours à l’informatique pour l’enseignement des mathématiques relève de l’exceptionnel. Aucune séance n’a été observée dans un contexte où chaque élève serait devant un poste informatique. Les ordinateurs de fond de classe souvent présents sont vraiment peu utilisés pendant les temps dédiés aux mathématiques ».

Cette question de l’équipement est centrale, beaucoup d’écoles pensent aujourd’hui à modifier leurs équipements et surtout leur salle informatique où les élèves se déplaçaient pour des temps informatiques programmés. Aujourd‘hui, la mobilité des outils numériques comme les tablettes et leurs utilités pédagogiques transversales rendent l’utilisation des tablettes plus faciles. L’enseignant peut ainsi avoir besoin de cet outil à différents moment de l’apprentissage, pour des courts moments, pour illustrer des sujets précis (placer un pays sur une carte, illustrer une notion avec une vidéo …).

 

rems
#69, le 21/01/2015 - 08:31

Pérenniser les postes d'informaticien, Un CDI, un vrai statut informatique et un vrai salaire.

Dans les landes, depuis 2001 les classes de 3ieme et de  4ième (dotation plus tardive) sont doté d'ordinateur portables, "opération 1 collégien 1ordinateur portable" du conseil général. Sachant que les manuels ne sont pas numérisés ils se retrouvent avec  3 sacs quand ils ont sport, les élèves ne prennent pas du tout soin des ordinateurs, ils considèrent cela au  même titre qu'un cahier ou une trousse. Sur 300 machines j'ai déjà fait réparer en 4 mois  le tiers du parc des pc portables. Je suis AED TICE dans un collège landais .Alors AED tice un statut affreux , ce sont en fait des cdd de  1 an renouvelables 6 fois maximum payé au smic .Ce sont des postes très précaire , 41 h de travail semaine, pour s'occuper officiellement de l'opération des portables mais officieusement on s'occupe de tout le parc informatique du collège et on est a la solde du chef d'établissement qui peut nous faire surveiller la cours ou des classes quand il manque du personnel. Plus on avance dans cette histoire de numérique et plus on est pris pour des billes faut dire la vérité .On avance dans le numérique c'est bien mais les informaticiens on n'en veux pas , c'est clairement le constat qu'on voit au fil des jour sauf que les établissement en ont grandement besoin.( cela a été dit  dans un rapport de l'inspection générale).Le souci c'est que les professeur ne sont pas formé et les programme ne sont pas adapté a l'outil numérique , ici les ordinateurs sont utilisé maximum 3 heure par jour .

 

Il est incompréhensible de vouloir avancer dans le numérique sans prendre en compte qu'on a besoin de nous et qu'il faut pérenniser nos poste en revoyant le statut. J’aime mon travail et j'en suis fier, c'est le premier vrai boulot que je fais qui me plait vraiment c'est aussi pour ça que je trouve dommage la situation actuelle.

jean-louis
#263, le 23/01/2015 - 10:06

Personnel TICE

L'outil informatique prend une place de plus en plus importante dans l'éducation.
Cependant, les établissements n'ont pas de personnel pour s'occuper de la maintenance des outils informatiques. Le responsable TICE ne peut pas avec les quelques heures de décharge s'occuper de la maintenance de tout un établissement et les équipes mobiles d'agents territoriaux ne sont pas suffisamment nombreux pour répondre aux besoins d'une académie. C'est bien d'équiper les établissements et d'informatiser tous les services mais il n'y à personne pour s'en occuper.
Je prendrais par exemple mon cas, je suis technicien informatique, je m'occupe de la maintenance dans un collège depuis neuf ans. Pendant ces neuf années j'ai eu deux contrats différents.
Je suis entré avec un contrat d'avenir, 1 an renouvelable trois fois, à vingt-huit heures par semaine. Après ces trois années, vu que je faisais très bien l'affaire, on m'a proposé un contrat d'A.E.D, 1 an renouvelable six fois, à 38 heures par semaine.
Cette année est la dernière pour moi et l'établissement va devoir chercher une personne pour prendre la suite.

Donc après neuf années je vais être remercié et me retrouverais sans emploi.

Je pense qu'il serait bien de créer un poste de technicien informatique dans chaque établissement.

Michel Guillou
#7, le 19/01/2015 - 00:58

L’Internet à très haut débit, partout sur le territoire, sur chaque terminal de chaque classe, de la maternelle à l’Université, en rendant les acteurs responsables de leurs actes.

Les besoins en interme d'accès aux ressources et aux équipement son considérables :

  1. La priorité doit être donnée à la connectivité à l’Internet à très haut débit, partout sur le territoire, sur chaque terminal de chaque classe, de la maternelle à l’Université. Cette connectivité garantie peut s’accompagner de mesures de sécurité minimales mais cette question, notamment de l’accès à certains contenus, ne peut s’affranchir d’une réflexion éducative préalable.  Rien n’est et ne serait pire qu’une protection qui rende les acteurs irresponsables de leurs actes et de leurs engagements.
  2. L’accès aux ressources et aux équipements vient ensuite qui doit privilégier, en toutes circonstances, le projet personnel ou collectif des enseignants ainsi que valoriser tant que possible leur capacité à produire eux-mêmes des contenus. Toute démarche qui tendrait à les « décharger » de leurs responsabilités dans ces domaines pour les confier à d’autres serait vaine, à court et long terme.
FREDERIC PIERRON
#310, le 23/01/2015 - 17:52

Former des citoyens et pas des consommateurs en choisissant bien les outils et les contenus

Comme indiqué dans votre introduction : "79% des 12-17 ans se connectent tous les jours à Internet de leur domicile. 41 % des enfants et adolescents de 12 à 17 ans disposent d’une tablette."

 

 

EVITER LE DOUBLE EMPLOI ENTRE LE TERMINAL DE LA MAISON ET CELUI DE L'ECOLE

Comment allez-vous aborder ce sujet rationnellement ? J'ai bien peur de voir des enfants disposer de tout en double : la tablette de la maison et celle de l'école, moins performante, avec une ergonomie bizarre à cause d'une surcouche d'interface vendue par la société prestataire pour verrouiller son marché. C'est déjà ce que je vois sur le pc prêté à ma fille dans le val de marne...

PROPOSER QUELQUE CHOSE DE COMPLEMENTAIRE ET NON REDONDANT

C'est un peu la même idée, mais j'insiste, si vous voulez éviter les gaspillages inconsidérés, ne cherchez pas à proposer ce à quoi les enfants ont déjà accès. Ils auront tous une tablette à la maison, voire personnelle, d'ici à ce que ces chantiers voient le jour. A tout le moins, ils disposent presque tous d'un smartphone, mini tablette. 

Il va donc falloir imaginer un dispositif complémentaire, qui ouvre le champ à de nouvelles expériences et à une autre vision du numérique que le numérique marchand auquel ils ont déjà accès.

EVITER LA TABLETTE, QUI EST UN PRODUIT MARKETING FERME

La tablette, le smartphone, ils ont déjà, Windows ou Mac, ils ont déjà (oui, je sais que certaines familles n'ont pas, mais j'y reviendrai).

Le smartphone n'est pas adapté.

La tablette est un produit fermé : on n'est qu'un simple utilisateur, il est très difficile de créer quoi que ce soit avec une tablette. Pour des raisons à la fois de sécurité et des raisons marketing, il est impossible d'installer une application sous iOS (tablette iPad) et très difficile sous Android (il faut avoir installer avant un kit de développement conséquent, créer des certificats, etc..., sous ces conditions très techniques, c'est possible). L'utilisateur ne peut donc que consommer le contenu, ou créer dans les limites de ce que permet l'application, autrement dit, pas grand chose.

Certes les tablettes, c'est séduisant, léger, facile d'emploi, mais honnêtement, c'est vraiment tout sauf une façon de faire de nos enfants de futurs citoyens...

FORMER DES CITOYENS, PAS DES UTILISATEURS DE GOOGLE, FACEBOOK

La formation au numérique doit libérer les citoyens de tout contexte marchand et leur donner le choix d'être captif ou actif, autrement dit, d'être un consommateur ou un créateur.

Ainsi, il ne faut pas former les enfants à l'usage de Google, mais leur faire comprendre ce qu'est un moteur de recherche, comment ça marche, comment Google piste ses utilisateurs, et construit ses résultats pour afficher de la publicité. Il faut leur faire utiliser d'autres moteurs, Bing, Yahoo, mais aussi Duck Duck ou d'autres formes de moteurs de recherche, comme les moteurs visuels, etc... Il faut leur donner les moyens de comprendre puis de choisir par eux-mêmes les outils qu'ils veulent employer et que ces choix soient motivés. J'aimerais que mes enfants soient critiques vis à vis des moteurs de recherche et se demandent quels sont les algoritmes qui génèrent les résultats. Pourquoi Google a écarté les contenus universitaires et savants (en les plaçant faussement dans sa library) pour n'afficher que des contenus marchands.

De même, je pense qu'il faut expliquer ce qu'est une interface : montrer la différence entre une console texte, une interface graphique, une interface Mac / PC / Linux et de la même façon leur faire comprendre les avantages et les inconvénients des différentes interfaces. J'aimerais que mes enfants sachent que Mac récupèrent les données de recherche lancées via Spotlight (donc pour chercher un fichier sur son ordinateur personnel et les communique à ses data centers, à Google et Microsoft (hé oui !).

J'aimerai que mes enfants comprennent ce qu'est un réseau social, comment ça marche, comment on publie des données, comment en reserve le contenu à quelques cercles, comment on récupère ses données et comment on les efface.

POURQUOI PAS DU LOGICIEL LIBRE, Y COMPRIS LE SYSTEME D'EXPLOITATION ?

Oui, pourquoi, comment de nombreuses administrations l'ont fait, l'Education Nationale ne proposerait pas d'aborder le numérique via le logiciel libre et le système d'exploitation Linux ? Linux dispose maintenant d'interfaces graphiques qui sont parfaitement concurrentes des Windows et des Mac. Linux est moins répandu pour le grand public parce qu'il est gratuit et que ni HP, ni Microsoft, ni Apple ne pourrait justifier la vente d'un produit... gratuit. Tous les logiciels possibles et comparables aux logiciels payants, avec une ergonomie identique, existent sous Linux. Mais mieux, parce que le code source est disponible il est possible de modifier le logiciel et de l'adapter à ses besoins. 

ET MEME POUR LES PETITS ?

Oui, même un petit enfant peut utiliser Linux aujourd'hui. Et plus tôt il l'utilise, plus il le maîtrisera. 

Pour les plus grands, dès 8 ans, il est possible d'apprendre à programmer, pardon, coder. Les langages Python, Ruby, Lua, sont tous des logiciels libres..

INTERNET NE FONCTIONNE QUE PAR LES LOGICIELS LIBRES

Retenez bien aussi ceci : le réseau Internet que vous utilisez tous les jours fonctionnent à 99% sur Linux et avec des logiciels libres. Apple, Microsoft n'utilisent pas leur serveur sous OS X ou Windows pour leur propre service,... ils veulent avoir toute liberté de création ! Et nous allons interdire à nos enfants d'être libres, d'être capables de comprendre comment fonctionne un ordinateur, comment le modifier pour l'adapter à ses besoins ? J'aimerais que mes enfants soient capables de manipuler leurs propres données. Demain, tout sera numérisé. On parle beaucoup de big data, pourquoi ne pas construire les générations d'ingénieurs et de citoyens dont nous aurons besoin ? Pourquoi ne pas leur apprendre à disposer de l'ordinateur et non de s'adapter à l'ordinateur ? Pourquoi les soumettre à des interfaces marchandes ? 

EN RESUME...

1. Pas de tablette, qui est un produit marketing dont nos enfants disposeront chez eux.

2. Des logiciels libres sur un système d'exploitation libre : un PC + Linux

3. La formation à l'informatique, au codage, au comment ça marche le plus rapidement possible. Je n'ai que faire que mes enfants cliquent au lieu de cocher une case avec un stylo...

4. Faites des citoyens : à logiciel libre, homme libre.

FREDERIC.

 

PS : Si vous tenez à la tablette, avant d'en acheter des millions d'exemplaires, demander à chaque enfant s'il en dispose d'une, et réservez l'achat de la tablette aux plus démunis. C'est économique et juste.

Frédéric JUPPONT
#77, le 21/01/2015 - 09:30

Utiliser à bon escient "le numérique"

Bonjour à tous,

Il ne suffit pas d'utiliser des outils différents pour que nos élèves du jour au lendemain décident tous de travailler.

Utiliser le numérique peut demander un investissement énorme pour très peu de résultats, voir pas du tout ! Il faudra donc utiliser nos tablettes, PC et autres à des fins purement pédagogique dans des points précis (du cours, TP et autres) où l'intervention classique du professeur n'est pas/plus suffisante.

Travailler sur des tablettes, c'est super, mais donner le rôle à sa tablette numérique de lire une vidéo sur internet, de lire un texte n'est pas très intéressant et surtout inefficace, il faudra nous aussi enseignant, innover. Nous travaillons dans un environnement Android, qu'il faudra comprendre pour créer, rendre nos travaux attractifs, et surtout efficaces. Mais créer quoi ? Des montages vidéos + audio, des applications Android, ... La difficulté est grande, tous les enseignants ne se sentiront pas capable de faire cela, il faudra sans doute des formations.

C'est un travail fastidieux dont le risque peut-être d'une inefficacité incroyable, le bid complet... Pour enregistrer 4 minutes de vidéos, il faudra compter environ 1 heure de travail (préparation, utilisation des logiciels), et pour quel résultat ? C'est pourquoi il est très important d'utiliser ces outils numériques dans des cas où l'on en ressent un besoin pédagogique exceptionnelle, où l'enseignement classique n'est pas suffisant ou trop difficile pour que l'élève comprenne clairement.

En lycée professionnel, en plus de rendre efficace notre pédagogie, nos élèves se retrouvent souvent en échec scolaire, il est impératif de rendre nos cours motivants. J'ai donc tester la tablette numérique... À peu près 70% de mes élèves ont appréciés les TP's, avec une grande réussite dans leurs résultats  (questionnaire), mais ce test s'est fait sur un point précis, un point où je n'arrivais pas à motiver les élèves, un point difficile, tellement difficile, qu'il fallait trouver un autre moyen. Là où je suis très content, c'est de pouvoir me dire, qu'enfin pour ce TP et ce cours, j'ai trouvé un moyen efficace pour mes élèves de comprendre et d'appliquer.

Association Pagestec
#684, le 06/02/2015 - 21:10

Pour la création d'un enseignement réel et cohérent de l'informatique et du numérique au collège

L'association Pagestec, association de professeurs de Technologie, a mené une enquête de grande ampleur (près de 1300 réponses) en janvier  2013 sur "l'enseignement de l'informatique et la Technologie" au collège.

Bien plus qu'un simple état des lieux sur l'apprentissage de l'informatique sur essentiellement les cycles 3 et 4, l'association Pagestec a souhaité à travers le rapport rédigé à l'issue de cette enquête, définir des pistes pour la création d'un enseignement réel et cohérent de l'informatique et du numérique au collège (rapport disponible sur le site de l'association), en adéquation avec le développement de l'option ISN proposée au lycée.

En conclusion de ce rapport se trouvent nos convictions :

  • les professeurs de Technologie sont à 71 % favorables à la réintroduction d'un enseignement de l'informatique dans leurs cours, à 80 % suivant les derniers chiffres de juin 2013 de l'enquête de Pagestec1 sur les nouveaux programmes attendus en 2015. Le succès d'un enseignement étant principalement lié à l'adhésion des enseignants aux contenus et finalités de son programme, nul doute donc que les collègues s'investiront et participeront à la réussite de cet enseignement d'informatique au collège.
  • Nous sommes assurément ceux qui globalement ont le plus de compétences et de connaissances dans ce domaine par rapport aux collègues des autres disciplines. Acquises certes principalement en autoformation, ces dernières n'en sont pas moins pédagogiquement adaptées au niveau souhaité pour nos élèves et révèlent un sens plus pratique et critique aux apprentissages et notions abordés.
  • Notre discipline est la seule à pouvoir se prévaloir d'une expérience de plus de quinze ans dans l'enseignement des TIC au collège. Nous ne parlons pas ici d'expérimentations sur l'utilisation pédagogique des TIC en classe, mais bien d'un enseignement avec des capacités et des connaissances définies et attendues dans nos programmes. Cette expérience sur les contenus et méthodes pédagogiques, sur l'utilisation et la maîtrise des outils numériques est nécessaire pour apporter un enseignement de qualité.
  • Nous possédons des salles déjà bien équipées, avec à 62 % de 10 à 15 ordinateurs et à 72 % avec des vidéoprojecteurs. Nous disposons aussi du matériel numérique nécessaire pour enseigner et promouvoir son utilisation dans les procédés industriels.
  • Dans le contexte budgétaire actuel, il convient de trouver la solution la plus pragmatique pour mettre en place un enseignement d'informatique de qualité au collège, et ce sans plus attendre. Créer un corps d'enseignants spécialisés à partir de formations initiales ou continuées doit être évidemment développé, mais uniquement pour subvenir aux besoins de la généralisation d'un enseignement de sciences de l'informatique au lycée et en CPGE. S'il nous fallait attendre que soit en partie pourvu les postes dans le cadre d'un enseignement généralisé de la 6° à la terminale, cela reporterait sa mise en place à long terme, sans aucune assurance de sa véritable création.
  • Suivant les futures décisions de notre Ministère concernant une possible généralisation d'un enseignement d'ISN au lycée d'ici quelques années, et en adéquation avec les prérequis qui seront dans ce cadre attendus en seconde, les concepts d'algorithme et de programmation informatique devront être développés à travers nos enseignements de Technologie.

Ainsi que nos propositions :

  • Réintroduire dans les cours de Technologie un réel enseignement de l'utilisation des outils informatiques sur la base des contenus qui étaient incorporés dans nos programmes de 1996 à 2006. Ceux-ci doivent bien sûr être revus en adéquation avec les avancées technologiques dans le domaine du numérique (tablette, smartphone, Cloud, ENT, etc.), les nouveaux modes d'utilisation (OS par applications type Androïd, wifi, etc.) et le développement du numérique dans les procédés industriels (CFAO, imprimante 3D, etc.).
  • Intégrer à nos programmes une initiation aux concepts inhérents à la programmation informatique.
  • Définir un plan national contraignant pour les collectivités locales, définissant et assurant un taux d'équipement informatique minimal dans les collèges, sa maintenance ainsi que son renouvellement ;
  • Définir des directives claires concernant l'équipement informatique minimal attendu dans une salle de Technologie et la réintroduction d'un apprentissage en groupes à effectifs réduits sur chaque niveau dans nos enseignements. Seule cette condition pourra assurer aux élèves des temps où ils pourront seuls se former à l'utilisation de ces outils numériques et apprendre réellement à maîtriser les logiciels.
  • Mettre en place une formation de présentation des finalités et des contenus de ce nouvel enseignement d'informatique au niveau national pour les professeurs de Technologie. Dans le cas où les concepts d'algorithme et de langage de programmation y seraient développés, une formation bien plus conséquente est à prévoir, en plus des formations spécifiques disponibles au PAF.
  • Donner la possibilité aux professeurs de Technologie de suivre la formation qualifiante proposée pour l'enseignement de l'option ISN en lycée. N'ayant toujours aucune solution d'évolution de carrière dans le cadre du système actuel, cette opportunité permettrait déjà, pour ceux qui le souhaiteraient, de pouvoir enseigner cette nouvelle discipline au lycée.
  • Continuer à promouvoir la formation aux usages des TIC dans les autres disciplines, afin de compléter, consolider les enseignements dispensés en cours de Technologie.

1Résultats consultation programmes : 7 Quels contenus pour de futurs programmes ? : http://www.pagestec.org/web2001/article.php?sid=1391

Rémi BOULLE
#825, le 15/02/2015 - 11:17

Imposer l'utilisation des formats ouverts

Dans le cadre de nos missions nous sommes amenés à partager des documents, les utiliser, les modifier et les diffuser. Or, ceci est impensable sans interopérabilité, c'est-à-dire sans la possibilité pour tous d'utiliser un document sans aucun asservissement à un logiciel ou à un fournisseur spécifique.

Les seuls formats de documents acceptables au sein de l'Éducation nationale doivent par conséquent être des formats ouverts. Ceux-ci permettent de :

  • garantir l'interopérabilité des fichiers et des données (quel que soit le logiciel ou le système utilisés) ;
  • favoriser le partage des ressources entre les différents acteurs (enseignants, élèves, parents, administratifs, ...) ;
  • assurer la pérennité des ressources et l'égalité d'accès.

Par exemple, les formats DOCX ou XLSX ne sont pas ouverts contrairement aux formats ODT ou ODS.

Les lacunes d'interopérabilité des formats privateurs et fermés ne résultent pas d'une incapacité technique de la part de leurs éditeurs : il s'agit d'une stratégie commerciale visant à provoquer la dépendance des utilisateurs et à créer un marché captif.

Le service public d'éducation dans son ensemble ne doit pas être otage d'écosystèmes propriétaires utilisant des formats fermés. L'école ne doit pas contribuer à accoutumer les élèves selon la stratégie d'enfermement des éditeurs dominants. Elle doit au contraire enseigner les connaissances et développer les compétences qui permettront aux élèves de s'adapter à la multitude d'outils informatiques qu'ils rencontreront durant toute leur vie.

Pour travailler mieux, plus efficacement, pour la qualité de notre enseignement, nous demandons la mise en place d'une règle simple et claire s'imposant à tous : toute mise à disposition de documents au sein du service public de l'Éducation nationale et tous les échanges de documents (textes, tableurs, présentations, vidéos, ressources... ) doivent se faire dans des formats de fichiers ouverts et interopérables.

Cette proposition a déjà reçu le soutien de la quasi totalité des organisations syndicales, de beaucoup d'associations professionneles et de milliers de collègues (référents numériques, chargés des ENT, responsables réseaux pédagogiques, formateurs...). Il y a plus de 5500 signataires.

L'article de presse suivant présente aussi ce sujet, en rappelant la récente décision du gouvernement britannique dans ce sens,  avec un graphique montrant un état des lieux :

http://www.nextinpact.com/news/90962-vague-soutiens-pour-appel-en-faveur-l-interoperabilite-a-ecole.htm

Il est crucial que, parmi les décisions prises à l'issue de cette concertation, figure la nécessité d'utiliser des formats ouverts.

N'hésitez pas à soutenir cette proposition ici mais aussi sur le site de l'appel : http://formatsouverts.education/

Yann Houry
#45, le 20/01/2015 - 21:52

Ne pas brimer

J'ai récemment fait une formation dans un collège. Dès qu'il s'agit de numérique, se pose la question du partage : comment transmettre des documents ?

Via un cloud prévu à cet effet ? Celui proposé aux enseignants est sous-dimensionné. Les documents ne parviennent pas à leurs destinataires. Tel prof n'a pu récupérer que six copies.

Via un cloud proposé par l'un des géants américains comme Google ? Non, les élèves ne peuvent avoir d'adresse Gmail (pas 13 ans). Certains en ont une malgré tout, mais pas tous... De plus, l'app de messagerie est désactivée sur les tablettes, etc. Et il n'est de toute façon pas prévu de procurer une adresse mail aux élèves.

Via une app permettant de transformer sa tablette en serveur WebDav ? Non, les élèves et les profs ne sont pas sur le même réseau. Question de verrouillage.

Via AirDrop (vous aurez compris que la tablette était une chose pommée) ? Eh bien non. La fonctionnalité a été désactivée. Les élèves en profitaient pour échanger une version 2.0 des petits papiers.

Bref, vous l'aurez compris, entre difficultés techniques réelles (infrastructures, réseau faiblard) et difficultés construites (suppression de fonctionnalités pour cause d'élèves, un comble), le numérique ne s'impose pas de lui-même.

Ma conclusion ne porte pas sur la nécessité de bénéficier d'un vrai réseau ou d'un solide cloud, mais d'éduquer les élèves, de leur faire confiance, de regarder ce qu'ils font au lieu de tout couper, de séparer, de filtrer à tort et à travers...

 

 

Yann Houry
#44, le 20/01/2015 - 21:43

Différencier la pédagogie

Depuis que j'ai commencé à enseigner, je ne cesse de me poser cette question : comment, moi, tout seul, je peux faire face à toute une classe, même à faible effectif, composée au moins d'une vingtaine d'élèves ? Comment prendre en compte cette hétérogénéité (qui ne peut pas ne pas être) ? Comment éviter de laisser un élève dormir au fond de la classe ?

Le numérique est une réponse. Ce n'est peut-être pas la réponse. Ce n'est certainement pas la panacée, mais les ordinateurs, les tablettes m'aident à faire la classe à plus d'une vingtaine de personnes à la fois.

Par exemple, je ne peux plus et ne veux plus faire une seule dictée à toute une classe chargée de suivre comme un seul homme, en même temps, au même rythme, quelles que soient les difficultés des uns et des autres. Je ne peux pas donner une dictée qui recevra inéluctablement des zéros et des vingt. C'est pourquoi mes élèves travaillent leurs dictées sur leurs ordinateurs ou leurs tablettes, à leur rythme et surtout selon leurs difficultés. Certains mettent un temps infini, et ce temps leur est offert, d'autres carburent à vitesse grand v, passent ensuite à autre chose. Certains sont parfaitement autonomes, d'autres ont besoin que je sois là pour eux. Cela n'est possible qu'avec une dizaine d'enseignants dans la classe ou le numérique.

 

 

 

 

Eiffel
#176, le 21/01/2015 - 21:35

Faire simple, efficace... et sans risque.

Bientôt 20 ans de carrière, et toujours avec le numérique intégré dans mon enseignement, par conviction au départ, et de plus en plus par obligation. Le constat est lourd : la motivation est toujours en baisse, écrans ou pas, et le niveau... plus je redéfinis mes exigences (sans dire que j'y renonce ^^), moins les élèves paraissent concernés. 

Je me pose plein de questions !  J'essaye d'évaluer mon travail, je monte des projets d'évaluation sans notes, je recherche régulièrement de nouveaux logiciels pédagogiques, je varie les supports, je joue en classe, je fais des groupes. Et non, désolé, je ne vois pas la motivation des gamins repartir à la hausse, bien au contraire.

Je commence sérieusement à douter que ces approches multiples soient efficaces sur un plan pédagogique. Et à penser que le brouillard informatif dans lequel sont plongés les jeunes déstructure plus qu'il ne façonne les esprits. Je ne vais pas revenir sur l'enseignement du français en séquences, mais cet éclatement des connaissances sans squelette solide pour bâtir un savoir organisé est symptomatique du moment : on communique dans tous les sens et on ne maîtrise ni ne comprend plus grand chose. Trop d'information tue l'information.

Il me faudrait aujourd'hui, pour enseigner : utiliser un TBI, une salle pupitre avec postes fixes, des tablettes, des caméras, des activités manuelles, des jeux, faire du travail de groupe, évaluer par compétences-mais-aussi-par-notes (doublette absurde)... Moi je veux bien, mais que vont en retenir les élèves ? Depuis 20 ans, je n'ai pas vu revenir une seule enquête, une seule évaluation nationale sur les vertus pédagogiques de telle ou telle pratique numérique. Sait-on seulement définir des outils pour cela ?

Je me persuade lentement de ceci : un enseignement efficace est un enseignement simple. Une société qui avance sait se concentrer sur une vision simple de ses objectifs. Et ne noie pas le poisson de son ignorance ou de son incapacité à réinventer l'avenir dans les remous d'une activité stérile.

Le problème du numérique, c'est que son côté intuitif flatte les comportements inutiles. Je ne dis pas qu'il n'a aucune vertu, loin de là. L'image et ses traitements apportent énormément à l'enseignant, et permettent de raccrocher tous les "visuels" au train des auditifs et des kinesthésiques. Mais rendre le numérique productif et pédagogiquement utile nécessite une énergie considérable, si l'on souhaite éviter l'écueil de la vanité, sur lequel la jeunesse de notre société de consommation s'échoue volontiers. 

Alors venons-en au fait : accentuer la part du numérique reviendra, n'en doutons pas, à équiper tous les gamins de tablettes et à mettre du wifi un peu partout. S'agira-t-il de nous simplifier les apprentissages ?

Mon fils a vécu le phénomène en sixième. Il a changé d'établissement dès l'année suivante. Entre les insultes reçues par mail, les images chocantes qui circulaient, les jeux en classe à l'insu du prof, la mise au ban de tous ceux qui n'avaient pas de smartphone ou qui ne se crééaient pas leur compte facebook (dans l'enceinte de l'établisssement) et les parties de foot avec les sacs contenant les précieux appendices électroniques, nous en avons vite eu raz-le-bol, lui et moi. Et j'en ai eu marre, également, de le voir abandonner les romans dans lesquels il était volontiers plongé jusqu'alors, pour occuper son temps à jouer sur son écran d'iPad. Non que j'étais incapable de l'en dissuader, mais l'énergie quotidienne qu'exigeait cette lutte menaçait de me manquer. D'autres auraient sans doute abandonné bien plus vite. Le règne de la facilité...

Les tablettes sont de beaux outils de partage. De visualisation. De communication. Films, images, textes sont facilement accessibles et transmis sur ce support. Mais sont-elles un outil de création ? Sans doute bien moins qu'un ordinateur muni d'une souris et d'un clavier, voire d'une palette graphique. Qui tape régulièrement du texte, retouche des images, utilise un tableur, un logiciel de géométrie dynamique, fait de la programmation ou pratique le dessin vectoriel sait de quoi je parle. On peut le faire sur tablette... mais quelle galère ! Or je pense que l'apprentissage passe avant tout par la création, qui suppose d'être actif et inventif. J'estime donc qu'une tablette, toute clinquante qu'elle soit, n'est pas indispensable pour "mieux apprendre" ou acquérir un savoir-faire. Un petit netbook est bien plus utile !

Dernier point, et non des moindres : qui a envisagé l'impact sanitaire d'une utilisation massive de wifi (à débit plus ou moins puissant) dans les établissements scolaires ? À l'heure où les études contradictoires se multiplient sur la question, il serait peut-être bon de rappeler qu'aucun consensus ne permet d'affirmer que les champs électromagnétiques des technologies sans fil GSM, DECT ou WIFI sont inoffensifs pour la santé. Les électrosensibles se font de plus en plus connaître, les associations spécialistes et reconnues mettent les gouvernements en garde et il me semble (à vérifier) que l'OMS évoque des cancérigènes possibles. Elles expliquent que le danger vient surtout d'une sur-exposition : baigner dans le champ de son téléphone, de sa tablette, du wifi de sa classe, des classes d'a côté, de l'antenne GSM du coin de la rue, du réseau administratif à haut débit.... on peut effectivement avoir des doutes sur les conséquences de ce bain permanent. 

Je n'ai pas d'avis tranché sur la question, étant bien incapable d'en maîtriser les tenants et les aboutissants. Mais j'ai de sérieux doutes, surtout quand j'observe qu'il y a énormément d'argent à la clé. Les industriels doivent se bousculer en se moment aux portes de l'Éducation Nationale. Cependant en admettant que je refuse d'exposer mes enfants à de tels champs produits par une borne au sein même de leur classe, compte-tenu d'un débat effectivement ouvert, pourquoi l'éducation nationale devrait-elle me forcer à le faire ? Une sorte de "wifisme passif" organisé par l'état... Que ferons-nous de ceux qui le refusent, non sans raisons ? Ils iront au CNED ? 

S. Pramil
#162, le 21/01/2015 - 19:44

Défi proposé : Faire confiance aux enseignants sur le terrain

Bonsoir,

Il serait bon de reformuler vos questionnement dont les réponses tombent sous le sens.  Je pense que vous devriez vous questionner et nous interroger sur ce que nous, enseignants, pourrions nous faire avec les outils numériques.

Ainsi, la question

  • De quelle manière le numérique peut-il contribuer à l’amélioration des apprentissages et à la réussite des élèves ?

deviendrait : de quelle manière l'enseignant peut-il contribuer à l'amélioration des apprentissages et à la réussite des élèves en se servant du numérique?

Puis pour la question suivante, celle qui enfonce une porte ouverte, il serait plus opportun de proposer celle-ci:

  • Quels sont les besoins en termes de ressources, d’accès et d’équipements permettant d’atteindre ces objectifs ?

De quelle façon le numérique Libre (open source) permettra d'atteindre ces objectifs?

 

Ainsi le débat serait plus constructifs et moins autocongratulant.

 

Pour finir, une question me taraude:

Sachant l'Education Nationale près de son argent au point de geler les salaires des enseignants depuis 8 ans, et réduisant les zones d'éducation prioritaire avec pour argument la ligne budgétaire, où va t'elle trouver cet somme considérable? Car il faudra bien nous équiper......et nous former....

 

Cordialement

numerique à quel degré
#39, le 20/01/2015 - 20:09

des limites de l'équipement numérique

On parle de plus en plus d'équipements de tablettes dans les établissements et à tous âges... mais l'on ne trouve que rarement voire jamais d'informations claires sur les points suivants :

 

- qu'en est il des ondes dans les établissements scolaires ? La multplication de tablettes connectées en même temps, de routeurs et autres systèmes producteurs d'ondes est elle compatible avec un milieu scolaire ? Un usage sans ondes n'est il pas à privilégier ?

- les écrans sont plus que vivement déconseillés avant six ans et les études montrent une baisse de créativité et de développement cognitif s'ils sont trip employés. N'y a t il pas un âge limite en deçà duquel leur usage devrait être restreint à l'école ? ...

- utiliser le numérique est une bonne chose mais faut il vraiment passer au tout numérique (livres, écrits....) au vu des études qui montrent une augmentation des troubles visuels (en Asie nottamment), des études qui montrent l'impact néfaste de la lumière bleue des écrans sur la qualité de sommeil et la qualité  de concentration des personnes sur écran...

- y a t il a respecter un principe de précaution sur les durées et usages...  Il y a un manque évident de compilation de données et de textes de références sur le sujet du numérique, non dans son aspect pratique et pédagogique, mais dans son aspect simplement matériel et de santé publique....

Pierre COURREGES
#1041, le 05/03/2015 - 23:32

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Pierre COURREGES-1425594843

La réussite de tous les élèves, la réussite des apprentissages, ce doivent être les objectifs de la mise en oeuvre du numérique à l'école primaire.

Cela signifie la réduction des déterminismes socio-culturels, si importants en France (un des résultats de la dernière enquête PISA : la France est le pays de l'OCDE où l'école réduit le moins les inégalités). Cela passe par l'acquisition, pour tous les élèves, d'une culture numérique, d'une éducation aux médias qui leur permette d'atteindre une bonne qualité d'usage des médias, des outils intellectuels : savoir lire sur des supports numériques, savoir chercher, trier, classer, hiérarchiser, retenir des informations, choisir l'outil approprié, la démarche pertinente... Définir des compétences numériques inscrites dans le nouveau socle commun.

L'atteinte de ces objectifs passe par les enseignants et  les usages qu'ils ont du numérique. L'institution, semble actuellement avoir le souci de diffuser des usages pertinents, cela concerne la formation des enseignants. Les stages de formation continue sont peu nombreux, et atteignent peu d'enseignants. Les animations pédagogiques touchent par contre tous les enseignants et comportent un volet de formation à distance nouveau, intéressant, qui se développe et acquiert progressivement de la maturité. La formation professionnelle doit permettre de faciliter la mise en place d'usages pertinents, présentant un intérêt pédagogique, simples à mettre en oeuvre, s'inscrivant dans la culture professionnelle des enseignants. S'il y a formation, elle est assurée par des formateurs : les conseillers pédagogiques, les formateurs TICE. Ces derniers exercent, sur le terrain, parfois depuis trente ans, sous des appellations locales variables (atice, ftice, mai…), il est nécessaire de les titulariser sur des postes de formateurs TICE ou au numérique. Ils constituent un réseau d'accompagnement des formations qui augmente l'efficacité de celles-ci, impulse, aide à développer des usages quotidiens du numérique.

Développer des usages, c'est aussi les faire prendre en compte, faire en sorte que les inspecteurs parlent systématiquement du numérique durant leurs inspections, c'est aussi augmenter la formation des cadres dans ce domaine.

Pour un bon usage du numérique, il est indispensable de disposer de matériel, qui fonctionne simplement et rapidement. Actuellement l'équipement des écoles est du ressort des communes, et des communautés de communes, ce qui aboutit à un équipement très variable, selon les politiques locales. Dans le premier degré, l'échelon territorial de fonctionnement est le département, c'est aussi l'échelon qui semble le plus pertinent en matière d'équipement, pour arriver à une unité, pour éviter les disparités liées à la richesse des communes. La création de syndicat départemental du numérique scolaire ou équivalent, financé par les communes, communautés peut être une réponse satisfaisante pour gérer de manière économique et efficace l'équipement, les réseaux, la maintenance. Ce type de structure peut aussi faciliter les liens de l'école avec son environnement.

Les ressources, les services sont également un élément indispensable pour de bons usages du numérique ; dans ce domaine, le ministère a lancé plusieurs chantiers qui  apportent de la matière au numérique éducatif. Les enseignants sont également créateurs de ressources, sans doute à davantage prendre en compte.

Ce tableau, brossé à grands traits définit des éléments d'une politique qui pour être efficace, doit s'inscrire et évoluer dans la durée, avec une continuité.

kisaikoi
#181, le 21/01/2015 - 23:13

Apprentissage par le numérique ou formation aux infos numériques ?

Tout d'abord, de quoi parle-t-on ?  de la formation par le numérique ou de la formation critique aux informations véhiculées par le numérique ? 

1. Formation par le numérique : 
Personnellement, j'ai la chance d'utiliser les NTIC depuis très longtemps avec mes élèves (logiciels de traitement de texte, jeux, sites pédagogiques, vidéos, vidéoprojecteur...) mais je n'utilise ces nouvelles technologies que pour les motiver et au final je fais toujours cohabiter les NTIC avec les autres méthodes pédagogiques.
En effet, je garde toujours à l'esprit quelques théories sur l'apprentissage et la mémorisation étudiées en sciences de l'éducation et en psychologie cognitive et maintes fois expérimentées : 

  • le travail en binômes serait très efficace (cf. théorie du conflit socio-cognitif et de l'équilibration majorante)
  • les modes d'apprentissage les plus efficaces seraient la lecture ou le "texte + l'image" et le moins efficace serait la vidéo non sous-titrée. (cf. théorie du double codage par Lieury, Badoul & Belzic (1996) : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/psy_0003-5033_199...)
  • les processus de récupération de l'information en mémoire les plus efficaces seraient l'organisation sémantique et le schéma.(cf. Lieury, Puiroux & Jamet : le rôle d'un schéma dans la mémorisation d'un documentaire télévisé. Revue de psychologie de l'éducation 1988)
  • l'écriture manuscrite serait primordiale pour la mémorisation

 

2. L'autre enjeu du numérique concerne la formation aux informations véhiculées par le numérique : je crois qu'il est indispensable d'éduquer les jeunes à une lecture critique des images (ou vidéos) véhiculées par internet ou la télé, leur proposer des outils de décodage, une démarche "d'alphabétisation visuelle" et d'éducation aux médias (cf.ouvrage collectif de l'Unesco en 1984).  Mais pour cela, il faut que les profs soient eux mêmes formés

Jérôme Martin
#812, le 13/02/2015 - 00:01

Ne pas faire d'économie sur le dos des personnels

Introduction -

A besoins nouveaux, activité supplémentaire, qui ne peut reposer sur le seul bénévolat : 1/ l'Etat doit dégager les fonds suffisants pour payer les responsables de l'informatique en milieu scolaire comme ils et elles doivent l'être. Ce ne peut plus être un poste où faire des économies - d'autant plus que ces économies sur le dos du personnel se traduisent en véritable gâchis d'argent sur le matériel. 2/ Les économies peuvent être réalisées ailleurs : en recyclant les ordinateurs, en utilisant les ressources du logiciel libre, en interrogeant les évidences de nouvelles technologies qu'on nous présente comme indispensables.

1/

Dans les établissements du secondaire, le travail des responsables informatiques a longtemps été reconnu sous la forme de décharge horaire. Cette reconnaissance sous-évaluait la réalité du travail effectif, et des besoins. Il n'est pas réaliste d'imaginer qu'on puisse entretenir un parc informatique de plusieurs dizaines, voire centaines de stations sans au moins un temps plein. Depuis quelques années, ce travail tend à être rétribué sous forme d'indemnités qui sous-évaluent encore plus la charge de travail et défossent l'Etat de ses responsabilités d'Employeur en matière de cotisation sociale. De telles pratiques, qui impliquent que les tâches de responsables informatiques ne sont pas du "vrai" travail, sont incompatibles avec les objectifs affichés de faire du numérique une priorité. Ces économies se font sur le dos des personnels, exigent d'eux et d'elles, tacitement, du travail bénévole, de la culpablité face à une tâche impossible. De plus, si le Ministère raisonne en terme d'économie, il se doit d'étudier les conséquences de ces pratiques sur le matériel lui-même. Comment peut-on imaginer que deux cents ordinateurs, entretenus pour l'équivalent de deux heures hebdomadaires de travail, ne se dégradent pas plus vite que s'ils étaient supervisés par un temps plein ? Les coûts matériels de l'économie sur le personnel ont-ils été estimés ?

 

2/

Si l'Etat doit économiser, c'est en recyclant les anciens ordinateurs et en refusant les logiques d'obsolescence programmée. C'est en utilisant des ressources libres, si ce n'est gratuites, du moins bien moins chères que les ressources privatrices. C'est enfin en interrogeant la pertinence de nouveaux gadgets qu'on ne cesse de vouloir nous vendre comme des révolutions pédagogiques : en quoi l'usage systématique de tablettes est-il par exemple pertinent ?

Eric P
#142, le 21/01/2015 - 17:47

Le numérique est-il Charlie ?

Le "numérique", cet incontournable de notre temps, semble s'ériger comme un outil d'aide quasi-magique pour accéder à tous les apprentissages et toutes les compétences visées par tous les enseignants et tous les élèves.
Pourtant, les études scientifiques sérieuses sur son apport éducatif à court, moyen et long terme sont inexistantes. Un panachage de retour d'expérimations diverses nous sont relatées de façon enthousiaste...par les expérimentateurs (dont je suis)...toujours heureux et persuadé de ne pas avoir travaillé pour rien ou pas grand chose. Certains y reviennent aussi.
Si louables soit leur investissement important pour innover dans la classe et valider des hypothèses et des conclusions parfois, sinon souvent contestables sur les effets produits, au regard de la méthodologie expérimentale scientifique, ces bilans d'expérimentations relèvent régulièrement de la méthode Coué quels que soient l'intérêt ou la validité des hypothèses de départ.
Il ne s'agit pas pour moi de dénigrer le numérique ou de l'encenser, mais de lui donner la place qu'il mérite en lui conférant un sens dans les apprentissages.

Si l'invention de l'imprimerie n'a pas appris à lire aux élèves, elle a permis à plus d'élèves de lire. Si la tablette numérique donne accès à chacun et plus rapidemment (on l'espère) à des sources d'information illimitées, elle n'apprend pas à les trier, les analyser, les assembler en groupes d'idées, les organiser...etc...bref à ré-fléchir.
A quoi va donc servir cette puissance supplémentaire de l'outil si on ne répond avant, pour quoi faire ?
Imaginons qu'elle puisse répondre mieux à nos finalités et objectifs éducatifs, cela suppose donc que nous savons comment le faire grâce à des applications dont on peut mesurer l'apport réel par rapport aux anciennes méthodes d'enseignement.
L'histoire des méthodes éducatives nous a montré trop souvent qu'elle ressemble à une collection empilée de modes éducatives, la nouvelle écrasant l'ancienne avant même qu'on ait pu mesurer ses résultats.

La fascination des écrans n'atteint pas que les élèves, les professeurs et autres pédagogues-penseurs s'y laissent piéger facilement aussi.

Démunis devant l'échec de nos politiques éducatives successives (accroissement des inégalités...etc..), nous nous précipitons sur cette nouvelle bouée de sauvetage comme la solution à tous nos maux.
Les derniers événements ajoutent encore une pression supplémentaire aux acteurs de l'éducation, et seraient responsables de la construction de toute la société...
Le numérique est il Charlie ?
On nous vante régulièrement les possibilités collaboratives du travail numérique ( j'utilise moi-même google drive avec les élèves), sont-ils pour autant plus tolérants entre eux ?
Pour apprendre à mieux vivre ensemble, il faudrait donc installer des écrans entre nous ? Il faudrait promouvoir "l'école inversée" en étant plus avec soi qu'avec les autres?
C'est un paradoxe qu'il va falloir résoudre vite car le numérique est déjà dans les maisons et isolent chacun dans un individualisme d'isolement qui prône faussement son contraire.

Cela permettrait plus d'individualisation dans les apprentissages nous dit-on. Pour que cela soit effectif, il faudrait des applications qui envisagent le profil de chaque élève. Nous sommes loin du compte...et je prétends qu'un prof expérimenté a davantage de profils et d'adaptation dans son cerveau pédagogique que n'importe quel logiciel actuel. Pour le moment, Il est un outil de regroupement des élèves qui ont les mêmes difficultés sur un problème donné. Certes, c'est utile et intéressant ponctuellement, mais c'est loin de valoir un professeur qui essaye d'identifier les causes des difficultés éprouvées. Il y a donc un travail considérable avant "une mise sur le marché" efficace...et non dépendant des editeurs privés de contenus.

Plus d'autonomie, nous dit on aussi. Mais l'autonomie, cela s'apprend aussi et exige un accompagnement exigent de la part de l'enseignant. Laisser les élèves devant un écran comme les parents laissant leurs enfants devant la télé relève pour moi de l'abandon éducatif. Je préfère accompagner 30 personnes que 30 écrans.

Plus de motivation aussi. Oui. Dans un premier temps. Passé l'effet nouveauté, la fascination de l'image, l'aspect ludique des manipulation ne suffira plus. Parce qu'il faut à un moment que la mémoire, la réflexion passe par le corps, le cerveau, l'affect (apprendre par...coeur), et non par l'écran même si celui-ci peut aider "les profils dits visuels".

Plus léger dans le cartable. Incontestablement. J'espère que vous avez prévu des tablettes "char d'assaut". Il suffit de voir comment un cartable est torturé dans une journée pour savoir que cela coûtera une fortune en remplacement de tablettes sans compter le travail qui serait perdu en cas de mauvaise sauvegarde...prévoyez donc de gros serveurs, efficace et rapide, et sans fil...
Ce n'est pas pour demain à mon avis.
Voilà pourquoi, personnellement, je demande aux élèves d'utiliser LEUR propre matériel...étrangement, il dure davantage.
Ce matériel (obsolescent) restera fragile en collectivité de toute façon.

Pour conclure, évitons donc d'ajouter une nième réforme précipitée sans y avoir réfléchi dans le fond, les formes, les moyens humains et matériels nécessaires pour construire et mettre en oeuvre des contenus éducatifs efficaces.
Le temps politiques n'est pas le temps de l'éducation. Le numérique est déjà et sera évidemment un des outils incontournables de l'école, en aucun cas sa panacée ou son remède miracle. Sachez écouter sans faire semblant ceux qui sont dans les classes, on ne pourra faire de bonnes réformes sans eux. Cessez de promulguer le catéchisme de l'inspection comme la vérité et laissez-les entreprendre librement quitte à ce qu'ils se trompent eux aussi...et partagent leurs réussites.
Bon courage.
Cordialement.
E.P
Professeur d'EPS

Laurence Turbé
#194, le 22/01/2015 - 10:25

La sphère privée et la sphère du travail confondues

Côté enseignant, celui-ci est devenu "joignable" à tout moment par l'administration via l'EN ou l'adresse mail professionnelle. Les ENT permettent parfois un contact direct entre parents et enseignants. Cela est parfois utile mais de plus en plus intrusif. L'enseignant qui apporte déjà depuis longtemps son travail dans la sphère privée est maintenant sollicité à distance. Via l'ENT, il peut aussi être amené à répondre à des questions d'élèves.

Côté élève, le travail personnel peut être sous contrôle de l'enseignant. Via l'ENT, l'enseignant peut savoir à quelle heure chacun de ses élèves se connecte à cette plateforme. Autre exemple : "Mathenpoche" de Sésamath permet de connaitre l'heure à laquelle l'élève a fait tel ou tel exercice, combien de réponses fausses, ...

Cette confusion entre le temps de classe et le temps dans la sphère privée me pose question.

gtouze
#13, le 19/01/2015 - 15:58

Faciliter les échanges entre enseignants et élèves plutôt qu'entre administration et parents

En d'autre terme, les ENT doivent évoluer pour être d'abord des outils pédagogiques. D'autre part, ils doivent intégrer, être ouverts aux outils de tous les jours ( les réseaux sociaux ).

L'accompagnement fait partie intégrante de l'acte pédagogique et cela passe aussi aujourd'hui par les réseaux sociaux ( cf le travail de Laurence Juin sur le suivi des stages en lycée professionnel ).

 

Eric Sala
#630, le 05/02/2015 - 15:03

Administrateur Réseaux

Employé dans un collège des Pyrénées Orientales comme AED tice, je viens partager mon point de vue . Ayant déjà vu plus haut dans le débat la même idée, je vais être rapide. Avant d'investir dans du nouveau matériel (tablettes, pc portable, etc),  il serait primmordial de titulariser les AED tice qui assurent la maintenance des réseaux informatiques dans les collèges et lycées, de leur proposer un vrai contrat en CDI, à temps plein avec un salaire correct. Adminstrateur réseau est un metier à part entière et demande des qualifications.

Cela fait déjà 3 ans que je suis dans ce collège, je m'ysens bien, je m'investis, je fais mon travail avec sérieux et je n'ai pas envi de partir. Il est quand même dommage et démotivant de me dire, que dans trois ans, ma mission se terminera et dès le lendemain je serais remplacé, alors que je pourrais continuer mon travail.

Je gère un parc de 150 machines, des serveurs, des imprimantes, des vidéoprojecteurs et ces chiffres ne cessent d'augmenter, ce qui représente une charge de travail considérable. Toute société possédant ce genre de parc emploie du personnel qualifié pour en assurer la maintenance. Ne serait-il pas le moment de penser à faire de même dans les collèges et lycées ?

Direction du numérique pour l’éducation  Compte vérifié
#1, le 17/01/2015 - 10:09

Développer la collaboration entre élèves pour faciliter l’accès à la connaissance et l’acquisition des compétences du socle commun

Les travaux collaboratifs mêlent deux approches : celle de l'apprenant et celle du groupe. Le première consiste à placer l'élève dans une démarche active dans laquelle il travaille à la construction de ses connaissances. La seconde fait du groupe une source d'information, un facteur de motivation, un moyen d'entraide et de soutien mutuel ainsi qu’un lieu privilégié d'interaction pour la construction collective des connaissances individuelles.

Plusieurs études mettent par ailleurs en évidence le fait que les utilisateurs les plus aguerris des outils numériques sont aussi ceux qui sont investis dans des activités collectives, associatives et sociales. Les usages du numérique n'isolent pas, ils renforcent et augmentent les échanges, en particulier au niveau scolaire, ils peuvent, par exemple, aider les élèves les plus timides à prendre confiance en eux et participer davantage aux activités de la classe.

Isabelle Dufrêne
#47, le 20/01/2015 - 22:49

Adapter les dotations, accompagner les enseignants, stocker les données

  • Le numérique peut devenir un outil d'apprentissage en facilitant la collaboration entre élèves et en permettant d'individualiser les parcours d'apprentissage.
  • Souvent les dotations sont faites en dépit du bon sens et non pas en fonction des besoins.
  • Pour que le numérique soit un atout il faut qu'il soit le support d'une évolution pédagogique: un outil qui répond à un besoin et vient appuyer une démarche engagée. 
  • Il vaudrait mieux fournir des outils aux enseignants en fonction de leurs démarches plutôt que de saupoudrer du matériel.
  • La seule chose indispensable étant pour moi un espace de stockage permettant aux enseignants de garantir la sécurité des données de leurs élèves (photos, vidéos...), voir d'y héberger des micro-ent pour les classes hors des circuits commerciaux.

 

kza
#830, le 15/02/2015 - 12:44

Un outil avant tout

Le numérique doit avant tout être un outil pour un apport privilégié dans certaines séances d'apprentissages........ce n'est en aucun cas un outil miracle..c'est un outil pour lesquels les enseignants doivent être formés et pourront ainsi mesurer la plus value que peuvent apporter ces outils ponctuellement

Réduire l'éducation au tout numérique est une erreur mais le numérique a sa place dans l'éducation car il peut faciliter certains apprentissages.
 

Mathieu B.
#589, le 03/02/2015 - 19:13

Un peu de bon sens...

Chers collègues et chers collaborateurs des services ministériels, je vous livre ci-après, en vrac, quelques problèmes auxquels sont confrontées notre école et notre société quant à l'utilisation des outils numériques. J'avoue ne pas avoir lu tous les sujets proposés ici et je m'excuse d'avance pour les éventuelles redondances.

Vous semblez solliciter les bonnes volontés pour créer des impulsions.

En tant qu'enseignant et observateur citoyen, je vois chaque jour les avancées du langage binaire qui est en voie de remplacer le langage parlé et écrit ( les dernières études parues sur le sujet ne sont pas encourageantes quant aux conséquences de ce phénomène, servant essentiellement des causes mercantiles). L'informatique et les réseaux ne sont que des outils. Malheureusement, l'hyperconsummérisme et le confort extrême de l'être humain dans nos sociétés occidentales ont érigé cette technologie en nécessité absolue, voire en valeur. Je pense inutile l'avertissement d'être attentif à la supplantation du réel par le virtuel. Et cela, souvent au détriment des apprentissages comme l'ont déjà signalé de nombreux internautes. L'homme devient l'outil de ses outils. Et j'observe que le progrès technologique, louable, s'accompagne d'une régression de l'expression des capacités cognitives de nos élèves. Ceci est un constat objectif, même si bien sûr le numérique est loin d'être le seul responsable. Mais au moins, sur ce dernier, nous avons la main dans nos écoles.

 

Une réflexion profonde sur les conséquences de vos politiques éducatives est à mener avant de promouvoir à fort coût ce genre d'initiative. La seule existence de ce service de promotion du numérique est d'ailleurs très discutable. Je vous donne un exemple simple : il est parfaitement inutile de pratiquer l'informatique au primaire ainsi qu'en début de secondaire. C'est une perte de temps et d'énergie pour tout le système scolaire. L'essentiel est ailleurs, parfois délaissé. Une tête bien faite (oui pour l'apprentissage des algorithmes) apprend à se servir d'un téléphone portable, d'une tablette ou d'un ordinateur en quelques jours, comme tous ceux de ma génération l'ont fait. Je ne suis pas du tout d'accord avec certains acteurs de la communauté éducative qui soutiennent que nos élèves sont à l'aise avec les outils numériques. A croire qu'ils n'ont jamais travaillé avec eux en utilisant ces outils. La navigation intelligente et efficace sur les réseaux suppose certaines connaissances et compétences qu'ils n'ont pas : définir un sujet d'étude, en délimiter les différents champs, trier et hiérarchiser des données, croiser des informations etc...enfin je ne vous apprends rien. La surnumérisation masque les carences. Ne soyons pas aveugles.

 

Je constate également la lenteur avec laquelle les responsables politiques se sont saisis de ces outils pédagogiques, livrés à la merci de concepteurs logiciels peu scrupuleux et presque toujours incompétents.

 

Le business du renouvellement des programmes est insupportable, à seul fin de faire vivre les éditeurs...et futurs concepteurs d'outils numériques.

 

Les outils numériques sont de puissants moyens pédagogiques, mais il faut les utiliser comme tels, et non comme fin en soi. J’espère que cette campagne sert d’autres intentions, celles des intérêts supérieurs de l’école.

 

Enfin, du point de vue purement fonctionnel, tout le monde constate le manque de fiabilité matérielle, l'instabilité des systèmes, le manque de pérénité des outils, ainsi que leur coût disproportionné compte tenu de leurs services. Etant donnés les enjeux financiers, le ministère doit exiger des outils performants (hardware & software). C'est loin, très loin d'être le cas.

Bien à vous

thierry JEANDEL
#463, le 28/01/2015 - 22:59

Créer (enfin !) un corps de professeur d'informatique dans l'enseignement secondaire

Je suis enseignant en DUT dans des domaines allant de la bureautqiue au web (conception de sites web) en passant par la programmation, la photo numérqiue, j'ai également été enseignant en collège, en lycée, en formation continue.

Je fais le même constat chaque année : les lycéens qui débarquent dans le supérieur ont pour la plupart une culture assez pauvre en terme de numérique. Ils croient connaître les outils bureautiques, le web mais quand on creuse un peu, qu'on les interroge on se rend compte que cet enseignement a la plupart du temps été mal fait, ou pire fait à l'envers.

Un exemple concret : le traitement de texte. A peine 5% des étudiants que je cotoie chaque année connaissent la notion de style, indispensable à la production efficace d'un document supérieur à une ou deux pages. On pourrait donner des exemples similiares pour les tableurs, l'utilisation du système d'exploitation, les logiciels de présentation assistée par ordinateur, la recherche sur internet, bref toute une quantité de fondamentaux assimilables sans problème par un lycéen voire un collégien à condition qu'on lui ait enseigné les choses correctement.

Je ne jette pas la pierre aux collègues du secondaire, si on me demandait d'enseigner la chimie ou les SVT je ferais sans doute les mêmes erreurs.

Justement on estime normal qu'il y ait un corps de professeur de SVT, d'histoire-géo, de maths, etc..., qu'il y ait un CAPES, une agrégation pour chacune de ces filières. On nous dit maintenant, à juste titre, que le numérique c'est très important, et bien commençons par le commencement et créeons un corps de certifié et pourqui pas d'agrégés d'informatique !

Yannick LE GALLOUDEC
#423, le 27/01/2015 - 13:59

Des moyens humains et techniques

L'école entre dans l'ère du numérique, ce qui ne veut pas dire que les moyens humains soient oubliés.

A l'école primaire, en fonction des municipalités, le matériel est bien différent...et les services techniques souvent inexistants.

Alors qui gère ?

Le directeur ou un adjoint "branché" qui récupère du vieux matériel auprès d'administrations laissant leur vieux matériel et avec ou sans l'aide de parents.

Qui aide  chaque jour, les collègues dépassés par la machine ?

Qui forme vraiment ces mêmes collègues ? Les maîtres animateurs informatique bien souvent en sous-nombre dans la majorité des départements et occupés à des taches administratives auprès des IEN .

Bon nombre de collègues malgré tout lancés dans cette aventure numérique, persuadés de ses bienfaits, veulent utiliser les produits grands publics tel google, dropbox, youtube, viméo etc....la hiérarchie s'y oppose pour raison de protection des élèves. A quand ces mêmes outils sécurisés par l'Education Nationale, premier budget de la nation ?

Pour entrer dans l'école numérique sans engendrer une fracture numérique voire une pauvreté numérique donnons tous ces moyens à tous !

 

Jonathan De Loeuw
#252, le 23/01/2015 - 06:39

Des outils, c'est bien, un lieu pour travailler, c'est mieux !

J'ajouterai à ces argumentations intéressantes qu'il faut régler le problème de la négligence totale portée dans la conception même des bâtiments et classes aux besoins et mécanismes sociaux chez l'Homme en général et le jeune en particulier : celui d'espace. Nous avons pour mission principale de socialiser de petits mammifères pour en faire avec l'enrichissement culturel des homo sapiens dignes de conduire nos sociétés vers l'avenir sans avoir à rougir de leurs actes. Or, on se contente le plus souvent à simplement gérer le degré des débordements inhérents à notre nature animale : agressivité de domintion, de territoire, d'identité...

 

La cause essentielle est qu'on entasse, logique comptable oblige, le plus d'élèves possible dans chaque classe : 35 dans des classes de 35, 20 dans des classes de 20, etc. Résultat : oui, on joue sur le ratio adulte-élève pour "faire un effort" d'adaptation au public mais, en réalité, les classes étant plus petites, ces élèves déjà en difficulté scolaire et sociale le plus souvent, se retrouvent aglutinés les uns aux autres, et donc complètement parasités dans leur concentration et leur sentiment de sécurité par la présence de cet autre, gênant, qui le stimule sans cesse pour le conduire hors de ses raisonnements et efforts, dans une interaction perpétuelle et souvent conflictuelle avec ses pairs. Et c'est là que je repense avec nostalgie au laboratoire de langue où j'allais parfois au collège, élève : des boxes individuels, un pupitre personnel et un casque me reliant directement à mon enseignant : un cours particulier ou presque, hors groupe et face à l'enseignant, médiatisé par des outils attractifs (à l'époque un magnétophone).

 

De même, la taille trop réduite des salles de classe, toujours suivant cette même logique comptable qui mène nos politiques à annuler l'idéal par des dispositions budgétaires contreproductives, empêche l'organisation d'espaces dédiés permettant à l'enfant, comme en primaire et maternelle, d'organiser son temps de travail de manière autonome, ou de rentabiliser le travail de groupe, d'isoler les éléments les plus excitables afin de leur permettre de se concentrer.

 

Enfin, le fonctionnement-même du secondaire, en particulier dans ce collège unique, rend difficile la différenciation pédagogique par l'excitation produite par le jeu des chaises musicales chronométrées : on change de salle, de place, de matériel, de référent, toutes les 55 minutes, avec l'espace de friction que cela installe dans les temps de transit et d'installation, tout comme dans le diversité des intervenants.

 

Ainsi, l'augmentation du numérique, si l'écran et la machine ont un pouvoir de captation plus fort sur l'enfant que le professeur, ne sera une solution qu'une fois éliminés les parasites qui font obstacle au savoir être élève de nombre d'apprenants.

 

Pour conclure, toute réforme efficace de l'enseignement devrait être accompagnée en amont d'un dispositif réduisant l'immersion de l'enfant parmi ses pairs, où la loi du plus fort et du plus bête a souvent tendance à générer les effets de masse et de bêtification à l'origine de la dégradation des conditions de classe, et en augmentant conséquemment l'immersion dans la relation à l'éducateur, formé à enrichir et tirer vers le haut ces jeunes que l'on veut faire mûrir.

 

C'est à ce prix humain que nous gagnerons en humanité dans nos sociétés et dans nos jeunes.

dpasco
#469, le 29/01/2015 - 11:14

Renforcer les liens entre enseignants, développeurs et chercheurs

Les travaux de recherche dans le domaine des interactions Homme-Machine ont permis l'émergence d'un ensemble de technologies. Des applications ont été conçues par des développeurs informatique visant des apprentissages dans diverses disciplines scolaires. De nombreux témoignages existent d'enseignants utilisant ces technologies et ces applications avec leurs élèves en classe. Pour autant, dans la majorité des cas, ces enseignants n'ont participé ni à la conception de ces technologies, ni au développement de ces applications. Ils adaptent du mieux possible et souvent avec succès ces nouveaux outils à la réalité de leurs situations d'enseignement. Pour autant, ces outils numériques ne répondent pas de manière spécifique aux problèmes concrets d'apprentissage qu'ils rencontrent avec leurs élèves dans leur classe. Un rapprochement entre chercheurs, développeurs et enseignants est un défi nécessaire pour permettre, en autre, (1) l'émergence de dispositifs numériques d'apprentissage répondant aux problèmes concrets rencontrés par les enseignants, (2) une évaluation de la capacité réelle des nouvelles technologies à promouvoir l'apprentissage des élèves en salle de classe et, (3) une réflexion collaborative sur les usages du numérique à l'école nourrie de la réalité de l'enseignement et des résultats de la recherche. 

 

Maxime Drouet
#312, le 23/01/2015 - 19:15

S'assurer de la fonctionnalité de ce qui existe déjà + mettre à la même enseigne tous les établissements.

Beaucoup d'établissements commencent à être plus ou moins bien équipés.

Cependant:

  • il n'y pas assez de temps donné aux responsables réseau pour maintenir le parc numérique à jour et pour en assurer son fonctionnement. Leur décharge va même être enlevée à la rentrée.
  • il n'y a pas de budget pour changer ce qui ne marche plus: on a été équipé en vidéoprojecteur. Mais que va-t-il se passer quand les ampoules auront grillé?
  • le parc est souvent vétuste, que ce soit pour le hardware ou pour les OS ou les logiciels (firefox 15 dans mon établissement, alors qu'on en est à la version 35!)
  • 700 élèves dans mon établissement, avec une salle multimédia de 15 postes. Salle qui est du coup difficile à réserver!
  • internet parfois très long. On est loin de pouvoir faire fonctionner les sites actuels!
  • trop de sécurité: du coup, certaines recherches impossibles, certains sites inutilisables. Par exemple, le terme "château" sur google est bloqué. Je vous laisse deviner pourquoi.

 

Bref, c'est bien de vouloir développer le numérique, mais cela passe déjà par faire fonctionner correctement ce qui existe déjà.

 

LROGER
#25, le 20/01/2015 - 15:35

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-LROGER-1421765024

Dans le paragraphe d'introdcution de cette page, il est écrit :

  • Quels sont les besoins en termes de ressources, d’accès et d’équipements permettant d’atteindre ces objectifs ?

Les élèves et les professeurs n'ont surtout pas besoin d'une tablette par élève.

mais plutôt d'une tablette par groupe de travail (2 à 4 élèves) avec de la concertation, des échanges oraux, une réflexion collective ... que la tache demandée implique.

Travaillant avec l'outils numérique, je préfère développer le BYOD qui me semble plus pertinent financièrement et qui développe encore davantage l'implication des élèves, ceux-ci travaillant avec un outils qui leur est déjà familier et auquel ils tiennent.

Combien de TNI ou autre TBI sont développés dans le secondaire alors que les enseignants ne les ont même pas réclamés et se trouvent devant un outils qu'ils n'ont même pas envie de découvrir ? Cela coûte une fortune alors que des alternatives existent (Tablette + Vidéoproj) pour des coûts beaucoup moins élevés.

SNUipp-FSU
#913, le 17/02/2015 - 12:00

Numérique à l’école : ce qu'en dit le SNUipp-FSU

L'entrée du numérique à l'école ne se décrète pas. Elle se prépare et s'accompagne.

En la matière, ce n'est pas l'outil en tant que tel qui permet aux élèves d'obtenir de meilleurs résultats mais l'usage qui en est fait, et ce sont les enseignants, professionnels, médiateurs, qui doivent avoir la main. Dans ce sens, il est indispensable qu’ils soient formés et fortement accompagnés, ce qui nécessite un effort sur le long terme pour les aider à s’adapter, à se familiariser avec les outils numériques puis à en intégrer les fonctionnalités à leurs pratiques.  Les supports numériques ont toute leur place à l’école à condition que les objectifs et leurs modalités d’usage soient mis au service d’une activité réelle.

Dans l'absolu, les usages pédagogiques liés aux nouvelles technologies sont variés :

  • L'utilisation des TBI et des classes mobiles permet d'enrichir le cours et d'accéder à des ressources riches, variées et de grandes qualités ( Ressources de musées comme celui du Louvres, utilisation de cartes, de tableaux pour les mathématiques...). Elle permet d'alterner des formes interactives, collaboratives avec des temps plus individualisés.
  • Le numérique permet également aux élèves de se lancer dans des recherches documentaires, de s'exercer au traitement de texte, de travailler de manière individuelle sur des logiciels d'apprentissages ou de révision.
  • Le recours à Internet et à un mode de communication de notre temps permettent des échanges à distance (journaux, blogs, sites, tweets ...) et facilite l'apprentissage des langues vivantes notamment avec le E-Twinning.
  • L'aspect multimodal de ces outils (sons, images, textes) diversifie les entrées dans les activités et peut ainsi aider certains élèves vers un meilleur investissement scolaire.
  • La mutualisation d'outils (comme par exemple sur le site INJA) permet de mieux adapter son enseignement aux élèves en situation de handicap. Les «jeux sérieux» peuvent aussi constituer des outils porteurs de savoirs.

Propositions pour que tous les élèves puissent bénéficier des effets positifs de l'utilisation du numérique.

  • Garantir partout l’accès au très haut débit, donner la possibilité de s’équiper pour mener à bien des projets intégrant les outils numériques, assurer la maintenance… l’Etat prescrit, mais qui doit payer ? Réussir l’école numérique, c’est poser la question des financements. Il faut préciser et clarifier les responsabilités de chacun.
  • Quand les écarts de financement des écoles peuvent aller  de 1 à 10 en matière de fonctionnement  et  d’investissement, il faut réduire les inégalités en créant  un  fonds  de  péréquation  afin  d'aider  les communes qui en ont besoin.
  • Donner une possibilité d’accès à chaque enseignant, notamment sous forme de prêts, à tous les équipements (TBI, classes mobiles, vidéo projecteurs, tablettes…) et ressources utiles en fonction du projet ou des séquences pour lesquelles il juge utile le recours au numérique.
  • Pour gagner du temps et se repérer dans une offre pléthorique, les enseignants doivent avoir accès à des ressources organisées, gratuites et accéder rapidement aux bons liens, pour trouver la bonne ressource au bon moment.
  • Mettre en place un observatoire de l'équipement et des pratiques pédagogiques permettrait d'assurer de la transparence.

 

Emmanuel Schmitt
#511, le 31/01/2015 - 10:55

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Emmanuel Schmitt-1422698238

Comment utiliser véritablement L'Environnement Numérique de Travail quand on a pas confiance au fonctionnement du réseau de son établissement scolaire ? 

Comment un réseau peut-il être cohérent et efficace dans son fonctionnement, sa sécurité, et son évolution, sans le travail et les conseils d'un technicien administrateur réseau ?

Comment est-il possible qu'un emploi d'informaticien n'existe pas dans les écoles ? C'est un poste central occupé par des CUI ou des AED voir des profs déchargés. Les CUI et les AED sont remplacés au terme de leur contrat et les profs sont trop vite débordés. En bref les réseaux ne peuvent pas avoir un fonctionnement stable.

La philosophie de travail de L'ENT ne peut être réalisée que si les établissements scolaires disposent de réseaux en très bon état, sûr que, s'il faut que soit interconnecté Parents, Eleves, Profs, Intervenants, Ecoles, Collèges, Lycées, Manuels numériques ...

Oui c'est un vrai nouveau métier que doit prendre en compte l'Education National ou les Régions. Ces nouveaux informaticiens sont devenus indispensables pour l'avenir de notre éducation. Ceux qui y travaillent avec leur contrat précaire, sont plein d'énergie et d'inventivité, ils sont une référence pour les personnels, les profs, les élèves, ils créent ce nouveau métier.

Sylvie Duczynski
#104, le 21/01/2015 - 10:47

Pour une véritable étude des impacts du numérique sur les attitudes et les apprentissages.

Nous vivons maintenant dans une société où le numérique s'est imposé. C'est un fait, et il n'y a pas d'autre moyen que d'en tenir compte et d'accompagner au mieux cette évolution.

Cependant, accompagner au mieux ne signifie pas foncer aveuglément dans cette mouvance.

Il est bon de savoir vers quel type de société et vers quels types de citoyens on se dirige en promouvant le numérique tous azimuths. Il y va de notre responsabilité.

Que sait-on de l'impact des nouvelles technologies de l'information et de la communication sur le développement de l'enfant ?

Fort peu finalement.

On développe beaucoup de thèses à ce sujet, on organise des colloques (étrangement assez peu relayés par l'éducation nationale) mais quid des études statistiques qui seraient menées sur ce thème ?

Que les enseignants fassent évoluer leurs méthodes pour "vivre avec leur temps", soit, c'est incontournable, mais qu'ils gardent les yeux grands ouverts, et qu'on leur en donne les moyens.

C'est là le défi, et le devoir, de l'éducation de demain.

Pascaline
#806, le 12/02/2015 - 01:18

Le défi de demain : apprendre à apprendre

Internet et les outils numériques sont de merveilleuses ressources pour apprendre, à condition de les utiliser à bon essient. Internet offre une ouverture sur le monde, la possibilité de comparer les sources, de comprendre d'autres points de vu, d'apprendre gratuitement. Cependant il est primordial de savoir identifier la légitimité des sources, de savoir comprendre un message, d'être capable de discerner la part de subjectivité d'un discours... 

Un plagiat d'une page internet n'est pas un apprentissage. Apprendre à chercher, apprendre à comprendre, à se remettre en question, voici les vrais défis de l'école de demain. Il faut donner les clés aux enfants pour apprendre, pour s'exprimer en respectant l'éthique et les règles de bonnes conduites du web.

Plus que des informations brutes, ce sont des bonnes pratiques et des compétences que les enfants doivent aquérir.

Pour retirer du numérique le meilleur. 

michel suret-canale
#400, le 26/01/2015 - 19:31

Le vrai défi, c'est la formation (permanente) des enseignants, en particulier sur les TIC

Il y a souvent une méprise de vue concernant les TIC. Il n'y a pas de magie dans les TIC, mais juste des outils capables de gérer énormément d'informations, de les faire circuler sur la panète entière en temps réel, et d'exécuter des algorithmes très complexes à une vitesse phénoménale. Les TIC ne pensent pas, pas plus que les livres ne pensent. Il faut être très vigilant à ne pas tomber dans la mystification qui consiste à (nous faire) croire que le marteau va planter le clou, que la scie va couper l'arbre. 

En vérité, ce qui est donné au départ, dans le rapport entre un utilisateur et son ordinateur, c'est que c'est l'ordinateur qui est l'opérateur et non son utilisateur ! L'utilisateur peut "reprendre la main" mais pour passer d'une posture de simple consommateur à celui de réel opérateur, il y a la nécessité d'un apprentissage culturel critique.

 

La connaissance n'est pas une accumulation de données, encore moins sur un disque dur, elle réside dans la capacité à comprendre mémoriser faire jouer des liens entre des données. Introduire les TIC et donc des ordinateurs dans les établissements d'enseignement, sans prendre en compte ce fait fondamental, ne servirait qu'à augmenter les marges de profits des industriels et renforcerait la posture de consommateur de produit fussent ils culturels de nos jeunes citoyens en devenir.

 

La solution c'est de renforcer l'enseignement, de renforcer l'apprentissage de l'esprit critique dans le(s) champs de l'enseignement, et donc d'aider les enseignants en leur permettant de se perfectionner tout au long de leur carrière, dans le domaine des TIC comme des autres. Mais il ne faut pas éluder la question de la vraie complexité des TIC, et de la difficulté à  les utiliser non pas comme consommateur mais comme citoyen apte à en avoir une vison critique. A cette condition, les TIC sont des outils absolument extraordinaires du point de vue pédagogique. Sans cette condition elles ne sont qu'un levier d'accélération de la consommation de produits sans supplément de sens, voire de "produits à sens perdu".

Michel Suret-Canale

Maître de conférence honoraire en sciences de l'information et de la communication 

Docteur en Arts et Sciences de l'Art, Paris I Panthéon Sorbonne

 

mafba2
#394, le 26/01/2015 - 14:15

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-mafba2-1422283308

Il est évident que tout le monde souhaite que le numérique apporte un plus mais la forme du questionnaire repose entièrement sur des présupposés et ne mentionne d'aucune manière un éventuel revers de la médaille en impliquant que le  numérique, et lui seul, apportera du mieux. L'expérience des "cartables numériques" en collège a démontré que le matériel n'est rien sans projet, qu'un grand projet, même avec peu de matériel, est souvent plus un vecteur de réussite qu'un afflux de matériel sans objectifs clairement et préalablement ciblés. Dépensons moins,  mieux, quand c'est utile et/ou nécessaire.

Le bonheur est dans le numérique, peut-être, mais à condition d'avoir d'autres compétences... Et même avec le numérique l'on formera toujours une élite, il y aura toujours des élèves "moyens" et d'autres en situation d'échec (scolaire).

Précurseur et grand utilisateur du numérique dans mon établissement scolaire, je sais par expérience que c'est son utilisation raisonnée et appropriée à la situation qui en fait la force, pas sa généralisation. C'est un support, comme un autre, ni plus ni moins. Sinon, dans 20 ans, les apprenants n'auront plus que des compétences dans l'utilisation du numérique. Sans pour autant en avoir développé d'autres.

Et il ne faut pas confondre les compétences d'utilisateur, pratiquement indispensables à tous à présent, et qui assignent donc à l'école un rôle évident de formation, avec toutes celles que l'on peut acquérir de façon plus "traditionelle" et pour lesquelles les fameuses technologies d'information et de communication ne sont pas forcément toujours les plus adéquates. Le numérique peut rendre très efficace dans la réalisation de tâches mais ne développe pas obligatoirement les facultés de compréhension, de discernement, de création, d'argumentation, d'initiative, d'apprentissage ; il virtualise trop d'aspects de la vie avec des conséquences parfois dramatiques.

Le numérique ne doit pas être une fin en soi. Il doit être un outil pour un apprentissage meilleur qui ouvre l'esprit, développe des compétences sans asservir. C'est plus q'une "simple" question de formation, c'est un grave choix de société.

Arnaud Marie
#216, le 22/01/2015 - 13:33

L'informatique (pas seulement le numérique) et les problèmes actuels dans l'enseignement scolaire

Message ci-dessous remise en forme pour une meilleure lisibilité

 

Afin d'obtenir des progrès significatifs dans l'enseignement, il conviendrait, entre autres choses, de dresser une liste des problèmes actuels en les hiérarchisant mais aussi en dressant une carte des interactions entre problème puis, pour chaque problème, de voir comment l'informatique pourrait contribuer à des améliorations.

Attention : ne parler que de "numérique" est très réducteur (voir à ce propos le travail remarquable accompli par Michel Volle sur son site : www.volle.com et dans ses ouvrages). Les apports de l'informatique ne se réduisent pas à la révolution de la codification numérique de documents même si les applications de cette technique se sont multipliées au grand bénéficice des consommateurs : photo numérique, TNT, ... L'informatique couvre un champ très vaste où l'algorithmique joue un rôle considérable.

Quand on dresse la liste des problèmes actuels de l'enseignement scolaire en veillant à produire une description de chaque problème qui exprime bien un écart entre l'attendu et l'obtenu,on peut constater que l'informatique risque parfois d'aggraver un problème au lieu de le résoudre. Prenons l'exemple de l'autorité des professeurs mise à mal par une société française qui depuis plus de deux siècles a pensé pouvoir se passer de maîtres et de témoins d'une culture ancienne en se livrant à une surenchère moderniste. Les uns ne voient pas le problème posé par cette surenchère. D'autres en accentuent la gravité. Demeure hélas et même s'amplifie, sur le terrain, la difficulté pour des adultes nombreux de se faire entendre par plus jeune qu'eux, de se faire écouter, de se faire respecter, ... Difficulté très ancienne signalée dès l'Antiquité ! Difficulté singulièrement minorée par l'art du dialogue et par la nécessité de l'écoute développés au sein du judaïsme et dans toute organisation bien structurée (ordres monastiques, écoles d'arts martiaux ...) où l'accent est mis sur l'importance de la hiérarchie, de l'écoute, de la discipline ...

Introduire l'informatique voire en imposer l'usage par la fourniture d'outils numériques, ne contribue pas, sans précautions extrêmes, à résoudre le problème de la mise en cause de l'autorité des professeurs d'autant que des adultes déjà dépassés par un courant et une vague de fond qui tend à saper ses fondements risquent de l'être encore davantage dans le maniement d'outils qui demandent familiarité d'usage, pratique régulière, souplesse d'approche, ...toutes qualités qu'une personne jeune a le loisir de développer et d'exercer avec beaucoup plus d'aisance qu'un adulte déjà prisonnier de tours de pensée, d'habitudes anciennes ...en décalage avec l'époque récente. 

Dans un autre registre : la question si importante de la psychomotricité fine et de l'usage optimal des facultés humaines, tant corporelles que sensorielles, il faut jouer cartes sur table avec beaucoup de franchise et de lucidité pour reconnaître qu'en quelques dizaines d'années, des apprentissages fondamentaux (lecture et écriture) se sont fortement dégradés par méconnaissance de la relation essentielle qu'entretiennent le corps et l'esprit.Cette relation s'appauvrit dès lors que le corps n'est plus libre, en situation d'apprentissage, de se mouvoir selon des schémas variés et construits lentement. Introduire un outil - une tablette tactile par exemple - qui va encore réduire le champ des manoeuvres corporelles comporte un risque majeur : ce que l'on paraît avoir gagné en diversité cognitive se trouve anéanti par une dynamique corporelle de plus en plus pauvre.

Dès que l'on examine pas à pas les différents domaines de l'enseignement scolaire en grande souffrance aujourd'hui, on s'aperçoit qu'avant de proposer de nouveaux outils, il faudrait d'abord se demander si l'on n'a pas abandonné trop vite des outils simples qui ont fait la preuve de leur efficacité. Ainsi en est-il par exemple de la plume et de l'encrier pour apprendre à écrire à la main. A l'heure actuelle, en sixième au collège, la moitié d'une classe de trente élèves adopte une position d'écriture et une tenue d'outil scripteur qui handicape lourdement la simple copie d'un texte au tableau et même l'activité mentale (cf. notamment la contribution nuisible au fonctionnement cérébral de l'annulaire dans la tenue du stylo). On observe alors une fatigue excessive des élèves, des aberrations scripturaires et beaucoup de fautes de copie. En se laissant porter par la surenchère moderniste, on dira : "Mais à quoi bon apprendre à écrire à la main à notre époque ?!" (puisque les adultes eux mêmes font de plus en plus usage d'un clavier !). Ce serait méconnaître qu'il y a une nette différence entre celui qui ayant appris à former correctement des lettres, à tracer leur liaisons justes, fluides et efficaces et celui qui ne l'a pas appris. Se trouvant l'un et l'autre avec un clavier, ils penseront différemment et le premier aura sur le second l'avantage manifeste d'avoir appris LENTEMENT la formation des mots et des phrases tandis que l'autre ayant appris de lui-même et trop rapidement aura plus de difficulté à penser et à communiquer par écrit. Répondre que l'apprentissage simultané du clavier et de la formation des mots oblige aussi à aller lentement au début et résout de fait le problème c'est oublier que frapper au clavier induit une position corporelle beaucoup plus fatiguante que l'écriture manuscrite et aussi beaucoup moins souple à terme car celui qui a étudié la formation manuscrite des lettres demeure libre d'écrire ensuite comme bon lui semble.

     

Thibault Cordier
#136, le 21/01/2015 - 17:10

Pour une utilisation responsable du numérique

Je comprends l'enthousiasme que suscitent les avancées numériques et leur utilisation dans les établissements. Je suis moi-même enseignant et j'utilise quotidiennement un vidéoprojecteur dans ma classe, qui me permet un large choix d'activités pédagogiques. Pour autant, je m'inquiète de cette précipitation du numérique que veut nous imposer le gouvernement, notamment l'utilisation des tablettes dans les classes. Plusieurs études ont prouvé qu'il ne fallait pas exposer des enfants à un écran de façon prolongée. Cela les fatigue rapidement et diminue leur concentration. De plus, ils n'ont pas assez de recul sur l'utilisation qu'ils font de cette tablette, puisqu'ils ne sont pas capables de trier le flux d'informations qui leur parviennent. Enfin, on ne cesse de nous rabacher qu'il faut à tout prix contrôler chez les jeunes le nombre d'heures passées devant les écrans, et nous allons leur soumettre un écran durant toute une journée de cours! N'y aurait-il pas un vrai paradoxe? Et je ne parle même pas du temps que nous allons perdre en classe si chaque élève possède une tablette, pour contrôler qu'ils font bien l'activité proposée et non autre chose. Les dérives de l'utilisation d'une tablette me semblent infinies... Et lorsqu'on voit à quelle fréquence ils font tomber leur trousse, leurs crayons etc. par terre durant une heure de cours, je me dis que l'Education nationale doit avoir de sacrés moyens pour prévenir les inévitables remplacements de toutes les tablettes qui seront hors d'usage.

Une autre inquiétude me pèse. J'ai peur que notre pays s'aligne sur les Etats-Unis et oublie les compétences basiques (lire, écrire...) au profit du numérique. En effet, aux Etats-Unis, il devient commun d'apprendre aux élèves à taper sur un ordinateur plutôt que d'apprendre à écrire sur une feuille. Il en résulte que le niveau des élèves est devenu catastrophique et qu'ils ne maitrisent plus les compétences de base. Je refuse d'en arriver là dans notre pays!

J'appelle donc le gouvernement à faire preuve de bon sens et de pragmatisme quant à l'utilisation du numérique dans les écoles.

Cyril
#759, le 10/02/2015 - 07:48

De grâce, n'en faites pas des consommateurs.

Bonjour,

Il serait fort pertinent d'établir les priorités et donc ne pas mettre la charue avant les boeufs (ou la souris avant le port).

Car il y a une base, une idée fondatrice sur laquelle doit impérativement s'appuyer l'enseignement numérique à l'école et qui tient en une seule phrase:

"La machine est au service de l'homme."

Cette vision est absolument essentielle et je vais même jusqu'à prétendre que la perdre de vue pourrait mettre nos démocraties en danger. En effet, il sera captital dans le futur proche, celui de nos enfants, de comprendre le fonctionnement des outils informatiques si on veut espérer avoir une influence quelconque sur le cours des choses, car il n'y a pas deux mondes, celui du numérique d'un côté et celui des hommes de l'autre.

Hors, on constate présentement que la plupart des gens, y compris les jeunes, ne sont souvent que des consommateurs. Les tablettes, ces Minitels 2.0 que l'on veut introduire dans les écoles sont très représentatives de cet état d'esprit. Bien sur, on pourrait en rester là, cela serait si confortable. Laisser à Google le soin de définir le web, laisser à Microsoft le soin de décider ce qui est bon ou non pour nos machines, laisser le soin à un algorithme opaque de compter le nombre de votes à la présidentielle.

On pourrait faire cela. Ou bien enseigner à nos enfants comment tout cela fonctionne afin qu'ils puissent en (re)prendre le contrôle.

De quoi est composé un ordinateur, quelle est la séquence de demarrage. Comment fonctionne les reseaux, quelle différence entre le World Wide Web et Internet, que l'informatique est bien plus vaste que les microcosmes Windows/Apple et que la sécurité d'une machine ne se résume pas à l'installation d'un anti-virus ou que le "cloud" n'est décidement pas un petit nuage blanc et innocent, etc, etc.

A ce stade, je supplie le lecteur de lire ce billet écrit par un professeur anglais, dont voici le lien original en anglais donc, et dont le titre est éloquent: "Les enfants ne savent pas utiliser un ordinateur..."

http://www.coding2learn.org/blog/2013/07/29/kids-cant-use-computers/

Ou sa traduction en français:

https://nicolaslegland.wordpress.com/2013/08/15/les-enfants-ne-savent-pa...

Enfin, on doit aussi faire le lien entre l'informatique et d'autres matières. En social, on peut expliquer que la philosphie du logiciel libre peut s'appliquer dans d'autres domaines que la science informatique, on peut aussi faire de l'histoire, expliquer par exemple sur quoi est bâtie le système d'exploitation d'Apple pour en arriver à la genèse de Unix, parler de Tim Berners-Lee, Jimmy Wales ou autres Linus Torvalds et Andrew S. Tanenbaum, faire du droit en parlant aussi de la notion de copyleft, licence GPL et autres.

Alors de grâce, apprenons à nos enfants non pas (seulement) à se servir de l'informatique mais à la comprendre et pour cela ils ont absolument besoin, à la maternelle, de maitriser d'abord et avant tout le language de ceux qui fabriquent les machines.

Merci.

Jérôme G.
#475, le 29/01/2015 - 17:54

Formation au numérique et ressources pédagogiques :

Bonjour,

Il semble évident que la formation des enseignants en matière de T.I.C.E. est essentielle pour porter le projet de l’école numérique. Au niveau de la formation initiale pour les futurs professeurs et de la formation continue pour ceux actuellement en poste.

Pour la prochaine rentrée 2015, il serait sans doute intéressant de concevoir un référentiel officiel de formation qui se baserait sur les initiatives déjà existantes de certains ESPE et de l’expérience des enseignants qui pratiquent les T.I.C.E. en cours. Et de généraliser la formation au numérique à tous les types d’établissement (ESPE, école primaire, collège et lycée).

Ce parcours de formation pourrait être composé de 3 parties :

  • Module 1 : Initiation et/ou perfectionnement à l’informatique et à Internet (TIC).
  • Module 2 : Spécialisation dans le domaine de l’éducation (TICE).
  • Module 3 : Mise en pratique des acquis des modules 1 et 2.

On pourrait en même temps créer une bibliothèque numérique composée de guides pratiques sur tous les outils mobilisables, en précisant clairement leurs intérêts pédagogiques. A laquelle s’ajouterait, un service support pour que les enseignants puissent poser des questions d’ordre technique et un forum d’entraide pour leur permettre d’échanger sur leurs pratiques, leurs problématiques,  collaborer sur des projets communs…

Ce référentiel pourrait être repris dans le cadre de la formation continue pour les professeurs déjà en poste afin de dispenser les modules en temps partiel à raison de 1 à 2 jours par semaine ou semaine complète suivant les disponibilités et le choix des enseignants. Cette action de formation serait réalisée dans les locaux des établissements afin d’en faciliter son accès. On peut imaginer aussi en complément de ces modules,  que des classes virtuelles soient organisées à « la demande » des professeurs.

Il semble logique que les technologies numériques soient utilisées pour leur propre enseignement en formation initiale et continue.

Ci-dessous, une liste non exhaustive des thèmes qui pourraient être traités dans ce référentiel :

 

Informatique et T.I.C. (Module 1)

 - Ordinateur personnel.

 - Tablettes et smartphones.

 - Serveurs informatiques et Web.

 - Réseaux informatiques et Internet.

 - Cloud computing.

 - Langages de programmation (notions).

 - Sauvegarde.

 - Sécurité informatique.

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 - Bureautique.

 - Gestion électronique des documents. (G.E.D.).

 - Multimédia.

 - Moteurs de recherche.

 - Techniques de veille informative.

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 - L’Open Source.

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 - Utiliser un T.B.I.

 

T.I.C.E. (Module 2)

 - Utiliser un E.N.T.

 - Gérer les bases de connaissance.

 - Créer des modules de cours en ligne.

 - Créer des e-Book interactifs.

 - Travailler avec les outils de collaboration.

 - Utiliser les applications dédiées à l’éducation.

 - Créer et animer un blog pédagogique.

 - Créer et gérer un forum d’entraide.

 - Créer un Wiki.

 - Animer une communauté d’apprenants.

 - Utiliser les réseaux sociaux en "mode éducatif".

 - Rechercher et partager des informations.

 - Créer des tests d’évaluation.

 * Option : (pour les enfants malades, handicapés,  isolés en milieu rural voire à l’étranger).

 - Animer une classe virtuelle.

 - Créer un MOOC.

 

 

Merci de votre attention :)

 

stephane polard
#150, le 21/01/2015 - 18:04

Le numérique: URGENCE OU PAS?

Le ministère de l'éduaction national souhaite intégrer le numérique pour notamment améliorer les enseignements et réduire les inégalités. Avec le financement qu'il va mettre en place pour équiper les établissements en matériel et celui nécessaire à la mise en place de connexions haut débit. Ne serait-il pas plus judicieux de profiter de ces moyens pour diminuer le nombre d'élève par classe? Je suis enseignant et dans mon établissement, il faudrait au moins 50 000€ minimum d'investissement au départ puis surement 5000€ par an pour la maintenance, les réparations et le salaire de la personne gérant convenablement le réseau. En utilisant ces sommes en personnel et en heure poste, on peut, j'en suis sur, assurer 100% de réussite à un examen comme le DNB et en plus  de cela assurer un suivi efficace pour des élèves en grande difficultés. Aujourd'hui, à 30 élèves par classe, comment réduire les inégalités? Avec des PC ou des tablettes? J'en doute! Surtout qu'on nous rabache que nos jeunes passent trop de temps devant un écran et que cela gène la concentration et les apprentissages. Le seul numérique utile serait à la maison mais la aussi se pose la question des parents qui n'ont pas beaucoup de moyens de control sur l'utilisation qu'on leurs enfants d'internet et des TICE.

Il y a un vrai plus avec le numérique. Moi même j'en fait l'expérience dans mon travail mais est ce qu'avec le prix que cela va couter, on verra une réélle amélioration des conditions de travail et de réél progrès chez nos élèves? 

Le numérque c'est bien mais est-ce vraiment une priorité aujourd'hui? Le ministère ne nous plonge-t-il pas dans cette aventure pour que l'on oublie qu'à 30 élèves on ne peut pas enseigner? Le numérique n'est-il pas de la poudre au yeux? 

Lucie Lebeau
#453, le 28/01/2015 - 15:13

Accompagner les enseignants

Le numérique c'est bien, seulement face à la multiplicité des supports (ordinateurs, tablettes, TBI) et à la diversités des actions pédagogiques possibles avec ces outils, il faudrait pouvoir proposer un accompagnement aux enseignants.

Ces derniers sont déjà occupés par la conception du contenu des cours, l'organisation séquentielle pédagogique etc. mais quand en plus il faut réfléchir sur comment intégrer ces outils dans l'apprentissage cela commence à faire beaucoup. Surtout que le but ce n'est pas d'utiliser du numérique pour du numérique (faire lire un poème sur une tablette : quelle est la valeur ajoutée par rapport à une lecture sur papier ?). Il y a des outils, il faut savoir quoi en faire. 

Il serait bien d'intégrer les ingénieurs pédagogiques (déjà présents dans les universités et grandes écoles) au niveau du secondaire et du primaire. Ces derniers pourraient épauler les enseignants dans la manipulation technique et dans l'utilisation pédagogique de ces outils numériques.

Une idée parmi tant d'autres...

Eric Briys
#285, le 23/01/2015 - 13:47

Enrichir l'expérience pédagogique par des outils et des gestes simples: la bibliothèque numérique

J'ai enseigné l'économie pendant une quinzaine d'années.

Je me suis longtemps demandé comment sortir de ce que j'appelle la tyrannie du manuel unique, comment paratger aisément mes lectures avec mes éléves, comment faire de ce partage un véritable objet de conversation pédagogique.

Ne trouvant pas d'outils satisfaisants, j'ai fondé en 2000 Cyberlibris.

Depuis, ce sont des centaines de milliers d'enseignants, d'élèves et d'étudiants qui ont pu accéder facilement (en classe ou au domicile) à la lecture numérique, partager leurs lectures en utilsant des bibliothèques numériques spécialement façonnées pour répondre à leurs besoins, telles KoobyVox, ScholarVox CDI, ScholarVox.

Un professeur de philosophie, pour ne retenir que cet exemple, peut simplement convoquer auteurs et livres, baliser des itinéraires de lectures pour ses élèves et, ainsi, s'émanciper du rationnement pédagogique malhereusement inhérent au livre imprimé. Nous ne réinventons pas la roue, nous lui permettons de tourner plus vite. La bibliothèque, grâce à son extension numérique, demeure le lieu à partir duquel le pédagogue peut inviter ses élèves aux joies de la découverte et de la sérendipité.

Les briques existent, l'enjeu est de les agencer astucieusement dans un contexte respectueux des droits de chacun de l'auteur au lecteur.

Bécourt
#822, le 15/02/2015 - 10:44

Vers une simplification des échanges entre les différents services de l'education nationale.

Il importe de simplifier, de faciliter les échanges entre les différentes strates des services de l'education nationale.

Ainsi, les directeurs dont les équipement numériques varient d'une école à l'autre en fonction de la volonté, de la conscience des besoins et des possibilités des collectivités (pensons aux petites communes rurales) ont parfois des difficultés à ouvrir les documents adressés par les servixces des DSDEN, MDPH, ... Les compatibilités entre Microsoft , Libre Office (ou Open Office) ne sont pas toujours réelles en particulier dans les fichier incluant des zones de saisie.

Une des solutions pourraient être les services en ligne (onedrive, ...). Nous nous poserons cependant deux questions:

1- Les données saisies, souvent sensibles (signalement par exemple) sont stockée où? Quid de la confidentialité des données?

2- Les directeurs et les enseignants n'ont pa toujours de connexion internet fiable. En Seine et MArne, certaines écoles sot encore dotées de connexion RCT...

 

En conclusion, il apparait que l'Education nationale doit veiller à ce que tous les acteurs puissent travailler avec des outils accessibles à tous.

Hevap
#655, le 06/02/2015 - 12:02

Le numérique, la clé de l'avenir ?

Bonjour,

je viens ici donner mon sentiment, le sentiment d'un papa inquiet pour l'avenir de ses enfants et qui constate que ses fils vont trop vite pour lui.

Mon fils aîné a 13 ans, il possède deux ordinateurs dont un vieux équipé de linux qui lui sert de serveur de jeux sur internet, il connaît le nom d'au moins un logiciel capable de passer outre le contrôle parental et se débrouille tout seul pour configurer le réseau afin d'en permettre l’accès à ses amis d'internet.

Sa motivation pour apprendre, pour progresser, il la trouve sur le net et il assimile ces nouvelles connaissances bien plus facilement que les règles de français ou les formules de math qui, à côté, lui paraissent bien fades.

Les enseignants du collège sont incapables de mobiliser son attention et sa curiosité avec autant d'efficacité que les forums d'internet, de sorte que malgré une intelligence normale et une volonté indéniable d'apprendre, il accumule des retards en connaissance scolaire de base.

Avec un peu d'autorité, des menaces et des punitions on arrive à limiter ce décrochage, mais la limite est presque atteinte. Il se rebelle de plus en plus, ignore les menaces et les punitions, bref, c'est l'adolescence. Pourtant sans ces connaissances de base son avenir s’assombrit.

Mon fils décroche car l'école est terne, les enseignants n'ont pas l'air passionné par la matière qu'ils enseignent, en tout cas ils ne savent pas partager cette passion.

C'est incroyable qu'un prof de physique ne trouve pas 5 minutes pour commenter le dernier prix Nobel, ou qu'un prof d'histoire ne puisse pas parler de l'historique d'une région où ce produit un conflit qui fait la une de l'actualité, car « il faut suivre le programme sinon on n'a pas le temps de le finir », l'école est en permanence déconnectée de la réalité médiatique.

Les logiciels éducatifs qui ressassent les mêmes choses que les manuels sont des outils utiles mais d'une triste banalité pour un jeune d'aujourd'hui.

Mais si le numérique à l'école était une fenêtre ouverte sur le futur, une vue panoramique qui donne de la motivation pour aller vers l'avenir, peut-être que l'attitude de mon fils vis à vis de la scolarité évoluerait dans le bon sens.

Bruno DUBO
#464, le 28/01/2015 - 22:43

Créer un dispositif spécial pour les élèves dyspraxie, dyslexie... ou présentant des troubles d'apprentissages

Bonjour à tous,

 

Etant professeur de langues vivantes étrangères espagnol, récemment j'ai pu faire le constat que nous ne disposons pas assez de moyens techniques pour aider les élèves en difficultés d'apprentissage, les déficients visuels ou auditifs. Grâce au numérique, nous pouvons aujourd'hui rendre les cours beaucoup plus attractifs et mieux adpatés à certains profils. 

Nous devons maintenant impulser une nouvelle pratique pédagogique incluant une participation active des élèves aux cours grâce aux boîtiers de vote par exemple et de donner aux élèves l'opportunité d'utiliser tout appareil numérique de manière contrôlée soit pour enregistrer un cours, partager des donnés sur un sujet, s'entraîner aux différents types d'évaluation en ligne pour améliorer le niveau scolaire...

Tous les élèves "dys", déficients visuels ou auditifs de chaque académie devraient bénéficier d'une ardoise numérique leur permettant d'avoir plus d'accessibilité aux cours en utilisant le son ou la vidéo pour les consignes, l'image pour expliciter le texte... Hors le constat est tout autre.

Bien entendu les moyens humains sont déjà utlisés pour leur accompagnement scolaire mais certains élèves ne veulent plus suivre ce chemin de peur de se voir ridiculiser par leur handicap.

Je pense que les outils numériques seront l'occasion pour eux de s'émanciper davantage, de sentir plus à l'aise en salle de classe grâce à une pédagogie plus adaptée.

Je tiens à encourager tous ceux et celles qui militent dans ce sens pour parvenir à "une véritable école pour tous" qui reste toujours une des priorités nationales malgré le manque de moyens.

BD

Eric.Fouzari
#882, le 16/02/2015 - 12:28

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous, oui mais !!!

Cela fait maintenant plus de 15 ans que l'informatique est dans les établissements scolaires.Je pense qu'il faut se poser plusieurs questions:

1- les collectivités ont-elles les moyens:

a) de mettre un mode de connexion internet qui fonctionne normalement sans mettre en difficulté ou perturber le cours !!!

b) de mettre à disposition du matériel informatique (ordinateur- tablettes- imprimantes-tbi)

c) de mettre à disposition les techniciens pour la maintenance.

 

2- L'Éducation Nationale ne devrait-elle pas:

a) proposer un partenariat avec les collectivités afin de ne pas créer d'inégalité avec des petites communes

b) Développer des applications ou des logiciels afin de réduire les coûts

c) proposer des formations et accompagner les enseignants

d) Sensibiliser et proposer une formation aux parents afin que l'informatique soient bien utilisé à la maison.

Thierry Bissuel
#781, le 10/02/2015 - 18:20

Penser à la qualité et l'efficacité pédagogique des ressources

En tant qu'éditeur de logiciels (outils et contenus), nous diffusons nos solutions dans une cinquantaine de pays et nous observons et accompagnons les politiques de déploiement des TICE. La question de l'efficacité pédagogique des ressources numériques pédagogiques revient souvent mais elle interpelle et parfois dérange. Pour des raisons bassement électorales, elle est de plus en plus prise en compte et c'est tant mieux. 

Constats aujourd'hui en France pour les mathématiques : 

- 95% des enseignants qui utilisent régulièrement les TICE (20% d'entre eux) ont des usages en vidéoprojection, simplement pour montrer, pour illustrer. Ce n'est pas inintéressant en soi mais les recherches pédagogiques indépendantes (* voir ci-dessous) ont montré depuis bien longtemps que c'est rarement efficace sur l'apprentissage en profondeur des élèves, malgré le surplus momentané de motivation que cela leur apporte.

- En 10 ans, la France a malheureusement régressé significativement dans ses résultats PISA en maths, malgré une démocratisation des TICE induite par plusieurs logiciels et ressources gratuits soutenus par l'Institution, accessibles et utilisés de plus en plus largement par les enseignants en mode vidéo-projection. Un mode consommation low-cost pour l'enseignant qui fait trop souvent consommer l'élève.

En dehors de la phase d'entrainement et d'évaluation qu'elles peuvent faciliter, pour que les ressouces numériques soient efficaces dans le processus d'apprentissage durable, nous observons qu'il faut :

- encore accroitre l'accessibilité d'usage pour les enseignants. Non pas avec des ressources simplifiéess, de type QCM, boutons-à-cliquer ou vidéo, mais au contraire avec des ressources de plus haute qualité didactique, pensées par des experts en didactique, et qui laissent la pleine liberté pédagogique à l'enseignant de tout profil. Lorsque tout enseignant peut s'approprier une resssource de haute qualité, la moitié du chemin vers l'efficacité pédagogique est fait. L'appropriation passe par la possibilité offerte de changer les textes, les contextes, les medias, les paramètres/valeurs, voire les variables didactiques d'une ressources en quelques secondes.

- passer d'usage collectifs où l'élève est souvent plus passif qu'avec le papier-crayon à des usages individuels (ou binomes), en classe comme à la maison, où l'élève est vraiment engagé de manière active dans son processus d'apprentissage. En mathématiques, les logiciels pionniers (années 1980) ont été pensés dans des laboratoires de recherche (CNRS/Université, informatique et didactique) pour des usages par l'élève, afin qu'il acquière une expérience sensorielle enrichie complémentaire du papier-crayon. 

La perspective de déploiement de tablettes pour les élèves nous semble donc aller dans la bonne direction mais il faudra être vigilant, former les enseignants et les aider à bien intégrer les critères de différenciation en matière de qualité et surtout d'efficacité escomptable des ressources numériques, afin de favoriser en classe et à la maison celles qui apportent un vrai plus dans la compréhension durable de l'élève. Cela permettra d'éviter de mettre les élèves en situation de zapping (voir cet article) qui reste aujourd'hui l'un des grands défi du numérique éducatif, car les ressources numériques de type QCM et boutons-à-cliquer coûtent 10 à 50 fois moins cher à concevoir et produire, et leur sous-traitance offshore (encore très courante chez les éditeurs scolaires - Inde, Pologne ou Roumanie) est évidemment moins difficile à piloter et contrôler. 

Espérons que ces approches low-cost françaises disparaitront lorsque la vague budgétaire sera là et donnera des perspectives durables aux acteurs pédagogiques comme aux acteurs économiques.

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(*) En mathématiques, 3 grandes recherches scientifiques dans le monde se sont penchées en profondeur sur l'efficacité pédagogique des TICE par rapport au manuel scolaire et au papier-crayon.

La 3e recherche en Amérique Latine portait sur un bouquet d'animations vidéos réalisées (un peu à la hâte) par une équipe d'informaticiens rattachée au ministère de l'éducation. Fiers de leurs productions, ils ont testé l'impact sur les élèves. Surprise : les élèves ayant utilisé ces ressources numériques ont obtenus des résultats 13% inférieurs à ceux qui avait utilisé le traditionnel manuel et papier-crayon !

La 2e plus grande recherche aux Etats-Unis a porté sur 12.500 élèves en utilisant des ressources numériques de grands éditeurs, souvent très jolies et attrayantes pour les élèves. Elle a conduit à une conclusion qui avait beaucoup perturbé en 2007 : l'usage des ressources numériques n'avait eu aucun impact positif ni négatif mesurable par rapport au papier-crayon ! 

La 1e plus grande recherche mondiale a été mené pendant 6 ans sur 15.000 élèves par des didacticiens espagnols. Il ont utilisé une sélection de logiciels mettant l'élève en situation active de manipulation et de résolution de problème. Sur les mêmes examens standards, les élèves ayant utilisé les TICE avec les logiciels interactifs Cabri en complément du manuel scolaire ont obtenu des résultats 30% supérieurs aux élèves qui avaient simplement utilisé le manuel scolaire et le papier crayon. 

Pourquoi une telle différence d'efficacité mesurée ? C'est assez simple à comprendre a posteriori : dans les 2 premiers cas cités, ils ont utilisés des logiciels de type pdf enrichis ou animations vidéo qui mettent l'élève en situation de spectateur essentiellement passif. Il clique sur des boutons et éventuellement il réfléchit ensuite pour répondre à des QCM. De jolis personnages lui expliquent comment faire une division, comment appliquer le théorème de Pythagore ou encore comment mettre en oeuvre certains principes de trigonométrie. L'élève aura beau regarder ces vidéos 3 fois, 4 fois, 5 fois, qu'aura-t-il vraiment compris ? Probablement pas grand chose en vérité.

Dans le cas d'utilisation des logiciels outils de type Sketchpad (USA) ou Cabri (France), la différence est spectaculaire, d'une part par la ressource qui incite l'élève à réfléchir avant de cliquer, à manipuler et à comprendre de manière sensorielle les propriétés mathématiques, et d'autre part dans l'usage même de la ressource qui n'a pas la prétention de remplacer l'enseignant ni le manuel scolaire, mais simplement d'apporter une expérience enrichie avec les TICE en complément des méthodes traditionnelles (nous restons de fervents défenseurs du compas, de la règle et de l'équerre !).

Luc RUMEAU
#556, le 02/02/2015 - 17:35

L'histoire est sans doute un éternel recommencement.

Je suis depuis 2010 retraité de l'EN mais je n'en reste pas moins attaché à ce type d'initiative.
J'ai d'ailleurs largement participé à ce type de concertation:
- 1993-1996 Rapport à la DITEN (de l'époque) intitulé "Elèves en difficultés et technologies nouvelles". Voir si vous le souhaitez et suivant votre patience:
http://www.lucr.fr/diten3.html ou http://www.lucr.fr/historique.pdf ou encore http://www.lucr.fr/Rapport_Diten3_1996.pdf

- 2003-2004 Participation au "Débat national sur l'Ecole". Voir là aussi http://www.lucr.fr/debatecole.html

En tout état de cause et à mon humble niveau je me permettrais ces quelques remarques:
- l'EN dispose du plus gros budget de la nation et il n'évoluera plus jamais quelque soit la ligne budgétaire.
- le nombre de postes n'évoluera lui non plus plus jamais positivement.
- il y a toujours autant de jeunes qui quittent le système scolaire avant le terme.
Il faudrait donc enfin se mobiliser essentiellement sur ces fameux "élèves en difficultés" et effectivement utiliser avec eux ces nouveaux outils.
Pour cela plusieurs règles me semblent importantes pour ces élèves qui sont eux en grande difficulté:
- les maintenir dans leur établissement d'origine pour éviter la ghettoïsation.
- leur proposer le même cursus en le dotant d'une heure supplèmentaire dans les trois disciplines qui paraissent à priori "fondamentales. C'est à dire en français, en mathématiques et en première langue étrangère.
- construire pour chaque cohorte de chaque niveau de classes plus de groupes qu'il n'y a de classes dans l'établissement (par exemple 7 groupes pour 5 classes).
- proposer aux deux groupes d'élèves en trés grande ou grande difficulté un effectif réduit (par exemple 8 et 12). A contrario les meilleurs élèves resteraient en effectifs pleins.
- utiliser deux salles multimédias gérées et encadrées techniquement (technicien de maintenance) plutôt qu'un saupoudrage de machines personnalisées des plus "friables" dans les cartables.
- certes fonctionner en groupes de niveaux mais avec des passerelles et des remises en cause par cycles de 6-7 semaines (interval de congés).
- permettre une réelle concertation au sein des équipes et la prévoir dans les emplois du temps en termes d'heures.
- profiter des compétences des enseignants ou pour le moins des volontaires plutôt qu'institutionnaliser une démarche contraignante et obligatoire. Cela impose une remise en route et une mise à disposition d'une réelle formation continue des enseignants.
- prendre en compte en termes de salaires les efforts qui seront faits par les équipes qui accepteront des contraintes d'emploi du temps de par l'alignement sur une cohorte d'élèves d'horaires communs alignés dans les trois disciplines concernées par ce qui devient un PROJET d'ETABLISSEMENT.

Comme quoi même à 64 ans je rêve encore!!.

 

Alain DEVALPO
#549, le 02/02/2015 - 14:10

Des élèves acteurs de leur formation

Le numérique pour mobiliser les apprentissages des élèves, notre association qui réuni enseignants, journalistes et concepteurs du web y croit, car il permet des projets innovants comme Globe Reporters.

Les plombiers le savent. Rien ne sert d’installer des tuyaux s’il n’y a pas d’eau. Développer des infrastructures dans les établissements n’a d’intérêt que si, dans le même temps, des contenus pédagogiques adaptés à cette nouvelle donne sont créés.

Développer ces savoirs à l’ère du numérique, c’est

- faire participer les élèves à leur élaboration

- apporter une dimension multimédia à ces savoirs

- actualiser ces savoirs

Passer du manuel figé aux savoirs vivants.

Le numérique permet d’adapter les bonnes vieilles méthodes actives qui ont fait leur preuve en matière d’éducation à des pratiques en phase avec la réalité des jeunes.

C’est également un espace de mutualisation et de mise en valeurs des travaux des élèves.

Je laisse une documentaliste du collège Poquelin à Paris conclure : « Les globe-reporters de Poquelin ont encore passé leur pause déjeuner à faire des recherches ! C'est bientôt moi qui ne vais plus suivre ! »

Jérôme G.
#404, le 27/01/2015 - 05:18

Enseigner l'Histoire de manière chronologique :

 

Bonjour, 

On reproche souvent que l'Histoire soit enseignée de manière asynchrone. Que les élèves n'arrivent pas à faire le lien entre les différentes époques, les évènements, les personnages historiques et qu’au final, une certaine confusion ressort de leur apprentissage.

Ne serait pas intéressant, à l’instar de feu Encyclopédie Universalis (en ligne), de créer une application qui représenterait une frise chronologique qui aiderait les élèves à se repérer dans le temps ?

En cliquant sur cette frise, les élèves pourraient voir apparaitre les évènements historiques liés à la date de leur choix, sous forme de texte, d’illustration, d’éléments sonores, de vidéos et de liens hypertextes pour les diriger vers des ressources complémentaires. 

Ils pourraient voir également, sous forme de colonne et pour une même date, le déroulé historique de plusieurs pays ou autres zones géographiques. Par exemple, à telle date, il se passait cela en France (colonne 1) alors quand même temps, il se passait ceci en Angleterre (colonne 2), ceci en Allemagne (colonne 3) et encore cela en Espagne (colonne 4), etc.

Les élèves pourraient faire aussi des recherches directement par date, pays, régions, villes ou mots clés. Voire poser des questions aux enseignants. 

Merci de votre attention  :)

Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias
#803, le 11/02/2015 - 22:17

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias-1423689632

La véritable fracture numérique est une fracture intellectuelle et culturelle, avec risque d’une fracture citoyenne… C’est par un double levier que les politiques publiques lutteront contre cette fracture :

  • une éducation triple A, aux médias, à l’information et au numérique,
  • un soutien des usages, des outils et des ressources du numérique à l’école et dans les lieux périscolaires, préparant les jeunes à les utiliser dans leur vie quotidienne.

Un enjeu citoyen et culturel pour préparer les jeunes à être "acteurs et auteurs" de/dans cette société de l'information.

CLIS40
#793, le 11/02/2015 - 19:06

Le numérique au service de l'apprentissage des élèves en situation de handicap cognitifs

J'enseigne en CLIS, les élèves de cette classe sont âgés de 7 à 12 ans et présentent des profils très variés. Le défi à relever est de leur permettre d'accéder aux savoirs fondamentaux: lire, écrire, compter. Certains élèves ont vécu trois années en moyenne section de maternelle. L'utilisation de l'outil numérique semble une bonne idée tout d'abord pour les mobiliser et ensuite pour leur proposer une nouvelle entrée vers le savoir. Les tablettes numériques sous androïd sont nettement moins chères que leurs consoeurs ipad, Cependant les applications spécifiques développées par apple sont très en avance sur celles proposées sous androïd. Avec quel budget acheter une tablette? des applications? Comment choisir l'outil le mieux adapté? 

Une idée serait de proposer une liste d'applications recommandées au nom de l Education Nationale, préalablemet testées par des experts.

 

Luc RUMEAU
#789, le 11/02/2015 - 11:44

Pour ne pas « refaire l’eau chaude » reprenons déjà des méthodes utilisées en les adaptant aux technologies de l’informatique.

Pour ceux qui lisent l’ensemble des contributions de ce débat vous l’aurez compris je considère pour ma part qu’il faut essentiellement mais certes pas uniquement s’intéresser aux « élèves en difficultés » (contribution 556) et qu’il faut faire en sorte que tous les élèves s’approprient « les outils informatiques » (contribution 741) du mieux possible.

Pour ma part comme enseignant je me suis laissé porter aussi par mon vécu personnel d’apprenant. Et je pense que tous ici nous avons fait de même à un moment ou à un autre.

Elève ou jeune étudiant confronté à un cours magistral ou au produit d’un chercheur en pédagogie j’ai toujours et systématiquement réalisé « ma » synthèse archivée.

Que ce travail soit autrefois fait sur une fiche de bristol papier et qu’il soit maintenant un produit numérique et sorti d’imprimante cela ne fait que coller aux évolutions technologiques. Mais l’essentiel n’est pas là. On peut toujours utiliser les deux et c’est même souhaitable!

Avec l’outil informatique maîtrisé ce travail numérique par contre dans son corps de texte peut s’enrichir de signets et autres liens hypertextes permettant l’accès à un grand nombre de médias de toutes formes enrichissant et détaillant le contenu. Maintenant il me faut préciser deux points qui me semblent importants.

Il faut que ce soit l’apprenant qui produise ce travail de synthèse et il faut que ce soit l’enseignant qui en garde le contrôle et l’évaluation. Là aussi de nombreuses formes peuvent apparaitre entres autres travail collaboratif ou plate-forme e-learning…

Le choix technologique pourrait se faire en fonction des compétences développées pour chacun ou (et) des moyens mis en œuvre. Mais là aussi c’est un autre débat.

Le minimum pour conforter la réussite de l’apprenant au sein de sa communauté éducative pourrait être de prendre aussi en compte ce travail et son « niveau de pertinence » dans son cursus scolaire au même titre que toute autre forme d’évaluation classique actuellement utilisée.

Naturellement il n’est pas nécessaire de faire tout en permanence sous cette forme.

Je ne suis pas chercheur mais je reste convaincu que ce type de « protocole » participerait pleinement au maintien d’un plus grand nombre d’apprenants dans le système éducatif.

Mais on a le droit de ne pas être d’accord !

@nnie
#721, le 08/02/2015 - 10:31

Introduire le numérique dans les éxamens nationaux : mission impossible?

Pourquoi enseigner le numérique quand les compétences que l'on développe chez les élèves ne sont pas ou peu évaluées aux éxamens?

Comment organiser l'évaluation de compétences numériques disciplinaires alors que nos moyens et nos connaissances sont limitées?

Un professeur soucieux d'organiser sa progression autour du numérique rique de rencontrer des freins de la part de la hiérarchie et des parents. Les examens se passant sous la forme manuscrite, les parents craignent une "sous" préparation de leurs enfants à l'examen. Les parents eux m^me sont réticents, et c'est légitime, car il veulent une préparation "manuelle" qui selon eux garantit une réussite puisque dans les épreuves, il n'y a pas de place pour le numérique, l'élève répond avec son stylo.

Dans le numérique , le risque de se tromper est très présent....Il faudra du temps pour trouver des critères d'évaluation objectif. Le numérique peut faire l'objet d'une introduction progrressive dans les ECA: (évaluation en cours d'année). Prenons l'exemple des A.I.(activités interdisciplianaires - section ST2S) où les compétences relèvent à 50% du domaine numérique et restent non évaluées dans les grilles remises aux professeurs. Le domaine des P.T.A. (projet technologique accompagné) reste au m^me stade de non prise en compte du numérique.La méthodologie d'utilisation d'une plateforme collaborative comme celle des E.N.T n'est pas évaluée. Donc les élèves et les professeurs n'utilise pas l'E.N.T du lycée....

Les professeurs documentalistes qui travaillent de manière étroite avec les élèves ne sont pas associés aux évaluations orales. Les conditions matérielles de déroulement  de l'oral de français mériterait d'être revisité...Comment peu-t-on aujourd'hui présenter un oral sans y associer un support numérique? L'introduction de l'obligation d'une "présence numérique"  entrainera l'évaluation de compétences correspondantes que les professeurs devront intégrer dans leurs progressions...Le fait d'introduire le numérique dans les examens va aussi obliger les établissements scolaires à optimiser leurs services de maintenance, en effet le passage d'éxamens oblige les services éducatifs à faire régulièrement un diagnostic de maintenance et de mise en servive en vue de préparer le matériel numérique pour les examens....

 

Jérôme G.
#520, le 31/01/2015 - 18:56

Un « assistant numérique » pour les profs.

Bonjour,

Sans sous-estimer leurs capacités, il est tout à fait compréhensible que les enseignants se sentent un peu désemparés par l’arrivée massive du numérique dans leur univers professionnel. Le volume important d’informations à assimiler et à gérer tant au niveau technologique que pédagogique, l’appréhension de ne pas être suffisamment aguerris, la nouvelle charge de travail qui leur incombe et une certaine forme de remise en cause de leur pratique du métier, risquent dans un premier temps de les déconcerter voire de les désabuser pour ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec les T.I.C. On peut reconnaitre assez facilement que cette nouvelle mission n’est pas des plus évidentes au premier abord.

Même si la présence permanente d’une personne « référent numérique » dans chaque établissement serait idéale, ne serait-il pas intéressant de développer parallèlement une application qui jouerait le rôle d’assistant numérique, afin d’aider les enseignants à intégrer le numérique dans leurs cours ?

Elle pourrait se présenter sous forme de tableau de bord qui sur une ligne directrice proposerait en lien avec les programmes officiels, et au fur et à mesure du déroulé des cours, des guides méthodologiques (quels outils utilisés, comment faire, dans quels intérêts ?), des mini-cours modifiables par l’enseignant, des fiches pédagogiques, des exercices, des ressources de tous types pour le professeur ou/et pour les élèves qu’il serait possible de mettre à disposition de ces derniers au moment jugé opportun, des modèles de tests d’évaluation et une trousse à outils que l’enseignant pourrait se construire suivant ses besoins. Il serait tout à fait libre d’utiliser ou pas cet assistant, l’idée n’étant surtout pas de lui dire comment exercer son métier mais simplement proposer des idées, des supports de travail personnalisables pour faciliter l’usage des T.I.C.E. dans ses cours.

La liste des fonctionnalités n’étant pas exhaustive, cet assistant numérique évoluerait dans le temps suivant les suggestions des enseignants et des nouvelles pratiques et des technologies identifiées.

Aussi, un forum où les enseignants pourraient échanger sur leur expérience, poser des questions, collaborer serait accessible via cet assistant.

 

Merci  :)

burgman
#509, le 31/01/2015 - 09:53

de l'importance de la taille pour l'utilisateur du numérique

bonjour,

Notre collège est équipé d'un tableau interactif nec; dommage pour les personnes de moins de 1m60 car elles n'atteignent pas les icones de la barre des taches supèrieure !

De meme trimballer 40 tablettes d'un étage à l'autre demande de porter un sac à dos digne d'un montagnard....

 

bon week end

Killian
#436, le 28/01/2015 - 08:41

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Killian-1422431167

Bonjour,
j'habite sur l'île de la Réunion et nos equipements informatiques ne sont pas à jours ( très ancienne version de Windows) de plus souvent les équipements ne fonctionnent pas et il n'y en a pas assez dans notre CDI (4 ordinateurs pour 950 élèves)

bNach
#262, le 23/01/2015 - 10:39

Le choix du matériel et les problématiques à prendre en compte

Voici, selon moi, une liste d'éléments à prendre en compte pour les choix techniques. Cette réflexion se veut uniquement technique, ne concerne que les tablettes et ne tient pas compte du bien fondé d’un tel projet. 

 

- L'autonomie. Aujourd'hui les tablettes haut de gamme annoncent environ 10h d'autonomie mais c’est une valeur maximum qui ne prend pas en compte l'usure de la batterie. Après un an d'utilisation et environ 200 cycles de charge il sera normal de tomber à environ 8h. Il faudra donc rapidement que les élèves rechargent leurs tablettes tous les jours. 

En cas d'oubli, l'élève se retrouvera lourdement pénalisé car un contenu interactif se partage bien moins facilement qu’un livre. Les établissements pourraient proposer des batteries nomades ce qui éviterait de devoir effectuer des travaux pour apporter du courant fort dans les classes mais aussi la manipulation des prises de courant par les élèves. La recharge sans fil pourrait être intéressante car les prises des tablettes seraient moins sollicitées et elle réduirait les pannes. 

 

- L’accès à Internet. L’accès en haut débit par chaque périphérique n’est pas indispensable, une vitesse d’accès de type ADSL classique est largement suffisante. La vraie problématique est de permettre l’accès à des vidéos HD de manière fluide. Pour cela, il faudrait une connexion dimensionnée pour le nombre d’élève et une répartition équitable de la bande passante entre les utilisateurs. 

 

- Les données utilisateurs. Beaucoup de solutions existent aujourd’hui pour le stockage des données : en local, le profil utilisateur déporté sur un serveur, le cloud etc. Il est aussi possible d’automatiser les sauvegardes. A mon sens, il y a une grande vertu pédagogique à apprendre aux élèves à faire des sauvegardes. La perte de données coûte une fortune aux entreprises et elles n’ont pas toutes les moyens d’avoir des systèmes automatisés. 

 

- L’interopérabilité. Le choix entre Windows/Android/Apple n’est pas le bon débat. Je pense qu’il vaut mieux se demander quels logiciels permettront aux élèves de lire et modifier leurs documents sur n’importe quel autre ordinateur ou tablette. Ceci ouvre aussi la possibilité du BYOD même si je n’y suis pas favorable. 

 

- Les dépannages. Le remplacement d’une batterie ou d’un écran est compliqué sur des modèles grand public, certains y verront de l’obsolescence programmée d’autres des contraintes techniques pour la miniaturisation. Les établissements devraient pouvoir centraliser les SAV. Il pourrait être demandé à l’équipementier, d’une part, de rendre certains organes d’usure et fragiles facilement remplaçables et, d’autre part, de mettre en place un réseau de techniciens locaux via des certifications. Dans les grandes et moyennes villes ceci créerait de l’emploi local. 

 

- L’impression. Tous les responsables informatiques vous confirmeront que l’objectif zéro papier est quelque chose d’extrêmement compliqué à atteindre, il faut donc prévoir la possibilité d’éditer et pour cela les tablettes ne sont pas toujours équipées. 

 

- Les contenus d’occasion. L’achat des livres scolaires est un poste de dépense important à la rentrée. Les éditeurs voudront forcément protéger contre la copie leurs ouvrages en utilisant des DRM qui sont aussi des potentielles entraves au marché de l’occasion. 

 

- La position de travail. Il serait intéressant de demander l’avis du corps médical sur l’ergonomie du poste de travail avec écran à plat. Il ne faut pas oublier que les écrans ont des angles de vision optimum et que, suivant la qualité de celui sélectionné, il sera nécessaire de se positionner juste au-dessus ou non. Un simple pupitre pourrait solutionner le problème. 

 

- L’interface de saisie. Il serait dommage d’utiliser les tablettes comme des minitels tactiles si le but n’était que de consulter car, dans ce cas, des liseuses feraient tout aussi bien l’affaire. L’utilisation du clavier virtuel pose le problème de la réduction de l’espace de travail à l'écran. De plus, pour tout ce qui concerne la programmation, l’accès aux caractères spéciaux est beaucoup plus compliqué. La solution serait d’utiliser des claviers Bluetooth. 

 

- Les applications. Les Stores sont intéressant car ils permettent une installation des programmes extrêmement simple et à la portée de tous. Par contre, ils mettent principalement en avant les contenus de divertissement. Il faudrait un Store dédié à l’éducation où les applications n’y seraient publiées que si elles ont un intérêt pédagogique, qu’elles respectent les données personnelles des élèves et qu’elles respectent les contraintes d’interopérabilité. 

 

- La programmation. A ma connaissance il n’y a pas grand-chose de prévu sur Android ni Apple. Il est envisageable d’utiliser du Windows ou Linux via du VDI pour du développement graphique de type VBA, .Net ou Qt mais  la taille de l’écran va être un très gros problème. L’utilisation d’une console SSH pour faire du Perl ou du PHP par exemple serait idéale. Les outils sont libres, gratuit, existants, très bien documentés et faciles à mettre en place. 

 

- Les restrictions. Faut-il une adresse email ? Comment partager des fichiers ? Je ne peux pas me prononcer sur ce point. Je ne suis pas en contact d’élèves et je ne sais pas dans quelle mesure ils sont capables de détourner le système pour se distraire. 

 

Attention à certains points : 

- Les caméras intégrées : les enseignants risquent de ne pas du tout apprécier. 

- L’aspect massif de la tablette : si le modèle permet un accès à la batterie et est renforcé, cela donnera une impression de modèle dépassé et amplifier les critiques sur le projet. 

- Le temps nécessaire aux enseignants pour les corrections : aujourd’hui l’annotation au crayon est simple. Demain soit ils devront tout imprimer soit ils devront utiliser un système de stylet. 

- Les ondes : il faudra surement prévoir une borne Wifi pour une ou deux classes et dans les bâtiments de grande taille la multiplication des ondes sera un mal nécessaire. Si une borne semble inoffensive, que pensent les agences sanitaires de l’exposition continue des enfants à un grand nombre de bornes ? Que faire d’un enfant qui serait électro-sensible ? 

Laurent Jeannin
#568, le 03/02/2015 - 12:00

Accessibilité aux ressources ? la technique n'est pas prête, n'est pas intégrée en grand nombre aux établissements, les ENT et les tablettes vont entrer en concurrence....

Accessibilité aux ressources est une belle vision, mais pas une réalité de terrain, savoir gérer les ENT (Environnement Numérique de Travail), plusieurs millions d'euros investis, avec des résultats mitigés, qui fournissent des ressources, une organisation, une structure, mais qui ne sont pas porté dans les tablettes par une appli, sauf par un navigateur Internet et donc retour au pb de la connectivité et les éditeurs qui doivent conserve un modèle économique qui permettent de ne pas "tuer" le monde de l'édition par un livre numérique à 0,89€ distribué à tous. La technique permet aujourd'hui de penser des dispositifs offline et online qui permettent que les ressources soient dans les ordinateurs ou tablettes et accessibles même sans ordinateur. Ne serait-ce pas important de poser le problème autrement :

1) avoir un accès online et offline des ressources

2) penser l'environnement de l'élève : exemple, aujourd'hui beaucoup de travaux sur l'organisation à la mode : la classe inversée. Un des résultats est : si l'espace structurel de la salle n'est pas organisé pour ce type d'activité, alors le résultat n'est pas celui attendu : collaboration, travail en mode projet... donc avec des ressources accessibles qui favorisent le travail en groupe mais qui reste dans un espace cloisonné avec des tables informatiques, chaque table en rang d'oignon... Il faut regarder le TBI : Tableau Blanc Interactif => résultat 3 à 4 000 € par TBI, qui reste installé dans une salle classique sans possibiliter de bouger les tables, d'organiser l'espace différement et donc cela conserve un vours magistral...

3) uen formation validée, acceptée et supportée par l'inspection. Si l'inspection n'est pas impliquée, alors la formation des enseignants ne conduira que peu de modification de pratique en situation

4) un accompagnement de terrain : modifier des pratiques nécessite un accompagnement au changement et des conditions pour le faire.

5) la possibilité par l'enseignant de créer ses propres ressources et les diffuser en 1 clics à ses élèves. Accès à tous les ouvrages et ressources Internet pour l'enseignant, et un outil lui permettant de fussioner ces ressources et les diffuser en 1 clics à tous les élèves avec accès sans Internet.

Merci pour votre retour,

 

 

 

ONYX44
#329, le 24/01/2015 - 08:15

un administrateur réseau par établissement

Pour gérer la fiabilité de la connexion haut débit nécessaire aux visio conférences et aux accès multiples à Internet, si le réseau tombe toues les deux heures, les investissements collossaux en matériels types tablettes n'auront servi à rien, de plus afin de réduire la facture, il est tout à fait possible de se servir de "veilles" (3 ou 4 ans) unités centales (qui ne valent plus rien sur le marché...) sur lesquelles seraient installées la distribution linux Ubuntu qui ne nécessite aucun antivirus et très peu de mises à jour, 1/2 à une journée de formation par technicien serait suffisante pour maintenir l'ensemble de ce parc informatique.

Vedu54
#817, le 13/02/2015 - 17:52

Oui au numérique mais n'oublions pas l'essentiel

Nos classe doivent rester connectées à la réalité, au monde dans lequel vivent les jeunes,c'est évident. Cependant quel est le but premier de l'enseignement à l'école, au collège, au lycée ? ... je ne sais plus avec toutes les missions qu'on nous confie maintenant !

Aider les jeunes à se construire une culture solide pour aborder avec sérénité l'avenir peut se faire de multiples manières mais tout repose encore sur l'aisance en lecture, en écriture et en calcul. Les outils numériques n'aideront pas à progresser les jeunes qui n'ont plus envie d'apprendre, qui viennent en classe par obligation, pour faire ce qu'on leur demande et pas pour savoir refaire. Comment utiliser cet outils pour "donner à boire à des anes qui n'ont pas soif"?

Comment, l'amélioration de la communication avec les parents permise par le numérique peut-elle participer à la formation des parents, pour mieux les impliquer dans la scolarité de leurs enfants, les aider à faire des choix éducatifs contructifs pour leurs enfants et participer ainsi à la construction cognitive et culturelle de leur enfant ?

L'introduction de nouveaux outils doit se faire après réflexion , formation des enseignants, en ayant comme premier but de motiver les jeunes à travailler pour apprendre et se construire.

 

 

Vincent Frammery
#543, le 02/02/2015 - 10:14

Créer un lieu central de formation pour les professeurs des écoles et d'accueil des classes de maternelles et primaires et ses antennes régionales

>> Pourquoi un tel lieu ?

Il faut préparer les élèves : ils ne peuvent arriver au collège sans aucun pré-requis informatique et algorithmique. 

Il est essentiel de former les professeurs des écoles aux outils pédagogiques permettant l'apprentissage de la logique algorithmique. Nous ne parlons pas ici de l'apprentissage du code mais de l'apprentissage de la logique qui permet la programmation par une approche visuelle, de la programmation grâce à la robotique.

Un investissement centralisé dans un lieu limite les investissements des établissements déjà bien sollicités ( tablettes etc.. )

De plus, il n'existe pas de lieu en France fédérant l'apprentissage de la programmation pour les enfants de 3 à 12 ans.
Il existe en France des sessions de type Coding Goûter qui permettent de répondre aux parents inquiets de ne pas voir cet apprentissage en France et pourtant déjà dispensés dans les autres pays européens et aux Etats-Unis.

La France reste très en retard dans le développement de l'apprentissage du code (de la programmation informatique), de la programmation robotique et nous nous devons de nous mobiliser afin de pouvoir recevoir des classes, des parents et leurs enfants qui en expriment le besoin.

>> Pourquoi ce lieu maintenant ?

- La programmation n'est pas enseigné dans les écoles et n'est pas au programme. L'utilisation d'internet, d'un mail ou d'un blog n'est pas de la programmation. Il faut enseigner et approfondir dès le plus jeune âge les enfants aux techniques opératoires, c'est à dire à concevoir des algorithmes.

- Les autres nations ont déjà commencé à revoir leur programme et à intégrer l'apprentissage de la logique de conception et de compréhension du code dès 3 ans, comme par exemple :
Aux Etats-Unis, Barack Obama a réclamé officiellement que les jeunes soient formés au code
En Grande-Bretagne, David Cameron a promu l’idée d’un cours obligatoire.
La Finlande a instauré une matière ludique qui repose sur l’utilisation de jeux et de gadgets.

- Il faut un lieu qui puisse centraliser l'organisation d’événement internationaux tel que les CodeWeek ou Hour of Code et bien d'autres...

- Permettre aux enfants d'avoir une approche positive face aux nouvelles technologie par la création

- Coder est une compétence et sera un pré-requis essentiel et indispensable des futures générations

- Nos entreprises start-up sont innovantes, reconnues et les génération du plan Fabius des années 80 sont en partie aux commandes. Mais pour combien de temps encore ?

>> Les politiques poussent en ce sens !

- Sophie Pène du CNNum (Conseil national du Numérique) précise : «Nous défendons des pratiques multimodales : on peut fabriquer des objets, travailler sur des données, s’essayer à la datavisualisation, utiliser des machines»

- Pour le ministère de l’Economie numérique et des PME, «la meilleure façon de comprendre les outils, c’est de les programmer, d’apprendre à coder pour décoder. L’intérêt du coding va au-delà de l’informatique. Il s’agit d’être capable de monter des projets, de résoudre des problèmes, c’est plus une démarche d’apprentissage qu’une matière en soi. C’est une activité qui peut être intégrée à la palette d’outils intellectuels à disposition des plus jeunes». Elle l'était en 1985 suite au plan "informatique pour tous" de Laurent Fabius. Les enfants y apprenaient entre autre le LOGO et cela a créé sans nulle doute des vocations. Reprenons le flambeau !
- "Nous devons demain dispenser une éducation au numérique qui permette à nos enfants, à nos élèves d'acquérir une culture générale à l'informatique, à la compréhension des fondements de la programmation, aux développements de capacités de raisonnement nouvelles mais aussi à la maîtrise de ce qu'on peut appeler une véritable civilité numérique. [...] Il est très important pour nos enfants d'acquérir cette culture numérique pour penser, pour agir, pour exercer sa citoyenneté, pour travailler dans une société de plus en plus connectée" a déclaré Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education Nationale lors des remises des Trophées EducNum 2015.

- Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale [...] ont tenu a réaffirmé la position du gouvernement sur l’introduction du numérique à l’école, et notamment des cours de code. Najat Vallaud-Belkacem a ainsi annoncé des «cours de code informatique» au primaire, «à partir de l’année qui vient». Un programme dans la continuité de Benoît Hamon, précédent ministre de l’Education nationale, qui souhaitait que soit proposée «en primaire une initiation au code informatique, de manière facultative et sur le temps périscolaire». «Enseigner le code à l’école n’a pas pour but de former une génération de développeurs, a poursuivi Najat Vallaud-Belkacem. C’est aussi faire tomber les clichés, comme le fait qu’il s’agirait d’une profession d’hommes.» Code week 2014

>> Mais il y un problème de formation :

- Il faut que les semaines de stages des instituteurs / professeurs enseignants qualifiées d'«insuffisantes et pas assez ciblées» selon l’association Enseignement public et informatique, soient enseignées dans un lieu dédié à ces technologies et encadrés par des experts.

>> Un lieu devenu indispensable !

Ce lieu est donc indispensable pour que la France puisse affirmer sa puissance dans l'innovation et les nouvelles technologies, continuer à créer des vocations dans ces domaines, former les professeurs des écoles.

>> Objectif de l'idée

Accompagner les jeunes de 3 à 12 ans dans la programmation et la robotique en un lieu unique.
Former les professeurs des écoles de France, en contact avec des classes accueillies dans ce lieu. Formation dispensés en association avec des experts/chercheurs.

>> Descriptif de l'idée proposée

Un lieu pour initier,accompagner durablement les jeunes dans le monde de la programmation et de la robotique. Notre projet suppose des éducateurs enseignants ayant un véritable suivi avec les enfants, inscrits sur des projets sur l'année scolaire puis des ateliers plus soutenus avec des projets pendant les vacances.

Ce lieu pourra servir de soutien aux écoles quand elles initieront les enfants aux technologies informatiques et robotiques dans le cadre de L'ÉCOLE DANS L'ÈRE DU NUMÉRIQUE.

Des ateliers d'initiation à la programmation pourront être organisés en collaboration avec des entreprises spécialisées dans les technologies numériques éducatives telles que Marbotic, Wonder Workshop et leurs robots pour enfant Dot et Dash, le robot Sphero, les LEGO® Education Programs, les modules LittleBits ( pour les bases de l'électroniques en empilant simplement des modules (sans soudure) et des objets connectés )...

Ce lieu unique permettra également avec la collaboration des Incubateurs, entreprises HighTech et autres Structures parisiennes de faire découvrir aux jeunes d'une manière ludique les joies de la programmation informatique, robotique et plonger dans l'univers mariant les deux : les objets connectés.

De grandes entreprises ou structures françaises et parisiennes telles que Ecole 42, Paris Région Lab, Netatmo, Withings, Aldebaran Robotics, pourront devenir partenaire d’événements en faisant découvrir leurs projets aux enfants et à leurs parents. Ce lieu pourra être associé à des lieux culturels proches comme la Gaîté Lyrique pour Paris,pour certains événements culturels. Ce lieu permettra la création d'expositions temporaires liés aux avancés des nouvelles technologies informatiques et robotiques pour les jeunes de 3 à 12 ans.

>> Exemples d'outils pédagogiques :

http://studio.code.org/s/course1
http://education.lego.com/fr-fr/after-school/center-programs
https://www.makewonder.com/teachers
http://www.gosphero.com/education
http://littlebits.cc/browse-lessons
http://www.marbotic.fr/materiel
http://www.phonotonic.net
https://asknao.aldebaran.com

Vincent Frammery
Entrepreneur Formateur & Développeur - Directeur associé Formacom & Associés
Porteur du projet "Les Ateliers du code et de la Robotique" au budget participatif de la mairie de Paris 2015
Plus d'informations sur ce projet : http://ateliers-du-code.blogspot.fr

Kc
#507, le 31/01/2015 - 02:15

Formation initiale et autres...

  1. Repenser la formation : le C2i2e

il semble aujourd'hui indispensable de repenser ce référentiel, qui sert encore de "modèle" à la formation initiale voir de base argumentative liée à la nécessité de mise en œuvre d'une véritable formation au numérique pour les futurs enseignants (car oui dans certaines ESPE il faut encore se battre pour convaincre que la formation au numérique ce n'est pas juste faire un didapage en guise de production finale pour une UE ou un enregistrement sonore en langue, voir un diaporama pour présenter un exposé son formateur ou son enseignant chercheur).

Or, j'y reviens, le référentiel est inopérant.

- Daté, il n'envisage le numérique que sous l'angle "outil d'apprentissage" et celui du prof par rapport à sa pratique professionnelle indépendamment de la mise œuvre en classe. C'est nécessaire mais  insuffisant. Quid du numérique comme objet d'apprentissage? Aucune mention de la nécessité pour TOUS les enseignants d'avoir une acculturation aux problématiques liés à la culture numérique et/ou informationnelle  pour elles mêmes... Aucun cadre institutionnel sur lequel s'appuyer. 

De fait que se passe-t-il? Pour que ma pensée soit plus claire : 

Ex : formation initiale MEEF premier degré : pas une seconde consacrée à la manière d'appréhender la recherche d'informations en classe, pas une seconde consacrée à la réflexion sur les questions de citoyenneté numérique, pas une seconde consacrée à réfléchir à la pratique numérique des jeunes ou aux problématiques liées à l'éducation aux médias et à l'information... Pire pas une seconde consacrée à tenter de réfléchir au pourquoi de la nécessité d'aborder cela aujourd'hui en classe avec les élèves. Rien. 

Proposition : 

-l'intégration d´un module consacré à l'éducation à la maîtrise de l'information et à la citoyenneté numérique dans le tronc commun pour les ESPE.

- une refonte totale du C2i2e avec une actualisation et un cadrage programmatique et méthodique. (Cf. UNESCO). Ou bien une dissolution complète au profit d'une ou plusieurs UE conséquentes et non anecdotiques dédiées au numérique obligatoire dans tous les parcours en M1 et M2. Ces UE n'excluant pas l'intégration du numérique dans les autres UE, mais proposant une vision plus vaste que la seule intégration du numérique au sein de sa/la discipline (EAP, TiCE et troubles de l'apprentissage, typologies des usages, modèles d'intégration, ressources numériques, prises en main d'outils au service d'un projet d'intégration, culture informationnelle et citoyenneté numérique...Etc,etc) 

 

  1. La formation en M2 et le contexte matériel.

Dans un monde idéal, bien formés au numérique, par le numérique en M1, bourrés d'idées et de volonté de mises en œuvre raisonnées en classe, voici nos étudiants stagiaires à mi-temps dans des écoles où .............. il n'y a parfois pas un seul ordinateur dans la classe, ni même ailleurs ou alors un mais sans prise réseau dans la classe, etc.

Que se passe-t-il alors ? 

le formateur a envie de pleurer avec l'étudiant en colère à qui il a menti durant 2 ou 3 semestres en lui montrant le potentiel, en l'aidant à comprendre que pour le petit dys- ce pourrait être l'occasion de... 

Cet étudiant, motivé, se transforme alors en étudiant déçu. Même si son formateur lui a montré que même avec son smartphone il pouvait faire des trucs, il n'est pas dupe.

Et puis, cet étudiant va entrer dans le métier. Son formateur lui, espère qu'il aura du matériel pour fonctionner et pouvoir enfin intégrer le numérique dans sa pratique ; son formateur espère que, si non, qu'il saura argumenter suffisamment et convaincre la collectivité. Son formateur espère avoir été assez bon pour cela.  Mais il sait bien au fond de lui qu'il ne peut former correctement en M2 que si le contexte matériel du stage le permet. Sinon, il informe, voir déforme... la réalité.

On a dit que le numérique ce n'était pas une question matérielle. Et bien si : sans matériel, pas d'intégration du numérique. Sans matériel une formation initiale forcément en décalage avec la réalité, décevante, agaçante, inopérante et improductive.

Proposition : 

- imposer un minimum de qq terminaux dans les classes peut importe leur nature.

- une connexion internet dans toutes les classes

- un vidéoprojecteur dans toutes les classes 

- un vrai soutien technique dans les circonscriptions 

et bien d'autres encore...

La bouteille est lancée.

Isabelle D
#379, le 25/01/2015 - 19:40

Ne nous trompons pas, l’accès au numérique est d'abord et avant tout un outil !

Ce n'est qu'un moyen et non une fin en soi. Le tout numérique serait pour moi une aberration, cet outil peut effectivement permettre de motiver et dynamiser Et l'enseignant Et l'élève sans pour autant en exclure toute autre pratique pédagogique. Du coup, une « tablette » par élève ne se justifie pas systématiquement, mais une par groupe de travail suffisante et complémentaire aux différentes pratiques.

On n'apprend pas « Le numérique », on apprend avec, pour atteindre nos objectifs en rendant les apprentissages plus attractifs donc efficaces. Les échanges entre collègues sont alors essentiels.

L’accès au numérique est un vivier énorme. Mais avec quel budget ? ...

Il faudrait ainsi dégager du temps de concertation et permettre une formation adaptée à chacun, selon chaque besoin, un administrateur réseau accessible, la formation des élèves à l'usage du numérique(formation et remise à niveau en début d'année par exemple).Il faudrait prendre le temps de s'approprier les logiciels informatiques existants et donc prendre en compte la charge de travail différent. La formation initiale des enseignants est aussi primordiale mais sera toujours en décalage avec l'évolution des NTIC.

C'est donc une remise en cause perpétuelle de notre façon de travailler, pas toujours facile mais à mon sens incontournable et bénéfique, et à chacun son rythme.

Le principal c'est que nos élèves apprennent et aiment apprendre.

On n'est pas dans l'innovation pédagogique mais dans l'adaptation pédagogique.

S.J.
#233, le 22/01/2015 - 19:02

Utilité et utilisation du numérique dans le monde du travail et dans la vie professionnelle: quels besoins ?

Tout le monde s'accorde à dire que l'on vit dans un monde imprégné de numérique, tant dans la vie professionnelle que privée, et que par conséquent il est important de former et informer les jeunes. Mais justement, de quoi auront-ils besoin dans le monde du travail ? Et dans leur vie privée ? En répondant à cette question, il sera alors possible de mieux cibler les objectifs à atteindre à l'école, et où mettre les priorités. Spontanément, je pense à 3 choses:

* la capacité d'adaptation: c'est un atout majeur pour un jeune, qui lui ouvrira des portes dans le monde du travail, atout que les entreprises recherchent. Dans sa vie privée, il pourra s'ouvrir aux autres plus facilement, s'intégrer, mais aussi profiter de la vie comme il l'entend. Mais là, problème: comment leur apprendre cette capacité d'adaptation et en quoi le numérique peut-il y contribuer ? Peut-elle s'apprendre d'ailleurs ou est-ce plus ou moins "inné" ?Je pense que l'on peut contribuer à la mettre en place, que chacun essaye au moins de la développer, mais que cela ne peut se faire que dans le temps. Sauf que concrètement, dans mes cours quotidiens, je ne vois pas ce que je peux faire en ce sens en tant qu'enseignante au collège, avec un outil numérique...

* les compétences: un jeune formé correctement, qui connaît son travail et son rôle, efficace, volontaire, sera une valeur appréciée et reconnue dans son entreprise. Tous n'auront pas les mêmes besoins numériques suivant le secteur d'activité dans lequel ils évolueront. Les compétences "basiques" en informatique sont pour l'instant listées et évaluées par le B2I notamment. Ne serait-il pas  nécessaire de le revoir et de l'adapter aux réels besoins actuels (puisque ces derniers changent rapidement suivant l'évolution des technologies...)? Quitte à l'alléger, ne garder que le primordial, que toutes les matières de l'école/collège/lycée pourront utiliser voire évaluer, et qui seront vraiment utiles pour l'avenir des jeunes...

* l'esprit critique: indispensable devant le flot d'informations que fourni le numérique. Tant dans le monde du travail que dans la vie privée, il est nécessaire de savoir et pouvoir se faire sa propre opinion sur un sujet donné, et pour cela rechercher les informations et les croiser de diverses façons.  Là encore, comment concrètement, lors de mes cours, leur apprendre à avoir cet esprit critique et en quoi le numérique peut y contribuer ?

Il y a probablement d'autres besoins à cibler. Pourquoi ne pas interroger les écoles post-bacs, les entreprises, les centres de formation...: quel "bagage numérique" (savoirs, savoir-faire, savoir-être, face au numérique) les jeunes doivent-ils avoir pour être pris et/ou réussir chez vous ?

On pourrait aussi demander aux jeunes leurs besoins mais il faut déjà un certain recul et une certaine maturité pour les définir...

Voilà beaucoup de questions sans réponse et je ne sais pas du tout ce que cette concertation et cette réforme pourront apporter, si elles apportent quelque chose...

Enfin, je me pose une autre question: le numérique est aussi un outil pour les enseignants pour aider les élèves en réelle difficulté (dys... en tout genre, handicapés...). Et heureusement que ces jeunes ont cette aide (je parle d'aide nécessaire et non d'assistanat comme c'est parfois le cas...). Mais qu'en est-il dans les écoles post-bacs, les grandes écoles, et même les entreprises ? Je ne suis pas du tout sûre qu'il y ait la même "bienveillance" envers ces jeunes. Je crains parfois qu'on leur donne une béquille pour qu'ils puissent avancer, mais qu'ils ne pourront pas garder par la suite... ce n'est peut-être qu'une impression.

Arnaud Mondorge
#982, le 25/02/2015 - 01:49

TICE: Ce n'est qu'un support...il n'est rien sans un accompagnement adapté des jeunes en grande difficulté face à l'apprentissage.

1. Constat :

Je travaille comme éducateur spécialisé au sein d’un service de mobilisation préprofessionnelle et scolaire accueillant des adolescents déscolarisés dans le cadre de la Protection de l’Enfance. Ce service a pour vocation de permettre à des jeunes en rupture scolaire et sociale de se mobiliser sur un projet de vie active. La spécificité est de proposer un accompagnement éducatif, scolaire et préprofessionnel s’articulant autour d’ateliers animés par des éducateurs (techniques, scolaires, spécialisés) et de mises en stage.

Les jeunes sont susceptibles de pouvoir, dans le cadre d’une prise en charge éducative adaptée, s’inscrire dans un parcours d’insertion sociale, de formation scolaire et/ou professionnelle. Il est parfois compliqué pour l’adolescent de s’engager dans un projet. La cause se situe souvent dans la peur de l’échec et le manque de sens ou d’intérêt qu’il peut accorder aux activités qui lui sont proposées. Aussi, nous devons parvenir à travailler avec lui sur l’émergence d’un désir de projet.

Nous pouvons croiser ce constat de départ avec les réflexions actuelles portant sur l’utilisation des TICE à visée de (ré) insertion. L’éducation nationale développe considérablement l’utilisation des TICE depuis une dizaine d’année. Le président actuel les envisage même comme un levier pour l’égalité des chances.

Les TICE sont aujourd’hui incontournables dans le monde professionnel. Ne pas en connaître les fondamentaux participerait à l’exclusion de ces jeunes. C’est donc un enjeu de taille à développer au sein d’un service comme le mien mais également, en amont, au sein de l’éducation nationale.

2 Réflexions

Le postulat commun laisse penser que le simple changement de média d’apprentissage (TICE sous toutes ses formes, Serious Game…) facilitera l’accès aux apprentissages. Ce n’est pas mon constat dans la pratique.

Contrairement à « l’espace classe », les jeunes acceptent sans trop de craintes ou rejet d’entrer dans l’atelier informatique. Cependant, les mécanismes de défenses développés sont les même. Si la tâche n’est pas maîtrisée, si la réussite nécessite un apprentissage, alors le jeune met en place une stratégie d’évitement. Trop dur, Trop nul, Trop inutile, je Sais déjà…le sens que nous donnons à l’atelier n’est pas partagé…l’apprentissage est rejeté au même titre que le cours de math classique.

Très préoccupés par leur vie sociale et familiale, inscrit dans une suite d’échecs et de manques, les adolescents que j’accompagne peuvent difficilement tenir assis plus de quelques minutes devant un ordinateur.

Ludique ou pas…ils ne sont pas pour autant plus disponibles ou en réussite.

Chaque action doit être savamment mesurée pour ne pas générer d’échec ou d’erreur trop importante. L’accompagnement doit être bienveillant et facilitateur. Chaque micro-réussite doit être valorisée, médiatisée…L’utilisation du traitement d’image et des réseaux sociaux est à envisagée dans ce sens.

La mise en place de mini-diplôme pour des micro-réussites est à envisager.

Je réfléchi actuellement à proposer une progression individualisée sous forme de B2i « aménagé » autour de 4 à 5 actions spécifiques et déclinables:

  • montage vidéo sur un projet individuel ou collectif  (film de skate, tutoriel de bricolage);

  • réalisation CV/Lettre de Motivation/portfolio,

  • réalisation collective d’une présentation par slide des risques/potentialités d’internet,

  • participer à la mise en page et à la création de contenu photos pour le journal pédagogique du service.

  • Développer l’utilisation de serious game qui pourraient certifier des apprentissages de manière détournée.

3 Finalités et Objectifs :

Piste de Projet décliné en objectifs et moyens

FINALITE : Acquérir et certifier des compétences en informatique et multimédia

Objectif Général

Objectifs Opérationnels

Moyen

Valorisation / Travail sur l’image de soi

  • Obtenir une certification B2i

  • Travailler sur son image via les outils numériques et la mettre en valeur, la diffuser, de manière responsable.

  • Communication sur les projets collectifs

  • Sensibilisation au droit à l’image et au contrôle de sa diffusion.

Utilisation des logiciels de traitement photo/Vidéo (Fiche Action 1)

Utilisation responsable des réseaux sociaux (Fiche Action 2)

Utilisation des outils de rédaction et de mise en page (Fiche Action

Réalisation transversale entre la classe et l’atelier informatique (Reportages Production, Reportage, Journal Numérique, Journal Vidéo)

Approche Sécurisée, Citoyenne et Responsable des TICE

  • Sensibilisation aux potentiels et au risque d’internet

  • Apprentissage des règles de savoir être, de fonctionnement et de sécurité pour une pratique responsable

  • Visite d’entreprise spécialisée

Temps Forum/Intervention extérieur envisagée

Réalisation de Document de Sensibilisation à diffuser

Obtention d’un permis Web

Développement de savoir et savoir faire facilitant le retour aux dispositifs de droit commun

  • Travailler et Certifier les Aptitudes déclinées dans le B2i Collège.

  • Acquisition et Réinvestissement de compétences liées au TICE et au scolaire dans des projets porteurs de sens

  • Transmission de ses apprentissages à l’autre

 

Travail conjoint entre la classe, l’atelier Informatique du service et l’Atelier Multiservices Informatique de la ville

Projet transversaux mettant en œuvre ces différentes aptitudes.

Développer le tutorat entre apprenant

 

Quelles propositions pourraient être envisagées dans la lourde machine de l'éducation nationale? Un support intéressant ok...mais qui ne gomme pas la peur de l'échec répété 

 

 

 

137
#782, le 10/02/2015 - 21:46

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-137-1423601754

Qui me pose une question ? : La Direction du numérique pour l’éducation

Quel est le titre ? : Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves

Quelles sont les questions posées? :
Dans ce nouveau contexte, les questions posées sont :

  • De quelle manière le numérique peut-il contribuer à l’amélioration des apprentissages et à la réussite des élèves ?
  • Quels sont les besoins en termes de ressources, d’accès et d’équipements permettant d’atteindre ces objectifs ?

On peut commencer par se demander comment la Direction du numérique pour l’éducation pourrait proposer autre-chose que le numérique pour l'éducation … mais admettons que cette direction puisse prendre du recul sur sa fonction exacte et se poser des questions sur l’opportunité à faire ou non. Mais nous verrons plus loin.

Le titre : Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves
rapprochements audacieux !
Le numérique : un ensemble de techniques et outils, les apprentissages : constituant je pense une des fonctions principales de l'enseignement ,et la réussite de tous, un beau rêve, un but ou un gros mensonge ? On peut se poser la question d'autant plus qu'à la fin dans les questions posées il vient : De quelle manière le numérique peut-il contribuer à l’amélioration des apprentissages et à la réussite des élèves ?
 la réussite de tous les élèves est réduit à  la réussite des élèves.
Le 'tous' a disparu. On se demande pourquoi ? Éclair de lucidité ? Manque de place ? Correction mal relue ?
C'était la première question, l'autre est très intéressante bien que triviale :
Quels sont les besoins en termes de ressources, d’accès et d’équipements permettant d’atteindre ces objectifs ?
Triviale en effet, quels moyens se donner pour que le numérique améliore les apprentissages pour obtenir la réussite de [tous] les élèves ?

Ce qui l'est moins c'est que cette question suppose que la première question non seulement a trouvé une réponse mais qu'elle est résolue. En effet, c'est dit dans le texte : les expérimentations l'ont prouvé, [elles] ont montré que l’usage bien pensé d’outils et de ressources pédagogiques numériques rend les enseignements plus stimulants, plus attractifs et augmente la motivation, l’activité et l’engagement des élèves dans leurs apprentissages.
Dès lors que me demande-t-on ? De valider des expérimentations ? D'en refaire ? D'en proposer d'autres ?
Et dans cette seconde question pourquoi m'interroger sur les ressources nécessaires, les moyens .. qu'est-ce que je peux y faire ? Prêter mes machines, configurer un réseau d'école ? Passons sur cette étrangeté qui dépasse mon faible entendement.
Il semble bien que l'affaire est entendue : le numérique est une technique qui aide à l'apprentissage. On peut pourtant se poser la question de la réussite ?
Est-ce que c'est « l’activité et l’engagement des élèves » constatées lors des expérimentations qui la détermine ? Les joyeux élèves auront-ils une note en fonction de leur « activité » et de leur « engagement »?
Est-ce qu'on ne découvre pas sous ce propos en apparence sibyllin, une signification cachée et quelque peu insolite ? Le numérique donnerait-il aux élèves l'envie d'apprendre que les professeurs ne sauraient pas susciter ?
Donc le numérique serait la béquille destinée à ceux qui ne réussissent pas ? Dont les professeurs ne parviennent pas à délivrer l'apprentissage ?
Dans ces conditions, le numérique serait réservé aux cancres, ceux qui ratent. Les autres n'en ont pas besoin.
Faisons donc des classes de cancres avec des outils numériques à « l’usage bien pensé » pour les plus nuls, ils deviendront bons, ils réussiront : les expérimentations le prouvent.

Quelle merveille ! Enfin résolu le désastre de l'école des héritiers.  Les riches vont être enfin rattrapés par des classes de pauvres (on dit les défavorisés – je présente mes excuses que je vous prie d'accepter vous que je choque par l'usage d'étymons hérétiques) et tout le monde va devenir riche dans une génération.
ALLELUIA

garino
#987, le 26/02/2015 - 11:28

Personnel AED-TICE

Je remercie l'éducation nationale d'avoir lancé cette concertation nationale sur le numérique pour l'éducation.

Je suis AED-tice depuis 3 ans sur deux établissements, dans le département de l'Aude.
J'administre plus de 350 postes informatiques et j'assiste techniquement 140 personnels administratifs, techniques, d'encadrement et d'éducation.

À l'Éducation Nationale, il y a beaucoup de dynamique, beaucoup d'enthousiasme pour les projets numériques.
Je note également que, chaque année, l'Académie de Montpellier réaffirme ses engagements pour le numérique au service de l'apprentissage des élèves, au service des personnels administratifs, techniques, d'encadrement et d'éducation.

Chaque année, la part du numérique augmente considérablement dans les collèges à l'image de son rôle croissant dans nos sociétés.

Pour être conforme aux exigences techniques requises par l'Académie de Montpellier, pour respecter les calendriers, je dois redoubler d'efforts pour entretenir, faire évoluer les parcs informatiques et satisfaire les demandes d'assistances toujours plus nombreuses, toujours plus diverses auxquelles je cumule celle du secteur administratif ( je n'y suis normalement pas autorisé ).

Il me faut astucieusement automatiser le plus de taches possibles et récupérer le maximum de temps. C'est majoritairement sous ma responsabilité que se mettent en place ces stratégies d'optimisation qui permettront de respecter les objectifs fixés par le Rectorat.

Également, pour maintenir nos infrastructures et permettre leurs adaptations permanentes aux nouvelles techniques de partage, de mutualisation, de stockage et d'archivage ( webdav ), ma mission nécessite une veille technologique très importante.

Un des aspects essentiels de ma mission, support à tous les métiers des établissements, consiste aussi à pouvoir apprécier les demandes, les traiter, et les les intégrer à l'organisation générale : faire le tri entre "l'utile et l'inutile", "le signal et le bruit", le fondamental et le reste.

Un enjeu fondamental de ma mission serait de mieux promouvoir l'intelligence économique et l'informatique durable en diffusant de la documentation auprès du personnel, des élèves et en sensibilisant ceux-ci aux pratiques numériques d'efficacité énergétique, car l'Éducation Nationale est un énorme gisement d'économies.
Je note que les personnels que j'assiste, exécutent variablement mes conseils dans ce domaine, mais avec le temps, la confiance et en reprenant méthodiquement mes arguments, il y a des améliorations significatives.
Il faut beaucoup de temps pour que ces nouvelles contraintes, imprègnent l'organisation d'un établissement.

Pour agir en ce sens durablement, mon emploi doit l'être également.
J'insiste sur le statut de mon emploi qui ne peut plus être considéré comme équivalent d'un surveillant.
Ma responsabilité envers tous les personnels, la rigueur et la culture informatique indispensable pour contrôler l'ensemble des services informatiques, vont bien au-delà du profil AED et de la qualité précaire de mon contrat.
Ma mission nécessite désormais des compétences d'un excellent technicien jusqu'à celui, bien souvent, d'ingénieur, dans le domaine de l'administration des réseaux, de la programmation et du développement web.

Quelques remarques importantes : je découvre ma mission au fil du temps. Le passage du témoin est inexistant.
Je ne suis que partiellement consulté par mes supérieurs ( quand il y en a ), dans les choix technologiques et je ne suis pratiquement pas guidé dans le choix des logiciels. Je dois personnellement trouver les formations les plus adaptées à mon poste.
L'autonomie est la règle. Ce n'est n'est pas pour me déplaire, mais cela doit être considéré en tant que tel.

Le poste d'AED-tice est devenu stratégique, nécessaire pour la communauté éducative à tel point qu'il doit connaître une nouvelle réglementation et évoluer vers le statut de " tice " à part entière avec un contrat durable par une titularisation. Sans cela, ces chantiers d'envergures indispensables aux politiques seront menacés.

Ces postes requièrent des profils issus du " développement web ", car la notion de partage et de travail collaboratif sont inhérentes à cette discipline. Les administrateurs réseaux traditionnels communiquent encore mal sur leurs travaux et peinent à les diffuser. Finalement tout passera par le protocole " http " et les langages de programmation associés.

Parfois, on me soumet à cette phrase qui résume l'ignorance à propos de mon métier d'AED-tice.: " tu devrais aller voir ailleurs, ce n'est pas intéressant comme situation".
Pourquoi irais-je chercher ailleurs cet emploi qui est complètement justifié et qui me plaît.

Vive l'Éducation Nationale qui est le socle de notre liberté.

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Mme. Kroes , commissaire européen déclarait, dans le cadre de la semaine « Get On Line », pour favoriser la recherche d’emploi en ligne, que «l’absence de compétences numériques est une nouvelle forme d’illettrisme. Quand j’étais enfant, il s’agissait d’apprendre à lire et à écrire. Aujourd’hui, il faut apprendre à faire des recherches sur l’internet et à programmer ».

Jean-françois Cerisier
#971, le 23/02/2015 - 18:35

Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ?

Que retient-on de ces trente dernières années de notre histoire des technologies éducatives ? Posez-vous la question et complétez cette expérience introspective en interrogeant votre entourage ! Je l’ai fait. Les réponses varient bien sûr selon les âges et le positionnement socioprofessionnel de chacun. Pourtant, c’est presque toujours aux différents plans d’équipement que l’on se réfère et non aux transformations des pratiques pédagogiques ou à l’évolution des missions, objectifs et responsabilités que l’immanence des technologies numériques impose à l’École. Alors qu’un nième plan d’équipement est annoncé par le chef de l’Etat lui-même, on peut s’interroger sur son intérêt et espérer que la concertation nationale sur le numérique pour l’éducation qui prendra fin le 9 mars prochain donnera un deuxième souffle à la « stratégie pour faire entrer l’École dans l’ère du numérique ». Initiée par Vincent Peillon en 2012, elle misait sur une approche ambitieuse et systémique qui articule les différentes dimensions éducatives mais aussi les différents acteurs publics et privés concernés .

Parmi d’autres, les travaux de recherche conduits par les chercheurs du laboratoire TECHNE questionnent la pertinence des politiques publiques dans ce domaine. Les problématiques relatives à l’équipement systématique des élèves avec des matériels informatiques mobiles ne sont pas nouvelles. On se souvient bien sûr des projets « Un collégien, un ordinateur portable » dans les Landes et « Ordina 13 » dans les Bouches-du-Rhône lancés dès 2009. Plus tôt encore, il y avait eu les programmes internationaux « Magallanes » et, surtout, « One Laptop Per Child » initié par le Media Lab du MIT en 2005 et qui perdure aujourd’hui encore. Des chercheurs de TECHNE ont été impliqués dans tous ses projets. Aujourd’hui, nous travaillons dans le cadre du projet TED, en Saône-et-Loire, mais aussi du projet Edutablettes 86 dans la Vienne et nous venons de démarrer l’accompagnement scientifique du projet Living Cloud du Lycée Pilote Innovant International (LPII) en janvier. Les questions de recherche qui motivent notre participation à tous ces projets sont diverses mais, portent d’une façon ou d’une autre sur l’appropriation des matériels et des ressources par les élèves et les enseignants. En règle générale, nous ne cherchons pas à évaluer l’impact des programmes d’équipement sur les apprentissages des élèves mais à comprendre ce que les différents acteurs font des matériels et ressources disponibles, pourquoi ils le font et comment et en quoi la médiation opérée par les technologies numériques modifie les activités et leurs acteurs. Le numérique joue plusieurs rôles à l’Ecole et la réflexion gagne à les distinguer clairement. Le numérique représente un moyen d’apprentissage, un objet d’apprentissage mais aussi le contexte actuel de l’École.

Enseigner avec le numérique constitue une obligation de moyens

Le plus souvent, c’est la mobilisation du numérique pour des apprentissages tiers, c’est-à-dire dans toutes les disciplines et pour tous les thèmes qui est mise en avant. C’est bien sûr légitime et, de ce point de vue, l’École se trouve à l’évidence devant une situation d’obligation de moyens. Comment pourrait-elle ne pas recourir aux technologies numériques quand elles augmentent l’efficacité et parfois l’efficience des dispositifs d’apprentissage ? La question centrale est celle de l’activité des élèves, exprimées en termes d’ensembles de tâches à réaliser, scénarisés par les enseignants avec l’ensemble des ressources dont ces derniers disposent : équipements, services et documents numériques, bien sûr, mais aussi locaux, mobiliers, compétences professionnelles …

Pour l’essentiel, les pratiques pédagogiques avec le numérique restent à inventer alors que les orientations données aux enseignants par l’institution se précisent sans constituer pour autant un cadre d’action clair et rassurant. Si cette ingénierie pédagogique relève bien des compétences et responsabilités des enseignants, ceux-ci l’exercent dans un contexte très incertain et changeant. Les enseignants ont besoin de plus de formation et l’on attend beaucoup des ÉSPÉ à cet égard. Ils ont aussi besoin de plus d’accompagnement et d’une véritable dynamique collective pour développer ces nouvelles pratiques à l’articulation de la pédagogie de terrain, des attentes institutionnelles et des apports de la recherche. Il leur faut pouvoir agir au sein d’un cadre organisationnel exigeant mais bienveillant, favorable à la prise d’initiatives. Cela va de l’existence d’un projet d’établissement structuré et porté par l’équipe de direction jusqu’à l’accompagnement soutenu des corps d’inspection relayant une politique nationale et locale réaliste mais audacieuse, entreprenante mais suffisamment pérenne dans ses grandes orientations.

La fréquence d’utilisation n’est pas un indicateur d’efficacité permanent

Si l’efficacité de l’instrumentation numérique de certaines activités d’apprentissage institue la responsabilité de l’École à s’approprier ces technologies (au même titre que bien d’autres artefacts), elle n’en fait pas pour autant la réponse unique à tous les besoins d’apprentissage. De ce fait, la fréquence d’utilisation du numérique ne constitue pas un (bon) indicateur de son efficacité. Y recourir parcimonieusement pour des activités qui en exploitent réellement le potentiel est bien préférable à la fuite en avant du tout numérique. Il convient de se méfier du stéréotype qui pourrait s’installer et qui exigerait des enseignants qu’ils mobilisent fréquemment les technologies numériques pour être considérés comme de bons enseignants. On observe aujourd’hui beaucoup de pratiques pédagogiques où le numérique instrumente des activités préexistantes, sans que cette médiation instrumentale soit véritablement mise à profit pour en améliorer l’efficacité. Il faut probablement accepter l’idée qu’il s’agit d’une étape inéluctable compte tenu de ce que l’on sait des processus d’appropriation. Pour autant, il nous appartient de réduire ces phases d’appropriation qui sont très inconfortables pour les enseignants et potentiellement nuisibles aux apprentissages des élèves.

L’enseignement du numérique est une impérieuse nécessité sociale

Apprendre avec le numérique n’est finalement que la partie émergée de l’iceberg, celle que l’on appréhende le mieux mais aussi celle qui masque d’autres dimensions de la plus grande importance. L’École porte aussi la responsabilité de la formation des jeunes au numérique. Différents travaux montrent depuis une dizaine d’années combien le prêt-à-penser qui leur attribue de grandes compétences numériques est faux. Le mythe du digital native, par lequel Marc Prensky a très judicieusement attiré l’attention du plus grand nombre sur l’ampleur des transformations opérées par la disponibilité permanente des technologies numérique a vécu. Les adolescents développent des compétences numériques dont certaines ébahissent parfois (légitimement) leurs aînés. Ils le font essentiellement par l’expérience, seuls ou dans l’interaction avec leurs pairs. Pour autant, ce contexte ne leur permet pas de construire toutes les compétences requises aujourd’hui pour devenir des citoyens autonomes et responsables, termes centraux du projet et des promesses de l’École républicaine. Des activités d’apprentissage explicites sont indispensables. Comment se résoudre à ce que seuls les jeunes ayant la chance de grandir dans un environnement familial particulièrement favorable puissent espérer accéder à cette émancipation citoyenne ? 

Le principe de nécessité posé, reste à imaginer ce que pourrait être un enseignement efficace du numérique. Les questions sont nombreuses. Elles s’expriment en termes de contenus (quel socle de connaissances et de compétences numériques), de méthodes (quelle didactique ? code / pas code … ), de stratégie et de moyens (qui le fait et quand, quelle évaluation et quelle prise en compte dans les cursus … ). Elles ont déjà suscité beaucoup de travaux et d’autres sont en cours. L’équation à résoudre est simple. Peut-on renoncer à enseigner le numérique dès aujourd’hui au motif que les différentes recherches et expérimentations de terrain n’ont pas encore permis de s’accorder sur la conduite à tenir. À ce compte, je pense que l’École n’aurait jamais dû décider l’enseignement de la lecture … Il faut se lancer !

Il faut refonder l’Ecole sans attendre pour l’adapter aux évolutions sociétales

Finalement, la partie principale de l’iceberg n’est peut-être ni le recours au numérique pour des apprentissages tiers, ni l’apprentissage du numérique mais l’impact du numérique sur la forme scolaire et ces corollaires que sont les contrat didactique et pédagogique qui organisent le rapport de l’élève à l’École. L’immanence du numérique, particulièrement vraie pour les plus jeunes de plus en plus équipés de matériels personnels, mobiles, puissants et connectés, bouleverse leur rapport au monde et singulièrement à l’institution scolaire. Ces transformations portent sur les principales dimensions qui définissent l’École : leur rapport à l’information et aux savoirs, au temps et à l’espace, à autrui, aux normes sociales et aussi et peut-être surtout à la possibilité d’agir, seul ou collaborativement. L’Ecole, comme toutes les autres institutions (à commencer par la famille) est mise sous pression et l’on ne saurait imaginer qu’elle puisse résister sans une adaptation assez radicale qui lui permette de faire face à cette nouvelle donne culturelle pour remplir son rôle sans rien abandonner de sa mission. Si l’on prend en considération les autres évolutions sociétales d’ampleur auxquelles l’Ecole doit faire face, et en particulier à l’augmentation des inégalités sociales, c’est à une véritable refondation de l’Ecole qu’il est nécessaire de procéder. L’Etat s’y est engagé dans le discours par la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’Ecole. Le chantier semble piétiner …

L’équipement massif en tablettes est une solution périmée

La question de l’équipement ne saurait se réduire à celle de l’actualité commerciale des fabricants, intégrateurs ou distributeurs de matériels. Le deuxième marché que constitue l’éducation pour les tablettes a déjà généré des projets de grande ampleur. Pour autant, nos travaux montrent que les programmes d’équipement systématique des élèves et de leurs enseignants avec des tablettes tactiles, que celles-ci soient livrées avec un environnement scolaire complet (SQOOL, Bic Education … ) ou non (Edutablettes 86, Living Cloud … ), représentent une option pédagogique très spécifique dont l’intérêt est très limité.

La qualité des tablettes et des environnements (applications, services et ressources) qu’elles embarquent éventuellement n’est pas en cause. Les tablettes présentent des caractéristiques très intéressantes qui ne sont pas toujours exploitées : démarrage très rapide, encombrement et masse très faibles, interface tactile, mobilité, connectivité, équipement natif avec micro, caméras, gyroscope, GPS …  ). D’autres sont une gêne, voire un obstacle pour certaines activités. Il est difficile de tracer une figure géographique avec un doigt, de produire un texte avec un clavier virtuel … Bref, la tablette est un assez bon équipement de consultation de documents mais n’est qu’un piètre outil de production quand les apprentissages reposent justement en grande part sur l’activité productive des élèves. De ce point de vue, un plan d’équipement systématique des élèves et des enseignants serait un contresens pédagogique. S’il fallait généraliser un équipement individuel, on gagnerait à envisager des matériels plus polyvalents comme des portables éventuellement dotés d’une dalle tactile ou d’une interface leap motion.

Le BYOD vient renouveler fondamentalement le débat sur l’équipement des élèves

L’équipement des élèves ne pose pas seulement la question du choix des bons matériels, tablettes ou autres, mais celle de l’opportunité de les équiper alors que les élèves sont de plus en plus nombreux à s’équiper eux-mêmes. Cette situation n’est pas nouvelle. L’École a déjà dû faire face à ce type de question à partir de la fin des années 70 avec l’arrivée des calculatrices. Doit-on équiper les élèves systématiquement lorsqu’ils le sont déjà tous ou qu’ils le seront presque tous sous peu ? Doit-on leur proposer un deuxième équipement ? Si l’on observe les données d’équipement, telles qu’elles sont publiées régulièrement, notamment par le CREDOC, on constate que l’équipement des adolescents s’accroît rapidement et que l’âge moyen du premier équipement personnel diminue. Les lycéens et le collégiens sont nombreux à apporter leurs équipements à l’École. C’est le BYOD (Bring Your Own Device).

Les stratégies publiques d’équipement ne peuvent ignorer cette situation avec ses implications techniques, pédagogiques et sociales. Il semble essentiel de prendre en compte ces équipements personnels autant qu’il est possible de le faire et de les compléter par des équipements plus spécialisés, notamment pour faciliter les interactions entre les élèves et les activités collaboratives, tout en ayant le souci de mettre des matériels à la disposition des élèves qui ne sont pas équipés à titre personnel. Cette approche qui s’impose à l’Ecole sans qu’elle l’ait choisi, n’est pas une solution de facilité. Mettre en œuvre le BYOD pose à la fois des questions techniques pour assurer la connectivité de tous les équipements dans un environnement sécurisé, des questions de responsabilité portant à la fois sur l’intégrité des matériels et sur la nature des usages réalisés depuis l’enceinte de l’établissement, des questions sociales pour garantir l’équité entre les élèves et des questions pédagogiques. Prendre en compte un  parc d’appareils disparates suppose non seulement une ingénierie technique complexe et nouvelle mais aussi une transformation de l’attitude des enseignants quant à la conduite des activités qu’ils organisent. Il leur faudra apprendre à travailler avec des groupes classes où tous les élèves seront équipés de façon différente. Il faudra sans doute aussi imaginer l’équipement de quelques salles et/ou classes mobiles afin de pouvoir organiser les activités qui requièrent un matériel particulier configuré de façon spécifique (EXAO, laboratoires de langue … ).

Les ressources numériques restent encore à inventer  

Les ressources et services numériques actuellement disponibles restent finalement assez insatisfaisants. L’exemple du manuel scolaire est emblématique. Il reste pourtant une ressource centrale plébiscitée par les enseignants pour l’organisation des activités d’apprentissage et par les élèves et leur parents à la recherche de documents structurants. Pour autant, les manuels numériques actuels ne conviennent pas. Il ne suffit manifestement pas, même si c’est important, de découper un manuel en « granules », voire de l’enrichir avec des enregistrements sonores, des vidéos, des animations ou même des QCM et autres tâches du même ordre pour disposer de ressources pleinement exploitables dans ce nouveau contexte technopédagogique. On lit tous les jours ou presque dans la presse, les attentes des éditeurs qui ont raison de souligner qu’ils agissent dans le cadre d’un marché en cours de maturation et donc très incertain. Pour autant, un saut qualitatif est indispensable et la logique de marché a fait la preuve qu’elle n’était pas suffisante pour y parvenir. L’institution scolaire doit devenir un bon client, c’est-à-dire un client qui sait exprimer clairement ses besoins avant de faire confiance aux capacités d’innovation des entreprises, un client qui sait évaluer l’efficacité et l’efficience des services et des biens qu’il acquiert afin de mieux piloter ses futurs investissements. Autrement dit, il ne suffit pas de contribuer au financement des projets éditoriaux des entreprises du domaine. Il est indispensable de contribuer, financièrement mais pas seulement, à l’élaboration de dynamiques de recherche-innovation qui associent les usagers, les entreprises, les services et grands établissements de l’Etat, les collectivités territoriales et les laboratoires de recherche.

L’intelligence territoriale doit prolonger l’action structurante de l’État

Finalement, c’est la question de la conduite du changement ou, pour le dire autrement, des conditions de l’innovation qui est soulevée. Les observations sont concordantes, l’appropriation efficace des technologies numériques par les acteurs de l’Ecole suppose :

- de la confiance pour libérer les initiatives ;
- de l’exigence pour la qualité de ces initiatives ;
- un pilotage politique fort ;
- une mobilisation coordonnées de tous les acteurs ;
- une démarche systémique qui articule les problématiques pédagogiques et éducatives avec les questions de filières eEducation, de création de richesse et d’emplois.

Certains territoires ont bien compris que de telles stratégies étaient pertinentes à la fois pour contribuer à l’évolution et l’amélioration des services éducatifs dont ils ont la charge et pour créer de véritables filières eEducation avec de significatives retombées en termes de création de richesse et d’emplois. C’est d’ailleurs le cas de la Région Poitou-Charentes qui a inscrit la eEducation comme l’une de ses stratégies de spécialisation intelligente et qui travaille efficacement à l’animation de cette filière. Le laboratoire TECHNE est bien sûr pleinement associé à cette démarche.  

C’est ainsi et ainsi seulement que nous pourrons dépasser les échecs et les désillusions que nous connaissons depuis 30 ans. Rien ne condamne le numérique éducatif à la malédiction des Danaïdes et la promesse de la corne d’abondance continue de nous faire rêver.

MBERTRAND @c-dijon
#970, le 23/02/2015 - 13:40

Pour une pédagogie participative et sociale

Classe inversée, MOOC, flipped class, blinded learning… Depuis quelques mois, les expressions se succèdent pour désigner ce que d’aucuns considèrent comme une révolution pédagogique. Un bref historique de ces méthodes permet cependant d’en relativiser le caractère novateur. Ce n’est en effet pas tant la pédagogie que les outils qui ont évolué.  La véritable révolution des pratiques reste quant à elle encore largement à inventer dans les salles de classe.

Blackboard-Brooch

En 1985, France Henri et Anthony Kaye envisageaient déjà le recours à l’audiovisuel et la télématique dans leur réflexion sur Le savoir à domicile  (Presses de l’université du Québec). Ce à quoi ils n’oubliaient pas cependant d’associer d’emblée une réflexion sur les enjeux politiques et organisationnels des formes modernes de l’enseignement.

France Henri et Anthony Kaye, Le savoir à domicile (Presses de l’université du Québec, 1985)France HENRI et Anthony KAYE, Le savoir à domicile (Presses de l’université du Québec, 1985)

Trente ans plus tard, on ne parle plus de télématique mais la nécessité d’une réflexion pédagogique de fond est d’autant plus urgente que les nouvelles technologies de l’information et de la communication s’améliorent à une vitesse tellement insolente et qu’elles n’hésitent désormais plus à venir frapper avec insistance à la porte des salles de classe.

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1. Les prémices des MOOCs

Récemment, ce sont avant tout les amphithéâtres des universités qui ont fait l’objet des assauts les plus aboutis que l’on regroupe désormais sous l’acronyme de MOOC (Massive Open Online Course).

Bien que l’on puisse désormais écrire une archéologie des MOOCs à partir d’expériences individuelles, la première expérience officielle dans ce domaine a été lancée en 2008 par deux enseignants qui sont parvenus à rassembler 1900 étudiants pendant 12 semaines autour d’un cours organisé/bricolé à partir de différents outils gratuits (un wiki, un blog, un forum Moodle, un agrégateur, un compte Twitter et une platefome de diffusion vidéo en streaming).

Aujourd’hui, l’expérience est devenue un véritable phénomène mondial et toutes les universités essaient désormais de s’inscrire dans cette vague aux principes assez simples. Le gouvernement français a d’ailleurs réagit non seulement en proposant une plateforme visant à rassembler les initiatives des universités françaises, mais aussi en proposant une traduction officielle publiée au Journal officiel mais que personne n’utilise vraiment : les cours en ligne ouvert à tous.

 hellomentor)Cliquez sur l’image pour visualiser une infographie sur l’arrivée des MOOCS en France (Source : hellomentor)Ressources complémentaires sur les MOOCs

  1. France Université Numérique (FUN) : la plateforme officielle des MOOCs proposés par les universités françaises
  2. Une présentation un peu plus large des MOOCs sur le site de l’ONISEP
  3. La présentation très complète d’Olivier Ertzscheid, Enseignant-chercheur (Maître de Conférences) en Sciences de l’information et de la communication.

 

2. Le MOOC dans l’enseignement secondaire : une simple classe inversée ?

Bien qu’initialement pensée pour l’enseignement supérieur, de nombreux professeurs du primaire et du secondaire se sont emparés de cette nouveauté pour l’adapter au contexte de leurs classes. Comme pour les MOOCs, les anglo-saxons ont été les premiers à imaginer le principe des « flipped-classes » que l’on a rapidement traduit par l’expression de « classes inversées ».

Le spécialiste francophone de la question s’appelle Marcel LEBRUN et c’est encore lui qui en parle le mieux :

Cependant, comme l’explique Marcel LEBRUN dans cette courte présentation, il est caricatural de considérer qu’il suffit simplement d’inverser le temps d’enseignement (temps de transmission des connaissances) et le temps d’apprentissage (temps des exercices pratiques).

Tout enseignant ayant essayé de mettre en œuvre cette pratique pédagogique s’est rapidement rendu compte qu’il n’était pas question de tout inverser pour systématiquement externaliser l’enseignement hors de l’espace-classe. C’est pourquoi l’expression de « blended learning » (« apprentissage mixte ») s’est finalement imposée.

Ressources complémentaires sur les classes inverséesIl existe désormais des centaines d’articles consacrés à la classe inversée. Ces orientations bibliographiques se veulent simples et synthétiques. 

  1. Un site Internet est entièrement consacré à cette question : www.classeinversee.com
  2. Un dossier complet sur le site Canopé de l’Académie de Reims
  3. Un autre dossier complet sur le site québécois « Carrefour Education »
  4. Une approche théorique mais intéressante de la classe inversée

 

3. Pour une pédagogie participative et sociale (PEPS)

Avant de réfléchir à la mise en œuvre d’une telle méthode d’enseignement, il convient de réfléchir à son utilité : quelle valeur ajoutée peut-elle apporter aux élèves ? Peut-on envisager de meilleures conditions d’apprentissage ? Voire améliorer la réussite scolaire ? 

C’est pourquoi il me semble plus intéressant d’utiliser l’expression de « pédagogie participative et sociale » qui a le mérite d’insister davantage sur l’intérêt pédagogique induit par la méthode plutôt que sur la méthode en elle-même :

a) Une pédagogie qui donne du sens aux élèves

L’un des principaux intérêts de la PEPS est de consacrer davantage de temps à la réalisation d’exercices visant à résoudre des problèmes, réaliser des tâches complexes et/ou à exercer son esprit critique.

Les connaissances ne sont en effet plus transmises dans une seule logique accumulative et encyclopédique, mais dans la perspective de libérer ensuite du temps pour débattre, répondre à une problématique ou bien rédiger une synthèse.

b) Une pédagogie au service des élèves en difficulté

Dans une logique de transmission frontale/magistrale des connaissances, il est rare de pouvoir déceler les élèves qui décrochent car ils n’osent pas toujours poser de questions et parce que la programmation impose un certain rythme théorique d’avancement. Bien qu’il s’agisse actuellement de la pédagogie la plus utilisée dans l’enseignement en France, de nombreux pédagogues tels que Bruno HOURST ont montré qu’elle n’était pas nécessairement la plus efficace et qu’elle est loin de correspondre à tous les élèves.

Or, dans le cadre de la PEPS, plusieurs moments permettent à l’enseignant de venir en aide aux élèves en difficultés, soit collectivement, soit individuellement :

  •  tout d’abord, l’élève dispose d’un support de cours (manuel, vidéo, polycopié, etc.) qu’il peut assimiler à son rythme et en plusieurs fois s’il en a besoin,
  • ensuite, le professeur peut être soit à ses côtés, soit répondre à ses questions via un forum pendant la phase d’enseignement,
  • enfin, pendant la phase d’apprentissage, le professeur peut encore une fois répondre aux questions des élèves, voire les inviter à reprendre certains points précis s’il constate que des difficultés sont rencontrées dans la réalisation de l’activité.

La multiplicité de ces moments privilégiés avec le professeur constituent une urgence dans notre système scolaire où de nombreuses études ont permis de montrer que nos élèves préfèrent souvent ne pas participer en classe plutôt que de se tromper.

c) Une pédagogie qui développe le travail d’équipe, la solidarité et la construction collective des savoirs 

Dans le cadre d’une pédagogie frontale, les élèves doivent prendre le cours en notes avant de se confronter le plus souvent seuls à la maison aux exercices d’application.

Dans le cadre de la PEPS, les élèves disposent d’un forum de discussion sur lequel ils peuvent interpeler le professeur, mais aussi les autres élèves de la classe.

En classe, un temps plus important est consacré au travail en équipe et à la mise en œuvre d’activités qui ne conduisent pas nécessairement à une réponse uniformisée, mais à la réalisation de réponses complémentaires.

d) Une pédagogie qui permet de diversifier les pratiques

Le temps dégagé par la diminution du temps de transmission des connaissances permet d’envisager la multiplication des pratiques pédagogiques que l’on abandonne souvent faute de temps dans la programmation : exposés, travaux en équipes, concours, jeux sérieux… sont autant de possibilités permises pas la pratique régulière de la PEPS.

e) Une pédagogie qui permet de développer les compétences informatiques des élèves

Que ce soit à la maison ou en classe, la pratique de la PEPS laisse une place importante à l’usage de l’outil informatique, répondant ainsi davantage aux nouvelles exigences dans ce domaine. Non seulement les élèves sont invités à utiliser un environnement numérique, mais ils sont également invités à initiés à la production de contenus, au partage des informations, à la communication en réseau avec le reste de la classe et à la responsabilisation sur la toile.

f) Une pédagogie qui invite à réellement penser la place du travail à la maison

Contrairement à ce que laisse entendre certains articles sur la classe inversée, il n’est pas question d’externaliser l’ensemble de la phase d’enseignement à la maison. Il serait d’ailleurs illusoire de considérer que les difficultés rencontrées actuellement avec le travail à la maison seraient immédiatement résolues avec cette méthode. En revanche, la PEPS implique de réfléchir davantage au statut du travail à la maison à la lueur desdernières études dans ce domaine. Il apparaît en effet qu’actuellement, cette phase de l’apprentissage consiste essentiellement en une relecture des cours, l’apprentissage par cœur et la réalisation d’exercices d’application dont la rentabilité est statistiquement contestable.

Dans le cadre de la PEPS, le temps de travail à la maison n’est pas envisagé comme une relecture ou l’apprentissage par cœur d’un cours, mais bien comme une activité d’appropriation qui peut se présenter sous différentes formes :

  • prise de notes sur une vidéo,
  • repérage d’informations par l’intermédiaire d’un questionnaire,
  • écriture d’une synthèse.

En somme, le professeur propose des activités permettant d’aider ses élèves à apprendre dans la perspective ensuite de réserver le temps en classe à la réalisation d’exercices pouvant éventuellement mettre les élèves en difficulté et nécessiter son soutien et ses conseils.

Blackboard-BroochDerrière ces principes généraux, il existe une multitude d’activités et de mises en oeuvre envisageables dans le cadre de la PEPS que ce blog a pour ambition de présenter. 

Vera Markovic
#957, le 21/02/2015 - 14:47

L'important ce n'est pas la machine mais le contenu

Il faut se poser la question "qu'est-ce que nous entendons par "numérique"?  Il ne faut pas se lancer dans de l'achat massif de supports électroniques(sauf en cas de besoin) mais plutôt adapter la pédagogie et trouver la meilleure façon qui existe pour transmettre le savoir en passant par des tablettes, ordinateurs, tableaux numériques etc. J'ai lu que la tablette est un support "fermé". Il est effectivement plus difficile de créer de nouvelles choses avec une tablette qu'avec un ordianteur. Mais il faut savoir que chaque support a ses propres points forts. Beaucoup d'établissements du supérieur utilisent la tablette lors des évaluations des étudiants par exemple et cela fonctionne très bien. Même si la tablette est, certes, un support "fermé" il peut être très utile dans certains cas. Le smartphone doit en revanche doit rester un téléphone...Il n'est pas adapté pédagogiquement parlant.  

 

Pour résumer, l'important ce n'est pas la machine mais le contenu. A titre d'exemple, nous pouvons très bien proposer à nos élèves d'utiliser le mind-mapping (ou la carte mentale) pour organiser leurs travail. Et nous pouvons le faire très facilement. C'est possible sur ordinateur, tablette mais également .....sur du papier blanc. Les supports numériques interviennent dans ce cas juste pour augmenter la rapidité de l'execution de la tâche et pour que l'élève puisse gagner du temps. Mais le principe est le même. Ce type d'organisation des idées a été crée dans les années 70 et ce sur un bout de papier. Je ne sais pas si beaucoup d'enseignants utilisent ce type de cartes dans leur classes mais je suis certaine qu'il faut généraliser ce genre de pratiques et de préférence en utilisant le numérique. 

 

 

f thom
#674, le 06/02/2015 - 18:51

la nouvelle mode du numérique

j'ai lu quelques avis et je suis étonnée de voir que les gens (parents) sont plus inquiets qu'autre chose face à toutes ces nouvelles technologies...

Primo, les cartables du collège sont lourds, certes, mais une réorganisation autre est sans doute possible pour les alléger : casier à cadenas, classeurs pour toutes les matières plutôt que cahiers, partage du'n livre pour 2... on a survécu à ça pourquoi nos enfants ne le pourraient pas ?

Dozio, le numérique est attrayant, motivant... oui pour combien de temps ? Pour moi c'est une mode dont on ne maîtrise absolument pas les conséquences (voir nombre de procès dus aux dérapages du net), qui évolue très (trop ?) vite et qui finira par nous desservir (je crois que c déjà le cas...). Jusqu'à la prochaine invention révolutionnaire...

Le numérique peut être un fabuleux outil de travail, mais il ne résoudra pas le problème de fond de tous les élèves de France : pourquoi aller à l'école et apprendre ?

Il y a bien d'autres façons de leur faire comprendre que l'école est une clé de réussite : certains films le montrent très bien (sur le chemin de l'école par exemple). Je ne dis pas que faire des études est indispensable : un plombier avec un CAP a plus de boulot qu'un bac +3 en langues... mais l'école et le collège sont quand même les bases !! Quand on voit un élève de CE2 déjà très faible scolairement, franchement je doute que le numérique soit magique et le rende excellent l'année suivante ! Et pour obtenir un métier plus tard, il faut savoir lire et écrire un minimum (lettre, CV).

Le numérique est attrayant car les enfants pensent ne pas travailler, ne pas faire d'efforts. Pour eux, c'est un jeu : apprendre ses tables, calculer, lire vite... sauf que dans leur vie d'adulte, tout ne sera pas jeu ! Apprendre ses leçons, ses tables... oui c'est pénible, mais c'est un passage obligé. Comme celui d'apprendre le code de la route pour pouvoir conduire, ou apprendre les notes pour jouer d'un instrument. On n'en meurt pas ! Arrêtons de les surprotéger, de leur macher le travail, de les assister, les plaindre... Pourquoi en serait-il autrement des maths et du français ? Je veux bien qu'on joue de temps en temps, pour éveiller et se détendre, mais je trouve très hypocrite de dire qu'avec une tablette ou un PC tout sera merveilleux, plus facile, plus accessible... bref mieux.

Alors pour un élève qui a décroché en primaire, oui le numérique peut s'avérer motivant et le "raccrocher". Mais cela doit se limiter à ce cas de figure. Des élèves de CP ou CE1 n'ont rien à faire sur des ordinateurs : il faut déjà savoir lire et écrire sur du papier avant de le faire sur des écrans, tout comme il faut d'abord savoir tenir en équilibre pour pouvoir faire du vélo.

Olivier
#316, le 23/01/2015 - 19:10

Le mirage des TICE...

C'est à la mode.

C'est moderne, branché, techno, fun... ça en jette. Et puis il ne faudrait surtout pas être "en retard" sur les pays de l'OCDE...

Mais pour quelle efficacité ?

A-t-on seulement une étude pour prouver une quelconque efficacité qui justifierai une telle massification de la présence des TICE à l'école ?

Les Etats-Unis, très en pointe sur le sujet, ont-ils réduit l'échec scolaire et amélioré le niveau d'apprentissage de leurs enfants ?

 

Personnellement grand utilisateur des TICE à l'école depuis de nombreuses années, je suis loin d'en être convaincu et j'ai plutôt tendance à faire machine arrière ces dernières années en réduisant les activités numériques et en diversifiant les supports. Le bon vieux cours "copié main" a aussi de grandes qualités, ne serait-ce que la mémorisation...

 

Bien sûr, il y a des outils très bien fait, et il ne faut pas s'en priver.

Bien sûr, il est important de familiariser tous les élèves à l'environnement informatique, omniprésent dans notre société et le monde professionnel.

Mais il ne faut pas se leurrer, les TICE sont des outils, rien d'autre.

 

De la même manière que le stylo bille 4 couleurs n'a pas eu d'impact sur l'échec scolaire, les TICE ne fabriqueront pas des génies.

Constatons-le:

Les générations d'élèves actuelles sont nées avec Internet. Elles ont toujours eu accès à une somme de connaissance colossale.

Et bien elles ne sont ni meilleures, ni moins bonnes que les générations précédentes qui, elles, devaient se déplacer dans les bibliothèques pour avoir accès aux connaissances (autant dire qu'elles n'y avaient que très peu accès !!)

 

Alors faisons-nous plaisir, dépensons des centaines de millions d'euros chez Microsoft (ils "sensibilisent" les inspecteurs de l'éducation nationale dans leurs colloques, fournissent des rapports clés en main au ministère, ...) , mais ne rêvons pas...

Nicolas Demengeon
#1083, le 08/03/2015 - 02:40

La réussite des élèves passe par la compétence des adultes.

Il me semble que la priorité pourrait être donnée à l'amélioration de l'usage que l'institution elle-même fait du numérique. L'exemplarité est le meilleur enseignement.
http://forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/32/avis/1085

bonob0h
#1003, le 02/03/2015 - 09:47

Elliot dans le Web3D++

Imaginez

Elliot collégien rencontre le Web3D++

Par le hasard d’échanges sur des réseaux sociaux Elliot, un adolescent de 3ème se retrouve nez à nez avec un numérique d’avenir, le Web3D++(*), pour lequel il se prend de passion. Ni une ni deux, il fait participer deux copains de classe. Ensemble, ils commencent à prendre quelques premières photos de la façade de leur Collège, d'un couloir, d'une salle. Ils s'en servent pour reconstituer les bases de leu collège en environnement virtuel 3D. Ils commencent également à modéliser une transposition imaginaire/idéal de son collège.

Elliot propose

Puis Elliot, va voir le principal auquel il propose un projet qui pour chaque matière, explique comment on pourrait développer des activités pédagogiques enrichies et augmentées (2) de ce numérique d’avant garde, mais déjà en marche.

 

Elliot, fait aussi une première affiche puis en parle à quelques classes. Il fait aussi quelques copies d’écran de son travail, pour en faire une affiche proposant un Club Web3D++ pour l'établissement. Le club propose ses propres activités numériques, incluant l’entraide scolaire,  mais aussi celles qui pourraient être faites avec d'autres activités traditionnelles (2). Même au club de perle il es proposé de réaliser des développements associant le réel et le virtuel.

 

Au principal passionné d’aviation, il montre l’embryon d’un centre aéronautique permettant de faire découvrir l’histoire comme de se familiariser et utiliser les techniques du Web3D++. Il fait aussi une lettre à l'ensemble des enseignants pour leur expliquer ces difficultés à faire seul ses devoirs et proposer le projet d'entraide scolaire (4). Un projet destiné à ceux qui n’ont pas les moyens d’un soutien scolaire financé par leur parent. C’est aussi au travers de l'environnement 3D rendre plus attractifs l'entraide en même temps qu'apporter des compléments pédagogiques.

 

Elliot ne s'arrête pas là ! Il contacte les clubs de sa commune comme celui de photo pour faire participer les papys photographes en même temps pour que ces derniers transmettent leur savoir-faire en matière de photos (5). Il prend contact avec la maison des jeunes pour proposer des ateliers Web3D++ pouvant se marier avec ceux existants. Il va aussi voir l'élu du numérique pour un projet de commune faisant participer tous les habitants et monter des lieux numérique de proximité pour mutualiser les équipements d’avenir (3) pour les intérêts de tous : des établissements d’enseignement à la Gendarmerie en passant par les pompiers et artisans ou entreprises locales. (5)

 

A l'office du tourisme, il propose de mettre en place un système participatif pour reconstituer les patrimoines et développer un autre tourisme à la fois virtuel et interactif avec les visiteurs réels. Un des buts est le tourisme industriel pour qu’il serve pour les métiers, la sensibilisation à la formation tant passée, actuelle que future. (3)

 

Il va aussi voir la directrice de l'école primaire qui jouxte son collège pour que dès le primaire les enfants aussi puissent participer à tout un projet sur la commune, et bien sûr puissent apprendre avec des outils attractifs autant à l’école qu’en dehors.(1) (2) (5)

 

Au centre qui s’occupe des jeunes décrocheurs et en difficultés familiales, il propose de participer, pour leur offrir une autre pédagogie (1) en même temps qu’un autre avenir. A la Délégation Académique au Numérique, il parle du projet, pour le faire essaimer.  Il aborde également celui de l’apprentissage de la programmation qui se passe du code pur et qui dès le primaire permet de programmer visuellement dans l’environnement 3D pour l’électronique virtuelle associée à celle réelle. (3)(4)

 

  1. Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves

  2. Le numérique, renouvellement et diversification des pratiques pédagogiques et éducatives

  3. Le numérique et les compétences de demain

  4. Le numérique et la réduction des inégalités

  5. Le numérique, un facteur d’ouverture de l’école à son territoire et à son environnement

Elliot interpelle

Ainsi de suite, de fil en aiguille, par les réseaux sociaux, il interpelle et tente de convaincre d’autres établissements d’enseignements, des communes, etc. Déjà plusieurs responsables d’établissements sont séduits et commencent à initier des développements. Plusieurs élus aussi s'intéressent. Il remonte ainsi jusqu’à la direction nationale au numérique de l’Éducation Nationale, et aussi auprès de secrétaires d’Etats et ministres.

 

Elliot ne s'arrête toujours pas, car il lui faut maintenant faire parvenir sa lettre ouverte. Il l’adresse au Président de la République et jusqu’à toute la nation pour dénoncer ce qu’il subit. Des mépris, diffamions, et autres insultes de ses camarades jusqu’à certains élus en passant par les parents d’élèves, les enseignants, etc, alors qu’il tente de faire avancer ce numérique d’avant garde tant technique qu’humain et pédagogique.

 

Cette lettre n’est pas inutile, car déjà il reçoit des soutiens et interventions au plus haut niveau.

Elliot existe

Non il ne s’agit pas d’une histoire imaginaire ! Tout ce qui est conté est véridique à un ou deux contacts pas encore pris ! Même sa lettre est disponible sur son blog et peut-être bientôt dans les médias.

 

Bien sûr il est accompagné par une association. A partir des orientations des développements à faire, elle laisse Elliot à l’initiative. Bien sur elle le conseille et l’accompagne à sa moindre sollicitation et rectifie d’elle-même ou fait rectifier les erreurs le cas échéant.

Laisser les enfant se faire enfermer ?

Le Web3D++(*)  est l’avenir d’un numérique libre, décentralisé et efficient. Mais cet avenir pourrait s’assombrir très vite, car alors que le Web3D++ avance péniblement depuis plus de 7 ans, des entreprises comme Facebook annoncent déjà un environnement virtuel de plus d’un milliard d’avatars captifs.  Un Facebook qui n’a ni plus ni moins comme ambitions que de devenir le Web en 3D de demain ! Et Facebook n’est pas seul ! Chaque fournisseur de technologies et services prépare ses armes concurrentes et quasi-incompatibles entre elles.

 

Allez vous laissez les enfants se faire enfermer ? Ou ne pas avoir droit à des outils et des apprentissages attractifs ?

 

Par ailleurs, alors que la nation entière n’arrive pas à se mobiliser, se reformer pour un futur humain, et où par exemple, il manque une vision claire diluée dans 34 grands projets d’avenir, le Web3D++ pourrait être l’objectif Lune. Global et transversal, il pourrait mobiliser toute la France comme un seul homme pour lui donner un élan sans pareil.

(*) Le Web3D++ en résumé

Le Web3D++ c'est déjà une base / plaque tournante constituée d'un Environnement virtuel en 3 dimensions, avec des territoires et objets. Par le biais d’avatars on se déplace et interagit avec les autres et les objets « Comme en Vrai » et en interaction avec le réel pour des usages dans tous les domaines ! Cette plaque tournante décentralisée est l’interface avec toutes les autres technologies allant des scanners 3D aux imprimantes en passant par le drones, objets connectés, robots, lunettes de réalités virtuelle et/ou augmentée, etc.

 

Il est porté l’association loi 1901 MEZA, un laboratoire de recherches, développements et enseignements en sciences et usages numérique. MEZA s'attelle particulièrement à développer son concept Web3D++ tant techniquement que sur les usages.

 

  • Techniquement il s’agit de réunir et enrichir les technologies Libres/Open source disparates pour les rendre plus accessibles et efficientes.

  • Pour les usages il s’agit d’initier des activités locomotives dans tous les domaines, et ce dans une vision globale et transversale. Ils sont conçus avec des blocs interactifs avec plusieurs domaines pour mieux les faire interagir.

Pour l'Education Nationale et Enseignement Supérieur, MEZA à un ensemble de propositions allant même jusqu'à ce que des équipes pluridisciplinaires d'étudiants de bac+8 jusqu'au CAP participent aux développements des outils et contenu nécessaires pour équiper, enseigner, apprendre et plus encore.

Ninon Louise LePage
#813, le 13/02/2015 - 03:03

Éduquer au numérique

Qu'apprendre à nos étudiants sur l'Internet des objets (Internet of Things), car il s'agit du monde où ils vivent maintenant.  L'école a-t-elle un rôle à jouer pour éveiller les jeunes citoyens à cette réalité?

www.latribune.fr/opinions/tribunes/20150211trib792fda04e/ce-que-les-objets-connectes-peuvent-apporter-aux-banquiers-et-assureurs.html 

Antoine Desaulnes
#754, le 09/02/2015 - 22:40

Interdire le wifi dans les établissements scolaires : pour développer un numérique non pathogène.

Apportons un élément clé (bien que minimisé ou absent) au débât actuel! De quels types d'équipements ont besoin les établissements scolaires pour déployer le numérique ? L'accès à internet et la mise en réseaux sont des éléments essentiels du passage au numérique, mais les moyens techniques à utiliser sont à prendre en compte. En effet, les ondes associées aux réseaux wifi sont particulièrement néfastes et destructrices pour les êtres vivants. Ce n'est pas une hypothèse, mais un fait avéré par de nombreuses expériences et études scientifiques. Pour vous éviter une pesante bibliographie je vous invite à consulter deux articles :

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/12/01/micro-ondes-le-wi-fi-tueur-...

et surtout : http://www.cnetfrance.fr/news/une-experience-menee-par-des-lyceennes-dan...

Pour ceux qui n'ont pas la patience de lire l'article ci dessus, il suffit d'observer les photographies en milieu de page : elles sont éloquentes.

La wifi n'est pas un choix responsable, elle met en danger l' équilibre biologique des jeunes et bien évidemment leurs facultés de concentration. Pour information (exemplaire) la wifi a été supprimée à la B.N.F. (Bibliothèque nationale) à cause de ses effets dévastateurs sur les employés.
 

Ainsi je propose, d'intégrer au projet de l'école numérique, l'interdiction d'équiper les établissements scolaires en réseaux wifi, au contraire il faut préférer  les cables (ethernet) ou la fibre optique. Ceci pour que l'école reste un environnement de travail serein et non pathogène....

Arnaud Marie
#207, le 22/01/2015 - 11:02

Informatique (et non seulement Numérique) et problèmes actuels dans l'enseignement

Afin d'obtenir des progrès significatifs dans l'enseignement,

il conviendrait, entre autres choses, 

de dresser une liste des problèmes actuels en les hiérarchisant

mais aussi en dressant une carte des interactions entre problème

puis, pour chaque problème,

de voir comment l'informatique pourrait contribuer à des améliorations.

 

Attention : ne parler que de "numérique" est très réducteur

(voir à ce propos le travail remarquable accompli

par Michel Volle sur son site : www.volle.com

et dans ses ouvrages). Les apports de l'informatique ne se réduisentpas révolution de la codification numériquemême si les applications de cette techniquese sont multipliées pour les consommateurs.Voir par exemple le rôle important de l'algorithmique. Quand on dresse la liste des problèmesen veillant à produire une description de chaque problèmequi exprime bien un écart entre l'attendu et l'obtenu,on peut constater que l'informatiquerisque parfois d'aggraver un problèmeau lieu de le résoudre. Prenons l'exemple de l'autorité des professeursmise à mal par une société françaisequi depuis deux siècles au moinsa pensé pouvoir se passer de maîtreset de témoins d'une culture ancienne en se livrant à une surenchère moderniste.Les uns ne voient pas le problème.D'autres ont tendance à en accentuer la gravité.Demeure hélas et même s'amplifie, sur le terrain,la difficulté pour les adultesde se faire entendre par plus jeune qu'eux,de se faire écouter, de se faire respecter, ...Difficulté très ancienne de surcroîtet signalée dès l'Antiquité !Difficulté singulièrement minoréepar l'art du dialogueet par la nécessité de l'écoutedéveloppés au sein du judaïsmeet dans toute discipline(ordres monastiques, arts martiaux par exemple)où l'accent est missur l'importance de l'écoute. Introduire l'informatique voire en imposer l'usagepar la fourniture d'outils numériquesne contribue pas, sans précautions extrêmes,à résoudre le problème de la mise en causede l'autorité des professeursd'autant que des adultes déjà dépasséspar un courant et une vague de fondqui tend à saper ses fondementsrisquent de l'être encore davantagedans le maniement d'outilsqui demandent familiarité d'usage,pratique régulière, souplesse d'approche, ...toutes qualités qu'une personne jeunea le loisir de développer et d'exerceravec beaucoup plus d'aisancequ'un adulte déjà prisonnierde tours de pensée, d'habitudes anciennes ...en décalage avec l'époque récente. Dans un autre registre :la question si importante de la psychomotricité fineet de l'usage optimal des fonctionstant corporelles que sensorielles,il faut jouer cartes sur tableavec beaucoup de franchisepour reconnaître qu'en quelques dizaines d'années,certains apprentissages fondamentaux(lecture et écriture)se sont fortement dégradéspar méconnaissance de la relation essentiellequ'entretiennent le corps et l'esprit.Cette relation s'appauvrit dès lorsque le corps n'est plus libre,en situation d'apprentissage,de se mouvoir selon des schémasextrêmement variés.Introduire un outil,une tablette par exemplequi va encore réduirele champ des manoeuvres corporellescomporte un risque majeur :ce que l'on paraît avoir gagnéen diversité cognitivese trouve anéantipar une dynamique corporelle très pauvre.        

 

Jean-Michel Perron
#1060, le 06/03/2015 - 18:52

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Jean-Michel Perron-1425664390

Le réseau Canopé, éditeur transmédia, produit des ressources, des services, des animations et des formations pour la communauté éducative. Les projets de veille et de R&D que nous menons, nous donnent beaucoup d’informations sur les enseignants et les pratiques d’enseignement. Afin d’apporter un éclairage sur le développement du numérique éducatif, nous publions une base de connaissance intitulée « Que dit la recherche ? », résultat de notre veille sur les écrits produits par la recherche scientifique internationale sur les usages du numérique pour l’éducation.[1]

En quoi, le numérique favorise-t-il les apprentissages et les résultats des élèves ?

Nous savons que dans la littérature scientifique produite dans le monde à ce sujet, il y a autant d’études sur des expérimentations des usages d’outils, de ressources et des services numériques qui mesurent des effets positifs sur la réussite des élèves, que d’études qui ne constatent aucun effet.
Ceci noté, plusieurs des études qui expriment des résultats positifs montrent que deux  conditions sont propices à la réussite des élèves. : 1) l’engagement des professeurs, 2) l’adaptation des activités d’apprentissage aux potentialités du numérique

Il s’agit tout d’abord pour les professeurs d’être engagés mais aussi qu’ils adaptent les activités aux potentialités du numérique :

D’abord l’engagement : même si les enseignants sont des professionnels reconnus dans leur métier et discipline,  ils doiventt passer par plusieurs stades (de débutant à expert), acquérir de nouvelles connaissances et compétences qui associent une réflexion construite sur le rapport entre théorie de l’apprentissage, didactique des disciplines et usages experts des outils et ressources  numériques. Ils ne peuvent s’engager que lorsqu’ils sont  suffisamment « outillés » intellectuellement et méthodologiquement et s’ils disposent d’une solide culture numérique.[2] Ceci nécessite de leur part une acculturation : une connaissance réelle des possibilités et une appropriation suffisante. Il est donc nécessaire que les enseignants construisent des situations d’apprentissage à partir de leur niveau de maîtrise des outils à disposition.

Comme le montre une étude du BECTA sur l’usage du TNI[3], les enseignants doivent adapter leurs activités aux potentialités apportées par le  numérique. Citons quelques exemples des potentialités :

  • La dématérialisation et la multiplication des contenus et des données sur les réseaux, la facilité d’accès avec un bon niveau de débit et la multiplication des équipements favorisent l’accès aux savoirs mondiaux et une expérience utilisateur interactive riche, l’élève peut consulter, s’informer, s’entraîner, recommencer, jouer, s’évaluer et chercher sur d’innombrables plateformes d’apprentissages et d’informations ;
  • La simplification des processus de production de contenus et la convergence des médias permettent de produire à peu de frais des objets multimédias virtuels nombreux,  l’élève peut concevoir, produire, vérifier si sa production vidéo, sonore, textuel est réussie ou pas, recommencer, corriger.
  • De plus, la miniaturisation des composants et la puissance de calcul des ordinateurs favorisent la création de ses propres programmes dans une démarche expérimentale, les essais erreurs, l’interprétation, l’analyse des données ainsi que leur classification et leur recherche ; l’élève peut émettre des hypothèses, les vérifier, recommencer, conserver ses productions ou ses étapes  de création, celui-ci développe son expérience et en même temps sa créativité ;
  • La simplification et le développement des réseaux multiplient les actes de communication. L’élève peut coopérer et collaborer, trouver de l’aide, du soutien, argumenter, apprendre une forme de socialisation, l’empathie et le respect des avis des autres élèves. 

Tous les exemples choisis concourent à penser qu’avec le numérique, l’élève peut facilement être acteur de son apprentissage. Le numérique nécessite donc toujours, constamment une réflexion importante sur l’organisation des espaces physiques et virtuels et sur l’organisation des activités d’apprentissage qui propose une évolution du rôle du professeur et/ou des enseignements par les équipes éducatives. Sans une maîtrise importante, sans une réflexion pédagogique solide et sans cette acceptation de nouvelles tâches à accomplir, difficile de bénéficier des potentialités du numérique et donc de favoriser la réussite des élèves.

 

[1] La rubrique « Que dit la recherche ? », Agence des usages des TICE. (2015). http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/

[2] http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l-usage-du-tbi-une-amelioration-des-resultats-des-eleves-42.htm

[3] http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l-usage-du-tbi-formation-et-etapes-a-franchir-43.htm

Association FADBEN
#1044, le 06/03/2015 - 08:45

La libération des ressources numériques

Les professeurs documentalistes ont très rapidement pris en considération le développement des ressources numériques, sans toujours trouver un écho favorable chez les autres enseignants, pour qui le recours à ce support est encore inégal. La catégorisation des ressources, selon les différentes acceptions du terme, permet pourtant d'avancer.

La ressource numérique est d’abord perçue comme ressource logicielle. Il s'agit d'outils numériques, choisis dans chaque domaine d'enseignement, avec un souci de mise en valeur du logiciel libre selon les préconisations ministérielles (1), volonté que l'on peut respecter aujourd'hui plus aisément dans l'enseignement général que dans les voies professionnelles et technologiques. Cette question des ressources logicielles rejoint la question technique de l'installation et de la maintenance, avec des difficultés importantes, à ce jour, dans les EPLE, pour répondre favorablement aux « besoins » des différents enseignants. C'est un obstacle majeur au développement du numérique à l'école, auquel sont attribués des moyens limités. La question des ressources logicielles pose aussi le problème de la gestion des outils, et plus globalement du respect interindividuel des professionnels qui peuvent être associés à leur gestion. Ainsi, on constate encore que les professeurs documentalistes peuvent éprouver des difficultés à être considérés comme enseignants dans le cadre d’accès contraints aux systèmes d'information, aux ENT, aux réseaux, sans que les raisons soient d'ordre technique. Pourtant, avec une liberté d'investissement qui leur est chère, les professeurs documentalistes peuvent participer à la gestion des outils numériques, dans la limite de leurs compétences professionnelles, parfois soutenues par des formations continues. Ils sont ainsi qualifiés pour développer, s'ils le souhaitent et dans le respect des instances décisionnaires des établissements, le travail d'éditorialisation numérique de l'établissement, à travers son site web, d'autres plateformes en ligne et son ENT. Cette activité éditoriale, liée à un riche travail de rédaction qui, bien souvent, peut associer les élèves dans le cadre de projets pédagogiques, est un aspect essentiel du développement numérique pour l'école.

Il s'agit ensuite de ressources documentaires pour les enseignants, souvent du ressort de chaque discipline, voire de chaque enseignant dans les établissements. S'il ne faut pas contraindre les enseignants à passer systématiquement par un référent pour établir une commande, il peut être intéressant, pour ne pas dire indispensable, de favoriser l'enregistrement des ressources dans le catalogue du Centre de Documentation et d'Information afin que tous les personnels de l'établissement, et en particulier les nouveaux venus, retrouvent aisément les ressources acquises. Cela vaut d'autant plus pour les ressources numériques destinées aux élèves. On constate que leur acquisition n'est pas toujours du ressort des professeurs documentalistes, alors que cela reste la règle pour les ressources imprimées. Il s'agit là encore de favoriser la cohérence d'un projet documentaire qui permette l'accès de tous aux ressources numériques.

Qu'il s'agisse de l'accès aux outils, aux réseaux, aux ressources, ou encore de la gestion éventuelle de manuels numériques, il est indispensable que les personnels de direction et d'administration disposent d'une formation convenable, afin d'avoir un pilotage objectif, en connaissance de cause. Il s’agit de maîtriser simplement la gestion de certains pôles, et au premier chef la gestion d'un ENT et des manuels numériques, qui ne peuvent être délégués aux professeurs documentalistes ou aux référents pour les usages pédagogiques numériques, par exemple, de même que la gestion des manuels imprimés est bien du ressort des services administratifs de l'EPLE.

Qu'il s'agisse de ressources numériques documentaires ou de fiction, il convient de maintenir un accès et un financement suffisants pour les établissements scolaires. C'est le sens de l'engagement de la FADBEN au sein de l'IABD : promotion de l'open data, extension de l'exception pédagogique, développement de ressources libres. Mais l’enjeu tient également au maintien de budgets d'acquisition qui garantissent la stricte indépendance des établissements et des professeurs documentalistes dans le choix des ressources numériques proposées par les éditeurs.

Sous-jacente, c'est la liberté pédagogique même des professeurs documentalistes qui est ici en jeu dans le choix des matériaux et des supports didactiques qui, dans le contexte numérique, peuvent ressortir des savoirs de référence de la profession. On ne saurait, en ce qui les concerne, distinguer le web de ses ressources, en la matière objet et sujet d'enseignement.

 

NOTES

(1) Orientations pour l'usage des logiciels libres dans l’administration. 19 septembre 2012. Disponible sur http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/09/cir_35837.pdf

Ninon Louise LePage
#1012, le 03/03/2015 - 01:29

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

Lire de longs textes sur un ordinateur ou une tablette ne m’est pas agréable. 

 

J’ai choisi de présenter la synthèse de mes réflexion sur l’école et le numérique en courts billets.  Cette forme facilite aussi la présentation d’arguments.

 

 

Introduction

 

De quoi je me mêle, moi une canadienne francophone?  En quoi une concertation de la Direction du numérique pour l’éducation du Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche du gouvernement de la France me concerne-t-elle?   

 

J’ai été enseignante et l’éducation est mon «dada». Nous vivons une époque charnière en éducation et en tant qu’être humain et grand-mère,  je me sens concernée.  

 

Les points de vue et les informations qu’il me plaît de partager résultent d’une vie d’interrogations sur l’éducation et l’apprentissage, d’observations et de réflexions. Je n’ai pas fait de recherches élaborées.  Il existe, j’en suis persuadée, quantité de références tout aussi valables que celles fournies ci-dessous.

 

Mon domaine d’intérêt est la formation initiale des écoliers, cet âge qui suit la petite enfance et précède la puberté, c’est-à-dire les huit ans que forment l’élémentaire et les premières années du collège, particulièrement dans le domaine de la formation en science et technologie.  Mes interventions traitent, sauf l’occasionnelle exception, de l’usage du numérique par les écoliers de ces niveaux scolaires. 

 

J’ai regroupé mes pensées selon le plan suivant :

A - L’école, l’enseignant et l’écolier ;

B- L’éducation au numérique ;

C- L’éducation par le numérique ;

Conclusion 

 

Ces réflexions sont loin d’être une panacée, elles ne présentent que quelques aspects du sujet. Plusieurs éléments du numérique m’échappent.  Mon vocabulaire numérique est rudimentaire, mes connaissances de l’offre en logiciels limitées, et j’ignore tout des éventuels effets de l’omniprésence des ondes sur la santé, entre autres limites.

 

Pour terminer cette introduction, je conseille à tous ceux qui se préoccupent de l’usage du numérique en milieu scolaire de consulter le blog de monsieur Michel Guillou : Culture numérique, Étonnants microcosme, et particulièrement le deuxième diaporama: «Des pratiques numériques des jeunes aux enjeux pour l’école d’aujourd’hui . . . et de demain» du billet Ma petite contribution à la concertation sur l’école numérique. 

 

http://www.culture-numerique.fr/

 

 

Une dernière pensée : plusieurs semblent vouloir nier la réalité et aimeraient voir disparaître ce numérique dérangeant.  Ouvrons grand les yeux. Marchons dans nos rues, utilisons nos transports en commun.  Le numérique est là, partout autour de nous.  L’école peut tourner la tête, fermer les yeux et rêver d’un autrefois qu’elle imagine mieux que nature. L’école peut aussi être réaliste et se demander comment gérer cette exigeante transition, le passage du passé, non pas au futur, mais du passé au présent.

 

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Techno2A
#810, le 12/02/2015 - 21:18

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-jb pedinielli-1423772435

A l'heure où les technologies évoluent, la formation regresse

Comment faire pour atteindre l'objectif ?

frksr
#733, le 08/02/2015 - 21:29

Et si le numérique était la pire des solutions ?

Bonjour,

je vais endosser le rôle de l’avocat du diable, non pas que je sois opposé au numérique sous toutes ses formes mais parce que j’ai lu l’ouvrage de Nicholas Carr Internet rend-il bête ? (The Shallows - What the Internet Is Doing to Our Brains). Et je trouve qu’il y pose des questions intéressantes et un peu à contre-courant. Il aborde les problèmes de mémorisation liés aux distractions permanentes et comment la plasticité du cerveau réagit à notre environnement « moderne » en developpant la mémoire transactive, voire, en délégant à une mémoire externe (il y a une petite dose de neurosciences, mais ça reste abordable). C’est intéressant sur plus d’un point car cela laisse entendre que le cerveau même des élèves d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme celui de ceux de la génération précédente. Je ne peux que vous inciter à le lire bien qu’il soit quelque peu à charge, mais si certains pensent que l’avenir de l’homme c’est l’homme connecté, individuellement l’internet n’est peut-être pas un bienfait. C’est débatable et quelque peu paradoxal car ceux qui ont vécu sans voient clairement les bénéfices en raison de la période de transition d’une technique à une autre et maîtrisent de fait plusieurs savoir-faire (comme lors du passage des tables de logarithmes à la calculatrice, la maîtrise de l’orthographe avant l’apparition des correcteurs orthographiques, le sens de l’orientation et la capacité à lire une carte avant la généralisation du GPS). Alors quand je lis ici que le numérique devrait favoriser l’autonomie, je pose la question l’autonomie vis-à-vis du professeur, oui… sûrement, mais qu'en est-il vis-à-vis de la machine ? Le piège n’est-il pas dans le fait qu’en définitive Internet c’est facile, beaucoup trop facile ? Aurait-on besoin de telles mesures si l’on doublait le personnel enseignant présent dans une classe ? Que va t’on faire avec les élèves sur qui la magie du numérique n’opère pas, ceux qui intègrent mieux l’information à partir d’un support papier ou en écrivant manuellement sur un tel support ?

Vidéo YouTube What the Internet is Doing to Our Brains illustrant certains propos du livre.

Internet rend-il bête ? chez Robert Laffont.

E.Anjos
#631, le 05/02/2015 - 17:55

Voilà

Bonjour,j'ai vu certains avis et je vais faire bref

1-Les sacs sont trop lourds

2-Des tablettes nous aideraient pour l'apprentissage 

3-Ce n'est pas l'informatique qui nous fera être plus bête(j'en suis la preuve,cela ne fait 4 ans que je suis en France et je parle correctemetn le français)

4-Aujourd'hui nous ne sommes rien sans l'informatique

5-Ci cela continue à 35 ans nos dos seront déjà courbés à cause des sacs

6- Bonne journée et Bonne lecture  :)  : ) 

Syntec Numérique
#1112, le 09/03/2015 - 12:55

De la nécessité d’une école s’appropriant le numérique

Accélérer le numérique à l’école ne doit pas être considéré comme un effet de mode, mais une opportunité pour renouveler la pédagogie, favoriser l’inclusion et l’autonomie des élèves qui évolueront un monde numérique, dans lequel il est préférable qu’ils soient les créateurs plutôt que de simples consommateurs

a) Apprentissage et littératie numérique dés le plus jeune âge

  • Renforcer l’attention donnée à la modélisation dans l’enseignement informatique et ne pas réduire sa finalité à la science informatique elle-même.

L’enseignement de l’informatique et du numérique doit avant tout permettre à l’élève l’apprentissage de la modélisation et l’étude des systèmes, un besoin fondamental du XXIème siècle. C’est une école pour développer et comprendre l’abstraction.

Enseigner la modélisation et les concepts de la systémique permet de préparer les élèves à comprendre les grands systèmes complexes (énergie, transports, communications…) qui sous-tendent le fonctionnement de la société. C’est aussi les préparer aux emplois d’avenir et faciliter en particulier leur intégration dans les organisations industrielles, où l’amélioration continue des procédés repose sur la modélisation.

 

  • Introduire un enseignement d’informatique à tous les niveaux de l'enseignement général

Cette proposition est nécessaire pour lutter contre la désaffection des jeunes pour la science et la technologie, leur donner le goût de faire et leur ouvrir le chemin de l'innovation. Nous pourrions ainsi imaginer de contrôler l’acquisition des compétences des élèves tout au long de leur scolarité, avec une valorisation de cet enseignement par un contrôle continu intégré aux notes du baccalauréat.

 

  • Généraliser l’option Informatique et science du numérique (ISN).

Aujourd’hui spécialité de la section scientifique au bac, cette généralisation à l’ensemble des sections en classe de terminale est une manière simple d’accélérer le mouvement.

 

Ainsi, la compréhension d’internet et des réseaux sociaux, mais également des enjeux majeurs de l’usage et la protection des données personnelles serait facilitée. L’intégration d’aspects éthiques et de culture générale à cet enseignement est le pendant essentiel à une formation plus technique, pour que les élèves deviennent des acteurs éclairés, des citoyens de cet écosystème et non plus de simples consommateurs du numérique.

b) Pour un décloissement des disciplines

Une partie des critiques que la communauté des acteurs du numérique porte sur l'enseignement numérique a trait à la trop grande segmentation et spécialisation des domaines de connaissances. Donner un socle pratique fondé sur les projets et l’apprentissage collaboratif est une façon de répondre à ces objections. Mais avant tout, l’enseignement de l’informatique doit passer par un décloisonnement des disciplines en introduisant, par exemple des cours de physique sur la technologie informatique, ou en s’intéressant aux données, à leur sémantique et aux nombreuses questions relatives à leurs usages : volume, pérennité, respect de la vie privée et de la propriété, distribution, copie… 

L’informatique joue un rôle transverse d’intégration. Cette contribution fondamentale à l’activité humaine du XXIème siècle exige que la science informatique ne soit pas restreinte à une vision logicielle et matérielle, mais embrasse une ambition systémique et une approche pluridisciplinaire, dans la pratique comme dans l’enseignement. Ce décloisonnement nécessaire a également un impact sur les critères de recrutement des professeurs.

c) Adapter l’enseignement, notamment supérieur, aux enjeux du numérique

Au-delà de cet apprentissage dans le Primaire et le Secondaire, nous pensons  que l’enseignement supérieur doit être davantage en prise avec les besoins des entreprises à l'heure du numérique pour former des talents ensuite mobilisables (développeurs, data analysts, juristes spécialisés…). A cet égard, le Contrat d’étude prospective, qui analyse les besoins en compétences et en recrutement de la filière numérique à horizon 2018, est une référence.

La multiplication d’écoles du web d’un genre nouveau, qui émanent d’initiatives privées, associatives et très variées (Simplon.co, Ecole 42, Web School Factory, etc.) et qui se créent en parallèle des systèmes scolaires et universitaires, doivent être une source d'inspiration pour les universités.

Nos propositions en ce domaine sont les suivantes :

  • Permettre le développement de partenariats entre les initiatives privées et les universités (passerelles de reconnaissance réciproque des cursus suivis par l’étudiant afin de faciliter l’accès au diplôme),
  • Intégrer les académies et universités dans les réflexions conduites par les branches professionnelles en termes de perspectives emploi/formation : l’identification des besoins en recrutement actuels et/ou à venir ainsi que de métiers émergents doit systématiquement être accompagnée d’une cartographie de l’offre de formation existante
  • Intégrer davantage les entreprises dans les conseils de perfectionnement des établissements d’enseignement supérieur, une fois les besoins identifiés. Les délais de constitution d’un nouveau parcours diplômant (2 à 3 ans aujourd’hui) doivent être significativement revus à la baisse afin de mieux correspondre aux évolutions économiques et technologiques (a fortiori dans la filière numérique où les besoins évoluent extrêmement vite).
Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1080, le 07/03/2015 - 21:13

Pour les maths du collège, mettre à la disposition des enseignants et des élèves une mutitude de pédagogies.

Quatre exemples de vidéo + quiz

Une définition du point mathématique sur un prélude de Chopin : http://cell001.organic-mooc.eu

Calcul d'aire d'un triangle : exercice N°1  http://cell006.organic-mooc.eu

Calcul d'aire d'un triangle : exercice N°2, http://cell005.organic-mooc.eu

Problème de calcul d'aire d'un triangle : problème N°1 http://cell007.organic-mooc.eu

 

La définition a été proposée à des enfants en 8ième.

Les exercices et problème sur le calcul d'aire ont été proposés à des collégien(ne)s en 5ième.

Ces modules ont aidé à au moins un enfant.

Ils n'ont pas vocation à aider tous les enfants.

Il appartient aux porteurs de pédagogies alternatives de les publier et de les mettre en accès libre (pas d'inscription préalable, sous pseudo ou identité réelle) sur le web ouvert (accès gratuit)

 

patrick RICHARD
#1050, le 06/03/2015 - 17:23

L’éducation technologique pilier d'une co-éducation aux outils numériques

L’écriture numérique au service de la construction d’une sphère professionnelle de l’élève

Au-delà de l’expérimentation menée en 2006-2012 au collège Emmanuel de Martonne à Laval nous désirons proposer une extension de la problématique de dématérialisation des supports de cours via une clé USB/ENT puis les services collaboratifs temps réel multi écran dans le nuage.

Suite à l’étude du processus d'écriture numérique dans l’enseignement de la technologie au collège au niveau troisième, nous posons une question : en quoi le développement des ENT modifie le rapport à l'écriture dans les pratiques de classe en éducation technologique ?

Voir le film 31/01/2011 : http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/temoignages/dematerialisation-du-classeur-de-technologie-1182.htm

Les TIC en liaison avec l’enseignement de la technologie

Les technologies de l'information et de la communication, apparues au début des années 1985, se sont largement développées, au collège, dans les enseignements pour tous les élèves, grâce à leur introduction comme une composante forte de l’enseignement de la technologie. Cet enseignement a intégré, notamment dans la version de 1995, tout un ensemble de contenus qui portaient explicitement sur les TICE en fixant une progression, des activités possibles et des compétences à acquérir lors des séquences de technologie. Cette discipline prend donc une part importante dans la diffusion et la généralisation des pratiques intégrant leur usage.

L’impact des TICE sur l’enseignement et les apprentissages

De fait, l’organisation des enseignements se trouve profondément modifiée et les dispositifs mis en œuvre par l’enseignant à destination des élèves s’inscrivent dans un nouveau type de rapport au(x) savoir(s). L’enseignant n’est plus celui qui détient un savoir qu’il transmet à ses élèves, il devient progressivement quelqu’un qui organise les situations permettant aux élèves d’accéder au(x) savoir(s). Ainsi, la construction des situations didactiques devrait refléter ce changement radical de posture.

Les possibilités offertes par les connexions à des réseaux provoquent des modifications de pratiques chez les utilisateurs en général, chez les élèves en particulier. Ils deviennent acteurs-auteurs de publications électroniques,  ils développent de nouvelles formes d’autonomie dans les apprentissages et dans leurs rapports au(x) savoir(s). Ils s’initient au travail collaboratif-coopératif. Ils organisent leur propre banque  de ressources numériques qui fonctionne comme une sorte de mémoire numérique toujours disponible.

Les objectifs du projet

Entre autres questions, ce travail permet d'observer de près :

  • en quoi le fait de travailler sur la réalisation individuelle et/ou collective d’objets médias numériques destinés à être publiés en ligne, et donc à être consultés par d’autres personnes, modifie la relation que l’élève entretient à l’écriture ;
  • en quoi le fait de constituer une base d’objets médias participe à la mémoire numérique d’un lieu matérialisé en premier par l’individu, en deuxième par la classe et en troisième par le collège ;
  • en quoi cette mémoire numérique participe à la construction de savoirs où les références sont mal définies et ne peuvent s’identifier spontanément à des corpus de savoirs savants.

Et donc, d’un point de vue des apprentissages, ce travail devrait permettre de regarder les processus d’élaboration des objets de savoirs, notamment au travers de la construction et la manipulation des artefacts.

Nous étudions, en adoptant une posture prédictive, une organisation de transmission-appropriation d’un savoir spécifique référencé auquel on enlève les outils de script classiques pour les substituer par des outils de script numériques. Nous regarderons les incidences produites sur cette organisation elle-même et sur l’économie du système en général.

Vaste ouvrage qui dans une actualité numérique toujours brûlante, devrait poser les bases de nouvelles formes d’écritures au service de l’acquisition des connaissances-compétences. Mais aussi, cet ouvrage pourrait nourrir la réflexion des groupes d'écriture des programmes de 2015 qui sous la présidence de Michel LUSSAULT   peuvent réintroduire une composante forte de cette éducation au numérique dans une discipline qui depuis longtemps participe activement à la massification des usages, seule à même de garantir à chaque élève l'égalité des chances dans l'école numérique d'aujourd'hui. 

 

En 2015, offrons à l'éducation technologique cette responsabilité !

v dennery fondation enfance
#1026, le 04/03/2015 - 16:05

FONDATION POUR L'ENFANCE : PRÉPARER L’ENTRÉE DANS LE MONDE NUMÉRIQUE DE TOUS LES ENFANTS

Consciente de l’importance qu’a désormais pris le numérique dans l’univers quotidien des enfants et des adolescents,  la Fondation pour l’Enfance, qui partage les missions d’accompagnement des familles, de parrainage d’enfants et de protection de l’Enfance, se félicite de la concertation sur le numérique entreprise par l’Education nationale, gage de diversité de points de vues et de réflexions.

La Fondation pour l’enfance souligne l’importance qu’elle attache à ce que cette concertation construise et mette en œuvre une politique publique de l’éducation au numérique et par le numérique, incluant une éducation aux médias, dont les enjeux vont bien au-delà de la simple formation à des outils numériques éducatifs.

Une telle éducation au numérique  s’adresse et inclut tous les enfants, dès leur plus jeune âge, quels que soient leurs parcours individuels : familiaux, sanitaires, scolaires, sociaux…

Elle tient compte des besoins de tous les enfants, notamment des plus petits, de leur développement, de leur environnement et répond concrètement à cette diversité.

Par  les possibilités d’échanges, de création, de participations d’autant plus fructueuses qu’elles sont exercées dans un cadre, cette éducation relève autant de  la formation aux savoirs que de  la formation aux savoir-être et à la construction de soi.

L’entrée dans le monde numérique proposée de plus en plus tôt aux très jeunes enfants ne peut toutefois remplacer la présence d’un adulte ni se substituer aux apprentissages et manipulations concrètes de cet âge.  Ces différents outils numériques proposés aux jeunes enfants  réclament une vigilance quant à leur durée d’usage,  l’intensité des sons proposés,  la qualité des écrans, le rythme des séquences, la focalisation précoce sur ces outils.

Comme le rappelle avec insistance la Fondation, cette politique d’éducation doit porter une attention particulière aux enfants fragilisés – par le handicap, la situation familiale ou sociale, le placement- aux motivations de ces enfants, leurs parcours de vie et de scolarité afin de leur conserver toutes leurs chances de réussite scolaire, d’avenir professionnel et d’épanouissement personnel gages d’insertion.

Les outils numériques ont en effet fait la preuve de leurs puissantes capacités de remédiation et de mobilisation d’enfants éloignés des méthodes d’apprentissage traditionnelles. 

Ce projet d’envergure et indispensable au monde d’aujourd’hui doit être accompagné par une  formation et une mobilisation des enseignants qui répondent à l’ampleur des objectifs.

Ninon Louise LePage
#1011, le 03/03/2015 - 01:26

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

A - L’école, l’enseignant et l’écolier

 

1 - L’école

 

J’ai hésité.  Dois-je traiter de l’école au début ou à la fin de cette réflexion?  Puis le choix m’est apparu évident, en pensant à Clair, au Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska qui accueille les élèves de la maternelle à la 8e année. Cette petite école rurale, perdue en pleine campagne,  reçoit chaque année une délégation internationale d’éducateurs.  Clair au Nouveau Brunswick est un exemple «d’école autrement».  Clair est un exemple que la techno-pédagogie, c’est au niveau de l’école que ça se passe.  Clair est devenu ce centre d’inspiration pédagogique grâce au dynamisme du directeur, à son esprit entrepreneurial,  monsieur Roberto Gauvin. 

 

http://clair2015.wikispaces.com/Page+d%27accueil

 

L’innovation et l’implication dans l’usage du numérique est la responsabilité de chaque école.  C’est à leur communauté que la direction d’école et les enseignants doivent faire connaître leurs besoins, leurs ambitions.  Nous sommes loin de l’époque où l’école était le centre de la culture en milieu rural. Le savoir est partout.  

 

Si en Afrique, il faut un village pour éduquer un enfant, dans nos sociétés complexes, il faut peut-être un village, un quartier pour créer une école.

 

On entend ici et là que «la collaboration» est l’une des compétences fondamentale à développer chez nos écoliers.  L’imitation est un des fondements de l’apprentissage.  La collaboration entre les enseignants d’une école pour l’usage du numérique  est un formidable exemple de collaboration pour les écoliers.

 

Puis l’intervention de Mme le Recteur de Montpellier confirme que c’est le dynamisme local qui fera la révolution numérique :

 

http://www.ludovia.com/2015/02/la-revolution-du-numerique-un-passage-oblige-pour-lecole/

 

L’enseignante de sciences au primaire que je suis propose l’analogie suivante.  Un plan d’eau ne gèle pas d’un bloc.  Il y a solidification graduelle de l’eau, les cristaux de glace se regroupent et éventuellement tout le plan d’eau est gelé. Je crois que c’est ainsi que l’on doive concevoir l’appropriation du numérique par les écoles.  La direction formera avec les enseignants d’une école un groupe d’éducateurs enthousiastes.  Deux ans plus tard, on parlera dans la région de cette école différente, exceptionnelle.  Les parents des établissements voisins demandent qu’on offre les mêmes avantages à leurs enfants.  Peu à peu, le numérique s’installe partout.  C’est au niveau local que se fera le passage vers ce nouveau modèle éducatif.

 

2- L’enseignant

 

Qui se souvient du contenu de ses cours de 6ème?  Mais tous gardons souvenir du maître borné qui n’a que réussi à nous faire détester la géographie ou la physique mais aussi du maître inspiré qui par sa sensibilité, son intelligence et son enthousiasme a touché notre esprit, éveillé notre intérêt. L’éducateur inspirant pour l’un sera d’un mortel ennui pour l’autre.   Plus que par son savoir, c’est par sa personnalité qu’un éducateur réussira à «éduquer» et il n’y a pas de recette miracle.  Ce qui n’est pas mal en soi, car ça donne la chance à chacun d’entre nous d’être inspirant. 

 

Éduquer demeure une relation humaine, malgré tout le e-learning.

 

2,1 BRISER L’ISOLEMENT

 

«Régis Forgione, qui a compris les vertus du partage, rêve d’« une salle des professeurs à l’échelle mondiale pour partager… coopérer , s’entraider ». 

http://www.culture-numerique.fr/?p=2723

Et bien, cher monsieur Forgione voici quelques sites qui répondent à votre rêve :

Les «TIC en éducation» un groupe Facebook d’échange et de partage des ressources pour enseignants branchés .

 

Tapez ChallengeU  à partir du moteur de recherche Chrome  de Google et vous n’avez qu’à vous inscrire pour devenir membre d’une communauté d’enseignants passionnés. C’est gratuit.

http://info.challengeu.com/education

 

Ces vidéos présentent des tutoriels sur Youtube :

 

https://www.youtube.com/watch?v=eB9Vr2ymgT

 

https://www.youtube.com/watch?v=LD7HYwAN4AE

 

«Enfin, il faut rappeler qu’une bonne ressource est une ressource qui circule et qui, de cette manière, s’enrichit de sa mise en œuvre successive dans des situations d’apprentissage différentes. Ainsi, vouloir la stocker, comme le proposent certains sans doute parce qu’ils y trouvent du confort, est une erreur et vient en contradiction avec les valeurs du partage ou de la diffusion énoncées par ailleurs.»   

 http://www.culture-numerique.fr/?p=2723  

ChallengeU répond à ce désir de partage.  Pourquoi réinventer la roue?

Parfois un enseignant partage ses découvertes :

http://www.pearltrees.com/martinbouthiette/outils-tics/id13285721 

et d’autres, comme le site Edulogia.com de  Sébastien Wart, tentent de mettre un peu d’ordre et offrir «Des exemples inspirants pour aider à l’intégration des technologies en éducation.»

http://www.edulogia.com/a-propos/

 

2,2 LES LOGICIELS de gestion de classe

 

Il existe plusieurs logiciels de gestion de classe où l’enseignant écrit les noms de ses élèves (et peut aussi y placer leurs photos), note leur présence en classe, les travaux qu’ils ont réalisés, leurs résultats,  communique directement avec les parents par courriel, etc

 

Outre ceux proposés par monsieur Bouthiette ci-dessus, l’Apps i Doceo, un carnet de notes fonctionnel et payant pour iPad disponible par App Store  m’a été fortement recommandée par une enseignante heureuse utilisatrice.

 

Google Classroom :

 

https://www.google.com/intl/fr/edu/classroom/

 

. . .et plusieurs autres.

 

Entrer les informations sur l’une ou l’autre de ces applications demande beaucoup de temps au début, parfois plusieurs heures.  Cependant cet investissement rapporte à long terme car quantités  de tâches de gestion de classe s’en trouvent facilitées.

 

 

3 - L’écolier

 

Celui qui est au centre au processus éducatif.

 

Plusieurs se questionnent sur l’usage du numérique par nos écoliers.  Les points B et C de ma présentation traitent de cet aspect.   

 

 

3,1 Mettre carte sur table

 

Dès le début de l’année scolaire ou de l’introduction des outils numériques dans une classe,  Pierre Gagnon, directeur de la formation chez ChallengeU et qui enseignait il y a quelques années une classe cinquième année du primaire très «branchée» insiste sur l’importance de mettre les élèves au fait de ce que l’on attend d’eux.  

 

Prendre le temps nécessaire et faire devant la classe une présentation magistrale, précise et détaillée du rôle et des responsabilités de l’écolier.  

 

Selon leur âge, car il est bon de reprendre ce discours à chaque année scolaire, présenter les lois applicables à l’usage du numérique incluant le respect de la propriété intellectuelle, présenter les lignes directrices et les politiques de la classe et de l’école dans ce domaine.   Proposer un contrat d’engagement qui sera signé par le parent et par l’élève.

 

Cinquante enseignants se sont confiés à Brigitte Léonard sur les avantages et difficultés liés à l’usage des tablettes en classe, un compte-rendu à lire :

 http://www.infobourg.com/auteur/brigitte-leonard/

 

 

3,2  La recherche d’équilibre

 

Au-delà de la formation «au» et «par» le numérique, l’éducation de base doit aussi contrebalancer le virtuel omniprésent dans le quotidien des écoliers. 

 

L’enfant ne joue plus avec les copains, il discute sur Facebook, Twitter, Instagram, . .. Il ne construit plus des châteaux de carton dans les terrains vagues, il joue sur iPod au chevalier qui attaque des ennemis virtuels ou des cochonnets voleurs d’oeufs.   Il ne pêche plus à la ligne, il pêche le thon dans les eaux virtuelles de son iPad.  

 

L’école d’aujourd’hui doit donc favoriser l’apprentissage concret, encourager l’écolier à mettre «La main à la pâte».  L’étude des sciences et des technologies favorise particulièrement ce type d’apprentissage qui stimule la réflexion de l’écolier et éveille son esprit critique.  

 

L’attachement à sa terre devrait être favorisée, les sorties éducatives dans le quartier  pour apprendre que Réaumur, Anatole France ou Louis Aragon ne sont pas uniquement des stations de métro, l’agriculture urbaine, la cuisine et la couture, le dessin et la calligraphie, la culture, l’architecture et la flore locales sont autant d’apprentissages à remettre en valeur. . .  

 

Le pas en avant que force le numérique doit être égalisé par un pas en arrière,  le «fait numérique» équilibré par le «fait main», l’accès à «tous les savoirs» par l’initiation aux démarches qui ont mené à ces savoirs : l’évolution de la pensée scientifique, l’évolution de la pensée littéraire, les grands explorateurs, les cultures primitives, . . .

 

Il est bon ton de rappeler aux écoliers leurs besoins essentiels : de l’air, de l’eau, de la nourriture, un lieu où se reposer, des vêtements pour se protéger des éléments et puis  quelques «réelles» personnes agréables avec lesquelles on peut devenir ami.

 

 

Tous les textes de la série"Le numérique : mes axes de réflexion" sont publiés sous CC-BY-NC-SA

Ninon Louise LePage
#1010, le 03/03/2015 - 01:24

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

B- L’éducation au numérique

 

1 - Le vocabulaire du numérique 

 

Quels sont les mots essentiels à être enseignés à l’élève dès la maternelle et la première année en même temps que la lecture et l’écriture?  Voici quelques références du vocabulaire de base à connaître par l’écolier :

 

http://www.maxicours.com/se/fiche/1/9/268091.html/e1

http://www.maxicours.com/se/fiche/0/9/268090.html

http://www.maxicours.com/se/fiche/2/9/268092.html

 

http://crpal.free.fr/tice/generetwind/lexiqueinformatique.pdf

 

Et la liste suivante est intéressante par son bilinguisme français/anglais :

 

http://www.fslhomeworktoolbox.ca/toolbox/internet_terminology/computer_vocab_fr.php

 

Puis pour assurer la mémorisation et la compréhension de ce nouveau vocabulaire, les jeunes auteurs pourraient écrire dès la deuxième année, seuls ou conjointement de courts textes à partir de ces termes, par  exemple :  Quand je visite papa à son bureau il me montre son ordinateur, je tapote son clavier,  . . .  ou Maman est conceptrice de jeu vidéo, . . . 

 

2- Programmation et codage

 

Je suis une vraie fille.  Ma relation avec mes outils numériques est du même type que celle avec mon auto.  Je conduis très bien, je connais le code de la route et sais lire une carte pour me rendre où je veux, sans GPS. Mais la mécanique, très peu pour moi. 

 

Face au numérique, plusieurs d’entre nous, garçons inclus sont «de vrais filles».

 

J’ai un «esprit MAC».  Je suis une utilisatrice.  Mon outil est facile, répond à mes besoins et ça me plaît ainsi.  Le codage m’ennuie.  

 

Tout comme monsieur Benjamin Bayart ,  je crois par contre qu’en formation initiale il importe de proposer aux écoliers un avant goût de tous les domaines du savoir ce qui inclus une initiation aux particularités du numérique.  C’est ainsi que l’enfant découvre ses intérêts et ses forces.

 

http://www.nextinpact.com/news/88717-interview-initier-enfants-au-code-pas-urgent-selon-benjamin-bayart.htm

 

Le programme Scratch du MIT (gratuit) est une introduction ludique au codage. 

 

http://scratch.mit.edu/about/

 

Je n’apprends rien aux éducateurs en disant qu’il y a un âge pour chaque chose.  Huit ans serait l’âge idéal pour initier les élèves de manière ludique à la programmation et au codage.   Des activités amusantes et de plus en plus complexe ainsi que  les Fablab devraient être intégrés à la formation initiale de tous les écoliers, obligatoire à l’élémentaire et comme cours optionnel au collège, peut-être. 

 

 

3- Logiciels de base que tous devraient savoir utiliser  

 

À la lecture des débats,  plusieurs intervenants préfèrent l’usage de logiciels de type Open source par les écoles. Je n’ai pas de position personnelle sur cet aspect du débat.  Je ne sais pas. Le site ci-dessous est une référence à consulter.

 

http://www.open-source-guide.com/L-open-source/A-propos

 

Les élèves et leurs enseignants, devraient utiliser au minimum un logiciel de traitement de texte, de mise-en-page,  et de là aller vers la création : Book Creator, logiciels de présentation comme Powerpoint, Keynote, Prezi, etc. ; logiciels de montage vidéo comme iMovie, Microsoft Windows Movie Maker, Cineterra pour Linux ou Adobe première, pour n’en présenter que quelques uns. Et évidemment savoir utiliser efficacement un moteur de recherche.

 

C’est par de tels logiciels que les paradigmes des compétences à développer par l’éducation du 21e siècle se réaliseront : collaboration, communication, compétences liées aux technologies de l’information et des communications (information literacy, ICT literacy, technological literacy), habiletés sociales et culturelles, citoyenneté, créativité, . . . 

 

Au niveau du lycée,  l’étudiant en formation professionnelle  devrait recevoir une solide formation à l’usage des logiciels courants de bureautique comme Microsoft Office 365, Photoshop ou autres utilisés couramment par les entreprises et qui correspondent à son choix de carrière.

 

4-  La politesse et la sécurité 

 

Plusieurs sites visent la formation des écoliers à la politesse et à la sécurité.  Ce type de formation devraient être incluse aux enseignements des écoles dans le contexte de  l’éducation au numérique.  Voici quelques exemples de sites qui proposent des activités aux enseignants.

 

http://habilomedias.ca/ressources-pedagogiques

 

http://habilomedias.ca/fiche-conseil/fiche-conseils-sur-cybers

 

https://cyberfute.telus.com/fr/footprint/challenge/1

 

http://www.cyberjulie.ca/app/fr/

 

Le site «habilomedias»  dans  éducation-medias-101   présente de très courts vidéos qui proposent une réflexion à l’écolier et des fiches pédagogiques à  l’enseignant.   Entre autres  «Les médias ont des implications sociales et politiques», et «Différentes personnes réagissent différemment à différentes constructions médiatiques» sont à voir.  

 

Et  le Grand prix du jury  EDUCNUM : Les aventures croustillantes du Prince Chip.  

 

http://www.educnum.fr/home/le-concours/

 

pastedGraphic.pdf

 

 

Ninon Louise LePage
#1009, le 03/03/2015 - 01:22

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

C- L’éducation par le numérique

  

Le numérique comme outil d’apprentissage scolaire est un domaine encore peu exploité. Selon le modèle SAMR, dans la plupart des cas l’offre d’enseignement par le numérique se situe au niveau Amélioration, c’est-à-dire Substitution et Augmentation.  Nous nous approchons graduellement du niveau Transformation, c’est-à-dire une reconfiguration significative de la tâche éducative (Modification) et une Redéfinition de celle-ci.

 

http://www.infobourg.com/2013/09/09/le-modele-samr-une-reference-pour-lintegration-reellement-pedagogique-des-tic-en-classe/

 

Enseignants, malgré la prolifération des MOOC,  n’ayez crainte!  Les merveilles offertes par les ordinateurs ne remplaceront pas, ne devraient jamais remplacer, la relation humaine entre l’écolier et son enseignant.

 

Je suis retraitée et depuis quelques années j’aide de petits voisins à leurs devoirs.  J’ai accumulé au fil des ans plusieurs «apps» sur mes iPad que j’utilise avec eux lorsque le sujet d’étude s’y prête.  Il ne s’agit pas d’une étude exhaustive de l’usage éducatif du iPad.  Je teste en toute simplicité et pour mon plaisir la réaction de ces écoliers du primaire aux «jeux» que je leur propose. . . car pour eux iPad est encore synonyme de jeu, et puis si ces jeux les aide à apprendre, tant mieux.

 

1- Première constatation

 

Trop d’applications numériques «éducatives» sont malheureusement des mises en ligne de livres.  Quelle perte!

 

Trop d’entre elles ne sont que des cahiers d’exercices numérisés auxquels l’usage de l’ordinateur n’apporte rien.   Un gaspillage!

 

2- Les sites encyclopédiques et de référence

 

Tous connaissent et utilisent Wikipedia. 

 

On fait régulièrement appel à l’un ou l’autre des nombreux dictionnaires disponibles en ligne pour confirmer l’orthographe d’un mot, en comprendre le sens et vérifier à l’occasion la conjugaison d’un verbe.

 

Il existe aussi d’excellents sites encyclopédiques à l’usage des écoliers dont les très connus Brainpop et Khan Academy de plus en plus francisé :

 http://www.brainpop.fr/

https://fr.khanacademy.org/

 

 

3- Les flashcards (carte mémoire d’apprentissage) et les quiz.

Les logiciels flashcards (carte mémoire d’apprentissage) utilisent la technique de répétition espacée. L’ordinateur est le support idéal pour cet outil pédagogique.  L’ordinateur ne se fatigue jamais.  Il  demandera à répétition et dans un ordre aléatoire les questions à mémoriser. Il existe des jeux de carte mémoire d’apprentissage pour les mathématiques, les langues, . . . Plusieurs logiciels et apps permettent à l’enseignant et à l’élève de créer leur propre jeu de carte mémoire.

 

Les quiz se situent aussi parmi les grandes applications pédagogiques de l’ordinateur. Il en existe des centaines et plusieurs applications, ChallengeU par exemple, permet aux enseignants de créer leurs propres quiz et utiliser ceux élaborés par d’autres membres de la communauté.

 

4-  Le français et les maths, quelques exemples

 

Je nomme le français et les maths,  les outils de la connaissance.  Lire et écrire ainsi que connaître et comprendre la logique des nombres forment les apprentissages fondamentaux qui ouvrent la porte à tous les autres apprentissages.

 

J’ACCORDE- Exercices et règles de grammaire français, une «app» disponible sur iTunes

https://itunes.apple.com/fr/app/jaccorde-exercices-et-regles/id594093358?mt=8

 

SLICE FRACTIONS  pour l’étude du concept mathématique de fractions selon la pensée logique. 

http://ululab.com/fr/slice_fractions/

 

Puis le répertoire de sites éducatifs :

http://www.lasouris-web.org/primaire/matieres.html

 

où on trouve entre autres le site Tableau noir.

http://orthographe.tableau-noir.net/pages/lignelexicale.html

  

Ce ne sont que quelques exemples.  Il existe pour les tablettes en particulier, une multitude d’Apps visant l’apprentissage «par» le numérique.

 

5- Les twictées

 

«Allo qd9» «Wow c vrm le fun»  Connaissez-vous cette nouvelle langue «le texto»?  «Omg Ok g con pri»  

 

Le français écrit deviendra-t-il dans 50 ans, dans 100 ans, une langue morte?  Apprendre à écrire le français correctement à nos élèves demeure un des fondements essentiels de l’apprentissage de base.   L’expérience didactique de Fabien Hobart et  Régis Forgione dont vous trouvez le lien ci-dessous est à multiplier.  C’est un exemple d’usage intelligent, créatif et autonome du numérique pour enseigner.  

«Oki cool» 

 

http://www.cafepedagogique.net/searchcenter/Pages/Results.aspx?k=dictées%20sur%20twitter

 

6- Ludification (ou gamification)

 

Pour ce qui est des «connaissances», c’est-à-dire les sciences humaines, biologiques, physiques et technologiques, ainsi que pour le développement des compétences dites essentielles au 21e siècle, les jeux sérieux sont utilisés par de nombreux enseignants.  Voici quelques uns de ces jeux très populaires. 

 

CRÉO - La science en jeu 

Des mondes virtuels où l’écolier vit diverses aventures et  participe à des jeux de vulgarisation scientifique.

http://www.creo.ca/

 

 

SPORE peut favoriser l’apprentissage de certains aspects des sciences biologiques et des sciences humaines pour les élèves de 8 ans et plus. L’article de éduscol ci-dessous offre un intéressante analyse de l’usage scolaire de ce jeu.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Spore_%28jeu_vid%C3%A9o%29

http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/apprendre/jeuxserieux/cadre-educatif/svt/spore

 

 MINECRAFT est aussi très populaire auprès d’une certaine clientèle. Il s’agit d’un jeu qui unit construction et aventure.  On lui prête beaucoup de bénéfices éducatifs.  Le second site, en anglais cependant, propose certains usages scolaires de MINECRAFT.

http://minecraft-fr.gamepedia.com/Minecraft_Wiki

http://minecraft.gamepedia.com/Minecraft_in_education

 

 

CLASSCRAFT est un jeu de motivation qui favorise le travail d’équipe et qui reçoit une excellente critique.

http://www.classcraft.com/fr/faq/

http://www.grenier.qc.ca/nouvelles/5670/jouer-pour-apprendre-avec-classcraft

 

Dans l’ensemble, il y a encore une grande place pour l’innovation dans le domaine de l’éducation par le numérique.

 

 

Ninon Louise LePage
#1008, le 03/03/2015 - 01:21

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

Conclusion

 

1 - Le numérique, c‘est au niveau de l’école que ça se passe. C’est à l’école de démontrer un esprit entrepreneurial, de s’ouvrir à sa communauté  et demander  la participation de cette dernière pour le passage au numérique.

 

2 - Le technicien spécialiste du numérique et l’école (les enseignants) doivent former un tandem et rouler dans la même direction, être à l’écoute l’un de l’autre, créer une équipe productive.

 

3 - Lorsque les écoliers se partagent les tablettes d’une année à l’autre, il faut penser à la question de la protection des données personnelles. Les travaux réalisés par un écolier sur sa tablette, les résultats de ses jeux et activités scolaires sont du domaine privé. L’école doit faire appel à des firmes de gommage de données pour les tablettes partagées.

 

4- Écrire à la main demeure très important, il importe de garder son indépendance face à la machine.  Taper nos textes deviendra peut-être obsolète sous peu, déjà  la machine écrit par elle-même les textes qu’on lui dicte : l’amusant et assez efficace «DRAGON dictation» disponible sur iPad par exemple.  

 

Plus d’une étude souligne que l’écriture à la main fait appel à des fonctions cérébrales différentes de l’écriture au clavier et que les élèves et les étudiants retiennent davantage et comprennent mieux en écrivant à la main.

 

5- Combien de temps l’élève passera-t-il devant l’écran à chaque jour? 

 

6- Dans certains pays c’est la fête en ce jour particulier : l’entrée à l’école en début d’année scolaire.  Les écoliers portent de jolis vêtements ou d’amusants déguisements.  On dépose des couronnes de fleurs sur les cheveux des petites filles, les garçons portent de beaux chapeaux, on chante, on danse.  L’entrée à l’école est proposée aux élèves comme un moment important de leur vie. De telles activités favorisent une attitude positive des écoliers envers l’école.  Il faut plus que la technologie pour inciter les écoliers à aimer l’école, pour stimuler leur désir et leur plaisir à apprendre.

 

7 - Les enfants contemporains mènent une vie stressante, tout comme leurs parents.  Pourquoi l’école ne les guiderait-elle vers une certaine douceur de vivre, apprécier la chaleur du soleil sur la peau, la beauté des nuages qui se forment et se déforment au gré des vents, l’odeur de la pluie, le plaisir d’être . . . Pourquoi ne pas valoriser cette douce France si chère aux touristes.  Puis l’amour du travail ne s’apprend-t-il pas  à partir du plaisir pris à jouer?  

 

Une éducation aux valeurs de la République, oui.  

Une éducation aux valeurs humanistes, oui, oui, oui.

Pi c tu okey? A+                                                                                   pastedGraphic.pdf    

Daniel
#504, le 30/01/2015 - 16:25

Le minimum et l'optimum

A minima, l'on devrait enseigner le numérique couramment utilisé dans les entreprises d'une certaine aisance technologique, non parce que l'Entreprise, l'employabilité, seraient le buten soi,  mais parce que le travail de pragmatisme y a déjà été réalisé pour de simples raisons économiques. Ainsi le débat sur l'accès à internet est déjà dépassé depuis des lustres dans ces entreprises, avec la normalisation naturelle d'interdiction d'accès à des sites "ne présentant pas un intérêt professionnel" tout en permettant un accès large à une foule d'informations et de ressources.  Un apprenant est forcément un citoyen et un travailleur de demain bien dans les techniques de son temps. Le plus compliqué est de prévoir "le coup d'après" eu égard à l'évolution extrêmement rapide des technologies et des moeurs afférentes. Le  point d'entrée devrait être les accélérations fulgurantes de débit, de la fibre qui permet techniquement de transmettre à un péta (10 millions de fois supérieur aux débits actuellement commercialisés) à la future 5G d'une trentaine de gigas avec le champs des possibles ouverts sur les objets connectés, le cloud computing, le big data et tant d'autres applications permises par ces nouveaux débits. Collégiens et lycéens doivent être les premiers apprenants du numérique de demain pour ne pas le découvrir par hasard ni le subir sans valeur ajoutée de leur part.

deky dreulkar
#334, le 24/01/2015 - 10:55

de la conception à la réalisation d'un projet: un diagnostic = le réel et tous les paramètres et la participation nationale

pour la réalisation de ce projet il est indispensable que des gens soient formés pour participer et contribuer à celui-ci. de la conception à la maintenance (c'est comme la théorie et la pratique)...mon fils est en BTS Systèmes Numériques 1ère année mais ne trouve pas de lieu de stage (6 semaines) obligatoire et malgré ses démarches avec les lettres de motivation et cv que des réponses négatives...............il n'a pas pu faire son BTS en alternance après sa réussite au Bac Pro avec mention malgré qu'une entreprise l'est remarquée dès sa seconde et lui ait proposée cette alternance pendant les trois ans jusqu'à l'obtention du Bac et avec un rapport de stage de l'entreprise très positif. Cette entreprise n'a pas pu respecter sa parole parce qu'elle a rencontré de telles difficultés qu'elle a dû licencier du personnel pourtant nous vivons en Rhônes-Alpes ...........mon fils pouvait entrer dans un Lycée Public pour cette alternance..........mais a été retenu dans un Lycée Privé pour le BTS et sur dossier aussi.............................................si mon fils ne trouve pas de lieu de stage il ne pourra pas continuer ses études malgré de bonnes notes et bonnes appréciations (il est considéré par ses professeurs en physique et électronique comme élève moteur de la classe) et tout son courage et ses efforts (il  prend son train tous les jours à 6h pour ses études) seront vains et il n'aura aucun avenir. et ses capacités et compétences inutiles..........................

pour la première fois depuis l'âge de 6 ans (cp école primaire) mon fils a redoublé une première année de BTS donc s'il ne trouve pas de lieu de stage tout est fichu....................le Lycée ne fait rien pour l'aider à trouver un lieu de stage et à un comportement aberrant ..."c'est aux jeunes à démarcher (évident) et à trouver..." et ignorer un parent qui a le devoir de continuer à soutenir son fils majeur en décidant de contacter le Lycée pour leur dire la réalité des démarches et réponses négatives et rappeler l'engagement du Lycée à trouver un lieu de stage afin de ne pas compromettre les études et avenir d'un étudiant et malgré mes moyens financiers très réduits je ne suis pas en retard de paiement. J'ai également entendu par ce Lycée le 12 01 2015 jour où j'ai téléphoné "je vais commencer à chercher des entreprises mais la situation est en effet difficile" par un responsable....un rappel au réel est nécessaire et indispensable si l'on veut que ce projet se réalise. et si l'on veut comprendre tous les paramètres du vivre ensemble.

Grâce à l'école, mon fils au Collège a pu faire un stage de découverte dans une grande entreprise parce que nous sommes allés dès sa 5è dans un salon où nous avons discuté avec un ingénieur de cette entreprise cet homme a été interpellé par notre échange et a su entendre aussi que nous n'avions pas de possibilités nul part de piston il nous a alors donné sa carte professionnel et deux ans plus tard mon fils l'a contacté. ce chef de service se souvenait de lui  et a donné la possibilité à mon fils de faire ce stage de découverte ce qui a confirmé à mon fils son intérêt pour l'électronique et le numérique. Mon fils a recontacté cet ingénieur pour son Bac Pro et les stages. Pas de possibilités. Mon fils a fait de même pour son BTS cette année. la réponse a été "j'ai transmis votre demande au DRH" et plus de nouvelle. Mon fils a pris contact avec cette DRH mais aucune nouvelle. Mon fils a envoyé lettres de motivation et cv ailleurs que des réponses négatives.

Quand le réel sera-t-il en accord avec les obligations réglementaires d'un étudiant ? quand pourra-t-il utiliser ses capacités et compétences ? et pourra-t-il réellement avoir un avenir parce qu'il y a droit et le mérite ?

Je suis un parent, je suis diplômée d'Etat technicienne en animation socio-éducative enfance jeunesse option activité locale et vie sociale, je suis en invalidité suite à une situation de souffrance au travail et situation de maltraitance, je suis pauvre par mes moyens financiers et je ne peux pas me soigner comme il le faudrait parce que mon fils est prioritaire et ses études aussi, j'ai une expérience de vie de 52 ans. Si le Numérique est un moyen moderne, un outil pour l'égalité à l'école et la réussite scolaire nous devons être cohérents donc dans la réalité complète afin que nos enfants nos ados et nos jeunes majeurs puissent vivre réellement ce que nous leur disons, nous leur enseignons chacun d'entre nous. merci

 

nathalie genieux
#1029, le 04/03/2015 - 18:44

Allier pédagogie de l'enseignement et innovation numérique

Les technologies pédagogiques interactives transforment les méthodes d'enseignement et d'apprentissage en proposant des solutions efficaces pour améliorer l'expérience didactique. Le numérique permet réellement de développer la motivation des élèves, leur implication, leur participation, leur écoute et leur collaboration. Il existe un réel impact positif de l’utilisation des outils numériques sur le développement des compétences des élèves, comme présenté dans deux nombreuses études particulièrement celle de Marzano :

  • Amélioration des résultats scolaires de + de 31%
  • Acquisition des connaissances + 30%
  • Les boîtiers d'évaluation favorisent la participation constante des élèves pour + de 26%
  • + de 35% d'amélioration des résultats grâce aux solutions d'évaluation.

Un enseignant témoigne:

"Lorsque j’ai découvert le TNI en mai 2003, j’ai très rapidement pris conscience de son potentiel et que son usage en classe allait bousculer mes pratiques pédagogiques pour une meilleure transmission des savoirs."

"Les boîtiers d'évaluation me permettent de gagner du temps sur la mise en place des tests et le traitement des résultats. Je peux donc les utiliser très régulièrement ce qui s’avère efficace, notamment pour renforcer l’acquisition d’automatismes et la maîtrise des connaissances. Grâce à ses nouveaux outils, je peux réaliser un suivi personnalisé des élèves qui sont donc plus impliqués dans leur travail. »

Les solutions numériques dans l'éducation contribuent  donc à l'amélioration de l’environnement de travail des professeurs, l’épanouissement personnel de l’élève, en adaptant les pratiques pédagogiques collaboratives au monde d’aujourd’hui.

Parce que l’enjeu est de faire entrer l’école dans l’ère numérique, thème politique majeur, il est donc important de considérer :

  • des solutions concrètes (TBI, Ecrans interactifs, tablettes, logiciels de création de contenu interactifs, solutions d'évaluation, ENT, ressources numériques, classes mobiles, ...) pour faciliter l’action des décideurs en matière d’équipement numérique, et ainsi développer des pratiques pédagogiques plus attractives et plus innovantes, mais surtout plus efficaces,
  • la convergence de ces nouveaux outils et des ressources numériques autour d'une plateforme d'orchestration ClassFlow, pour un environnement d'apprentissage connecté, et permettre à l’école d’aujourd’hui et de demain de mieux accomplir ses missions traditionnelles,
  • enfin, l'accompagnement et la formation des acteurs de la sphère éducative afin d'en faciliter les usages en classe.
Luc RUMEAU
#741, le 09/02/2015 - 16:53

L’informatique…un outil ou un objet d’enseignement ? Vaste débat !

La lecture des différentes interventions, communications ou autres propositions fait apparaitre plusieurs sujets récurrents.

On y trouve pelle mêle et entres autres les problématiques, de choix du type de matériel informatique, de choix des conditions d’utilisations, de formation des personnels enseignants, de  maintenance du matériel, de  reconnaissance de l’informatique comme discipline d’enseignement.

Pour éviter encore une énième réforme qui ferait long feu pourrais t’on essayer de créer un consensus. Pour cela je propose tout simplement de s’appuyer sur ce que chacun s’accorde à nommer « les fondamentaux ». Et ici essentiellement en collège ou les enfants n’ont plus en face d’eux un enseignant unique et ou se cristallise le « décrochage scolaire ».

Après que ce travail soit fait dans une salle dite « multimédia » propre au collège ou avec des matériels informatiques personnalisés lors d’un cours dans la salle d’une discipline d’enseignement je laisse le débat ouvert!

Au niveau sixième on pourrait s’appuyer essentiellement sur le « traitement de texte », écriture et lecture, dans lequel seraient abordées les problématiques de simples insertions d’images et de dessins ou de photos. Ensuite on pourrait exploiter l’aide apportée dans un texte plus long par les signets et autres liens hypertextes. Les notions de base de formatage, de mise en page et d’exploitation papier seraient explorées pour la suite du cursus scolaire car reproductibles et utilisées dans de nombreux logiciels.

Au niveau cinquième on pourrait se pencher sur le « tableur », utilisation et conception de base d’un tableau en termes de formatages de cellules, de lignes et autres colonnes, ses quelques formules de bases et découvrir les représentations graphiques à partir des données exploitées. L’utilisation d’un logiciel spécifique à l’appropriation des compétences en géométrie ne serait sans doute pas superflue.

Au niveau quatrième et fort des compétences acquises on pourrait approcher des notions plus avancées de productions d’exposés et autres compte-rendu en utilisant plusieurs outils de mises en forme multimédia exploitables sous formes de projections numériques entres autres au vidéoprojecteur. On pourrait en parallèle et par nécessité introduire des notions de traitement numérique de l’image et conforter ainsi les approches de citoyenneté et de responsabilité liées aux usages que certains pourraient en faire.

En troisième l’utilisation de l’ensemble des compétences acquises sur les trois premiers niveaux du collège s’exprimerait au mieux en abordant la conception et la réalisation de pages html. Il ne s’agirait ici forcément d’aborder massivement l’écriture de programmation car il existe de nombreux produits conçus pour permettre une réalisation facile de tels documents. De cette manière on approcherait les notions de réseaux. On pourrait aussi se consacrer plutôt à la mise en ligne et au transfert FTP des données sur un site dédié.

A ce niveau de ma communication on pourrait penser que je suis un doux rêveur ! C’est ni plus ni moins que ce que j’avais mis en place dans mon collège comme certifié de technologie dans les années 1990-2000 sur les quatre niveaux. Les « nouveaux programmes » de technologie collège au début 2010 m’ont poussé à quitter l’enseignement et cette discipline au sein de l’EN et ce dés le jour de mes soixante ans !

Titmaga
#351, le 24/01/2015 - 16:08

C'est quoi le numérique ?

Tout est numérique aujourd'hui donc oui il faut le proposer à l'école, mais comme support ? comme compétence d'apprentissage ?

Je suis d'accord avec un certain nombre d'entre vous le numérique c'est avant tout un outil pas une fin en soi, on apprend à tenir un crayon, on apprend à taper sur un clavier. On apprend à ranger un classeur, on apprend à enregistrer un dossier ....

Il reste quand même une chose commune entre l'encrier, la plume et la tablette et le clavier, c'est la langue française. Vous pourrez donner tous les outils que vous voulez mais si celui qui fait sa recherche d'emploi ou d'informations pour son exposé ne parvient pas à lire et à comprendre ce qu'il lit, et n'est pas en mesure d'y répondre parce qu'il ne sait pas aligner 2 mots il ne sera pas plus avancé.

Les enseignants ont parfaitement conscience qu'ils doivent proposer à leurs élèves l'acquisition de l'ensemble des outils nécessaires à leur vie futur (utilisation de crayons et de clavier ...) mais aussi de lecture et d'écriture et là on commence à manquer de temps pour ça.

En maternelle ils doivent jouer (nouveaux programmes) avec des tablettes j'imagine, 5 ans plus tard ils doivent être capables d'avoir l'esprit critique, philosophique de mener des débats dans le respect des règles (nos propres hommes politiques ont parfois du mal...) et d'avoir une démarche d'expérimentation. Il faudrait peut-être ralentir un peu et créer de vrais apprentissages progressifs...

Je propose juste une école maternelle qui commencerai à expliquer la discipline nécessaire à un apprentissage et à préparer à l'école élémentaire (motricité fine, vivre ensemble, s'assoir à une table et faire un travail imposé...),

une école élémentaire qui se contenterai d'apprendre à lire, à écrire et à compter mais pour de vrai (un peu d'histoire, de géo et de sciences mais pas de démarche expérimentale ou d'esprit critique..),

un collège qui pourrait proposer d'entrer dans l'apprentissage de connaissances plus précises et riches (c'est tellement plus facile quand on sait lire et écrire)

et un lycée qui permettrai aux jeunes de se préparer et de choisir une formation en vu d'un métier qui serai appris après celui-ci.

Et le numérique là-dedans ni plus ni moins un outils : un crayon, un dictionnaire, un manuel de français, de maths, de technologie, une plate-forme pour échanger et comprendre. A chaque niveau son utilisation, on n'a pas besoin en primaire d'aller sur le web chercher des infos ou d'échanger en messagerie ça peut attendre le collège ...

Yves Log
#286, le 23/01/2015 - 14:04

Le numérique à l'école

L'apprentissage du numérique à l'école doit passer par une application dédiée imposant le statut de l'ordinateur "maître", celui du professeur, et des tablettes "esclaves", celles des élèves...

Toute autre liberté d'action des élèves depuis leurs tablettes doit-être à mon avis proscrite.

A l'image d'un laboratoire de langues, chaque tablette fonctionnant selon le même système d'exploitation imposé par l'école, androïd par exemple, est connectée via son mini-port USB assurant l'alimentation permanente et la connexion directe à l'ordinateur maître.

Cette connexion directe empêcherait, selon le logiciel d'échanges entre professeur et élèves, toute connexion autre, telle que la wifi par exemple...

Ainsi, le professeur pourrait-il contrôler en permanence sur son propre écran la situation de chacun de ses élèves et leur délivrer les accès autorisés afin de progresser dans l'enseignement.

Un simple logiciel peut, toujours à mon avis, résoudre ce principe de connectivité sans passer par de multiples systèmes de connections sans fil et autres possibilités de surfer librement sur la toile durant les heures de cours.

De plus, le fournisseur d'accès délivrant au professeur et par transfert d'autorisations, aux élèves, l'ensemble des informations du web, doit garantir un réseau d'accessibilité 100% anti-virus et sites interdits afin de ne pas nuire aux élèves, ni aux systèmes. Une boucle de sécurité totale.

Enfin, une sauvegarde automatique par élève doit être établie en permanence afin d'assurer une garantie sans faille dans la continuité de l'enseignement, même en cas de défaillance ou perte de la tablette d'un élève. 

Pourquoi un ordinateur "maître" et non pas une tablette "maître ?...

Pour offrir au professeur un écran tactile suffisamment grand afin d'être divisé en deux parties:
- la partie "contrôle" de la classe 
- la partie assurant la distribution de l'enseignement, cette dernière pouvant être simulée par une tablette virtuelle afin de respecter le format utilisé par les élèves.

Un site dédié et fortement protégé, accessible par mot de passe délivré en mode secret et lié à l'adresse de la tablette afin que l'élève ne puisse en prendre connaissance pour le diffuser à ses camarades ou autres, doit permettre à l'élève de réviser ses cours hors de l'établissement.

L'élève ne pouvant accéder à la suite de l'enseignement offert sur le site dédié qu'en fonction de sa progression personnelle mémorisée à l'école.

La formation doit être ludique, impliquant la correction de l’orthographe, et offrant des animations flash interactives, comme celle-ci par exemple prise au hasard du net:

http://site.ac-martinique.fr/spc/wp-content/uploads/file/college/lampes_...

Ou ces genres de gifs pédagogiques:

http://www.e-monsite.com/s/2008/01/17/tperadioactivite-s4/fonctionnement...
ou
http://www.nbpower.com/html/fr/safety_learning/learning/electricity_gene...

permettant à l'élève de lier la théorie aux applications.

Pensez également que toute lecture vidéo pourrait vite devenir une catastrophe cacophonique en autorisant le son sur chaque tablette a moins d'utiliser l'emploi d'écouteurs individuels, sources de pannes et d'isolement de l'élève.

Le but d'une formation "numérique" est l'éveil des ressources de l'individu aux ressources fantastiques de la toile. Ainsi doit-il en comprendre les "mécanismes" afin d'y adapter ses propres capacités.
Nous sommes tous différents face à l'apprentissage des connaissances.
Le cerveau humain est un ordinateur surpuissant, avec sa RAM, sa ROM, son système d'exploitation transmis par l'ADN, mais également transformé par l'entourage, l'éducation, etc...Ses connections plus ou moins complexes sont le QI intervenant en tant qu'accélérateur analytique afin d'accéder à une compréhension en 2 ou 3D selon l'individu, voire 4 ou 5 D selon le degré d'anticipation et de conscience.
Les 4 et 5 D étant des notions de capacités évolutives d'une idée ou d'un produit dans le temps ainsi que son taux d'obsolescence.

L'usage d'une tablette ne doit pas être une surcharge visuelle pour l'enfant.
Une page de lecture doit être allégée, aérienne. Pensez que, lorsque l'enfant lit une revue, une bande dessinée ou un roman, il marque une pause plus ou moins longue à chaque changement de page. Sur une tablette, la transition est quasiment immédiate, et donc source de nuisances pour ce cerveau si fragile, car ouvert à la connaissance ou à la compréhension.
C'est pour cette simple raison que je pense que la lecture "numérique" est "à risques" et ne doit pas rejeter le livre "papier" aux oubliettes.
La lecture doit rester une ouverture vers le rêve et la construction de l'imaginaire et non pas une succession de données indigestes.

Ceci n'étant, bien sûr que mon avis personnel sur cette formidable ouverture que l'éducation pourrait offrir à nos chères petites têtes avides de savoir.

Et pour conclure, j'espère que les tablettes numériques seront...Françaises !...

Yves Log

PC31
#555, le 02/02/2015 - 17:46

Numérique en primaire

Je suis absolument CONTRE le numérique en primaire.

Les élèves doivent apprendre à lire, écrire et compter afin d'avoir des bases un tant soit peu correctes pour le RESTE DE LEUR VIE.

On leur demande une claculette à l'école ! Soyons courageux et osons dire ce que nous pensons.

les élèves que je retrouve au lycée sont incapables de seulement imaginer l'ordre de grandeur du résultat d'un calcul ,même simple.

Ils se jettent SANS REFLECHIR sur la calculette même pour une opération simple (vécu) 50 divisé par 1 !

ou sur leur téléphone car c'est le "truc à out faire" et ne prennent même pas d'autre objet pour aller en cours, les mains dans les poches.

 

Comment faire ? Proposition des parties prenantes

Proposer une solution
Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1081, le 07/03/2015 - 21:25

Mettre à la disposition de chaque enseignant un outil personel gratuit d'auto-édition et d'auto-publication de module de cours en ligne

Gratuit : pour l'enseignant, les familles des élèves, les collectivités locales et l'Etat

Un tel outil est d'ores et déjà disponible pour les 470 000 enseignants de l'éducation nationale : son innovation, frugale, a été élue Trophée Innovation Numérique par une association professionnelle de plus de 4000 responsables informatiques.

Pour assurer le développement de l'outil, l'opportunité d'une création d'une communauté de type open source indépendante de tout intérêt privé est en cours de réflexion.

Nous nous permettons de profiter de cette concertation pour lancer un appel à soutien matériel et immatériel.

Site de la genèse de cet outil
 

Jonathan Tessé
#582, le 03/02/2015 - 17:44

Favoriser la constitution d'un écosystème de Ressources Éducatives Libres.

Les Ressources Éducatives Libres sont des ressources plus ou moins élaborées (de l'image brut au document multimédia en passant par le déroulé de séance ou encore l'outil de création de frise chronologique). Ces ressources sont dites « libres » car elle garantissent à leurs utilisateurs la liberté de les utiliser, étudier, modifier et redistribuer.

L'école produit une quantité considérable de ressources, à tout niveau, de l'enseignant au ministère en passant par les Inspections et les Académies.

Le manque actuel est que ces ressources sont bien souvent sans licence, ce qui veut dire qu'elle ne peuvent pas toujours être utilisée par les enseignants sans autorisation explicite. De plus, la propriété d'une ressource produite par un fonctionnaire dans le cadre de son travail est bien trop complexe. Ces constats expliquent en partie la difficulté à partager les ressources.

Une autre difficulté est celle liée à l'éparpillement des ressources.

Favoriser la constitution d'un écosystème de ressources éducatives libres peut passer par deux axes

  1. Imposer la mise à disposition sous licence libre de toute ressource produite grâce au financement de l'état, c'est à dire :
    • Modifier le droit de propriété des œuvres de l'esprit conçues par les enseignants dans le cadre de leur mission. Ces œuvres devraient être placées sous licence libre. L'enseignant en garde la propriété (le droit d'auteur est inaliénable).
    • Lors du subventionnement de projets d'outils ou de ressources éducatives, imposer aux bénéficiaires de mettre à disposition leurs productions sous licence libre. (manuels, contenus de tablettes, iconographie, etc.)
    • Lors de la création de ressources, les publier sous licence libre (par exemple Les Fondamentaux)
  2. Organiser l'indexation, en s'appuyant sur les normes existantes (scolom-fr). Il sera possible de créer un moteur de recherche capable d'aller chercher sur toutes les ressources éducatives libres connues avec des critères pré-définis.

Les Ressources Educatives Libres encouragent les modifications, combinaisons, réarrangements. Autant d'actions au cœur du métier d'enseignant.

Matthieu Rouyer
#462, le 28/01/2015 - 22:47

La restriction ne servirait à pas grand chose

De nos jours, on trouve en cinq minutes de recherche sur google comment contourner toutes les restrictions possibles et imaginables. Essayer de bloquer des contenus, fermer les systèmes n'aurait alors aucune utilité pour des élèves de collège ou de lycée.
LA SENSIBILISATION ET LA RESPONSABILISATION, voilà les maîtres mots.

SE-Unsa Syndicat des enseignants
#269, le 23/01/2015 - 11:40

Assurer l’accès à Internet dans chaque salle de classe

Faire entrer l’école dans l’ère du numérique c’est d’abord avoir un accès Internet à tout moment dans la classe pour chercher une information, publier un message…

Chaque salle de classe et de cours, dès la petite section, doit avoir une arrivée de connexion Internet et un terminal (ordinateur, tablette…) pour y accéder. 

 

Ceci est une des 10 proposition du SE-Unsa pour une école connectée au XXIème siècle 

Matthieu Rouyer
#52, le 20/01/2015 - 23:23

Numérisation des contenus

Je pense que la numérisation des contenus pédagogiques, tels que les manuels scolaires,  apporterait un réel bénéfice si elle était correctement mise en oeuvre. Les manuels (en version lourde alors qu'ils existent également dans un format plus petit ) ont un poids non négligeable dans les sacs, et en plus de cela, nous ne nous en servons pas à certains cours alors que nous devons toujours les apporter. Tous les manuels dans un support, comme une tablette grand format ou un netbook, permettrait non seulement d'alléger les sacs, mais aussi d'augmenter l'interactivité des livres, leurs versions numériques étant annotables. De plus, la question du renouvellement des manuels serait simplifiée, car il suffit simplement d'acheter (à moindre coût) une nouvelle version à télécharger

SE-Unsa Syndicat des enseignants
#275, le 23/01/2015 - 12:00

Partir des besoins émanant des équipes pédagogiques

Il faut impulser un travail de réflexion dans toutes les équipes et répondre ensuite aux besoins en fonction des projets pédagogiques des équipes ou des enseignants.

 

Ceci est une des 10 proposition du SE-Unsa pour une école connectée au XXIème siècle 

Bernard G.
#32, le 20/01/2015 - 18:28

Il est temps de remettre de l'ordre dans cette grande institution

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Il est temps de remettre de l'ordre dans cette grande institution. Les fonctionnaires de l'Éducation Nationale doivent réapprendre qu'ils appartiennent à un corps d'État et que, dans ce cadre, il sont au service de la France et doivent respecter les décisions de leur hiérarchie. Il n'est plus possible que chaque membre de ce corps d'État impose sa philosophie personnelle en matière d'éducation et de gestion de cette institution.

• Retour aux fondamentaux qui permirent à l'école d'être la meilleure du monde de 1946 à 1970. Si nous voulons sauver notre spécificité, nous nous devons de les restaurer sur l'ensemble du territoire français.

• Il est impératif de rappeler que l'enseignement de l'école n'apporte que l'assise du savoir, la bonne méthode d'apprentissage et la morale régissant la république, quelque soit la matière abordée et les évolutions technologiques. Jusqu'à la terminale incluse, le rôle de l'éducation nationale est de fabriquer des têtes bien faites sans l'assistance d'outils permettant, assurément, de dispenser le cerveau des enfants des efforts mémoriels et intellectuels. Que ces outils soient disponibles à la maison, c'est une chose ! À l'école, ils ne doivent pas sortir du cadre des ateliers d'expérimentations et d'apprentissages ; ils ne peuvent être considérés comme des éléments d'aide à l'instruction pouvant se substituer aux méthodes dites « traditionnelles », ce qui est le cas aujourd'hui, systématiquement.

 Certes, la technologie permet de faciliter le travail des professeurs dans la préparation de leurs cours, la gestion de leurs élèves et, grâce à « l'écran géant» venant en appuis du tableau noir dans les cours, à apporter une sophistication de la visualisation. Mais elle doit se limiter à la seule aide à la compréhension et non s'y substituer ! car, dans ce dernier cas, elle n'apporte que « l'illusion de la compréhension ». Cette suggestion de compréhension ne donne à l'élève que l'impression de la compréhension et n'a jamais permis l'assimilation des méthodes et des exemples. C'est pourquoi l'élève doit continuer à utiliser l'écriture manuelle, le crayon et la craie, le cahier et le tableau noir. Le livre, le travail de la main et du parler restant les éléments essentiels de l’apprentissage et de la mémorisation.

  C'est pourquoi, en classe, la tablette et l'ordinateur ne doivent pas passer du professeur à l'élève ; se substituer à l'ardoise (la vraie) et au livre. Dans le premier cas, l'élève doit assimiler et maitriser l'écriture qui contribue activement à sa structuration mémorielle ; dans le second, il apprend à rechercher manuellement les informations dont il a besoin et structure ainsi son organisation. Tout ce que ne permet pas le substitue informatique !

 Bien sûr, cela n'est que l'un des nombreux aspects de l’apprentissage. Il n'est pas question ici, de rejeter toute technologie ; mais il ne faut pas vouloir substituer la technologie aux méthodes et processus d'apprentissage. Pour avoir souvent écouté les motivations de celles et ceux qui tiennent à tout prix à imposer cette immixtion, il en ressort deux aspects majeurs :

- soit il s'agit d'utiliser les outils informatiques pour concentrer l'attention des élèves par le dérivatif de la fascination technologique, et assurer la tranquillité (presque) des cours ;

- soit nous avons affaire à des professeurs, véritables passionnés d'informatique, qui pensent vraiment apporter un plus par l'immersion de leurs élèves dans un monde technologique apportant l'illusion que le savoir peut être délégué à une machine.

 Dans ces deux cas, la technologie ne doit intervenir que, comme un élément secondant des savoirs correctement acquis et assimilés ; elle apporte ainsi un gain de temps, mais, elle ne doit pas être le catalyseur de la connaissance. Elle ne trouve donc sa véritable utilité qu'après la terminale et dans des écoles ou le fait d'utiliser ces substitues technologiques (ordinateurs) ne remet pas en cause l’apprentissage des fondements des savoirs à acquérir. En règle générale, la maturité intellectuelle des élèves ne permet pas de comprendre que la technologie n'est pas une finalité en soi, qu'elle n'est surtout pas une réponse conciliant la paresse et la nonchalance naturelle des efforts nécessaires de tout apprentissage.

C'est ainsi que pendant toute la période d'apprentissage de la culture générale, les outils technologiques ne sont en réalité qu'amusements et distractions ; les élèves ne les concevant que comme le moyen d'en faire le moins possible. Malheureusement, tous les enfants ne sont pas des génies ; même si c'est le rêve, et parfois l’illusion, des parents.

  Avant la terminale, il n'est donc pas acceptable de considérer que des élèves puissent être « en panne », dès lors qu'ils ne disposent pas de prothèses technolo­giques compensant l'absence des connaissance qu'ils auraient dû acquérir.

  C'est pourquoi il est essentiel d'en revenir aux méthodes éducatives pratiquées de 1946 à 1970, d'interdire l'utilisation des technologies à destination des élèves, jusqu'à la terminale incluse, sauf dans des ateliers éducatifs de découverte1.

• Redonner au personnel enseignant les moyens de leur autorité par la responsabilisation effective des parents2 et, avec parcimonie, autoriser le retour de la sanction corporelle modérée qui ne doit pas être utilisée comme élément de « torture » corporelle3.

• Quelles que soient les classes, remettre au goût du jour les bons et mauvais points impactant la moyenne générale du carnet de notes. Ils représentent un élément majeur pour éduquer l'élève et parfaire sa conduite en société. La mise en œuvre des sanctions sera conduite par des surveillants dont la profession sera revalorisée. Les sanctions doivent être totalement assumées par les responsables des écoles dans leur organisation, leur planification et leur maintien.

• Réoganiser la planification nationale des cours aux horaires suivants :

‣ Lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h30 à 12h00 et de 14h00 à 17h00.
de 17h30 à 18h30, étude obligatoire ;

‣ Mercredi et samedi de 8h30 à 12h30 ;

‣ Mercredi après midi, sport obligatoire de 14h00 à 18h30.

1Un exemple banal : regardez les enfant qui écrivent (lorsqu'ils savent écrire). Comment tiennent-ils leur stylo ? Une vraie catastrophe dont la variété des contorsions les plus diverses vont jusqu'à imposer au bras et au corps des positions les plus curieuses. Le porte-plume avec la sergent major a au-moins une qualité, celle d'imposer la bonne tenue du corps et de la main pour écrire proprement et correctement... et tout va ainsi de guingois, surtout en matière d’apprentissage de la lecture. Comment voulez-vous que plus tard, pour les études et la vie professionnelle, ces enfants ne rencontrent pas de difficultés ?

Autre exemple : suppression des calculettes et restauration du calcul mental, de l'apprentissage des tables de multiplications, de divisions, de soustractions et d'additions. Vous rendez-vous compte que des enfants ne sont même plus capable de calculer de tête « 15+5-20 » ?

2 L'idée de la sanction par les allocation familiales n'est pas mauvaise, en soi...

Corbeille

Les messages se trouvant dans la corbeille sont des arguments ou des propositions signalés abusifs par les utilisateurs ou le Ministère de l'éducation nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche. Les contenus signalés sont examinés par le MENESR afin de déterminer s'ils enfreignent le règlement. En cas de non-respect de la charte, les comptes concernés sont pénalisés et des infractions graves ou répétées peuvent entraîner leur fermeture.

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