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mar, 10/03/2015 - 00:00 La synthèse est en cours de rédaction.

De quoi parle-t-on ?

Direction du numérique pour l’éducation
le 20/01/2015 - 00:00

Le numérique et les compétences de demain

Les technologies numériques font pleinement partie de la vie quotidienne des jeunes qui les utilisent chaque jour pour leurs études ou pour leurs loisirs. Ils en auront besoin demain pour vivre et travailler dans une société profondément transformée par les usages du numérique, de l’internet et des réseaux sociaux, et dont la plupart des métiers, à l’horizon de 2050, n’existent pas encore aujourd’hui. La très grande majorité d’entre eux, 70 à 75% selon l’European Schoolnet, croit que l’utilisation de ces technologies leur fournira les compétences nécessaires pour leur vie professionnelle future.

C’est une nouvelle responsabilité pour l’École : faire acquérir aux élèves les savoirs et les compétences qui leur permettront de vivre demain en citoyens libres et responsables, autonomes et créatifs, capables de collaborer, de participer et d’échanger, ayant acquis une maîtrise suffisante des nouveaux langages et modes d’expression et de production induits par les outils numériques.

La question qui se pose est donc de savoir quelles sont ces compétences nouvelles auxquelles l’École doit préparer les élèves ?

Quels défis ? Les enjeux

Proposer un défi
Conseil national du numérique - Rapport Jules Ferry 3.0
#1129, le 09/03/2015 - 17:58

Informatique, littératie, humanités numériques

Synthèse des recommandations du CNNum dans son rapport "Jules Ferry 3.0, Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique"

1. Enseigner l’informatique
Il est question d’enseigner la pensée informatique pour mieux comprendre le monde numérique qui nous entoure et être pleinement un citoyen actif dans la société ; mais aussi de profiter de l’enseignement de l’informatique pour introduire de nouveaux modes d’apprentissage à travers des expériences, en mode projet, par essai-erreur. La condition est la formation d’un corps d’enseignants en informatique par la création d’un Capes et d’une Agrégation d’informatique.
2. Installer à l’école la littératie de l’âge numérique
La littératie c’est non seulement des savoirs, des compétences mais aussi des méthodes qui font qu’un individu peut être acteur de sa vie dans une société numérique. Ancrer l'école dans cette dynamique, c'est inviter les élèves à participer à une culture et à une économie, fondée sur l’échange des savoirs, la coopération, la création.
3. Oser le bac HN Humanités numériques
Un bac qui reflète l’aventure de la jeunesse, avec la création numérique, le design mais aussi la découverte des big data, de la datavisualisation, des métiers informatiques et créatifs. Les lycées pourraient expérimenter très vite ce bac qui revitaliserait les études secondaires.

Le détail des recommandations dans le rapport complet : http://www.cnnumerique.fr/education-2/

AFDEL
#1126, le 09/03/2015 - 17:33

RENFORCER L’ENSEIGNEMENT DU NUMÉRIQUE POUR DONNER AUX JEUNES FRANÇAIS LES CLÉS POUR COMPRENDRE ET MAÎTRISER L’ENVIRONNEMENT NUMÉRIQUE

Chaque citoyen doit être doté d’un véritable socle de connaissances et compétences numériques, pour devenir un acteur créatif et responsable d’Internet et du numérique. Pour cette raison, l’AFDEL s’est engagée dans le cadre du collectif mené par la CNIL pour faire de l’éducation au numérique une grande cause nationale. L’Education nationale doit naturellement être un acteur de premier plan de cette dynamique de renforcement de l’éducation au numérique.  

En particulier, et au-delà de l’initiation au code développée ci-dessous, l’éducation au numérique doit être axée sur la compréhension par les élèves de leur environnement numérique, notamment la maîtrise de leurs données personnelles. Elle seule permettra aux citoyens d’être pleinement acteurs de leur expérience numérique. Cette éducation doit donc poursuivre plusieurs objectifs, notamment :

  • Sensibiliser aux enjeux d’une exposition non maîtrisée du « soi » sur le web, en particulier sur les réseaux sociaux et autres outils d’expression (blogs…)
  • Permettre à chacun de développer des stratégies de maîtrise de leur identité sur Internet et d’utiliser à leur bénéfice toutes les potentialités offertes par les services numériques.  
  • Donner aux élèves la connaissance des modèles de l’économie numérique.

A partir du secondaire, ces enseignements à l’environnement numérique et à la création numérique devraient être davantage intégrés à l’évaluation des compétences et connaissances générales, en matière de contrôle continu et de contrôle final, comme pouvant compter en tant que matière propre aux examens tels que le bac.

AFDEL
#1125, le 09/03/2015 - 17:32

DEVELOPPER L’INITIATION AU CODE DES L’ECOLE PRIMAIRE

L’AFDEL est prête à s’engager et à mobiliser l’écosystème en faveur de l’initiation au code et à la programmation informatique à l’école primaire. Il s’agit désormais de passer d’actions ponctuelles de terrain, émanant principalement d’acteurs privés, à un plan d’action plus global qui permette de passer à l’échelle en matière d’éducation au numérique. Pour cela, l’AFDEL appelle à ce qu’un signal politique fort soit donné en faveur de l’initiation au code à l’école primaire. Les objectifs poursuivis sont multiples : sensibiliser les élèves à une démarche de création numérique (au-delà du rôle de consommateur de technologies numériques), faire progresser la compréhension et la maîtrise de l’environnement numérique en dotant les élèves d’une culture générale du numérique, susciter le goût du numérique voire, chez certains, une vocation dans le secteur numérique. Au niveau international, de nombreux Etats se sont engagés résolument en ce sens. Barack Obama a apporté son soutien public, début 2013, au programme « One Hour of Code », qui aurait touché à ce jour plus de 100 millions de personnes à travers le monde.

Le lancement en France d’un appel à projet du programme des investissements d’avenir (action « culture de l’innovation et de l’entrepreneuriat ») visant à susciter des propositions pour développer à l’échelle nationale l’approche de la maîtrise du codage informatique et des productions numériques chez les jeunes, en particulier ceux du premier et second degré, va dans le bon sens. Mais il faut accélérer le rythme, si nous souhaitons rester dans la compétition internationale. Cela relève d’une responsabilité partagée entre les entreprises, la société civile et les pouvoirs publics ; l’AFDEL est ainsi prête à contribuer activement au développement de l’initiation au code dès l’école primaire. Elle soutient à ce titre  activement le projet MAAiSoN (Maîtriser et accompagner l’apprentissage de l’informatique pour notre société numérique), piloté par la Société informatique de France et l’INRIA. Il s’agit de construire un MOOC, accessible à tous, qui permettrait de développer à l’échelle nationale l’initiation au code et à la programmation informatique. 

Michel BILOT
#877, le 16/02/2015 - 10:27

le numérique est d'abord un outil, et un outil efficace... à condition d'être en état de marche.

Animateur TICE en circonscription 1er degré et formateur TICE au CRDP ensuite, donc en contact avec les écoles, les collèges et lycées dans leur fonctionnement quotidien, j'ai pu constater un aspect des choses qui est trop souvent mis de côté, parce que dérangeant. Mon caractère très pragmatique me ramène souvent à cette question basique :

Comment pourra-t-on demander aux enseignants et aux élèves d' utiliser l'outil informatique au service des apprentissages si cet outil n'est pas fiable ?

Il faut d'abord que le matériel soit opérationnel et ce de façon pérenne. Il m'est souvent arrivé de vouloir montrer à des équipes combien l'utilisation d'un vidéo-projecteur, d'un réseau interne, d'un ENT... pouvait rendre leurs pratiques vivantes et attractives, et constaté que ça ne marchait même pas pour ma démonstration, parce que des câbles étent débranchés, que la connexion internet était déficiente, que le copain du beau-frère de la technicienne de surface avait reconfiguré et planté le réseau pendant le week-end...

Bref, à mon avis, le premier défi à relever au moment d'équiper une école ou un établissement est de prévoir et d'assurer  la maintenance martérielle et logicielle au quotidien et dans la durée. Trop souvent dans les écoles cela repose sur le bénévolat d'un enseignant un peu technophile, voire d'un parent délève. Dans les collèges et les lycées c'est un prof parfois très compétent, mais pas forcément, et de toute façon toujours autodidacte, qui se voit chargé de tout et de n'importe quoi : gérer le réseau pédagogique, voire administratif, les connexions, l'ENT, les choix d'équipement, les achats (les chèques ressources du plan numérique par exemple)... j'ai même vu des contractuels se charger de cette maintenance, et disparaître du jour au lendemain sans aucune passation de consignes.

Voilà pour ma contribution. J'aurais bien d'autres remarques dans les autres domaines, mais s'il ne doit y en avoir qu'une, c'est celle-ci.

Association Pagestec
#692, le 07/02/2015 - 09:49

Pour la création d'un enseignement réel et cohérent de l'informatique et du numérique au collège

L'association Pagestec, association de professeurs de Technologie, a mené une enquête de grande ampleur (près de 1300 réponses) en janvier  2013 sur "l'enseignement de l'informatique et la Technologie" au collège.

Bien plus qu'un simple état des lieux sur l'apprentissage de l'informatique sur essentiellement les cycles 3 et 4, l'association Pagestec a souhaité à travers le rapport rédigé à l'issue de cette enquête, définir des pistes pour la création d'un enseignement réel et cohérent de l'informatique et du numérique au collège (rapport disponible sur le site de l'association), en adéquation avec le développement de l'option ISN proposée au lycée.

En conclusion de ce rapport se trouvent nos convictions :

  • les professeurs de Technologie sont à 71 % favorables à la réintroduction d'un enseignement de l'informatique dans leurs cours, à 80 % suivant les derniers chiffres de juin 2013 de l'enquête de Pagestec1 sur les nouveaux programmes attendus en 2015. Le succès d'un enseignement étant principalement lié à l'adhésion des enseignants aux contenus et finalités de son programme, nul doute donc que les collègues s'investiront et participeront à la réussite de cet enseignement d'informatique au collège.
  • Nous sommes assurément ceux qui globalement ont le plus de compétences et de connaissances dans ce domaine par rapport aux collègues des autres disciplines. Acquises certes principalement en autoformation, ces dernières n'en sont pas moins pédagogiquement adaptées au niveau souhaité pour nos élèves et révèlent un sens plus pratique et critique aux apprentissages et notions abordés.
  • Notre discipline est la seule à pouvoir se prévaloir d'une expérience de plus de quinze ans dans l'enseignement des TIC au collège. Nous ne parlons pas ici d'expérimentations sur l'utilisation pédagogique des TIC en classe, mais bien d'un enseignement avec des capacités et des connaissances définies et attendues dans nos programmes. Cette expérience sur les contenus et méthodes pédagogiques, sur l'utilisation et la maîtrise des outils numériques est nécessaire pour apporter un enseignement de qualité.
  • Nous possédons des salles déjà bien équipées, avec à 62 % de 10 à 15 ordinateurs et à 72 % avec des vidéoprojecteurs. Nous disposons aussi du matériel numérique nécessaire pour enseigner et promouvoir son utilisation dans les procédés industriels.
  • Dans le contexte budgétaire actuel, il convient de trouver la solution la plus pragmatique pour mettre en place un enseignement d'informatique de qualité au collège, et ce sans plus attendre. Créer un corps d'enseignants spécialisés à partir de formations initiales ou continuées doit être évidemment développé, mais uniquement pour subvenir aux besoins de la généralisation d'un enseignement de sciences de l'informatique au lycée et en CPGE. S'il nous fallait attendre que soit en partie pourvu les postes dans le cadre d'un enseignement généralisé de la 6° à la terminale, cela reporterait sa mise en place à long terme, sans aucune assurance de sa véritable création.
  • Suivant les futures décisions de notre Ministère concernant une possible généralisation d'un enseignement d'ISN au lycée d'ici quelques années, et en adéquation avec les prérequis qui seront dans ce cadre attendus en seconde, les concepts d'algorithme et de programmation informatique devront être développés à travers nos enseignements de Technologie.

Ainsi que nos propositions :

  • Réintroduire dans les cours de Technologie un réel enseignement de l'utilisation des outils informatiques sur la base des contenus qui étaient incorporés dans nos programmes de 1996 à 2006. Ceux-ci doivent bien sûr être revus en adéquation avec les avancées technologiques dans le domaine du numérique (tablette, smartphone, Cloud, ENT, etc.), les nouveaux modes d'utilisation (OS par applications type Androïd, wifi, etc.) et le développement du numérique dans les procédés industriels (CFAO, imprimante 3D, etc.).
  • Intégrer à nos programmes une initiation aux concepts inhérents à la programmation informatique.
  • Définir un plan national contraignant pour les collectivités locales, définissant et assurant un taux d'équipement informatique minimal dans les collèges, sa maintenance ainsi que son renouvellement ;
  • Définir des directives claires concernant l'équipement informatique minimal attendu dans une salle de Technologie et la réintroduction d'un apprentissage en groupes à effectifs réduits sur chaque niveau dans nos enseignements. Seule cette condition pourra assurer aux élèves des temps où ils pourront seuls se former à l'utilisation de ces outils numériques et apprendre réellement à maîtriser les logiciels.
  • Mettre en place une formation de présentation des finalités et des contenus de ce nouvel enseignement d'informatique au niveau national pour les professeurs de Technologie. Dans le cas où les concepts d'algorithme et de langage de programmation y seraient développés, une formation bien plus conséquente est à prévoir, en plus des formations spécifiques disponibles au PAF.
  • Donner la possibilité aux professeurs de Technologie de suivre la formation qualifiante proposée pour l'enseignement de l'option ISN en lycée. N'ayant toujours aucune solution d'évolution de carrière dans le cadre du système actuel, cette opportunité permettrait déjà, pour ceux qui le souhaiteraient, de pouvoir enseigner cette nouvelle discipline au lycée.
  • Continuer à promouvoir la formation aux usages des TIC dans les autres disciplines, afin de compléter, consolider les enseignements dispensés en cours de Technologie.

1Résultats consultation programmes : 7 Quels contenus pour de futurs programmes ? : http://www.pagestec.org/web2001/article.php?sid=1391

Direction du numérique pour l’éducation  Compte vérifié
#3, le 17/01/2015 - 10:16

Des compétences d’éducation aux médias et au numérique sont nécessaires pour le citoyen de demain

Depuis une dizaine d’années, les médias numériques et notamment l’internet et les réseaux sociaux offrent aux jeunes de nombreuses possibilités d’expression, de collaboration, d’accès à la culture et aux loisirs. Ils font désormais partie de leur quotidien, les accompagne presque à chaque moment de la journée et en tous lieux, pour s’informer, commander en ligne, regarder des films, faire du sport, étudier, communiquer. Ils peuvent être à la fois un vecteur d’apprentissages et l’un des principaux relais de leur socialisation. Dans un tel contexte, voici des compétences qu’il nous semble nécessaire de posséder pour vivre en citoyen libre, autonome et responsable :

  • L’esprit critique qui permet de prendre du recul et d’évaluer l’information.
  • La capacité à gérer et à traiter un flux permanent et complexe d’informations:

 - développer des stratégies de recherche,

- évaluer la pertinence de l’information pour la sélectionner,

- traiter, organiser et mettre en relation les informations pour construire soi-même des hypothèses et les transformer en connaissances.

  • La capacité à produire et à publier soi-même des contenus sur la toile, c’est-à-dire  notamment à créer, échanger, participer, « designer », collaborer à la construction des savoirs.
  • La connaissance des droits et des devoirs attachés à la prise de parole et à la publication de contenus sur les réseaux, dans le respect d’autrui et de la diversité des opinions.
  • La capacité à gérer son identité pour se protéger de toutes formes de manipulations idéologiques ou commerciales.
  • La compréhension des processus par lesquels se structure l’information, des langages et des codes qui la sous-tendent, des algorithmes qui la traitent.

Emmanuel
#20, le 20/01/2015 - 15:04

L'open source comme un grand défi à relever

L'appropriation des outils numeriques ne pourra avoir lieu que si nous savons comment ils fonctionnent. L'outil numérique n'est pas magique et comprendre son fonctionnement passe aussi par la nécessité de pouvoir le modifier et l'adpater à notre besoin.

L'open source offre un formidable terrain d'apprentissage et de liberation de l'utilisateur

Benjamin Bourdil
#164, le 21/01/2015 - 20:37

Commençons par changer le statut des AED TICE

Actuellement les seules personnes compétentes qui developpent et mettent en place des outils et un réseau fonctionnel au sein d'un établissement sont les AED TICE. Ils ont une grande responsabilité dans le fonctionnement entier du système d'information d'un lycée. Malheureusement ce statut précaire limité à 6 ans ne permet pas d'élaborer des projets à long terme. Malgré une formation "officielle" inexistante, nous continuons à nous autoformer afin de répondre à toutes les demandes et faire profiter à la communauté pédagogique des dernières technologies.

  A quand un vrai statut d'informaticien en CDI  ? Les compétences sont là mais la volonté n'y est pas.

 

mbens
#442, le 28/01/2015 - 13:38

Maîtriser ou subir le monde numérique

  

Le numérique est là, omniprésent dans nos vie personnelle et professionnelle. De mon point de vue, en tant que professeur, il est impossible d'ignorer leur existence dans nos pratiques. Pour autant, pour moi, le numérique est un outil comme un autre et non une finalité. Il est primordial de mettre en oeuvre des activités pédagogiques qui rendent les élèves maîtres de cet environnement numérique et non esclaves de celui-ci. Je veux parler de maîtrise intellectuelle et non de maîtrise technique.

En tant que professeur-documentaliste, j'utilise quotidiennement ces outils dans mes pratiques pédagogiques et j'observe aussi quotidiennement les élèves dans leurs pratiques "autonomes".

  • Les compétences que je privilégie lors séances pédagogiques sont :

- Lire, comprendre, restituer de manière personnelle une information. On peut utiliser l'outil numérique ou pas... mais ce sont des activités où il faut se concentrer, réfléchir, organiser sa pensée et, parfois, être créatif.

- Sélectionner des documents ou des informations, identifier leurs sources, exercer son esprit critique et confronter ses idées à celles des autres. On peut encore utiliser l'outil numérique ou pas... mais ce sont à nouveau des activités qui nécessitent de se concentrer, de réfléchir et de faire preuve de curiosité intellectuelle.

Le plus souvent, j'utilise le numérique, mais les compétences mises oeuvres privilégient la réflexion, la compréhension et la prise de distance. L'apprentissage de ces compétences nécessitent également du temps, beaucoup de temps. Or aucun cadre horaire obligatoire n'est prévu. Les professeurs-documentalistes sont totalement dépendants du bon-vouloir de leurs collègues et des situations locales plus ou moins favorables.

  • Les pratiques "autonomes" des élèves (dans le cadre autorisé au CDI) sont quasiment toujours :

- Jouer à des jeux qui nécessitent de réagir à un stimulus en cliquant (jeux de défi mathématique, par exemple)

- Copier-coller sans lire, sans comprendre et sans aucun recul critique un document pour répondre très vite à une commande scolaire. Les enseignants de disciplines sont souvent peu exigeants et peu sensibilisés à la notion de sources (identification et fiabilité) et de plagiat (copier-coller).

- Errer de sites en sites sur le portail du CDI sans jamais approfondir un sujet en particulier.

- Regarder des vidéos (Winz et Lou, Brain Pop, ...)

  • Les pratiques "autonomes" des élèves interdites au CDI que je peux observer sont :

- Jouer à des jeux violents (jeux de guerre) ou très stéréotypés (jeux de filles) très souvent en réseau. Ces jeux privilégient la réaction à des stimulus (attitude réflexe du cerveau).

- Chercher des "informations" sur les people (buzz, rumeurs) ou sur les objets de consommation convoités par les jeunes.

- Communiquer entre eux (dans une moindre mesure). Leur vie sociale réelle et virtuelle se mêlent au collège.

Les pratiques "autonomes" des élèves sont centrées sur des activités passives ou qui privilégient l'attention réflexe. D'où ma très grande réticence à l'ouverture d'espace numérique autonome non encadré. L'école n'est pas là pour encore et encore renforcer une certaine dépendance des jeunes aux écrans, mais pour les ouvrir au monde par d'autres pratiques.

Mes observations quotidiennes me montrent les difficultés d'un nombre important d'élèves à avoir une attention longue sur un sujet, en situation d'enseignement ou dans leur pratique autonome, et à prendre la distance critique nécessaire par rapport au flot d'informations qu'il subissent. De mon point de vue, c'est donc dans ces domaines-là que doivent se concentrer nos efforts de pédagogues. Je me méfie énormément d'une approche essentiellement techniciste du numérique à l'école. Elle apporte une réponse extrêmement réductrice aux enjeux de l'école pour donner aux élèves la maîtrise intellectuelle du monde numérique. J'ai appris à exercer mon esprit critique à l'école sans le numérique et cela m'a donné de solides outils intellectuels pour appréhender ce nouvel environnement. Les élèves d'aujourd'hui doivent avant tout apprendre à exercer leur esprit critique et développer leur capacité d'analyse avec ET sans le numérique pour ne pas en devenir esclaves.

Esprit d'analyse et de critique, capacité d'invention et de créativité, capacité de confronter ses idées à celles des autres sont absolument essentiels et sont déjà dans les programmes et les référentiels de l'Education Nationale. Mais quand et par qui cet enseignement est-il réellement fait ? Certains enseignants ont bien sûr à coeur de le faire. Malheureusement encore trop souvent, soit on continue de remplir des cerveaux, comme on remplirait des verres ; soit l'enseignement avec le numérique se limite à une approche technique ou pseudo-ludique vaine. On passe à côté des véritables enjeux.

Beaucoup de professeurs-documentalistes sont compétents et désireux de mettre en oeuvre une pédagogie autour de ces compétences en y intégrant le numérique, mais ont les plus grandes difficultés à le faire faute de cadre institutionnel suffisamment précis et contraignant.

NOUS SOMMES PRÊTS A LE FAIRE. DONNEZ-EN NOUS LES MOYENS  !

 

gtouze
#15, le 19/01/2015 - 16:21

Changer l'évaluation pour permettre le travail collectif

Dans un monde où l'échange est de rigueur, l'évaluation doit cesser de promouvoir la compétition. Le numérique fournit les outils pour une évaluation qualitative et valorisant le travail de chacun ( via les portfolio par exemple ), or il s'est plutôt mis au service d'une évaluation quantitative en facilitant les calculs de moyenne. Un changement d'image à opérer, donc.

 

Ghislain Messe
#92, le 21/01/2015 - 10:15

Pourquoi l'adoption du numérique traîne ?

Quand on commence à parler de numérique, on évoque le manque de matériel et le manque de formation. En fait, le plus gros frein à l'adoption du numérique est notre manque de considération. Quand un partisan du numérique s'exprime et essaie d'impulser son usage, il dira : "il faut enseigner le numérique à l'école, montrer les dangers d'Internet, les dangers des réseaux sociaux, le respect des droits d'auteurs, le respect des autres en utilisant la messagerie, enseigner la capacité à distinguer les vraies informations des fausses, etc." C'est comme si on disait : "il faut enseigner le Français à l'école, montrer les dangers de l'expression sexiste, qui dévalorise les femmes, parler du harcèlement moral causé par des propos manipulateurs, de mettre en garde contre des écrits négationnistes, de mettre en évidence les dégâts causés par l'expression écrite de certains philosophes, etc." Aurait-on envie d'apprendre à parler et à écrire si l'on ne regardait que les propos négatifs, voire méchants, qu'on peut tenir quand on maîtrise une langue ? Alors pourquoi, systématiquement, le faisons-nous avec le numérique ? Plus on utilisera naturellement le numérique pour communiquer et pour produire, plus on saura vanter ses atouts, on n'en parlera pas de façon négative mais on apprendra aux autres à l'utiliser, tout simplement, au service d'actions du quotidien : parler, écrire, écouter, lire, calculer, rechercher, etc. Le numérique est partout, il est dans nos poches avec les smartphones, il est dans nos sacs avec les tablettes, nous ne manquons pas de matériel, nous en avons déjà trop, nous avons juste besoin de l'utiliser et de donner envie aux autres.

Martin Passard
#484, le 29/01/2015 - 22:14

L'informatique à l'école, oui, mais dans de bonnes conditions

En tant qu'élève en première Science de l'Ingénieur, passionné d'informatique, je souhaiterai vous faire part d'une réalité du terrain qui semble ignorée par le ministère.

En effet, que ce soit dans mon collège, ou au niveau du lycée nous disposons d'équipements de plus en plus nombreux et diversifiés. Cependant, Une certaine incapacité à rendre ces équipements à la fois fonctionnels semble impossible puisque l'Education Nationnale, ne fait qu'acheter des équipements, sans se soucier de la suite, c'est à dire de maintenir ceux ci en l'état et fonctionnels.

Pour cela, il faudrai, non pas doter de nombreux équipements inutiles ( je prendrai pour exemple mon Lycee qui a récement recu des tablettes, dont il est incapable de mettre en fonctionnement pour cause des infrastructures nécessaires non mises en place préalablement, mais plutot, embaucher des personnes compétentes en informatique, qui, pour le moment, sont très rares. En effet, à mon collège, je fus obligé, avec l'accord de la documentaliste de m'occuper de la réparation, car il n'y avait plus de responsable depuis 4 années, et les rares qui sont venus, n'y sont pas réstés plus de quelques mois, car ils trouvent toujours mieux, pour leur niveau de compétence et de formation que l'éducation nationnale qui ne leur donne que de piètres moyens. Au final, ce sont donc plus que les incompétants qui se retrouvent a s'occuper des parcs informatiques, ou des sociétés privées, qui, dans la plupart des cas, sont, à la fois fort onéreuses, se contentent simplement de coller des étiquettes de garanties sur le parc informatique et de remplacer les équipements defectueux, sans jamais être présent sur place, et donc assurer une maintenance nécessaire.
 En ce qui concerne ceux déja présents, une grande parties, ne sont même pas capables de régler de mainces problèmes, allant jusqu'à mettre en péril l'infrastructure informatique. (par exemple, il y a des ordinateurs dans mon Lycée, qui tournent avec des virus dessus depuis quelques années).

Ces personnes, chargées de l'informatiques devraient être des personnes à plein temps, s'occupant d'un ou deux, maximum trois établissements du secondaire, et non des professeurs déchargés sur 4H durant lesquelles, ils ne peuvent assumer la maintenance necessaire à la conservetion d'un parc informatique correct.

En ce qui concerne l'usage des tablettes, je voudrai que l'éducation nationnale n'achète plus d'apareils provenant d'Apple, ou d'autres fabriquants utilisant les mêmes métodes peu scrupuleuses:

     - L'exploitation de travailleurs sous payés, généralement dans des pays en cours de développement ("Esclavage moderne")

     - L'Exportation de leurs bénéfices vers les paradis ficaux ("Défiscalisation")

     - Les marges anormales (près de 5 à 6 X le prix de fabrication ches le géant à la pomme) entrainant des couts importants intollérables.

Je dommande, en ce point, au ministère, si il veux équiper les écoles de parcs informatiques, de faire un concours aux différents fabriquants, travaillant dans un principe de développement durable, de proposer une variante, sur-mesure d'un de leur produit.

 

En ce qui concerne la programation à l'école, et notement au lycée, effectuée sur les calculatrices ne sont pas utiles selon moi pour les élèves. En effet, le langage de programmation apris ne pouras jamais être réutilisé dans leurs études supérieures. Il ne sert qu'à programmer la calculatrice. Il faudrait plutôt profiter de l'introduction du numérique à l'école pour apprendre des langages utilisés courement comme le HTML, le Python pour les mathématiques, ou encore le C.

 

En conclusion, mettre de plus en plus de numérique à l'école, sans créer de suivi est inutile. Il faudrai plutöt embaucher avec de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail des responsables informatiques compétants, sortants, par exemple, d'un BTS SIO, ou encore mieux, d'un DUT ou d'un Master.

 

En attendant beucoups d'argent est gaspillé, de temps perdu.

 

 

Michel Guillou
#30, le 20/01/2015 - 16:53

Faire porter son effort sur la formation du citoyen

En effet, qui peut savoir quelles seront demain les compétences attendues par le monde du travail ? Il n'y a pas un prospectiviste sérieux qui s'y risque. La seule certitude, celle pour laquelle il semble y avoir consensus, c'est le développement du « travailler ensemble », par la coopération, la collaboration, l'intelligence collective, l'engagement. La plupart des professions traditionnelles autraont disparu ou se seront tellement transformées que tous les référentiels seront à reconstruire, à commencer par ceux des professeurs.

Il convient donc, à mon avis, de ne pas s'acharner à la formation professionnelle, notamment par la fourniture de matériels -- je pense en particulier aux matériels industriels -- onéreux et finalement inutiles parce que déjà obsolètes. Comme il convient donc de ne pas s'acharner à apporter des connaissances mais de contribuer, grâce à celles que l'élève acquiert partout, à la construction de solides savoirs.

Parmi ces derniers, les plus constants, quelle que soit l'évolution de la société, sont ceux qui contribuent à la formation d'un jeune citoyen, en prise avec son temps, autonome, responsable, éclairé, émancipé, capable d'initiative et de travail avec les autres, porteur d'un sens critique affuté, pour décrypter l’information et aux médias, capable enfin de construire des règles de vie et des conventions communes.

Se reporter à http://www.culture-numerique.fr/?p=1372

Olivier Duprez
#600, le 04/02/2015 - 02:31

Faire contribuer un élève sur Wikipédia

La majorité du corps enseignant a dépassé le stade du rejet et diabolisation de Wikipédia, mais l'attitude la plus fréquente reste de se contenter de dire à l'élève de s'en méfier ainsi que de tout ce qui se trouve sur internet. Les conséquences sont désastreuses pour toute une génération qui n'a confiance en rien, végète dans une propension aux théories complotistes, et refuse toutes formes de débats argumentés citant Wikipédia ou même la presse en-ligne.

Je suggère d'organiser dans plusieurs matières* un exercice où l'élève doit créer et rédiger un article - de qualité - sur Wikipédia, c'est à dire ayant été vérifié par la communauté et conforme au style de rédaction de l'encyclopédie.

(*) au minimum en français, histoire-géographie, et une matière scientifique.

Cet exercice amènerait l'élève à constater qu'il doit accompagner les faits évoqués d'une citation, donner des liens vers des sources diversifiées, exposer tous les points de vue ou exposer des faits avec neutralité, et comprendre l'intérêt de respecter une forme littéraire de rédaction.

De jeunes élèves seraient surement très fiers d'être le premier contributeur d'un article Wikipédia, la communauté ne pourrait que apprécier, et les enseignants seraient dans une nouvelle forme de transmission des savoirs où l'enjeu de l'éducation n'est plus de décider quel contenu on doit transmettre aux élèves mais d’inculquer les processus d'acquisition, analyse, et transmission des connaissances.

On serait tenté de proposer l'exercice avec un autre outil, il existe des initiatives d'un Wikipédia par et pour les enfants, mais tous les enfants aujourd'hui sont confrontés à Wikipédia bien avant qu'un enseignant évoque le sujet.

G. S.
#336, le 24/01/2015 - 11:28

Quelques idées et solutions

Tout d’abord, il convient de rappeler l’objectif de l’École. Il ne s’agit pas de former des consommateurs, ni des techniciens, mais des citoyens responsables. Je m’exprime en tant que passionné de technologie et élève-ingénieur.

 

Ceci étant dit, voici quelques pistes de réflexion et solutions, le tout restant bien sûr discutable.

 

  • À propos de l’usage de l’informatique et des NTIC : je pense qu’il faut poursuivre les efforts déjà engagés depuis de nombreuses années afin que chaque élève soit capable d’utiliser les outils simples et indispensables que sont les logiciels de traitement de texte, les tableurs, mais aussi de rechercher des informations sur Internet, écrire un courriel, etc. Ces savoirs-faires sont indispensables dans le monde professionnel, mais aussi dans la vie quotidienne. Bien entendu, il faut que les élèves soient conscients des limites des outils qu’ils emploient.
  • À propos d’Internet en particulier : les enfants y accèdent de plus en plus jeunes, mais peu sont vraiment encadrés. Aussi, je pense qu’il est nécessaire, dès l’école primaire, d’aborder les questions de vie privée, respect des droits d’auteurs, propriété de l’information (qui possède vraiment la photo de vacances que je publie sur mon réseau social préféré ?), sécurité et monétisation des informations. Il ne s’agit bien sûr pas d’instiller la peur parmi les élèves, mais bien de leur faire prendre conscience qu’ils évoluent dans un espace ouvert comportant des risques et des règles.
  • À propos des logiciels et matériels à utiliser : il est clair que les logiciels libres sont les plus compatibles avec les valeurs véhiculées par l’École : liberté, entraide, partage, respect. Ils sont parfaitement adaptés à la pédagogie et leur comportement est transparent. De plus, ils sont dans l’immense majorité des cas gratuits – donc utilisables par les élèves chez eux – et leur communauté d’utilisateurs et de développeurs assure un soutien pour tous. Concernant les matériels, je pense qu’il ne faut pas céder à l’effet de mode. Si les tablettes paraissent incontournables et intuitives, surtout pour les plus jeunes, il faut se rappeler que ce sont des moyens de consommation de contenu, et non de création – essayez de rédiger un texte correct sur tablette plutôt que sur ordinateur – qui sont verrouillés par leur fabricant, et conçus de telle sorte que l’utilisateur ait à sortir le portefeuille le plus souvent possible. Un tel environnement ne me semble pas acceptable à l’école de la République. Un bon vieil ordinateur de bureau, fonctionnant avec des logiciels libres si possible, reste pour moi le meilleur moyen d’apprendre à se servir des nouvelles technologies. En plus, il est bien moins sensible à l’obsolescence que les nouveaux gadgets, et facilement réparable.
  • À propos de l’égalité d’accès et de l’utilisation de matériels personnels en classe : si dans le supérieur, et même au lycée, il est utile de faciliter la tâche aux élèves apportant leur propre ordinateur ou tablette, cela me semble contre-productif au collège et au primaire. J’explique : si dans une classe, chaque élève apporte son ordinateur ou sa tablette, un tel sera jaloux, un autre en profitera pour jouer au lieu d’écouter le cours, un autre encore se le fera voler. Plus important, si le parc n’est pas homogène, tous les élèves n’auront pas accès aux outils de la même manière, voire pas accès aux mêmes outils, ce qui est contraire au principe d’égalité, et les risques de problèmes techniques (et donc de perte de temps de travail) sont plus importants. On pourrait arguer qu’il suffit d’équiper tous les élèves de matériels publics. Outre l’effet de mode abordé au point précédent, je dirais qu’il faut prendre garde aux difficultés de maintenance, aux risques de casse, panne, ou vol, au manque d’accompagnement et de surveillance, mais aussi à l’efficacité finalement assez médiocre de ces mesures par rapport au papier et aux crayons. Bref, une salle informatique ouverte à tous les élèves, avec un encadrant même en-dehors des cours pour faire ses devoirs, me semble être la meilleure solution.
  • À propos des connaissances sous-jacentes (partie la plus importante selon moi). Pour le moment, je n’ai abordé que l’utilisation de l’outil informatique. Or l’informatique est une science et quelques connaissances en la matière me semblent être indispensables pour tout honnête citoyen. Cela dit, il ne faut pas tomber dans l’excès ; on nous parle d’enseigner le « code » à l’école primaire, mais qui en aura réellement besoin ? Ne vaut-il pas mieux approfondir le français et les mathématiques à la place ? Voici ce que je préconise : enseigner simplement aux élèves comment fonctionne un ordinateur, avec des démonstrations pratiques (qu’est-ce qu’un écran, un processeur, etc.), mais sans entrer dans tous les détails et sans empiéter sur des matières plus importantes. Cela permettrait de démystifier l’ « informagique », surtout à l’heure où des dispositifs de plus en plus intuitifs ne laissent rien apparaître de leur fonctionnement. C’est, je pense, la clé pour ne pas se laisser abuser par l’industrie et tomber dans le consumérisme effréné. Cette réflexion sur les nouvelles technologies est aussi, je pense, l’occasion de s’intéresser un peu plus à la science, qui est au fondement de ces techniques, et pourtant assez négligée ; pourquoi attendre la 5ème pour avoir des cours de physique ? Ne peut-on pas imaginer des expériences simples d’électricité, par exemple, dès l’école primaire ? La compréhension des sciences permet de mieux comprendre l’informatique, mais leurs applications sont bien plus larges dans notre monde moderne.

 

Voilà mon avis sur la question. N’hésitez pas à le commenter.

Yann Houry
#68, le 21/01/2015 - 07:43

Préparer à devenir l'honnête homme (ou femme) du XXIe siècle

Plus que jamais, l’école doit apprendre à s’exprimer. Plus que jamais l’école doit former l’honnête homme du XXIe siècle, à éviter les pièges du hoax, de la désinformation, de la propagation de la rumeur ; à trouver son chemin dans l’infobésité, à noter ce qu’il veut retenir et à l’organiser, à le partager avec ceux qu’il aime, et ceux avec lesquels il forme un réseau. C’est sur ces réseaux qu’il doit s’exprimer avec retenue, précision, élégance.
L’élève doit prendre conscience que le numérique n’est pas un lieu virtuel, échappant aux lois du monde, mais qu’il est l’épicentre de son monde : il y joue, il y travaille, il s’y renseigne, il s’y fait des amis, y place ses photos, lit, voit, écoute, etc. Il faut donc le sensibiliser à cet écosystème qui engendre des responsabilités : celui de la sécurité des données, celui de la persistance de ses propos, etc.

À mon sens, la question du code est la dernière qui doit se poser. La « technologie » n’est pas une fin en soi : au collège, apprendre ne serait que les rudiments du C++ ou d’un autre langage n’a aucun sens. Pour avoir envie de coder, il faut avoir envie, au préalable, de faire quelque chose, de construire un projet. Si on ne pense rien, si on n’a rien à dire, on n’a pas d’applications, pas de programmes à faire. L’école doit se garder de céder à l’illusion technologique : le numérique est partout, c’est un fait, mais comme les voitures. Et ce n’est pas pour cette raison que je veux absolument être mécanicien. En revanche, je veux savoir conduire, c’est-à-dire utiliser ma voiture et profiter de ses raffinements.

Savoir ce qu’il y a sous le capot est ensuite affaire de spécialistes. Ceux-ci peuvent être formés dès le lycée. Cela dit, on voit de temps à autre des collégiens intéressés par la question du code. De mon humble expérience, ils ne sont pas légion. Mais pourquoi ne pas leur permettre de suivre une option ? En revanche, généraliser cet enseignement, c’est encourir le risque de passionner autant les élèves qu’avec l’orthographe, ce serait trop abstrait.

 

Jacques Baudé
#281, le 23/01/2015 - 12:47

Nécessité d'une complémentarité des approches

Attention à la dérive vers les matériels. Certes ces derniers sont importants, surtout pour les enfants qui n’en disposent pas chez eux (de plus en plus rares), mais leur formation l’est plus encore. Pas seulement aux « usages » mais aussi aux notions et concepts informatiques qui sous-tendent le numérique. La culture scientifique du XXIe siècle doit intégrer la science et technologie informatique. C’est fondamental si nous voulons faire des jeunes générations des concepteurs et des créateurs, pas seulement des consommateurs de produits conçus et réalisés ailleurs. En conséquence, la formation initiale et continue des enseignants, trop longtemps différée, est à développer sans tarder.

Jacques Baudé
Président d’honneur de l’association Enseignement Public et Informatique (EPI) - fondée en 1971

Lepine Kong
#532, le 01/02/2015 - 11:11

Il faut anticiper à 15 - 20 ans

 

Les enfants d'aujourd'hui naissent dans le numérique, ils n'auront aucun problème à l'utiliser dans l'ensemble pour les années futurs. Il n'y a pas à les obliger pour qu'ils s'y mettent contrairement à l'apprentissage traditionnel de la lecture.

 

 

 

Quant à l'apprentissage de la programmation, c'est un très bon moyen d'introduire la logique de manière plus attirante que les cours de mathématiques pour les enfants qui n'ont pas forcément encore développé des capacités d'abstraction. Attention, il faut que ce soit ludique (programmation de jeux en particulier) sinon ça peut au contraire dégoûter.

En ce qui concerne les débouchés futurs du numérique, il ne faut pas se leurrer, déjà aujourd'hui ce n'est pas en connaissant un peu d'html, de php, css et javascript qu'un jeune va trouver du boulot, c'est devenu maintenant très pointu : il faut maîtriser des tas de frameworks, la conception modulaire, le UX Design, etc. tout ça en équipe pluridisciplinaire et ça évolue très vite. C'est plus l'organisation, la méthodologie, le goût de l'apprentissage continue  pour rester à la pointe du technique qu'il faut favoriser. Aujourd'hui il y a des tas d'anciens informaticiens sur le carreau car ils sont dépassés.

La technique, l'ingénierie ne sont plus valorisées en France, tous veulent devenir chef de Projet (j'en suis chef de projet moi-même) ou faire du Marketing (même en sortant d'une école d'ingénieur), c'est très dommage c'est bien pour ça qu'on pas de Google, de Twitter oy de Facebook français (outre le fait aussi que l'entreprenariat des petites boîtes n'est pas favorisé, tout est fait pour les grands groupes). C'est pas le cas aux Us, Obama l'a bien compris et pour inciter les enfants, il a lui-même suivi un cours de javascript d'une heure, je vois mal un président français faire de même mais pourquoi pas ;)

Certes tout le monde ne sera pas programmeur mais le fait de donner l'opportunité à tous de le faire donnera plus de chance d'avoir des Bill Gates et des Steve Jobs qui eux créeront des emplois. Car je ne sais qui peut en douter mais les emplois de demain dans un monde de plus en plus virtualisé sera forcément majoritairement dans le numérique. Les robots, l'holographie, après les smartphones, vont bientôt devenir des produits de grande consommation, la programmation de ces robots devrait donc être une source d'emploi pour demain, après-demain ce sera encore autre-chose, il ne faut pas raisonner à court-terme concernant l'éducation.

 

 

 

 

Sébastien DESPLANQUE
#287, le 23/01/2015 - 14:10

Proposition d'items (soumis à débat et discussion) pour les compétences numériques

- Maîtriser son identité numérique

- Distinguer les usages du numérique : professionnel, familial, commercial…

- Produire de l’information numérique, seul et en collaboration (notion de communautés)

- Connaître les acteurs du numérique : institutions, structures commerciales, individus…

- Evaluer la pertinence de l’information récoltée, de l’information produite

- Comprendre les notions de propriété intellectuelle, de droit à l’image

- Comprendre l’importance d’identifier le lieu physique de stockage de l’information déposée et les enjeux (dont juridiques)

- Connaître les différents types de réseaux sociaux et leurs usages

- Comprendre son rôle d’acteur du numérique : droits, devoir, respect et limites de la liberté d’expression, modération, savoir signaler des contenus ou propos inappropriés…

- Distinguer réel, modélisation et virtuel

- Connaître la diversité des accès au numérique : smartphone, ordinateurs, tablettes, objets connectés… l’outil n’est pas le numérique mais un accès au numérique

- Identifier la plus-value du numérique et savoir choisir le support numérique pour un objectif donné, notion d’usage transmedia, de réalité augmentée

- Identifier les formats et les outils multi-plateformes

- Connaître des notions autour des modèles économiques numériques : libre, gratuit / payant, hébergement, contreparties publicitaires…-

Claude-Albin ROLLAND
#169, le 21/01/2015 - 22:26

Commencons par convertir les enseignants avant les élèves

De nombreux professeurs sont encore réticent au numérique. Combien de professeurs ont un smartphone connecté à internet en illimité ?

Ne faudrait-il pas commencer par convertir et accompagner les enseignants dans ce changement car nos élèves nous devance souvent dans la maitrise des nouvelles technologies. En les équipant des moyen de communication récent ?

C'est souvent pour cela que l'on s'obstine à présenter les risques car ils representent nos peurs.

Certaines de mes évaluations sont effectués sur PC et smartphones (si les élèves ont un smartphone et une connection internet illimité). Résultat la note est immédiate et non contestable. (dommage que je doive utiliser des sites non-français).

Mon avantage je travaille en STI et je maitrise ces technologies. Mais je suis convaincu qu'elle peuvent être exporter dans de nombreuses autres discipline.

Cependant rien que d'évoquer l'idée de sortir le smartphone en cours, bloque nombre de mes collègues, c'est dommage.

demoureg
#566, le 03/02/2015 - 09:34

Et si on apprenait à apprendre?

Former des jeunes de 14 ans à devenir des développeurs de très haut niveau en C++ ou en cobol, est-ce la bonne solution? Je ne crois pas. Et tomber dans ce piège est facile. Comme le dit l'introduction ci-dessus, la plupart des métiers, à l’horizon de 2050, n’existent pas encore aujourd’hui. Nous ne connaissons donc ni les technologies qui seront utilisés et ni leurs usages. Ainsi, l'apprentissage d'un ou de plusieurs languages de programmation a du sens quie s'il a pour objectif de donner à l'élève le goût d'apprendre, la volonté de se former par lui-même afin de répondre à un besoin présent ou futur. Les développeurs d'aujourd'hui, de toutes nationalités, ont pour la plupart appris seul sans l'aide d'une école qui ,au mieux, leur a fourni les bases du savoir. Les métiers du numérique bougent vite, demandant une réadaptation pérpétuelle. Je pense ainsi que l'école doit évoluer en deux sens :

  1. Donner le goût d'apprendre en accompagnant l'élève dans l'apprentissage pour lui donner cette envie de se former
  2. Lui donner les outils nécessaires à partir du lycée voire même du collège pour se former sur d'autres sujets par lui-même (e-learning adapté etc).

Enfin, je rejoins Lepine Kong ci-dessous. Il faut lutter contre la dévalorisation de certains métiers et aussi réorienter les élèves (ce qui va au-delà du numérique). "ça fait bien" de faire du marketing digital ou être chef de projet, néanmoins, le marché de l'emploi cherche d'autres profils aujourd'hui qui peuvent être tout autant valorisé, mais l'aspect technique même parfois terre à terre (brancher des cables RJ45 ça fait pas rêver au premier abord), rebute, en premier lieu les parents. Mais c'est métier, on en a besoin et on a pas besoin d'un BAC+6 non plus pour les réaliser. Ainsi, je pense que l'école a encore deux autres défis à relever:

  1. Mieux orienter l'élève dès le collège même si il est le premier de sa classe, il ne doit pas forcément être orienté vers un cursus long.
  2. Revaloriser des filières techniques post-brevet et revoir/créer des cursus liés au numérique et ouvrir des portes de réorientation pour ne pas trop les engager.

Bref, l'école a du travail mais c'est l'affaire de tous.

 

Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias
#801, le 11/02/2015 - 22:13

Pas de codage sans décodage, pour une éducation critique et citoyenne

Une formation à la littératie numérique, critique et citoyenne. La littératie numérique doit venir compléter l’existant des éducations transversales, notamment l’éducation aux médias et à l’information. Elles sont centrales aujourd’hui dans la formation critique et citoyenne des jeunes, donc elle est attendue dans l’école 3.0. Si la dimension de l’apprentissage du code doit être une des composantes d’une éducation aux médias, à l’information et à l’informatique réussie, elle doit l’être en lien avec les dimensions de compréhension des médias et de l’information, de création, de citoyenneté, de décodage des médias et de leurs contenus. Il est urgent de ne pas séparer le médiatique du numérique car la construction de soi et de son identité est caractéristique du numérique, chaque personne étant devenu un média lui-même (chaque jeune est producteur de contenus pluri-médias et éditeur de publications).

Jean-Louis Durpaire
#80, le 21/01/2015 - 09:38

Pour un débat sur le numérique inclus dans la grande mobilisation nationale sur les valeurs

Contribution

 

La grande concertation sur les enjeux du numérique à l’École qui vient de s’ouvrir arrive à un moment très particulier de l’histoire nationale. Charlie est dans toutes les têtes… et un autre débat est lancé ; d’ailleurs sur le site ministériel, le titre principal est « Grande mobilisation pour les valeurs de la République ». Le Premier ministre vient de parler d’un « apartheid territorial, social, ethnique » en formulant ses voeux à la presse. Les débats se succèdent dans  les mass média sur l’école, celle-ci apparaissant à bien des égards comme la solution à ce problème national dès lors qu’elle sera revenue « à la hauteur » pour reprendre l’expression de la Ministre de l’éducation nationale. Et pour cela, il faut évidemment réaliser cette « grande mobilisation nationale », la réaliser et la faire durer, c’est-à-dire faire vivre les valeurs de la République. 

 

Alors dans ce contexte, quel rôle peut avoir cette concertation nationale sur le numérique ? Le pire serait qu’elle ne concerne que les aficionados (dont je reconnais faire partie). Le meilleur serait, de mon point de vue, qu’elle s’insère dans le débat majeur : celui sur les valeurs. Le numérique n’est plus une question d’équipement : la « fracture numérique » n’est pas là, on le sait depuis longtemps. Le numérique, ce n’est pas non plus une question de savoir s’il faut ajouter la discipline « informatique » à la longue liste des disciplines scolaires : ce sujet est tranché, nous semble-t-il. Le numérique, c’est d’abord une question de culture, en un double sens : d’une part, la capacité à comprendre le monde , d’autre part la capacité à tisser du lien (le savoir-relation disent Mabilon-Bonfils et Durpaire F.).

 

Sur la capacité à décoder le monde, les événements tragiques qui viennent d’avoir lieu en France et tous ceux qui ont suivi dans le monde , sans oublier ceux qui ont précédé (je pense au Nigeria par exemple) mettent en évidence que nos élèves de l’école au lycée sont sous-informés, mal informés. Que sait-on de leurs démarches de prise d’information ? Certes, il y a quelques universitaires qui sont attelés à ce sujet. Mais il faudrait que notre Ecole soit davantage à l’écoute des élèves. Chaque professeur devrait être d’abord un palpeur… et être immédiatement prêt à intervenir. Pas seul. Jamais seul. C’est trop dur. Il faut la force de l’Institution … Remarquons que ce terme est trop souvent employé de manière négative alors qu’il faut portant « instituer »  les élèves en citoyens, c’est-à-dire les « créer », les « fonder ».. . Quel autre nom pourrait on donner ? Et le numérique est désormais au coeur de la vie de l’élève. Certains nient les attentats , évoquent des théories du complot… Les mass média nous rapportent les « preuves » que les élèves fournissent. Les professeurs ont la culture générale pour répondre, quelque soit leur discipline, mais bon nombre d’entre eux manquent de cette proximité avec les « sources » de ces jeunes. Oui, il y a ici une fracture.  Donc, cette concertation sur le numérique devrait conduire à un vaste plan de formation de tous les professeurs, ou à tout le moins d’un noyau susceptible d’apporter un traitement correct de la question de nos valeurs et du numérique. Par exemple, qu’est-ce qui ou qui fait autorité sur Internet ? 

 

Sur le second point, l’école devrait être très vigilante sur les réseaux auxquels les élèves sont « affiliés ». Il faut connaître ces réseaux, en donner une typologie, réfléchir au rôle que chacun y joue… là aussi comprendre les enjeux… Evidemment , il ne s’agit pas de poser une relation entre les réseaux sociaux et les réseaux du terrorisme. Mais il faut expliquer aux élèves que les adultes informés choisissent les réseaux auxquels ils appartiennent en toute connaissance de cause (enfin, on l’espère). Les mots ont un sens… ou plusieurs. Pensons au mot « ami » utilisé sur Facebook (sujet dès bien étudié par Milad Doueihi).

 

En conclusion de cette contribution trop longue certainement, je résume en souhaitant que ce débat sur le numérique soit inclus dans le débat sur les valeurs, et non à part et qu’il conduise à une mobilisation pour une formation de tous au numérique, que l’on comprenne enfin combien notre société est révolutionnée par le numérique. 

 

Jean-Louis DURPAIRE

 

Jean-Louis Durpaire
#930, le 18/02/2015 - 12:05

L’éducation aux médias et à l’information, une vraie priorité

L’éducation aux médias et à l’information, une vraie priorité

 

Jean-Louis Durpaire

 

18 février 2015

 

Le 11 février, soit exactement un mois après l’immense manifestation sociale consécutive aux attentats - le Président de la république a lui-même parlé de « l’esprit du 11 janvier »-,

  la ministre de l’Éducation Nationale et sa collègue en charge de la Culture et de la Communication ont tenu une conférence de presse commune pour présenter les axes principaux de leur politique en faveur de l’éducation artistique et culturelle et de l’éducation aux médias et à l’information (EMI)… Si dans le passé, il y a eu régulièrement des réunions de ce type pour présenter les actions communes entre les deux ministères, il est beaucoup plus étonnant de constater la place de l’EMI. Il est  d’ailleurs assez surprenant que ce fait n’ait pas encore été salué comme il se doit.

 

Si l’on examine les propositions, on ne relève pas de réelles nouveautés dans la partie « traditionnelle » de l'éducation artistique et culturelle : on y retrouve les idées de parcours artistique, de mise en relation directe avec les oeuvres, de complémentarité entre les pratiques culturelles entre l’école et l’extérieur, … On évoque inévitablement le renforcement de la formation des enseignants et donc le rôle de l’Espé (comme pour tous les sujets, pourrait-on dire).

 

La vraie nouveauté est donc bien cette centration sur l’EMI et le numérique. Il est particulièrement heureux que les deux Ministres proposent conjointement une démarche pour que se mette en oeuvre réellement ce que la loi du 8 juillet 2013 a demandé : une éducation aux médias et à l’information, composante obligatoire de la formation de tous les élèves.

 

Bref retour en arrière pour constater que l’EMI s’est finalement installée très vite dans les propos ministériels. Avant 2012, il n’était pas du tout question d’EMI ; on parlait soit d’éducation aux médias et c’était essentiellement l’affaire de militants passionnés, soit d’éducation à l’information, et c’était plutôt celle des professeurs-documentalistes dans des actions le plus souvent de coopération avec des enseignants disciplinaires. L’action des professionnels de l’information-documentation et des chercheurs en sciences de l’information a conduit à ce qu’il est convenu d’appeler « la Déclaration de Moscou »[1], texte issu d’un colloque organisé par l’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions)  et l’UNESCO. C’est donc tout récemment que ce concept d’EMI s’est affirmé au plan international et la France est un des tout premiers pays à l’intégrer dans ses programmes conformément à la deuxième recommandation de cette Déclaration solennelle.

 

Quelle définition pour  l’EMI ?

Pour préciser cette notion, on peut se référer aux propos de Carolyn Wilson qui renvoie à la notion de littératie,  EMI étant à considérer comme une quasi -traduction de MIL (Media and Information literacy : « La maîtrise de l’information et des médias est une définition étendue de la littératie, qui comprend la presse écrite, ainsi que les médias télévisuels et électroniques. » ; ou encore à la notion de translittératie[2] qui fait actuellement l’objet de recherches (groupe TRANSLIT autour d’Eric Delamotte, Vincent Liquète, Divina Frau-Meigs) qui cherchent à « caractériser des points de convergence dans les pratiques et usages informationnels entre les trois champs de savoirs sur l’information que sont l’éducation aux médias (information comme actualité de masse), l’informatique (information comme code et donnée) et l’information-documentaire (information comme document). » et renvoie à une définition proposée par Sue Thomas et ses collègues : la translittératie est « l’habileté à lire, écrire et interagir par le biais d’une variété de plateformes, d’outils et de moyens de communication, de l’iconographie à l’oralité en passant par l’écriture manuscrite, l’édition, la télé, la radio et le cinéma, jusqu’aux réseaux sociaux ».

 

L’EMI, une réponse à la fracture numérique

 

Les événements de janvier ont fait prendre conscience de la fracture qui s’était créée entre certains jeunes et le monde des adultes en matière d’accès à l’information et de décodage de celle-ci. Les mass médias se sont faits les relais de la notion de « théorie du complot », ils ont rapporté des témoignages de jeunes qui pensent que tout ce qu’ils voient et entendent à la télévision est faux. En revanche, ils adhèrent aux informations véhiculées par les médias sociaux. Il est donc urgent d’agir ; Et il s’agit bien d’engager des actions de formation au bénéfice des élèves pour qu’ils accèdent au sens des informations.

 

L’une des mesures proposées s’adresse directement aux équipes d’établissement : la création d’« un média (journal, radio, plateforme collaborative) » par collège et par lycée. La Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche précise qu’il s’agit de réaliser la mobilisation des élèves eux-mêmes. Si ce projet paraît très porteur pour l’EMI, il faudra veiller à ce qu’il ne reste pas le produit de quelques élèves motivés autour de quelques professeurs motivés, ce qui ne ferait que reproduire le schéma actuel, certes en l’étendant, mais sans atteindre l’ensemble des élèves.

 

Il faut donc chercher à aller plus loin que cette proposition. Le nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture (S4C) propose la réponse avec le domaine 2 qui  concerne les méthodes et outils pour apprendre. Il est précisé que ce domaine vise « un enseignement explicite des moyens d'accès à l'information, à la documentation et aux médias, des outils numériques, de la conduite de projets individuels et collectifs et de l'organisation des apprentissages, sans les déconnecter des disciplines ».

 

L’EMI ne peut pas, en effet, reposer uniquement sur la création d’un média ou de plusieurs par EPLE. L’enseignement explicite demandé par le S4C doit reposer sur l’analyse critique des médias existants dans leur grande diversité, avec des ancrages dans les diverses disciplines selon les programmes.

 

Toutes les disciplines sont concernées par l’EMI

 

De manière assez évidente, les sciences de la vie et de la terre, l’histoire-géographie, le français sont immédiatement convoqués pour cette analyse des contenus des médias. Ce qui change aujourd’hui, c’est qu’il ne faut pas s’en tenir aux mass médias, ensemble pourtant déjà très vaste avec les centaines de chaines de télévision et de radio. Cela ne suffit pas ; l’école doit désormais s’intéresser aux contenus et aux démarches des médias sociaux.

 

Il ne saurait s’agir de les connaitre tous, mais plutôt de montrer que pour ces médias aussi, il faut adopter une attitude critique.  Puisque des élèves estiment que les réseaux sociaux disent plus souvent, voire toujours, la vérité, il est nécessaire d’examiner la véracité des assertions.

 

Prenons un exemple qui convoque les mathématiques.   Celui-ci est délibérément choisi très loin des sujets brûlants puisqu’il s’agit de traiter une question banale autour des notions de densité de population et d’espace par habitant. Le site Passion Dataviz[3] fournit une réponse à partir de traitements de données de l’INSEE en proposant une toile d’araignée comme mode de représentation. L’analyse critique porte d’abord sur la pertinence de cette représentation : en partant de l’exemple de La Ciotat où l’espace par habitant est de 1 par km2 et de celui de Lyon (102 m2 par habitant, soit 10 fois moins), on voit que l’hexagone représentant Lyon est 100 fois plus grand (et non 10) de celui de La Ciotat. L’analyse conduit ainsi à vérifier les données et à constater que les données sont totalement fausses pour Saint-Pierre et Miquelon…

 

 

Ce simple exemple montre aussi et une fois encore l’importance de la formation à la littératie numérique et permet d’esquisser, en conclusion, une définition de celle-ci : la littératie numérique ou EMI est la capacité à comprendre les informations données par les médias (dans leur diversité), à savoir décoder les représentations qu’ils proposent, à savoir les évaluer et plus généralement savoir les utiliser pour traiter des questions ou des problèmes.

Jean-Louis Durpaire

 

18 février 2015

 

 

 

 

[1] http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/resources/news-and-in-focus-articles/in-focus-articles/2012/media-and-information-literacy-for-knowledge-societies/

[2] https://hal.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/927529/filename/Spirale_53_2013_ED_VL_DFM.pdf

[3] http://www.passiondataviz.fr

Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias
#799, le 11/02/2015 - 22:03

Intégrer cet objectif dans un projet éducatif global

 Un projet d’éducation global

L’enjeu croisant « éducation et médias » est multiple, la mobilisation de tous les acteurs est centrale… Il est essentiel de construire des réponses qui prennent en compte tous les « espaces » qui participent de l’éducation des enfants, des jeunes et de leur construction comme citoyens du monde. Tout comme, il semble nécessaire aux membres du Collectif Enjeux e-médias (Ceméa, Fcpe, Francas et Ligue de l’enseignement) d’inscrire ce sursaut dans des démarches de co-éducation et de continuité éducative entre les « espaces » que sont l’école, les lieux et temps d’éducation non formelle (les centres de loisirs, les centres sociaux, les structures de jeunesse, les médiathèques, la famille, les échanges entre pairs, etc.), les médias et leurs plates formes numériques. De nombreuses initiatives existent, de multiples ressources sont disponibles…

Mais des obstacles sont à lever et des décisions s’imposent à court terme. Il convient de :
 

  • Construire un espace de mutualisation de ressources, accessible gratuitement, évitant le « chacun dans sa case ». (Proposition : un portail public de ressources), ce qui pose le problème ou l’urgence d’un pilotage multi-acteurs, bien repéré.
     
  • Reposer la question de l’existence de médias de décryptage de l’information, spécifiques aux enfants (un JT pour enfants porté par le service public, une plate forme d’info en ligne, en articulation avec les journaux « papier » existants..., proposition « historique » des associations d’éducation populaire).
     
  • Passer d’actions qui ne concernent qu’une minorité de jeunes, à une « massification », une systématisation de parcours d’éducation aux médias et à l’information, pour tous les enfants et les jeunes, aussi bien pendant les années de l’école, que lors de celles du collège et du lycée, sur les temps éducatifs scolaires ou non scolaires.

 La formation des acteurs

Les compétences, donc la formation de tous les acteurs en lien avec les publics jeunes notamment doit être posée fortement : les éducateurs, les animateurs, les parents, mais aussi les professionnels des médias, etc. Des formations conjointes doivent être envisagées pour optimiser la cohérence éducative.
 

  • Tous les dispositifs de formation (au sein des ESPE, de l’éducation populaire, du MEN en appui sur le Clémi, dans les écoles professionnelles de journalisme…) doivent être revisités pour renforcer cette nécessaire notion de formation critique et cette éducation aux médias et à l’information, avec ses volets éducation à la citoyenneté et à la démocratie.
     
  • Les orientations issues de la loi sur la Refondation de l’école et le plan numérique annoncé doivent intégrer cette priorité des priorités qui « saute » aux yeux de tous, apprendre à décoder le monde et apprendre la pensée critique, par rapport à la presse, au cinéma, aux communications échangées sur les plates formes numériques, aux réseaux sociaux…. Ces compétences construisent le socle de notre République.
     
  • Les pédagogies de l’éducation aux médias et à l’information sont des pédagogies de production, mêlant méthodes actives, démarche de projets, temps longs de pratiques, travail en équipe multi-acteurs. Pour l’école, elles interrogent le modèle dominant et unique de l’organisation des apprentissages (une heure, une classe, un enseignant). La mise en œuvre systématique de parcours pour faire vivre dans des pratiques réelles, cette éducation à la démocratie, à la citoyenneté, à l’expression, demande de proposer des temps spécifiques (cf. exemple d’un établissement innovant qui réduit de 5’mn les séquences d’apprentissage disciplinaire pour les mutualiser et permettre des activités sur des temps plus longs…). A moyen terme, il faut dégager du temps pour ces formes d’apprentissage par projet (cf. la réforme des programmes scolaires), sinon dans le socle, certains objectifs resteront lettre morte. A court terme, il convient de repenser une semaine des médias et de l’information, ouverte à tous les lieux éducatifs, scolaires et périscolaires, associant également les parents….
Aline Bousquet
#615, le 04/02/2015 - 20:29

Littératie numérique, médiatique, informationnelle et citoyenne ... et des connaissances

Les élèves de demain ne doivent pas avoir que des compétences, mais également acquérir des connaissances et une compréhension de la création et du fonctionnement des sites Web et des outils numériques.

 

Aujourd'hui, les sites Web et outils en ligne établissent des stratégies d'ergonomie des interfaces pour une expérience en ligne de l'usager proche du spectacle. Le Webdesign implique émotionnellement l'usager dans le site. L'image a une place cruciale dans le numérique puisqu'elle est bouton, souris, idéogrammes, pictogrammes, métaphores, pub vidéo ...

Il me semble donc aujourd'hui nécessaire de prendre en compte, en plus de ce qui a été déjà listé dans les autres contributions, l'analyse sémiotique des pages- écrans car leur lecture mobilise des connaissances et compétences à faire acquérir aux élèves afin

  • de savoir situer les terrains d'influence et de pouvoir dans le site,
  • de savoir mieux s'y repérer pour une navigation efficace
  • d'être capable d'évaluer l'information publiée ainsi que le niveau d'expertise de l'auteur.

Il s'agit également d'appréhender le Web et Internet comme des médias ayant

  • une histoire,
  • du vocabulaire spécifique (et d'en comprendre l'origine)
  • des langages (graphiques),
  • des économies,
  • des stratégies marketing,
  • des enjeux d'influence et de pouvoir.

Enfin, les compétences liées à l'usage du numérique me semblent être des connaissances et des compétences en littératie numérique, médiatique, informationnelle et citoyenne.

Un acteur-clé des EPLE y travaille depuis des années ; il s'agit du professeur documentaliste.

Cottin
#485, le 29/01/2015 - 22:25

L'utilisation de l'informatique à l'école et la relation professeur élève

Bonjour

Je suis un élève de seconde science de l'ingénieur et je pense que l'utilisation de l'informatique à l'école (dans mon cas au lycée) peut être bénéfique mais dans un cadre limité. Son utilisation peut aussi permettre d'aider ceux qui ont le plus besoin d'aide et aussi changer la relation entre le professeur et l'élève. Il est vrai qu'avoir un ordinateur en cours peut présenter des avantages, mais il faut aussi limiter son utilisation : ne pas rendre internet disponible en cours et important, car il y aura toujours certaines personnes qui l'utiliseront à des fins non pédagogiques. Par contre, la présence d'un intranet depuis lequel les élèves peuvent accéder a certains sites définis par le/les professeurs peut être bénéfique. La connexion à ce réseau permettrait aussi le partage rapide de documents entre élèves et professeurs notamment pour tous les documents qui sont "papier" aujourd'hui comme les schémas, les feuilles d'exercices... Tous ces documents qui peuvent être facilement ostensibles par les élèves et ainsi gagner du temps, et économiser du papier. Toujours axé sur le partage, l'envoi des cours aux élèves absents est une bonne initiative : dans mon cas, je ne peux pas utiliser d'ordinateur au lycée, même un ordinateur personnel, car leur utilisation n'est réservée qu'aux personnes ayant des problèmes comme la dyslexie. Mais chaque soir, je recopie intégralement mes cours sur Word et je les rends disponibles en ligne pour les autres élèves de la classe, ce qui leur permet de récupérer les cours et ainsi ne pas avoir de retard lors de leur retour en classe, mais cela permet aussi de mettre fin à la classique photocopie du cahier mal écrit ou de la photo sur téléphone. De même, le fait de réserver les ordinateurs aux personnes "handicapés" n'est pas une solution pour leur permettre de suivre le cours : dans ma classe, j'ai un ami dyslexique. Il y a un mois, on l'a autorisé à prendre son ordinateur portable en cours mais cela ne change rien au fait qu'il à du mal à écrire rapidement et ainsi suivre. C'est donc un coup d'épée dans l'eau. Mais nous avons trouvé la solution : tous les cours que je rends disponible en ligne sont automatiquement synchronisés sur son ordinateur, ce qui lui permet d'avoir un cours propre, complet et compréhensible. Pour résumer, l'utilisation de matériel informatique est un très bon moyen d'améliorer l'apprentissage et de réduire les inégalités et aider ceux en difficultés.

 

bNach
#184, le 21/01/2015 - 23:05

Que faut-il enseigner ?

Il faut enseigner l'informatique. Tout le monde est d'accord avec ça mais c'est quoi l'informatique ? C'est de la bureautique, de la programmation, du réseau, du système, de la base de données ?

Former des techniciens n'est pas pertinant avant le BAC. Si l'objectif est juste de leur apprendre a utiliser un ordinateur et bien ils se débrouillent déjà très bien tout seul. Bon nombre d'enfants sont plus à l'aise devant un écran que leurs parents qui travaillent avec tous les jours.

Il ne faut pas apprendre à utiliser un ordinateur mais apprendre le fonctionnement de l'informatique. 

Voici une liste de points qui me semblent important:

  • L'importance des données personnelles, de son identité "officielle" et de ses identités numérique
  • Utiliser le Cloud, a qui sont mes données, sont elles confidentielles
  • Lire un contract
  • Faire une sauvegarde
  • Utiliser un moteur de recherche
  • L'importance de maintenir son ordinateur et son anti-virus à jour
  • Savoir expliquer clairement un problème technique pour avoir de l'assistance
  • Identifier les contenus pertiant sur Internet
  • Identifier un site de confiance pour un payement en ligne
  • Savoir participer à une discution (forum)

Ce dernier point vient d'une conférence de M. Bayart http://www.fdn.fr/Internet-enjeux-politiques-et.html. En résumé il dit que le plus gros travail d'enseignement en informatique revient aux professeurs de français. Les élèves doivent apprendre à s'exprimer, construire une argumentation, défendre une idée et respecter son interlocuteur même si on est pas d'accord avec lui.

La liste ci-dessus n'est pas technique (ou très peu comparé à de la programmation) et les enseignants arriveront facilement à l'assimiler.

Pour ce qui concerne le point spécifique de la programmation, je suis dubitatif. Quel est l'intéret ? 

Un point fondamental a prendre en compte est la vitesse d'évolution de l'informatique. Il faut que les programmes scolaires et les enseignants suivent le rythme.

Jean-Pierre Archambault
#163, le 21/01/2015 - 20:03

Pourquoi et comment un enseignement d'informatique pour tous

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L'informatique, science de la représentation et du traitement de l'information numérisée, est au coeur du numérique, comme les sciences physiques le sont au coeur de l'industrie de l'énergie et la biologie l'est au coeur du vivant. A ce titre, elle est la clé de la compréhension du monde numérique en construction.

Dans cette contribution, après avoir rappelé qu'à la rentrée 2012 a été créé en Terminale S un enseignement de spécialité optionnel « Informatique et sciences du numérique » et, qu'à la rentrée 2013, un enseignement d'informatique a été mis en place pour tous les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques, nous reviendrons sur le débat « discipline ou pas ?

A partir du paradoxe existant qui veut que, omniprésente, et cela de plus en plus, dans la société, l'informatique est encore peu présente dans l'enseignement scolaire, de l'école au lycée, en passant par le collège, et d'une précision sémantique numérique/informatique, nous examinerons les enjeux de l'informatique et du numérique au prisme des missions de l'École (former l'homme, le travailleur et le citoyen).

Nous rappellerons comment l'École donne une culture générale. Nous donnerons des éléments sur les contenus à enseigner. Nous rappellerons le caractère non immuable de la culture générale scolaire qui évolue et qui, à notre époque, ne peut que comporter une composante informatique, science et technique. Nous mentionnerons la contribution spécifique des sciences à la citoyenneté et ferons référence au rapport de l'Académie des Sciences « L'enseignement de l'informatique en France – ll est urgent de ne plus attendre ».

Nous ferons état des évolutions et des convergences et terminerons par la problématique de la formation de tous les enseignants, une formation diversifiée car il y a différents statuts éducatifs de l'informatique et du numérique (objet et outil d'enseignement).

Il faut « fixer un cap » (un enseignement d'informatique pour tous les élèves et la question essentielle de la formation des enseignants, l'informatique devant avoir pour son enseignement, comme les autres disciplines, son Capes et son agrégation), A partir de là, le pragmatisme impose une montée en charge réaliste mais soutenue.

http://www.epi.asso.fr/revue/articles/a1405e.htm

Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias
#677, le 06/02/2015 - 20:41

Défis et obligations pour l’éducation

L’éducation du XXIe siècle est confrontée à un vrai défi : faire en sorte que le « citoyen numérique », et donc tous les enfants et les jeunes, maîtrisent des environnements nouveaux et leurs usages, de manière consciente et critique. Les jeunes doivent comprendre que la plateforme ou le réseau numérique qu’ils utilisent sont tout sauf neutres et qu’ils sont par conséquent au cœur d’enjeux économiques et cibles de stratégies marketing de plus en plus élaborées et fondées sur le profilage de leurs données personnelles.

Un « illectronisme » excluant bon nombre de citoyens, peut se développer. Pour lutter contre cet état de fait, il convient, non seulement de développer la capacité à maîtriser l’information,  mais aussi d’inventer une éducation aux médias et à l’information globale et multi facettes : presse écrite, télévision, ordinateur, tablette, téléphone, console…, aux  contenus divers : actualités, fictions, divertissements, publicités, services, jeux vidéo, etc. Il est nécessaire d’avoir une vision large de l’éducation aux médias et à l’information. Au-delà du triptyque assez précis et connu de la critique, de la compréhension, du rapport à la création, cette éducation se situe également dans une approche économique, en lien avec une éducation à la consommation, avec des problématiques de citoyenneté, donc de droit, en référence à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Cette dimension éducative et culturelle doit être posée  dans un continuum éducatif, c’est-à-dire dans une cohérence entre tous les espaces éducatifs, de l’espace parental ou familial aux espaces non formels que peuvent vivre les enfants et les jeunes et évidemment, en l’articulant avec l’école, espace d’éducation formelle. Aux industries de programmes dominées par des logiques permanentes de séduction et de consommation, il est nécessaire et urgent d’opposer un projet émancipateur d’éducation.

Christian Gautellier, Président d’Enjeux e-Médias

Pascal Auvrard
#501, le 30/01/2015 - 15:24

Apprendre à travailler "comme des grands"

Qui donc, dans la « vraie vie », réinvente le fil à couper le beurre à chaque instant ?

Un problème ? Un smartphone et allons voir si « l’appli » existe. N’est-ce pas une démarche qui devient de plus en plus courante ?

Utiliser l’existant, l’améliorer ou l’adapter mais surtout pas, systématiquement, tout remettre en cause.

Chaque année nos élèves entrant en enseignement professionnel se voient confrontés à la nécessité de produire un CV, une lettre de motivation pour tenter de décrocher le stage qui va bien. Chaque année certains collègues se lamentent sur le fait que la feuille reste résolument blanche. Fallait-il partir de la feuille blanche ?

J’ai personnellement découvert le travail collaboratif en intégrant l’équipe d’encadrement et je mesure chaque jour l’importance de sa pratique pour continuer à avancer.

Documents partagés à utiliser, à faire évoluer sans modération (si ce n'est celle de l'enseignant)

DR
#489, le 30/01/2015 - 10:14

L'informatique n'est pas dans les gênes !

On pense à tort que parce que nées à l'époque du numérique, les générations d'aujourd'hui savent se servir instinctivement des outils numériques pédagogiques. Or, être un utilisateur de jeux en ligne ne développe en rien des compétences numériques et l'utilisation de l'outil informatique n'est pas plus innée pour les générations actuelles que l'utilisation du minitel ne l'était pour la génération précédente.

L'utilisation de l'outil informatique nécessite un apprentissage et nous avons déjà beaucoup perdu de temps sur ce point. Les nouveaux enseignants ne sont bien formés aux nouveaux outils numériques et ne peuvent donc pas transmettre ces savoirs à leurs élèves !

Comme la lecture est un outil d'accès au savoir, l'informatique doit être vue au même niveau et l'utilisation des outils informatiques doit être enseignée dés la primaire ainsi que la dactylographie car si tout le monde est sur un clavier, personne n'apprend à bien placer ses doigts et à utiliser le clavier de façon efficace.

Future Prof-doc
#1061, le 06/03/2015 - 19:18

Avant tout s'appuyer sur les travaux et recommandations des chercheurs en SIC ainsi que des professionnels de la documentation

Je suis contente de voir que le débat suscite de nombreuses contributions. Je regrette cependant de ne trouver nulle part mention des travaux et/ou réflexions actuels menés sur le sujet. Le CAPES de documentation est dans 5 semaines pour moi. Mes révisions sont enrichies de quelques lectures incontournables (cf. liens ci-joints, liste au combien non exhaustive). Et pourtant, il n'en existe aucune trace ou citation dans les différents débats. Ils sont à mon goût la clé de voûte sur laquelle doivent s'appuyer nos réflexions sur les actions éducatives à mener avec et en faveur des élèves, pour enseigner et développer les "compétences de demain".

  • En ce qui concerne les formations à l'information et aux médias à envisager, j'ai retenu cette phrase : "Ne pas confondre logique d'usage et logique de réflexion". Voici l'intégralité de cette réflexion dans l'intervention filmée d'Olivier Le Deuff au congrès de la FADBEN en 2012 :

http://www.canal-u.tv/video/fadben_federation_des_enseignants_documental...

  • J'ai par ailleurs beaucoup réfléchi sur l'évolution de mon métier en lisant l'immense contribution de la FADBEN publiée dernièrement : 11 chapitres qui méritent vraiment d'être lus et surtout pris en compte, tant ils nourrissent la réflexion et le débat. Elle est intitulée : Vers un curriculum en information-documentation. 

http://www.fadben.asso.fr/Vers-un-curriculum-en-information-346.html

  • Enfin, concernant la didactique, voici un site ressource essentiel pour les enseignants. 45 fiches pédagogiques riches et extrêmement documentées (créé par Pascal Duplessis) :

http://idbase.esmeree.fr

http://www.docpourdocs.fr/spip.php?article531

Bonne lecture à tous.

L'école du numérique est un énorme chantier, mais nous sommes de bons bâtisseurs...

bonob0h
#1001, le 02/03/2015 - 09:47

Elliot dans le Web3D++

Imaginez

Elliot collégien rencontre le Web3D++

Par le hasard d’échanges sur des réseaux sociaux Elliot, un adolescent de 3ème se retrouve nez à nez avec un numérique d’avenir, le Web3D++(*), pour lequel il se prend de passion. Ni une ni deux, il fait participer deux copains de classe. Ensemble, ils commencent à prendre quelques premières photos de la façade de leur Collège, d'un couloir, d'une salle. Ils s'en servent pour reconstituer les bases de leu collège en environnement virtuel 3D. Ils commencent également à modéliser une transposition imaginaire/idéal de son collège.

Elliot propose

Puis Elliot, va voir le principal auquel il propose un projet qui pour chaque matière, explique comment on pourrait développer des activités pédagogiques enrichies et augmentées (2) de ce numérique d’avant garde, mais déjà en marche.

 

Elliot, fait aussi une première affiche puis en parle à quelques classes. Il fait aussi quelques copies d’écran de son travail, pour en faire une affiche proposant un Club Web3D++ pour l'établissement. Le club propose ses propres activités numériques, incluant l’entraide scolaire,  mais aussi celles qui pourraient être faites avec d'autres activités traditionnelles (2). Même au club de perle il es proposé de réaliser des développements associant le réel et le virtuel.

 

Au principal passionné d’aviation, il montre l’embryon d’un centre aéronautique permettant de faire découvrir l’histoire comme de se familiariser et utiliser les techniques du Web3D++. Il fait aussi une lettre à l'ensemble des enseignants pour leur expliquer ces difficultés à faire seul ses devoirs et proposer le projet d'entraide scolaire (4). Un projet destiné à ceux qui n’ont pas les moyens d’un soutien scolaire financé par leur parent. C’est aussi au travers de l'environnement 3D rendre plus attractifs l'entraide en même temps qu'apporter des compléments pédagogiques.

 

Elliot ne s'arrête pas là ! Il contacte les clubs de sa commune comme celui de photo pour faire participer les papys photographes en même temps pour que ces derniers transmettent leur savoir-faire en matière de photos (5). Il prend contact avec la maison des jeunes pour proposer des ateliers Web3D++ pouvant se marier avec ceux existants. Il va aussi voir l'élu du numérique pour un projet de commune faisant participer tous les habitants et monter des lieux numérique de proximité pour mutualiser les équipements d’avenir (3) pour les intérêts de tous : des établissements d’enseignement à la Gendarmerie en passant par les pompiers et artisans ou entreprises locales. (5)

 

A l'office du tourisme, il propose de mettre en place un système participatif pour reconstituer les patrimoines et développer un autre tourisme à la fois virtuel et interactif avec les visiteurs réels. Un des buts est le tourisme industriel pour qu’il serve pour les métiers, la sensibilisation à la formation tant passée, actuelle que future. (3)

 

Il va aussi voir la directrice de l'école primaire qui jouxte son collège pour que dès le primaire les enfants aussi puissent participer à tout un projet sur la commune, et bien sûr puissent apprendre avec des outils attractifs autant à l’école qu’en dehors.(1) (2) (5)

 

Au centre qui s’occupe des jeunes décrocheurs et en difficultés familiales, il propose de participer, pour leur offrir une autre pédagogie (1) en même temps qu’un autre avenir. A la Délégation Académique au Numérique, il parle du projet, pour le faire essaimer.  Il aborde également celui de l’apprentissage de la programmation qui se passe du code pur et qui dès le primaire permet de programmer visuellement dans l’environnement 3D pour l’électronique virtuelle associée à celle réelle. (3)(4)

 

  1. Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves

  2. Le numérique, renouvellement et diversification des pratiques pédagogiques et éducatives

  3. Le numérique et les compétences de demain

  4. Le numérique et la réduction des inégalités

  5. Le numérique, un facteur d’ouverture de l’école à son territoire et à son environnement

Elliot interpelle

Ainsi de suite, de fil en aiguille, par les réseaux sociaux, il interpelle et tente de convaincre d’autres établissements d’enseignements, des communes, etc. Déjà plusieurs responsables d’établissements sont séduits et commencent à initier des développements. Plusieurs élus aussi s'intéressent. Il remonte ainsi jusqu’à la direction nationale au numérique de l’Éducation Nationale, et aussi auprès de secrétaires d’Etats et ministres.

 

Elliot ne s'arrête toujours pas, car il lui faut maintenant faire parvenir sa lettre ouverte. Il l’adresse au Président de la République et jusqu’à toute la nation pour dénoncer ce qu’il subit. Des mépris, diffamions, et autres insultes de ses camarades jusqu’à certains élus en passant par les parents d’élèves, les enseignants, etc, alors qu’il tente de faire avancer ce numérique d’avant garde tant technique qu’humain et pédagogique.

 

Cette lettre n’est pas inutile, car déjà il reçoit des soutiens et interventions au plus haut niveau.

Elliot existe

Non il ne s’agit pas d’une histoire imaginaire ! Tout ce qui est conté est véridique à un ou deux contacts pas encore pris ! Même sa lettre est disponible sur son blog et peut-être bientôt dans les médias.

 

Bien sûr il est accompagné par une association. A partir des orientations des développements à faire, elle laisse Elliot à l’initiative. Bien sur elle le conseille et l’accompagne à sa moindre sollicitation et rectifie d’elle-même ou fait rectifier les erreurs le cas échéant.

Laisser les enfant se faire enfermer ?

Le Web3D++(*)  est l’avenir d’un numérique libre, décentralisé et efficient. Mais cet avenir pourrait s’assombrir très vite, car alors que le Web3D++ avance péniblement depuis plus de 7 ans, des entreprises comme Facebook annoncent déjà un environnement virtuel de plus d’un milliard d’avatars captifs.  Un Facebook qui n’a ni plus ni moins comme ambitions que de devenir le Web en 3D de demain ! Et Facebook n’est pas seul ! Chaque fournisseur de technologies et services prépare ses armes concurrentes et quasi-incompatibles entre elles.

 

Allez vous laissez les enfants se faire enfermer ? Ou ne pas avoir droit à des outils et des apprentissages attractifs ?

 

Par ailleurs, alors que la nation entière n’arrive pas à se mobiliser, se reformer pour un futur humain, et où par exemple, il manque une vision claire diluée dans 34 grands projets d’avenir, le Web3D++ pourrait être l’objectif Lune. Global et transversal, il pourrait mobiliser toute la France comme un seul homme pour lui donner un élan sans pareil.

(*) Le Web3D++ en résumé

Le Web3D++ c'est déjà une base / plaque tournante constituée d'un Environnement virtuel en 3 dimensions, avec des territoires et objets. Par le biais d’avatars on se déplace et interagit avec les autres et les objets « Comme en Vrai » et en interaction avec le réel pour des usages dans tous les domaines ! Cette plaque tournante décentralisée est l’interface avec toutes les autres technologies allant des scanners 3D aux imprimantes en passant par le drones, objets connectés, robots, lunettes de réalités virtuelle et/ou augmentée, etc.

 

Il est porté l’association loi 1901 MEZA, un laboratoire de recherches, développements et enseignements en sciences et usages numérique. MEZA s'attelle particulièrement à développer son concept Web3D++ tant techniquement que sur les usages.

 

  • Techniquement il s’agit de réunir et enrichir les technologies Libres/Open source disparates pour les rendre plus accessibles et efficientes.

  • Pour les usages il s’agit d’initier des activités locomotives dans tous les domaines, et ce dans une vision globale et transversale. Ils sont conçus avec des blocs interactifs avec plusieurs domaines pour mieux les faire interagir.

Pour l'Education Nationale et Enseignement Supérieur, MEZA à un ensemble de propositions allant même jusqu'à ce que des équipes pluridisciplinaires d'étudiants de bac+8 jusqu'au CAP participent aux développements des outils et contenu nécessaires pour équiper, enseigner, apprendre et plus encore.

gilles lelievre
#775, le 10/02/2015 - 15:29

Pour la généralisation d'un enseignement d'exploration optionnel de seconde lié à la programmation et au maniement des objets numériques

Cet enseignement existe, il s'appelle ION (Informatique et Objets Numériques) ou SNAPI (Sciences du Numérique Appliquées à la Programmation Informatique). Il permet, en 1h30 par semaine, la découverte de la programmation informatique et du maniement d'objets numériques (fichiers, images, sons, réalité virtuelle,...) par des élèves de seconde volontaires.

Les élèves ainsi initiés peuvent choisir de poursuivre modestement cet enseignement dans certaines filières de première (S, STIDD) avant d'en trouver une suite cohérante après le baccalauréat.

 

Gilles Lelièvre

Professeur

 

 

 

 

Jean-Michel Perron
#1058, le 06/03/2015 - 18:39

Le numérique et les compétences de demain-Jean-Michel Perron-1425663603

Devons-nous apprendre les mêmes contenus qu’il y a 30 ans ? Devons-nous attendre des élèves les mêmes compétences pour qu’ils s’intègrent dans une société en mouvement tout en conservant une éducation aux valeurs universelles du vivre ensemble ? Devons-nous apprendre à partir des mêmes contenus et de la même manière, devons supprimer certains contenus ou en ajouter d’autres ?

A ce jour, nous continuons à proposer aux élèves un programme basé sur des niveaux, des disciplines et une organisation spatiale et temporelle vieille d’environ 130 ans. Les premiers programmes pour l’école primaire ont été rédigés en 1882[1].  À l’époque, on décrit déjà dans le détail, les disciplines et le nombre d’heures à consacrer à chacune d’entre elles. La salle de classe est le lieu des séances pédagogiques d’apprentissage. Depuis et malgré 11 propositions de nouveaux programmes, les prescriptions sur « l’heure » de cours, les disciplines, les méthodes pédagogiques ont peu évolué. Des élèves qui changent de classe et de discipline à chaque heure de cours est encore le mode opératoire le plus répandu.

Pourtant, depuis de nombreuses années, les chercheurs et penseurs nous alertent sur les évolutions majeures liées à la dématérialisation des contenus et à la digitalisation des activités. Il semble nécessaire de prendre en compte pour remplir notre mission d’éducation, ces évolutions majeures, rapides, qui ont un impact social et économique sur presque toutes les organisations humaines. Ces évolutions de l’activité humaine entraînent inévitablement la question de l’évolution des contenus à enseigner, des compétences et des savoir-faire à acquérir, et enfin, de la manière dont on enseignera.
Cette évolution des compétences à acquérir si on prend une acception large du terme (savoirs, savoir-faire, savoir-être) nous pose de nombreuses questions. Y a-t-il un intérêt à acquérir de nouvelles compétences ? Comment celles-ci et les nouvelles manières d’apprendre se concrétisent-elles dans les activités industrielles et commerciales, dans la culture, la santé et l’éducation ? Les résultats de certaines nations dans les domaines du développement économique et social sont-ils dus à de nouvelles manières de se former, d’enseigner et d’apprendre mais aussi d’organiser le travail ?  

La question est aussi de savoir si les compétences du XXIe siècle sont solubles dans notre organisation actuelle ? Doivent-elles être intégrées dans des disciplines (Faire enseigner la programmation une année au collège par les professeurs de technologie comme le propose le CNN dans son rapport Jules Ferry 3.0)[2] ou bien disséminées pour affirmer leur aspect transversal ? Enfin doivent-elles s’incarner dans de nouvelles disciplines ou de nouveaux programmes d’enseignement ?

Pour répondre à ces questions, il est urgent de définir les stratégies de développement pour l’acquisition des compétences du XXIe siècle. Toutes ces questions sont légitimes et de nombreux travaux de recherche transdisciplinaires devraient être menés pour éclairer la réflexion.  

En premier lieu il faut apprendre à affronter l’incertitude. Comme le souligne Edgard Morin, « La pensée doit s’armer et s’aguerrir  pour affronter l’incertitude.  Tout ce qui comporte chance comporte risque, et la pensée doit reconnaître les chances des risques comme les risques des chances » [3]. Nous devons mettre en œuvre des stratégies qui se définiront dans une adaptation des actions proposées aux probabilités de réussite et d’échecs, aux essais-erreurs rencontrés, aux tentatives multiples. Nous devons écrire des scénarios d’actions dont il faut accepter les changements nombreux, incessants, les avancées rapides et les parfois nécessaires retours en arrière.  Sans acceptation de l’incertitude, nous ne pourrons développer une démarche active. Il s’agira de tester, essayer, expérimenter et de mettre en œuvre de nouvelles compétences dans des contextes pédagogiques variés, évaluer l’intégration de celles-ci dans certaines disciplines, identifier les besoins en termes de lieux, de contenus et de méthodes à mobiliser. Cette stratégie doit se baser sur une innovation ouverte et ascendante qui mobilise toute la communauté éducative autour des mêmes actions structurantes.

Tout en respectant, les responsabilités de chacun, tous les acteurs doivent travailler ensemble sur les mêmes sujets et développer une attitude bienveillante envers chacun.

Mais de quelles connaissances et de quelles compétences parle-t-on ?

Les compétences attendues sont documentées par plusieurs organismes internationaux comme l’UNESCO, L’OCDE et l’Union européenne. Le bulletin de veille de l’Observatoire Compétences-emplois de l’Université du Québec à Montréal[4] livre une synthèse des référentiels définissant les compétences du 21ème siècle les plus partagées par les différents référentiels des organismes internationaux.  Il s’agit de la collaboration, la communication, les habiletés sociales et culturelles, la citoyenneté et bien évidemment toutes celles qui permettent de comprendre et d’utiliser avec raison les technologies numériques.
L’OCDE définit ces compétences dans leur adaptation aux marchés et par rapport à leur impact social[5]. Elles sont structurées autour de trois domaines reconnus par l’ensemble de la communauté internationale comme essentiels, la littératie, la numératie et la résolution de problèmes dans des environnements à fort contexte technologique.

Rien n’oppose cette typologie au « Lire, écrire, compter » et aux apprentissages fondamentaux du socle commun. Les passerelles entre les référentiels sont nombreuses et les compétences citées dans ces documents internationaux peuvent être facilement mis en œuvre dans des contextes d’éducation dans le temps scolaire et périscolaire.

Le réseau Canopé en rénovant ses espaces et ses services et en créant les cent ateliers Canopé a décidé de participer à ce mouvement et de mettre en œuvre des stratégies d’innovation ascendante basées sur l’engagement des acteurs de l’éducation. Le meilleur moyen de s’acculturer, de comprendre et de construire de nouvelles connaissances, compétences et attitudes passe par les usages des outils, des ressources et des services numériques existants. Il s’agit tout en appréhendant les potentialités éducatives  par l’usage et l’intégration dans la gestion de projets éducatifs globaux et locaux de mettre en œuvre les compétences du XXIe siècle.
Il s’agit pour le réseau, en proposant ces actions dans des lieux uniques, les ateliers Canopé, se développant autour des notions de living lab, de learning lab et de fablabs, de constituer autour des établissements scolaires, des équipes et des lieux propices à l’accompagnement du changement, à la rencontre d’autres acteurs mus par la même envie d’innover ou par la curiosité de comprendre les grandes évolutions liées au numérique. Il s’agit aussi d’acquérir par une action bienveillante les uns envers les autres de nouvelle manière d’opérer ensemble sans exclusion d’un acteur par rapport à un autre sur les sujets à traiter. Nous pensons que les usages pédagogiques des outils, ressources et services numériques intéressent tous les acteurs réunis autour des projets nationaux et locaux. Les élus, les personnels techniques des collectivités comme les associations d’éducation populaire sont à même de réfléchir sur les mêmes sujets d’apprentissage, de pédagogie et d’enseignement que les enseignants et les cadres dans une démarche d’innovation partagée et d’acquisition d’une culture commune basée sur les compétences du 21ème siècle. Sans cette construction alternative aux formes d’appropriation et de formation plus classiques, il y a peu de chance que la transférabilité vers les élèves se produise.

Il nous reste donc à construire à grande échelle des stratégies (où l’incertitude est assumée) et des programmes d’actions qui facilitent la connaissance, l’appropriation mais aussi l’exercice des compétences du 21ème siècle,  d’une manière bienveillante et active par tous les acteurs de la communauté en action.

 

[1] N. Schreck, Naissance d’un enseignement primaire républicain en France, Base numérique du patrimoine d’Alsace, (2012) http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/education_reichsland/naissance_primaire.php?parent=13

 

[2] Jules Ferry 3.0, Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique, CNN, 2014.
http://www.cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2014/10/Rapport_CNNum_Education_oct14.pdf

[3] E. Morin, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, UNESCO (1999). http://unesdoc.unesco.org/images/0011/001177/117740fo.pdf

[4] Les compétences du 21ème siècle, Observatoire Compétences-emplois, UQAM (2013). http://www.oce.uqam.ca/les-bulletins/109-competences-21e-siecle.html#3

[5]OECD Skills Outlook 2013. First Results from the Survey of Adult Skills, OECD (2013). http://www.oecdepublishing.org/multilingual-summaries/9789264204256-sum/html/9789264204256-sum-fr.html

BBLANDIN
#991, le 26/02/2015 - 20:38

Quelle place doit on accorder au numérique à l'école maternelle ? Doit-on travailler de nouvelles compétences ?

j'ai lu tous les défis, et sauf erreur, je n'ai vu qu'une fois la maternelle mentionnée.

Il me semble que si l'école est obligatoire à partir de 6 ans et qu'elle est gratuite, ce n'est pas pour rien: c'est bien parce qu'elle a, entre autre, pour "mission" de former les citoyens de demain (en quelque sorte, c'est une façon de construire /former des individus épanouis et capables de vivre en société), et la maternelle, qui n'est pas obligatoire, participe également à cette mission (pour la majorité des enfants de 3 à 6 ans qui ont la possibilité d’y aller.)

Etant enseignante en maternelle depuis plus de 25 ans, et complètement autodidacte en ce qui concerne l'usage du numérique, je me demande s'il n'y a pas des préalables incontournables avant l'apprentissage du numérique à la maternelle. Avant tout, il faudra prévoir des heures de formation pour le enseignants n’étant pas nés avec un ordinateur dans les mains…

 En tant qu’enseignante j’utilise des outils numériques (photos, visionnage de petits films faits en classe, enregistrements…) L'utilisation du numérique, fait donc  partie du quotidien de mes élèves, mais, paradoxalement, je ne considère l'usage de ces outils que comme un moyen supplémentaire d'appréhender la réalité de leur vécu, et comme un stimulateur de langage.

Le rôle de l’enseignant n’est-il pas avant tout de développer la curiosité, l’envie d’apprendre  pour comprendre le monde qui nous entoure?

Le petit d’homme a en lui des outils qui lui permettre d’entrer en relation avec le monde : il a 5 sens à développer, chacun lui permettant d’appréhender le monde de façons différentes ;

Le petit d’homme a la capacité de communiquer avec les autres, de décrire et de dire le monde grâce à son langage.

Le rôle de l’enseignant, et des adultes qui l’entourent (parents, éducateurs, famille), n’est-il pas de l’aider à utiliser ces outils (5 sens, langage)  pour lui permettre de former sa pensée  , de devenir autonome, et de vivre en société plus tard ?

L’école maternelle  a certainement un rôle à jouer  dans ce sens  pour permettre à tous les enfants de grandir  dans de bonnes conditions de façon équitable, (les nouveaux programmes vont dans ce sens). Mais doit-on apprendre à l’école maternelle à utiliser un ordinateur ou une tablette (qui n’est ni plus ni moins qu’un petit ordinateur portable) ? Est-ce une priorité ?

 Car, est-ce bien utile de savoir utiliser un ordinateur si on ne comprend pas ce qu’on lit ? si on ne sait pas mettre en relation diverses données pour se faire une opinion ? si on ne connait de la réalité que sa représentation  (images, photos) ?

Mettre en place le langage,  tous les prérequis à la lecture, l’écriture, le calcul, l’organisation de sa pensée, nécessite beaucoup de temps et mobilise énormément d’énergie de la part des enfants, et, est indispensable à l’acquisition des connaissances et à la  maitrise d’outils (tels la lecture, l’écriture, les activités mathématiques et scientifiques) abordés en école élémentaire.

Pour pouvoir comprendre des données, prendre de la distance, avoir un regard critique, il faut déjà avoir une idée de la réalité, pour la différencier du virtuel. À quel moment l’enfant fait-il cet apprentissage ?à quel moment se construit-il ces savoirs ?

C’est à travers les activités de découverte du monde  (au sens large) qu’il pourra exercer ces compétences, mais pour certains enfants l’école n’est pas le seul lieu d’apprentissage ; il faut donc prendre en compte la situation de chaque enfant et permettre à tous ceux qui n’ont pas accès à ces savoirs et savoir-faire (pratique d’une activité culturelle, visite d'expositions etc…) au sein de leur famille, de les acquérir ou de les renforcer à l’école.

Et ,pour pouvoir confronter ses idées avec celles des autres, il faut entrer en relation avec l’autre : accepter de partager la parole, s’exprimer clairement, dire ce que l’on ressent, accepter de vivre avec l’autre. Le contact direct n’est-il pas dans un premier temps la meilleure manière d’y arriver ? Le numérique  (MSN, Chat, mail, réseaux sociaux...) aura bien le temps de jouer son rôle d’intermédiaire (ou d’écran  protecteur?), dès le collège, voire, dès l’école élémentaire. Apprendre à vivre ensemble, n’est –il pas une priorité d’actualité ?

Sans compter que le petit d’homme a un corps, qui lui aussi, a besoin de se développer pour lui permettre d’agir dans le monde. La maternelle est là aussi pour lui apprendre à maitriser ses gestes,  à l’initier au respect de son corps (hygiène, alimentation) et du corps de l’autre..

En conclusion : le développement de la curiosité, de l’envie d’apprendre, du respect de soi et des autres, l’acquisition du langage, sont des apprentissages fondamentaux et incontournables. Faut-il y rajouter un volet de compétences numériques ?

Avant tout, n’oublions pas que les élèves de maternelle sont des  jeunes enfants qui ont besoin de temps pour jouer / imaginer, pour manipuler / expérimenter, et pour comprendre la réalité.

Martin Passard
#481, le 29/01/2015 - 22:12

L'informatique à l'école, oui, mais dans de bonnes conditions

Bonjour.

En tant qu'élève en première Science de l'Ingénieur, passionné d'informatique, je souhaiterai vous faire part d'une réalité du terrain qui semble ignorée par le ministère.

 

Syntec Numérique
#1114, le 09/03/2015 - 13:01

Du rôle de l'Etat: impulser et consolider un ecosystème E-Educatif

L’expression de la volonté politique dans ce domaine, maintes fois affirmée, est nécessaire pour franchir une étape décisive de la transition numérique de l’école et des enseignements. Cependant, face à l’importance et aux défis de cette mutation, elle ne peut être suffisante, sans envisager la méthode et la gouvernance.  La réussite de cette transition numérique, massive et rapide, est conditionnée par la réaffirmation de la nécessité d’un pilotage au-delà des contingences et lenteurs administratives traditionnelles et d’entités trop souvent cloisonnées.

L’Etat a donc un rôle fondamental d’impulsion et d’encadrement, par le biais de son plan numérique annoncé et au-delà de l’organisation du système scolaire largement décentralisé/déconcentré. Pour une réalisation rapide, homogène et respectant le principe de l’égalité de cette ambition, l’Etat doit s’impliquer directement. Deux points de vigilance ci-après :

a) L'emploi des données

Un des rôles essentiels de l’Etat est de définir la finalité de l’usage des données personnelles des élèves, leur emploi et les limitations à cet emploi. L’Etat est le gardien de l’intégrité de l’école comme sanctuaire du savoir et de l’apprentissage.  L’interdiction de l’utilisation des données personnelles des enseignants et des élèves à des fins de ciblage marketing est une option pertinente. A cet égard, les normes internationales restrictives de protection des données personnelles et de la vie privées dans le Cloud ont prouvé leur qualité.

b) Neutralité et égalité dans l'accés aux marchés publics

Face aux déploiements prévus, au préalable, vis-à-vis de l’écosystème entrepreneurial et des procédures de la commande publique, deux principes sont à réaffirmer :

  • Neutralité technologique de l’adjudicateur public
  • Obligation de lancer des marchés publics afin de mener un dialogue compétitif avec l’ensemble des acteurs de l’offre au regard des besoins.

Syntec Numérique sera particulièrement vigilant sur ces points gages d’un égal accès, sans discrimination, à l’ensemble des acteurs. Ainsi, l’adjudicateur public, dans sa stratégie d’achat, doit d’abord arrêter ses choix en fonction de la finalité des logiciels et la destination de leurs usages. A cette fin, quelle que soit le mode de licence, la procédure de dialogue compétitif ouvert devrait être généralisée dans les marchés publics afin que les avantages des différentes solutions en compétition éclairent le choix de l’adjudicateur public en fonction des finalités et des usages comme principaux critères.

Syntec Numérique
#1111, le 09/03/2015 - 12:53

De l'urgence d'agir

Syntec Numérique a salué de la convergence de vue de notre écosystème, du monde éducatif et de la sphère politique sur la nécessité d’enseigner l’informatique avec une démarche ciblée dans chaque cycle et de diffuser à l’école la littératie numérique. Cette convergence résonne en écho aux propositions formulées par Syntec Numérique en janvier 2014 pour un plan national de formation, pour et par le numérique, afin d’accélérer la diffusion des compétences nécessaires dès le plus jeune âge : initiation au numérique à l’école primaire dans le programme et dans le cadre du temps périscolaire, généralisation de l’ISN à toutes les filières, information sur les métiers du numérique (…)

L’ouverture précoce aux grands concepts de la science et technique informatique est essentielle, et répond à deux enjeux majeurs :

  • donner aux élèves les clés de compréhension monde qui les entoure et leur permettre de devenir des acteurs de cet écosystème et non plus de simples consommateurs du numérique ;
  • permettre aux élèves d’accéder aux nombreux emplois futurs pour lesquels la connaissance des savoirs numériques sera indispensable

Les Français croient aux vertus du Numérique…

Les Français sont convaincus de l’intérêt et de l’impact de l’apprentissage du numérique, voulu par le Président de la République. Le numérique à l’école est perçu comme une priorité par les Français, et aujourd’hui les pouvoirs publics sont invités à agir, non pas à seulement poursuivre des « expérimentations ». D’après un récent sondage ODOXA-Syntec Numérique, les Français ont pleinement conscience que la diffusion du numérique à l’école permet de conjuguer :

  • un bénéfice direct pour l’insertion professionnelle pour 87% des sondés
  • un impact direct sur la constitution d’un esprit critique pour 76% des sondés

Ils expriment une  attente forte,  que l’Education Nationale doit consacrer définitivement en intégrant le numérique dans ses enseignements par la création d’une matière dédiée à son apprentissage, option plébiscitée par 58% des Français.

Cette diffusion du numérique à l’école répond à la nécessité d’insertion, sociale et professionnelle, des jeunes, mais également à la constitution d’une génération citoyenne en prise avec la modernité.  Nous appelons de nos vœux une mobilisation générale des entreprises, de l’ensemble des acteurs (organisations professionnelles, ministères, communes et politiques)  pour que les actuelles grandes déclarations de principe soient déclinées en actions concrètes et d’envergure !

Un retard constaté, un déploiement a réalisé

Or,  dans cette même enquête, 70% des français considèrent que notre pays est plutôt en retard que les autres pays développés en matière de numérique à l’école.

Syntec Numérique appelle donc de ses vœux le passage des déclarations aux actes, et interpelle les pouvoirs publics afin qu’ils agissent concrètement et largement, au-delà des expérimentations, demandes de rapports et consultations diverses. En effet, nous constatons que la mise en œuvre du grand plan sur le numérique à l’école annoncé par le Président de la République en septembre 2014 tarde à se concrétiser. L’impulsion publique, au regard de la manière dont est organisé le système éducatif, est déterminante à la création un appel d’air pour soutenir un écosystème e-éducatif en cours de consolidation. Ce plan est par ailleurs une opportunité pour les entreprises de l’écosystème numérique français et donc aussi être envisagé dans la perspective d’une politique industrielle de soutien à des champions nationaux capables d’exporter.

La transition numérique concerne toutes les dimensions de la formation : ce qui est enseigné (informatique, littératie, humanités numériques, etc.), les méthodes d’enseignement (projet, essai-erreur, etc.), les supports d’enseignement, les formes d’évaluation (notamment via l’analyse des données éducatives et les services adaptative learning et learning analytics) et de certification, les compétences visées, les nouveaux canaux pour délivrer la formation (enseignement à distance, MOOCs, etc.). Afin d’être efficace, ce plan doit  anticiper toutes ses mutations et leurs conséquences induites.

 

taddei philippe
#1106, le 08/03/2015 - 23:29

Travailler les compétences de demain, pas les techniques obsolètes

Les NTIC sont des outils dont la caractéristique commune est de décupler la capacité de leurs utilisateurs à communiquer, à s'informer.

L'école est chargée de préparer les élèves à demain. Que savons nous de demain?

  • la maîtrise des compétences en communication sera essentielle dans la vie quotidienne,
  • les outils d'aujourd'hui seront obsolètes.

Il me semble donc essentiel de ne pas axer le travail sur les NTIC, mais sur le développement des compétences en communication (collaboration, échange, expression, argumentation), avec ou sans NTIC, comme c'est le cas dans certaines classes coopératives.

Je pense donc que l'enseignement des NTIC doit se réduire à:

  • une "ASSR" (Attestation Sur la Sécurité des Réseaux), qui souligne le droit, les problèmes et dangers spécifiques aux NTIC,
  • quelques fonctions (traitement de texte, mail) en restant suffisamment général pour ne pas tomber sur les spécificités d'un produit (tous les traitements de texte ont les mêmes grandes fonctionnalités, idem pour les clients mail ou les navigateurs).
michele drechsler
#1103, le 08/03/2015 - 23:00

Intégrer la programmation dans les programmes de l'école primaire

Quels sont les enjeux d'un tel enseignement ? Au 1D ?

À l'heure de la société de la connaissances où il est important que chaque citoyen ne soit pas un simple consommateur de technologie, nous avons des défis à relever autour des sciences du numérique et de l'informatique qui devraient avoir la même place que les sciences de la vie et de la Terre dans la formation d'un individu. L'égalité des chances du XXIe siècle passe par une éducation au numérique et il est crucial de pouvoir développer une éducation au numérique afin de donner aux jeunes élèves une maîtrise progressive du numérique, d'observer, d'étudier « la grammaire » du numérique, de créer et coder des objets numériques. .Le code est omniprésent et il est crucial que les élèves puissent décrypter, comprendre le monde numérique dans lequel ils seront amenés à agir. Comme l'a précisé Fleur Pellerin en 2013, « Parce que nos enfants deviendront adultes dans un monde où, soit ils programmeront, soit ils seront programmés ». Pour en savoir plus :

Voir le rapport européen pour lequel j'ai contribué sur l'intérêt et l'urgence à intégrer cet enseignement à l'école primaire et au collège ( Rapport avec INRIA et Collège de France)

Rapport européen http://www.informatics-europe.org/images/documents/informatics-education-europe-report.pdf. Voir aussi l'article que j'ai écrit pour la société française de l'informatique. Analepse et prolepse pour une science du numérique à l'école. http://binaire.blog.lemonde.fr/2014/05/13/analepse-et-prolepse-pour-une-science-du-numerique-a-lecole/

Quels contenus devraient porter cette formation ? Au 1D ?

Beaucoup de pays comme l'Estonie, l'Angleterre, ont pris l'option d'intégrer des curriculum dans le domaine des sciences du numérique. L'Angleterre a défini un curriculum autour des sciences du numérique.. Il est important de pouvoir développer « le computational thinking » (La pensée informatique chère à Seymour Papert). La fondation internationale « ISTE » a mis en place un référentiel de compétences pour les enseignants, les élèves.1 http://www.iste.org/docs/pdfs/20-14_ISTE_Standards-CSE_PDF.pdf..L'Angleterre a lancé un Curriculum Primary - National Curriculum Guidance, 2014 2 Il nous faut définir un référentiel de compétences, ou un curriculum autour des sciences du numérique.dès l'école primaire Cf le travail mené par le CAS 3 en Angleterre. Il nous faut définir les parcours, les projets à proposer aux élèves tout au long des cycles, afin de développer une culture du numérique, et construire des notions dans le domaine des sciences du numérique. Définir des outils et des documents d'accompagnement des enseignants suite à mise en place des nouveaux programmes et le socle de compétences et de connaissances et de culture.

Quel périmètre devrait couvrir cet enseignement ? Au 1D ?

Pour construire des notions autour des sciences du numérique et une « digital literacy », il est important de proposer aux élèves des situations de communication, de création, des projets de programmation dans différents contextes de production, tout au long de la scolarité. Les travaux de Michèle Drechsler, Robotique au cycle3 (Jury de CAFIMPF) en 1986 nous montrent les apports des activités de programmation dans le domaine des compétences transversales « apprendre à apprendre », l'art de résoudre des problèmes avec du numérique via un ordinateur.

Quelle articulation avec les autres disciplines ?

Comme le précise Seymour Papert, la pensée informatique est une combinaison de la pensée critique, la créativité ; la résolution de problèmes, la communication,  la collaboration et de l'informatique. Les activités de programmation sont transversales et rentrent dans le cadre d'un projet. Elles mobilisent des activités autour de la création, du raisonnement, et de la logique. Elles ne peuvent faire l'impasse d'activités autour du langage, l'expression orale et des étapes autour de l'analyse de l'erreur. ( Expliquer, argumenter, vérifier, forrmuler, corriger). Voir mon article Pour une éducation cognitive autour de l'erreur à l'école.. La place de la programmation. http://fr.calameo.com/books/0003022617ba72e73eeb7 .

Les projets et les activités intègreront des notions ou des connaissances à construire progressivement, en s’appuyant sur une « grammaire informatique » en interaction avec l’environnement, pour développer chez les élèves, des aptitudes à décrypter les enjeux des applications informatiques dans la société et utiliser le numérique d’une façon plus maîtrisée., et plus éclairée.

Niveau d'introduction :  La maternelle, le primaire en général.

Voir extrait de mon diaporama présenté le 07-10- 2014 aux IEN TICE.

http://fr.calameo.com/books/000302261758b241f605d

Voir les exemples de projets de programmation au primaire (veille académique Orléans-Tours -Programmation au primaire http://www.scoop.it/t/programmation-a-l-ecole-primaire

Quelles modalités d'enseignement pourraient être recommandées au 1D ?

Il est important de pouvoir :

-établir un portfolio autour des sciences du numérique en construisant des concepts qui doivent se mettre en place progressivement,

- de construire des parcours autour des sciences du numérique au même titre que des parcours en arts. Ils reposeront sur différents projets,

- de développer des projets porteurs de sens et adaptés au niveau des élèves. Cf les vidéos jointes au diaporama.

Lieux d’expérimentation dans votre académie

Suite à la réunion organisée par l'IEN-CTICE 1 degré le 06 et 07 Octobre 2014 , ce chantier a été lancé dans toute l'académie avec les 6 départements. http://fr.calameo.com/books/000302261758b241f605d ( Lieux seront communiqués dans un tableau académique récapitulatif en cours de montage).

1Référentiel de compétences des sciences du numérique ISTE http://www.iste.org/docs/pdfs/20-14_ISTE_Standards-CSE_PDF.pdf

2 http://www.computingatschool.org.uk/data/uploads/CASPrimaryComputing.pdf

3Primary - National Curriculum Guidance, 2014

http://www.computingatschool.org.uk/data/uploads/CASPrimaryComputing.pdf

Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1092, le 08/03/2015 - 15:22

Identifier les compétences de demain, ou bien, être en mesure de les apporter aux jeunes le moment opportun ?

"Les (...) jeunes utilisent chaque jour [les technologies numériques] pour leurs études ou pour leurs loisirs.

La très grande majorité d’entre eux (...) croit que l’utilisation de ces technologies leur fournira les compétences nécessaires pour leur vie professionnelle future.

[Or] la plupart des métiers, à l’horizon de 2050, n’existent pas encore aujourd’hui".

"La question qui se pose est donc de savoir quelles sont ces compétences nouvelles auxquelles l’École doit préparer les élèves ?"

Et si on posait la question

"comment l'école doit-elle se préparer pour être capable, le moment opportun, d'apporter aux jeunes les compétences pour les métiers de demain et qui (les compétences) n'existent pas encore ?

Si certains métiers n'existent pas encore aujourd'hui, certaines technologies d'aujourd'hui n'existeront plus demain.

Jean-Michel Crosnier
#1090, le 08/03/2015 - 11:14

L'Ecole au défi de l'humanisme numérique

Nous comprenons que les métiers de demain seront soit nouveaux parce que la société voit les transformations technologiques s'accélérer, soit des métiers déjà existants mais profondément transformés par le numérique, ici les algorithmes et le code. Quelles compétences alors l'Ecole pourrait-elle bien dans ces conditions mettre en oeuvre ?

Un grand défi est lancé à l'Ecole.

Est-elle la mieux placée pour y répondre ? Rien n'est moins sûr, car si l'institution scolaire est la fille de la république égale pour tous, qui a su produire les élites républicaines que l'on sait. elle a été construite sur un modèle centralisé et vertical, qui se révèle difficilement en phase avec la 3ème révolution industrielle issue de l'informatique. Celle-ci a engendré de nouveaux géants tout juste âgés de quelques décennies - parfois moins, nés d'individus n'ayant pas terminé leurs cursus universitaires. 

D'autres acteurs vont se positionner : 

Les citoyens, également parents, les entreprises vont proposer, impulser, choisir des modèles, des voies alternatives.

Les médias vont populariser ces alternatives souvent considérées comme plus simples, mieux adaptées, plus économiques pour le consommateur-citoyen, et qui bousculent les positions traditionnelles. Ici et là des alternatives commerciales apparaissent : des fonctions algorithmiques proposent des tâches automatisées d'apprentissage et se positionnent déjà en remplaçants d'une partie du travail enseignant... 
Vont-ils attendre que l'Ecole réussisse à être le planificateur des compétences scolaires comme l'Etat cherche encore à être celui de l'économie numérique ? 

L'Ecole peut-elle courir après Google, ou freiner des quatre fers en sanctuarisant son territoire ? Doit-elle s'adapter ? 

Si s'adapter c'est se rappeler qu'elle a à former d'abord des citoyens, alors oui. Si le citoyen de demain est un cyber-citoyen, il faut que l'Ecole le forme aux "humanités numériques" (Milad Doueihi, "Pour un humanisme numérique", Seuil, 2011)

  • Aux côtés de la culture qui nous a été transmise et que nous devons chérir et défendre, le jeune devra acquérir ces "habilités" qui feront de lui un praticien informé et critique des outils et des valeurs sociétales de son temps.  Ces humanités numériques comprennent la connaissance du code, nouvelle littéracie, qui devra être accompagnée d'un enseignement juridique et philosophique. 
  • Faut-il pour cela créer une nouvelle discipline "numérique" ? Le nouveau socle commun proposé par le Conseil supérieur des programmes et son président Michel Lussault a supprimé le pilier "numérique" qui se traduisait jusqu'ici par une certification au collège avec le B2i (Brevet informatique et internet) obligatoire pour l'obtention du Brevet des collèges. Si les attendus du B2i étaient méritoires, puisqu'aux côtés de compétences techniques, celui-ci proposait l'acquisition de notions éthiques novatrices, ce fut un fiasco pédagogique et culturel... On comprend que le numérique est censé irradier tout le spectre des compétences attendues par le nouveau socle, mais comment et sous quelle forme ?

 Quelques pistes pour l'avenir proche : 

  1. Des professeurs volontaires pour une formation en culture numérique qui ne seraient pas seulement des professeurs d'une discipline : nous avons besoin de mécaniciens, d'ingénieurs, de réparateurs, de formateurs, de penseurs du numérique ! A terme toutes les disciplines devraient s'en emparer...
  2. Des pratiques pédagogiques dans les disciplines existantes qui intègrent cette littéracie numérique de façon active (outils numériques en classe, travaux et projets collaboratifs, production et évaluation autant écrite qu'orale - cette dernière compétence étant anormalement absente des examens scolaires,  alors que l'interaction écrit-oral joue un rôle de plus en plus central dans nos vies professionnelles. 
  3. Des espaces numériques réactifs aux évolutions technologiques et aux usages nouveaux, simples d'emploi, dont la "réussite" ne se limite pas aux tâches administratives chronophages (appel, cahier de textes), qui intègrent l'écriture collaborative par exemple.
  4. Des outils simples (smartphones et tablettes), qu'il serait bon que l'on arrête de considérer comme des outils uniquement ludiques, interdits par les règlements intérieurs, en réservant les stations fixes à des tâches plus spécifiques. 
  5. Des espaces mobiliers et immobiliers permettant à la fois le regroupement des élèves (cours magistraux) et leur éparpillement (TP, recherches, tutorat, entretiens). 
  6. Des horaires à revoir, car conçus en fonction de programmes encyclopédiques et fractionnant le savoir, devant être accompagnés de règles précises sur les limites à l'externalité du travail, le numérique rendant opaque la séparation travail-maison. 

Tous nos  schémas de fonctionnement et de pensée risquent d'être bousculés ; soyons ouverts à la modernité tout en étant attentifs à ses abus et à ses pièges.

 

 

Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1084, le 08/03/2015 - 03:37

Former les 470 000 enseignants du secondaire aux bases des langages web (HTML5, CSS et javascript)

Si le sujet de la présente consultation est également les compétences des enseignants.

L'usage de cette compétence serait de pouvoir transformer un blog acceptant du code utilisateur en un outil d'édition et de production de modules de cours en ligne (video + quiz).

Avec cette compétence, les 470 000 enseignants disposeraient dès à présent d'un outil personnel gratuit [1] d'auto-édition et d'auto-publication des modules de cours en ligne (vidéo + quiz).

 

[1] Gratuit : sous réserve d'un PC et d'un accès internet, l'outil est gratuit pour l'enseignant, les familles des élèves, les collecivités locales et l'Etat.

Cette innovation, frugale, a été élue Trophée innovation numérique par une association professionnelle revendiquant plus de 4000 responsables informatiques membres.

accès au journal du projet produit cet outil

Anna Maria Casella
#1055, le 06/03/2015 - 17:10

Faire en sorte que les professeurs maitrisent le numérique dès la sortie du concours

Il faut utiliser le numérique dans notre pratique d'enseignants non seulement parce que c'est incontournable dans notre société mais surtout parce qu'il serait absurde de ne pas profiter de la multitude de possibilités pédagogiques qu'il nous offre.A mon avis,le concours des futurs professeurs devrait comporter une épreuve concernant l'exploitation du numérique en classe.Nous nous devons d'évoluer avec nôtre époque et surtout de parler le même langage des élèves.Les outils incroyables que nous avons à notre disposition nous permettent de développer un enseignement plus collaboratif,qui. Implique vraiment les élèves et les fait évoluer,leur permet d'être créatifs et surtout actifs.Un enseignant doit donc posséder des compétences dans le domaine du numérique pour l'intégrer à son enseignement et le transmettre.Il existe de nombreux outils à faire découvrir aux apprenants ce qui peut contribuer à leur motivation et compléter leur formation.
Les enseignants doivent impérativement les maîtriser afin d'apprendre à leurs élèves comment les exploiter au niveau scolaire pour avoir plus de facilités au niveau professionnel .Nous sommes encore bien loin du Web 3.0.

Association FADBEN
#1045, le 06/03/2015 - 08:48

La formation comme temps de régulation ?

L'une des caractéristiques du numérique réside dans l'extrême mobilité de ses objets dans le temps. Il en résulte une réelle difficulté à adapter ses transformations rapides au rythme plus lent de l'école, notamment lorsqu'il s'agit de faire acquérir des savoirs aux élèves. A cette fin, l'articulation des formations initiale et continue est susceptible d'apporter une cohérence à l'ensemble, sur laquelle les enseignants devraient pouvoir s'appuyer.

Si l'entrée disciplinaire est privilégiée, la question d'une matrice conceptuelle sur laquelle mettre en œuvre cette formation est posée pour les professeurs documentalistes, dont l'enseignement est en construction. Dans la continuité de la publication Vers un curriculum en information-documentation (1), l'entrée par les quatre champs extraits des travaux du GRCDI (2) est une nouvelle fois structurante :

  • Environnement informationnel et numérique,
  • Processus d'information et de documentation,
  • Recul critique sur les TIC, les médias et l'information-documentation,
  • Responsabilité légale et éthique face à l'information.

L'articulation du numérique avec ce modèle qui renvoie à des savoirs de référence issus des SIC s'appuie sur un ancrage épistémique stabilisé, à même de soutenir les transformations rapides des objets numériques. La formation initiale, dans les Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPÉ) notamment, doit pouvoir s'emparer, ou du moins s'inspirer de ce modèle pour préparer les professeurs documentalistes à concevoir leur mission enseignante selon ces rythmes différenciés. La réflexion engagée sur les programmes, dans la continuité des travaux du Conseil Supérieur des Programmes (CSP), peut être un temps fort dans la définition de contenus qui participent de la construction d'un enseignement. Ce qui impliquerait de repenser les épreuves du CAPES de Documentation, en préalable à l'élaboration des matrices de formation dans les ESPÉ.

La formation continue peut être ici à penser comme une régulation apportée en réponse aux transformations engendrées par le numérique. Il suffit en partie, pour cela, de dépasser la stricte dimension outil, dont on sait la versatilité dans les usages et les conditions d'utilisation, pour faire acquérir aux élèves des savoirs. Une nouvelle fois, la matrice conceptuelle présentée ci-dessus a un effet structurant. Elle permet de concevoir des situations transférables aux conditions particulières de l'environnement numérique. On notera d'ailleurs que le numérique, s'il est explicitement nommé dans le premier axe de cette matrice, est aussi présent, implicitement, dans les trois autres axes.

Notre approche est systémique. Elle s'appuie sur la recherche et les pratiques professionnelles, en considérant les innovations techniques et pédagogiques, qui ne sauraient se soustraire à une lecture critique d'expérimentations et de modèles peu soumis à l'étude et pourtant approuvés, semble-t-il, sans réserve. Les 3C, en prenant l'innovation pour une fin et un moyen, génèrent un modèle instable, fondé sur la permanence de ses mutations, qui est incompatible avec le temps long nécessaire à l'acquisition de savoirs par les élèves. Nous lui préférons un modèle fondé sur une approche distanciée du numérique, dont les apports soient associés aux savoirs de l'information-documentation, afin de donner à l'ensemble une cohérence durable qui puisse donner lieu à des formations qui, par leur mise en œuvre, ont un effet d'entraînement.

 

NOTES

(1) FADBEN. Vers un curriculum en information-documentation. 2014. Disponible sur : http://www.fadben.asso.fr/Vers-un-curriculum-en-information-346.html

(2) GRCDI. Douze propositions pour l'élaboration d'un curriculum info-documentaire. 2010. Disponible sur http://culturedel.info/grcdi/?page_id=236

@nnie
#524, le 31/01/2015 - 22:38

Et si on revisitait l'apprentissage de la lecture?

Tout d'abord pour ma première contribution je souhaite dire Merci à tous ceux et celles qui ont contribué à creer cette concertation et merci Madame la ministre pour votre  phrase que je garderai  en mémoire "Une situation exceptionnelle appelle des mesures nouvelles"

Et si on revisitait l'apprentissage de la lecture?

Lire un livre et lire une page web, est ce les mêmes mécanisme de decryptage de l'information qui sont utilisés? Non, un livre se découvre par une lecture ligne à ligne, alors qu'une page d'un site web demande une autre stratégie de lecture.L'école de demain doit permettre à tous les élèves de developper des stratégies de lecture de tout support dont les supports numériques.

L'apport des neuroscience peut beaucoup nous apprendre sur ces nouvelles techniques d'apprentissage de la lecture. Alors le débat lecture globale et sylabique serat-il dépassé? Non bien sur mais d'autre techniques de lecture digitale devront être enseignées pour permettre aux élèves de décoder l'information.

 

Luciel
#197, le 22/01/2015 - 10:34

De quelles compétences l'école va t'elle (est elle) s'armer?

Comment enseigner des savoir faire, sans attitude citoyenne face aux nouvelles technologies?

  • comment seront choisis les tablettes,
  • par qui,
  • qu'elle veille technologique réelle est faite dans l'éducation nationale,
  • est elle capable de passer un marché à son avantage avec un géant des nouvelles technilogies,
  • quels seront les impacts sociétaux d'un tel accord, suicides en asie, la pollution, le transport depuis le lieu de production, les emplois créer en France et leurs pérénisations
  • qu'elle pérénité peut on esperer à l'époque ou un terminal n'est plus suivi après 18 mois dans le meilleur des cas,
  • comment gérera t'elle sont parc quand dans mon établissement on vient de passer à windows 7 alors que deux versions majeures du système sont sorties depuis,
  • sans parler de l'inter-opérabilité, des services enlignes, des logiciels libres, éducation au droits d'internet...

Un petit listing qui n'a pour but de faire réfléchir et pas de troller, merci

@nnie
#525, le 31/01/2015 - 22:43

"Comment trouver du boulot avec les réseaux sociaux? " (parole d'élève)

Pour décrocher le sesame de l'emploi, rien de mieux que le bon vieux CV et la lettre de motivation? Oui c'est encore le cas, mais demain?

Les réseaus sociaux sont devenus des outils indispensables pour piloter sa carrière ou se faire repérer par un recruteur. Dans certains secteurs comme le marketing ou la communication les recruteurs disent qu'ils vont d'abord voir les sites facebook des candidats. En indistries les patrons expliquent qu'ils cherche les candidats sur les "hashtags" des twitt. Twitter est devenu un outil de veille et d'information pour les jeunes en recherche d'un premier emploi.

L'école de demain est celle qui arme les élèves à trouver un emploi en se servant des réseaux sociaux. Il faut certes apprendre aux élèves à monter un CV, mais surtout à compléter leur site facebook, pour être employable, ou à poster leur CV sur un réseaux social. Dans un futur proche ce seront les recrutements mobiles qui prendront le relais.Ces nouvelles pratiques évoluent sans cesse et  nous nous devons de l'intégrer dans nos enseignements.Dans certaines écoles de commerces des plateformes existent en accès libre pour les employeurs qui contactent les candidats.

Le défis du numérique est de former tous les élèves à la pratique stratégique des réseaux sociaux pour maximaliser leur chance d'y trouver des stages et des emplois .

 

Sébastien Domergue
#358, le 25/01/2015 - 11:05

L'utilisation plutôt que la programmation

Après plusieurs annonces et articles, je pense qu'il y a plusieurs niveaux à différencier dans l'apprentissage du numérique à l'école. Je suis chef de projet Web, je pense donc pouvoir parler en connaissance de cause.

L'utilisation des outils

L'outil numérique s'est diversifié, complexifié et surtout imposé dans notre quotidien. Je pense donc qu'il est important d'en faire son apprentissage. Je pense également qu'il s'agit du point le plus important car il faut apprendre les "bases" (traitement de texte, tableur, emails, internet) tout en sensibilisant les élèves aux risques, surtout sur les réseaux sociaux. Le problème n'est pas l'outil en lui-même mais les informations données volontairement par les utilisateurs sans connaissance de ce qui en sera fait (photos, messages publics, localisation...). On sensibilise déjà les élèves au code de la route, cela serait dans la continuité.

La création de l'outil numérique

Il s'agit du point qui me dérange le plus. J'ai lu sur plusieurs articles qu'il était envisagé d'apprendre la programmation à l'école et cela est à mon sens une erreur. Avant tout, la programmation est multiple tant par les technologies employées que par les modes de programmation (impérative, fonctionnelle, orientée objet). Si une méthode de programmation devait être choisie (car je doute qu'il soit possible d'en faire plusieurs en parallèle vu le temps imparti), elle serait au mieux parcellaire, au pire carticaturale. La programmation, que ce soit pour réaliser un programme ou pour "créer du contenu web" nécessite une méthode, la compréhension des structures utilisées. Je ne pense pas qu'un élève de primaire ou de collège saisisse les notions de fonction ou de balises html par exemple. Pour la première il faut avoir un bagage mathématique et pour la seconde, il faut comprendre la syntaxe associée. Un exemple parmi tant d'autres est la multiplication : en primaire on apprend que multiplier un nombre par 2 est équivalent à l'additionner avec lui-même. Il s'agit du concept de boucle en programmation mais les élèves apprennent les tables par coeur et n'assimilent pas nécessairement l'idée de boucle.

Pour reprendre mon analogie précédente, on sensibilise les élèves au code de la route mais on ne leur demande pas de savoir tracer les routes ou bien de construire une voiture. De plus, la programmation devrait être maitrisée par les professeurs. Je parle ici de maitrise et pas d'une formation express. Ce n'est pas un hasard si pour former des développeurs, la formation post bac prend au minimum 2 ans.

En revanche, l'apprentissage de l'algorithmique pourrait être bénéfique dans ce contexte. Cela permet de structurer son raisonnement tout en étant agnostique du système de programmation utilisé. Par contre là aussi cela suppose une rigueur mathématique préalable.

yann4201
#24, le 20/01/2015 - 15:39

Ajouter le développement logiciel aux programmes scolaires

De la même façon que les programmes scolaires contiennent la SVT ou l'Histoire qui nous aident à comprendre le corps et le monde dans lequel nous vivons, il me semble essentiel que les jeunes puissent comprendre le fonctionnement des technologies qui nous entourent de plus en plus.

Comment démystifier l'outil informatique sans en aborder le fonctionnement interne ? Comment apréhender la complexité de ces logiciels (qui paraissent tellement simples et en plus sont gratuits de nos jours) sans mettre "la main à la pâte" ? Comment avoir les idées de demain si les logiciels d'aujourd'hui sont de la "magie" pour nous ?

L'enseignement de l'informatique est malheureusement souvent réduit à l'enseignement de l'outil informatique (maitrise de Word et PowePoint) qui sont un aspect utile de notre vie, mais non essentiel. Il faut pouvoir créer les startups de demain qui iront concurrencer les géants comme Google et Amazon. Tant que nous (Français) nous contenterons de dénigrer ces géants américains, le monde continuera de se faire sans nous.

Il me semble essentiel que les enfants apprennent à programmer comme ils apprennent les maths, du CP à la terminale. Les programmes doivent aborder les bases et ne pas uniquement se focaliser sur des problèmes mathématiques (suites de Fibonacci...) au risque de décourager ceux qui ont des difficultés en maths mais pourraient briller en développement logiciel.

Aujourd'hui enseigner la programmation peut se faire avec très peu de moyens (pas de licences logicielles à acheter...). Reste à :

  • former des professeurs au développement logicel et/ou à 
  • former d'anciens ingénieurs en logiciel à la pédagie.
Lor Bassah
#513, le 31/01/2015 - 11:06

C'est l'école qui doit s'adapter aux demandes du monde professionnel

Il est indispensable que l'école adapte son programme aux évolutions de la société. Les enfants doivent être formés sur les dangers mais aussi les opportunités des nouvelles technologies. Je pense que dés le primaire il faut les sensibiliser aux nouvelles technologies et à toutes les possibilités que l'on a sur internet. 

Aujourd'hui dans un grand nombre de métier on demande des bases en informatique ou encore juste savoir utiliser internet. Tous les enfants disposant d'internet connaîtront internet cependant ils ne seront pas l'utiliser d'autant plus si leurs parents ne l'utilisent pas. C'est à l'école de leur apporter ce savoir en les formant sur les dangers et les possibilités de cet outil.

Je pense qu'internet doit également faire parti de leur culture c'est indispensable pour que la France continue (ou du moins essaie) d'être compétitive. C'est à l'école de s'adapter pas aux élèves. Les programmes ne sont pas assez mis à jour. Oui ça demande des budgets et du temps mais il faut que l'école soit un endroit dans lequel les jeunes générations apprennent et échanges sur le monde qui les entoure. Il faut que l'école donne envie aux élèves d'apprendre. Pour cela l'adaptation du programme de l'école est indispensable. Je pense même à une autre manière d'apprendre. Par exemple un jeu conçu en France par une entreprise française qui parle de l'histoire de la France (la guerre de 14-18) de façon ludique mai aussi histoire. Pourquoi ne pas avoir intégré ce jeu français dans les classe des enfants de12 ans pour leur faire voir d'un autre oeil et de façon ludique la guerre de 14-18. (pour en savoir plus).

Bref je pense que les compétences indispensables que l'école doit apprendre aux générations futures:

  • L'utilisation d'internet (ses dangers et ses opportunités),
  • Les nouvelles technologies (objets connectés, application mobile...),
  • L' E réputation ou sa réputation sur internet ce qui remonte sur nous lorsque l'on tape notre prénom et notre (savoir gérer son e réputation par rapport à son avenir professionnel par exemple avec le droit à l'oubli),
  • Utilisation du pack Office (au moins Word et Excel).

Selon mon avis il s'agit des bases que tout enfant devrait connaître pour bien commencer sa vie professionnelle quel que soit le métier auquel il se destine.

 

MiCo31
#627, le 05/02/2015 - 14:10

Compétences en technologies numériques, et si les élèves les avaient déjà !

Les élèves doivent acquérir des compétences sur l'utilisation des nouvelles technologies ? Je pense que la plupart des élèves les ont déjà acquises. Mettez les devant un moteur de recherche, un outil de traitement de texte, de présentation, ... ils ont vite fait de savoir l'utiliser.

Quelques remarques issues de mon expérience de maman (de 2 enfants en primaire et au collège) et infomaticienne :

  • Ce sont les ressources matérielles (ordinateurs qu'on peut amener de la maison au collège et vice-versa) et pédagogiques (cours attrayants, quizz...) qui manquent.
  • Dans le collége de mon fils, certains professeurs exigent encore que les élèves portent leurs livres en cours, alors que toutes les salles sont équipées de vidéo-projecteurs et que les sacs sont lourds.
  • Je connais un professeur de technologie américain qui utilise la plate-forme de jeu Minecraft pour faire ses cours. Ca marche bien chez les ados, on peut y imaginer des situations d'apprentissage dans des domaines comme la physique, l'électricité, l'informatique...
  • L'histoire-géographie au collège me fait penser à du "gavage", avec ses 3 heures de cours par semaine, pratiquement au même niveau que les mathématiques et le français. Regardez les dates à connaître par coeur pour le brevet des colléges, on se croirait au début du siècle dernier.
  • Si on veut préparer nos enfants au monde de demain, mettons plutôt le paquet sur l'anglais.
  • J'ai lu des articles où l'on parle d'apprendre  aux élèves le langage informatique, le codage. Mais qui a écrit ça ? Je suis informaticienne et pour moi, ça ne veut rien dire. Apprendre aux élèves la logique informatique, à écrire un algorithme, ... ça oui, je crois d'ailleurs que ça se fait déjà au lycée.
  • Je connais des outils graphiques pour apprendre à programmer aux plus petits, si on veut utiliser des outils de ce genre, il va falloir former les professeurs ou mieux, les recruter parmi les informaticiens (comme on recrute un prof d'anglais qui parle anglais).

Enfin, une dernière remarque : ça m'énerve quand je suis obligée de sortir le dictionnaire pour comprendre un avis destiné à être compris par tous (enseignants mais aussi parents, élèves...) : je vois à peu prés ce que peuvent être les "stratégies d'ergonomie des interfaces", par contre, je ne sais pas ce que signifient "littératie numérique, médiatique", quand à l'"analyse sémiotique des pages-écrans". Pas surprise de voir que l'auteur est un "acteur-clé des ESPLE" et modeste en plus !

deky dreulkar
#340, le 24/01/2015 - 13:16

le réel et non le déni

peut-on empêcher un humain de penser ? non ! sauf bien sûr si on le tue physiquement ou psychologiquement par des pressions telles qu'il peut en effet ne plus réussir à penser.

partant du principe qu'on ne peut pas empêcher un humain de penser on ne peut pas l'empêcher de concevoir, d'élaborer cela s'appelle aussi l'évolution. je ne souhaite pas revenir à la préhistoire et avoir à laver les draps à la main. Mais l'agriculture industrialisée et intensive nous rend malade. on ne sait plus ce qu'on peut manger. Même cinq fruits et légumes par jour nous ne sommes pas sûrs d'entendre dans les minutes qui suivent des abus, des dysfonctionnements de tous ordres pour faire de la croissance et du bénéfice au détriment de la santé et de la confiance. et même si on n'entend ces annonces on constate les maladies à cause de la pollution de l'environnement, alimentaire, air, et mentale.

un jour un être vivant parce que son cerveau a évolué à améliorer son quotidien par le feu et l'outil. Pourtant encore aujourd'hui il est indispensable qu'il apprenne l'existence de l'autre, des autres et ne viennent pas voler la nourriture des voisins ni l'espace où ils vivent. c'est parce que des êtres vivants ont voyagé que la Terre s'est peuplée. Et tous ont dû s'adapter au climat où ils vivaient. Et tous ont eu nécessité de croyances (des dieux, un dieu, pas de dieu, le cosmos, des mythes ect) face au mystère de la vie et de la fin de vie.

donc les nouvelles technologies, le numérique. 

si des hommes pensent, des gens appelés scientifiques, ingénieurs, techniciens, observent, suggèrent et analysent. élaborent construisent testent fabriquent j'espère que dans cette méthologie il y a aussi l'évaluation à court terme à moyen terme à long terme et tenir compte de la concertation des non scientifiques et du réel au quotidien et des vrais besoins....et pour continuer leurs travaux ils ont besoin d'argent donc ils s'adressent aux personnes qui ont la richesse financière et signent des contrats. et là intervient une notion réelle aussi celle de ceux qui ont pensé aussi à faire fructifier leur argent....frais d'investissement = but = bénéfices.

donc quels sont les bénéfices du numérique et pour qui ? et comment ?

y-a-t-il des limites au fait de penser certes mais à l'utilisation de cette pensée dans son intérêt personnel............jusqu'à quel point on oublie que des êtres vivants par l'évolution ce sont rendus compte de la nécessité de règles de vie et de lois dans l'intérêt de chacun et de tous. améliorer le quotidien est une belle chose mais l'utilisation de la publicité et du marketing par des gens qui pensent aussi et ne s'appuient pas sur les mêmes critères que les autres et s'envolent dans des fantasmes magiques et perlinpin...n'oublions pas que le marketing utilisent aussi les savoirs et connaissances des sciences humaines pour son bénéfice. comment poser un cadre, des limites, comment empêcher toutes les dérives par ces nouvelles technologies qui sont pourtant très utiles pour certaines choses.

donc le numérique.

cette techonologie, qui s'est imposée par différents moyens pensés et réfléchis par certains dans nos vies....,doit en effet être utile réellement et ne doit pas faire oublier ni humilier ni maltraités toutes les personnes de tous âges qui malheureusement pour elles, et pour les autres, ces personnes qui sont électrohypersensibles (ehs). l'utilisation d'arguments comme "ils ont une maladie psychiatrique ou une phobie aux nouvelles technologies" doit cesser. Ceci divise au lieu de rassembler. ceci crée de la méfiance des uns et des autres. ceci ne donne pas à nos enfants nos ados et nos jeunes majeurs de pouvoir penser sereinement, de pouvoir se concentrer, de pouvoir bénéficier de la cohérence que nous devons avoir nous les adultes plus âges que l'on soit parents enseignants citoyens chomeurs actifs chefs d'entreprises ect...un tel comportement ne permet pas non plus le réel vivre ensemble. l'utilisation du numérique pourquoi pas à  l'éducation nationale pourquoi pas mais à bon escient, dosée, et sans oublier ce qu'un enseignant (un vrai) en chair et en os (et compétent) apporte à l'élève. il doit être tenu compte de cette réalité aussi des ehs....c'est complexe certes mais vivre est complexe. l'utilisation de la wifi téléphone sans fil 4g ect ect ect ect porte atteinte à des individus de tous âges et pourrait devenir un jour ou l'autre une catastrophe sanitaire si l'on persiste à ignorer cela pour la réalisation de ce projet. Le réel et non le déni. Merci pour cettte concertation nationale.

deky dreulkar
#344, le 24/01/2015 - 14:28

le réel et non le déni (suite)

je considère, personnellement, que l'ordinateur et le numérique ne devrait pas avoir sa place dans une école primaire et pas avant la 3è au collège. il y a des choses à respecter impérativement malgré l'obssession du profit et bénéfices financiers. je considère que tous les élèves en sortant du collège devraient avoir un premier brevet de secourisme que celui-ci devrait être réactualisé en seconde et première et terminale puis au travail mais aussi pour les chômeurs....pour tous...un élément très utile et pour le vivre ensemble positif.

il est indispensable de respecter un certain nombre de choses de l'évolution psychomoteur, du cerveau et pour le développement des capacités intellectuelles. et acquérir de vrais bases de vivre ensemble et non la course à la communication virtuelle. combien d'enfants arrivent au collège sans vraiment savoir lire et écrire réellement ?  sans parler de dyslexies.

non à la course à emmagasiner emmagasiner au lieu de comprende donner du sens. respecter le rythme de l'enfant est indispensable. respecter le rythme d'un être humain est indispensable. la créativité est une chose indispensable qui doit venir aussi de la personne cette découverte d'elle-même contribue aussi à son développement et ses capacités.

si les nouvelles techonologies sont présentes elles doivent réellement être au service de l'humain et non l'inverse.

si l'on ne respecte pas les réalités de ce qu'est un être humain en quoi le numérique lui améliorera son quotidien ?

le numérique est un outil qui peut être utilisé mais de façon positive et non discriminante et ne doit pas créer d'addiction. le numérique est un outil à utiliser si réellement on tient compte des savoirs connaissances aussi des sciences humaines et si réellement des concepteurs aux techniciens de maintenance tout est fait pour que cela fonctionne dans l'intérêt de tous de façon positive.

mais il est indispensable de tenir compte des risques en abusant de cette technique tant sur le plan de la santé physique que la santé psychologique, et toute l'existence d'un être humain il doit donc y avoir des adaptations. le tout non filaire peut porter atteinte à la santé il ne s'agit pas de maladie psychiatrique ou phobie aux nouvelles technologies sinon cela voudrait signifier que les maladies psychiatriques ou phobies se développent s'agirait-il d'une épidémie ? étrange il y a des questions en effet à se poser alors. il faut cesser d'utiliser ces inepties et refuser le déni et refuser toutes les manipulations.

les hommes qui fabriquent et rajoutent des ondes électromagnétiques ont une responsabilité sur les conséquences de la vie et santé de tous leurs concitoyens.........mêmes pour ceux qui sont ehs (électrohypersensibles) qui n'a ni frontière ni catégorie socio professionnelle ni socio économique toutes ces personnes sont d'une grande diversité............nous devons savoir utiliser les causes, les conséquences, les expériences du passé et au présent des technologies qui sont utiles positives et ne portent pas atteinte à la santé de personne. donc accepter les frustations de ne pas faire tout comme on voudrait au dépend d'autrui et agir concrètement pour ceux qui sont ehs afin qu'ils puissent vivre eux aussi en bonne santé. utiliser le numérique en tenant compte de cela est la preuve de cerveaux qui fonctionnent correctement du sens de la citoyenneté, de la fraternité, et du vivre ensemble et ainsi nos enfants nos ados nos jeunes majeurs pourront constater et vivre parmi des adultes plus âgés cohérents et en accord avec les enseignements notamment civiques.

il est un fait évident que pour des personnes qui ont des difficultés de santé de handicap les nouvelles technologies peuvent apporter une amélioration pour leur quotidien et des apprentissages mais cela ne retire rien à ce je dis à propos de l'ehs (électrohypersensibilité). le marketing et la publicité utilisent aussi les savoirs et connaissances des sciences humaines pour vendre pour donner envie de vendre leur but est le chiffre d'affaire et leur bénéfice et toutes les entreprises qui font appel à cela également. cependant cela ne doit pas autoriser ni permettre le déni, ni les humiliations, ni la maltraitance. cela divise et ne rassemble pas. merci pour cette concertation nationale

Comment faire ? Proposition des parties prenantes

Proposer une solution
S.J.
#293, le 23/01/2015 - 15:51

Formation initiale ou remise à niveau des élèves (et des profs) en début d'année, puis utilisation par chacun tout au long de l'année

Avant de cibler les compétences nécessaires à demain, il faudrait faire le point sur celles déjà en cours aujourd'hui et les lacunes sur celles-ci. Une partie des élèves (et profs) sont aguerris mais beaucoup se contentent encore de "bidouiller".

Je propose de prévoir une formation initiale ou une remise à niveau en informatique à tous les élèves en début d'année, sur par exemple 1 mois, avec des heures banalisées dans leur emploi du temps pour cela, et assurer par un professeur volontaire et compétent en la matière évidemment. Et ensuite, ces notions seront utilisées par chaque enseignant et les élèves, dans toutes les matières, chacun avec ses spécificités. Mais au moins, les bases pour commencer l'année y seront pour tout le monde. Ces "bases" nécessaires à l'année ne sont bien sûr pas les mêmes si on est en CM1, en 3°, en 1ère, en cycle pro ou autre... et suivant la matière. Il conviendrait donc que l'équipe éducative prenne un temps pour faire le point sur les besoins urgents et nécessaires à tous pour l'année et le niveau, toutes matières confondues. La liste de ces besoins ne doit pas être longue compte-tenu du temps imparti à cette formation initiale. Et comme on le sait, si on n'utilise pas par la suite ce que l'on a appris, on l'oublie. Par conséquent, à charge après aux enseignants (dont je fais partie) d'utiliser et de faire utiliser par les élèves ces notions de façon régulière, selon l'apprentissage envisagé. Sinon ce temps consacré à la formation des élèves en début d'année sera du temps de perdu. Ceci ne suffira peut-être pas. Mais chaque professeur pourra compléter lors de ses cours par des notions informatiques propres à sa matière (utilisation de la vidéo pour le prof d'EPS, utlisation d'un logiciel de géométrie dynamique en maths, ...).Ce système permettra aussi aux élèves nouveaux venus dans l'établissement de se mettre à niveau. Il permettra aussi à chaque élève d'avoir le temps de s'approprier l'outil numérique puisque cette formation initiale ciblée de début d'année serait faite à chaque niveau, ajustée chaque année.

Je fais cette proposition après avoir observer ce qui est fait dans mon établissement. En demandant à mes collègues: Et toi ? Que fais-tu et qu'apprends-tu à tes élèves en informatique ? J'ai souvent entendu la même chose, une "base" commune. Ce qui veut dire que cette base commune pourrait être enseignée par une seule personne et libérer ainsi du temps à chaque prof pour sa matière et non pour de l'informatique pur. A l'heure actuelle, les critères du B2I doivent être enseignés et évalués par tous. Pourquoi pas ? Mais rien n'interdit un enseignement spécifique en informatique en début d'année. Il faut évidemment par la suite que chacun joue le jeu et que l'on ne se contente pas de se dire: "c'est vu en début d'année, je ne m'en occupe pas." Mais peut-être que ce sera plus motivant pour le prof d'utiliser et faire utiliser l'informatique par ses élèves si ces derniers ont un minimum de bagages, et notamment ceux dont on aura besoin en cours.

Si on constate que les pré-requis nécessaires en informatique pour l'année sont déjà acquis par les élèves, cette formation initiale peut ne pas être nécessaire. Ou on pourrait cibler seulement les élèves qui en auraient besoin. Il serait bon de laisser le choix de l'organisation à chaque établissement.

Je terminerai en proposant la même chose aux enseignants. Nous avons aussi besoin de formation en informatique et en numérique. Souvent les inscriptions sur ce thème se font en septembre/octobre et les formations ont lieu tout au long de l'année, dans la limite du budget et des places disponibles. Mais c'est rapidement que l'on a besoin de se former. Une formation ou remise à niveau en début d'année dans l'établissement serait intéressante à envisager. Ceci permettrait aussi aux nouveaux profs arrivant dans l'établissement de s'adapter à ce qui s'y fait et de s'intégrer à l'équipe rapidement.

Jul
#151, le 21/01/2015 - 18:41

Officialiser le temps pour travailler ou évaluer ces compétences

Aujourd'hui, à l'école élémentaire, aucun temps n'est défini à l'apprentissage des compétences du B2i, comme tel. Cet apprentissage doit être transversal, et le temps pris sur d'autres disciplines. (Voir BO répartition des horaires)

Je pense qu'il faut définir de façon officielle dans la répartition des horaires, un temps consacré au numérique (ou B2i) où la compétence principale à travailler serait une compétence liée au numérique, et non considérer ce temps d'apprentissage sur une autre matière.

Même si évidemment, c'est un apprentissage où la motivation et la finalité se trouve dans la tranversalité, il faut donner les moyens aux enseignants de pouvoir les travailler, et cela commence par une plage horaire officielle "Informatique" dans le BO.

SABRINA CALIAROS
#19, le 20/01/2015 - 14:00

L'imagination au pouvoir :centrer l'école sur ses usagers.

Etre prospectif, anticiper les besoins de demain, se rapprocher des entreprises pour imaginer de nouvelles filières de formation. Construire des partenariats avec le post-bac en associant étudiants et élèves. Partager des projets professionnels avec les entreprises afin que l'école devienne une pépinière et qu'enfin la note ne soit plus la récompense visée mais bien l'efficience pragmatique.

Pour ce faire, passer d'une démarche d'évaluation exclusivement  individuelle, souvent centrée sur la performance à une logique de travail d'équipe, d'intelligence collective qui n'exclut pas, à un moment donné, l'évaluation individuelle. Celle-ci sera d'autant plus dédramatisée que l'élève aura "rodé" sa compréhension à celle de ces camarades. Co-construction, coopération et synergie pour  aboutir à une évaluation bienveillante au service des compétences. 

Centrer l'école sur ses usagers et leur devenir.

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