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La contribution #825

Rémi BOULLE
#825, le 15/02/2015 - 11:17

Imposer l'utilisation des formats ouverts

Dans le cadre de nos missions nous sommes amenés à partager des documents, les utiliser, les modifier et les diffuser. Or, ceci est impensable sans interopérabilité, c'est-à-dire sans la possibilité pour tous d'utiliser un document sans aucun asservissement à un logiciel ou à un fournisseur spécifique.

Les seuls formats de documents acceptables au sein de l'Éducation nationale doivent par conséquent être des formats ouverts. Ceux-ci permettent de :

  • garantir l'interopérabilité des fichiers et des données (quel que soit le logiciel ou le système utilisés) ;
  • favoriser le partage des ressources entre les différents acteurs (enseignants, élèves, parents, administratifs, ...) ;
  • assurer la pérennité des ressources et l'égalité d'accès.

Par exemple, les formats DOCX ou XLSX ne sont pas ouverts contrairement aux formats ODT ou ODS.

Les lacunes d'interopérabilité des formats privateurs et fermés ne résultent pas d'une incapacité technique de la part de leurs éditeurs : il s'agit d'une stratégie commerciale visant à provoquer la dépendance des utilisateurs et à créer un marché captif.

Le service public d'éducation dans son ensemble ne doit pas être otage d'écosystèmes propriétaires utilisant des formats fermés. L'école ne doit pas contribuer à accoutumer les élèves selon la stratégie d'enfermement des éditeurs dominants. Elle doit au contraire enseigner les connaissances et développer les compétences qui permettront aux élèves de s'adapter à la multitude d'outils informatiques qu'ils rencontreront durant toute leur vie.

Pour travailler mieux, plus efficacement, pour la qualité de notre enseignement, nous demandons la mise en place d'une règle simple et claire s'imposant à tous : toute mise à disposition de documents au sein du service public de l'Éducation nationale et tous les échanges de documents (textes, tableurs, présentations, vidéos, ressources... ) doivent se faire dans des formats de fichiers ouverts et interopérables.

Cette proposition a déjà reçu le soutien de la quasi totalité des organisations syndicales, de beaucoup d'associations professionneles et de milliers de collègues (référents numériques, chargés des ENT, responsables réseaux pédagogiques, formateurs...). Il y a plus de 5500 signataires.

L'article de presse suivant présente aussi ce sujet, en rappelant la récente décision du gouvernement britannique dans ce sens,  avec un graphique montrant un état des lieux :

http://www.nextinpact.com/news/90962-vague-soutiens-pour-appel-en-faveur-l-interoperabilite-a-ecole.htm

Il est crucial que, parmi les décisions prises à l'issue de cette concertation, figure la nécessité d'utiliser des formats ouverts.

N'hésitez pas à soutenir cette proposition ici mais aussi sur le site de l'appel : http://formatsouverts.education/

9 arguments pour ∨

LaurentQ
#949, le 20/02/2015 - 14:57

L'existence de solutions libres pour éditer des formats propriétaires n'est pas recevable, car :

  • ce n'est pas pérenne car le format peut être changé unilatéralement sans donner lieu à documentation,
  • il y a une rupture d'égalité entre les éditeurs/interpréteurs,
  • cela ne peut pas assurer un comportement similaire des éditeurs à un fichier donné,
  • c'est contraire aux exigences de sécurité, de traçabilité et de maîtrise de ses propres données.

Seule l'utilisation exclusive de formats ouverts et documentés est raisonnable, car elle assure la pérennité des contenus, l'interopérabilité des éditeurs/interpréteurs et la non-discrimination par l'argent.

Si un éditeurs/interpréteurs ne sait pas écrire/lire correctement un format ouvert et documenté, ce n'est pas le format qui est mauvais, c'est le programme (fut-il commercial ou d'une société prestigieuse).

 

electroluth
#929, le 18/02/2015 - 11:36

L'utilisation de format libre n'induit pas forcement l'utilisation de logiciel libre.

La liberté c'est aussi de laisser ceux qui veulent payer de le faire.

Mais distribuer un fichier au format propriétaire c'est obliger les destinataires à utiliser des logiciels privateurs.

D'autre part, l'utilisation de logiciel libre permet de s'assurer que le code exécute bien ceux pourquoi il est fait. Ce qui n'est pas le cas pour un logiciel privateur :

Qui peut nous assuré qu'un logiciel privateur ne réalise pas des tâches que nous refuserions ? (espionnage, pistage, ...)

Par exemple, utilisé firefox pour naviguer est plus sûr que Chrome. ils sont gratuits tout les deux mais l'un est libre et l'autre non !

Julien Delalande
#921, le 17/02/2015 - 21:01

Sellisrev est d'une mauvaise foi flagrante en mettant sur le dos de la formation les conséquences des formats fermés de données et de documents comme doc ou docx.

 

Toutes choses égales par ailleurs, c'est le principe même des formats ouverts, comme plus généralement des standards ouverts qui, par philosophie, est PRIMORDIAL.

 

En effet, cette philosophie garantie que les utilisateurs garderont le pouvoir, bénéficieront de la pérennité de leurs données et de leurs documents. Sinon, l'utilisateur est baloté au gré des décisions stratégiques de grands groupes monopolistiques enfermants comme MICROSOFT ou GOOGLE.

 

Car il ne faut pas confondre libre et gratuit.

 

Ce qui est le plus important, c'est la liberté. Car les utilisateurs pourront toujours s'organiser pour demander ou payer une amélioration. C'est le principe des communautés de développeurs, en ligne, pour les logiciels libres.

Grâce à elles, des alternatives fiables et crédibles existent.

 

J'attends de l'Education Nationale qu'elle s'approprie ces démarches de dynamiques collaboratives en ligne pour les logiciels et AUSSI pour leur usage, donc la pédagogie.

alainmi
#827, le 15/02/2015 - 11:41

TOTALEMENT d'accord avec cette contribution !

:+)

Il ne peut pas y avoir d'Éducation NATIONALE sans une complète interopérabilité des documents produits, transmis et utilisés...

Pierre Marie
#828, le 15/02/2015 - 12:19

C'est le seul domaine à ma connaissance où l'on paye pour des produits alors qu'on pourrait en utiliser des gratuits...

Sans évoquer la qualité intrinsèque ni le fait de soutenir des marques qui pratiquent ouvertement l'optimisation fiscale !

Totalement contreproductif, donc...

J'en profite pour rendre un coup de chapeau à l'association Abuledu qui propose avec Babytwit une alternative très intéressante à Twitter.

 

Véronique Bonnet
#841, le 15/02/2015 - 16:28

En effet, l'Ecole de la République ne peut qu'attacher le plus grand soin à éviter toute rupture d'égalité dans l'accès aux enseignements, documents, et ressources. L'interopérabilité et les formats ouverts sont donc des modalités décisives qu'elle aura à coeur de s'imposer pour éviter de faire de ceux qui lui sont confiés de futurs usagers dépendants. L'éducation à la citoyenneté participe d'un tel discernement, et l'autonomie se forge aussi par le biais d'outils libres.

toto56
#831, le 15/02/2015 - 14:19

...et si les arguments de ceux qui ne sont pas d'accord est " le libre et gratuit n'a pas les performances du payant", dans le sens ou par exemple OpenOffice ne sais pas faire ce que fait Word... Alors ne serait-il pas plus économique de mettre en place une petite équipe de développeurs quelques années pour faire évoluer Openoffice au nioveau de la suite Office, cela reviendrait probablement moins cher au final que de payer des milliers de licences Microsoft, surtout que tous les ministères feraient cette économie pas seulement l'Education Nationale.

Marie-Odile
#893, le 16/02/2015 - 19:56

p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }

On ne peut qu’être d'accord. Il s'agit de permettre une communication la plus efficace possible entre tous les acteurs des communautés scolaires et du monde de l’Éducation. Il faut faire cesser les phénomènes de monopole qui font que les utilisateurs sont toujours en manque, éviter à chacun de perdre temps et énergie afin de gagner en efficacité. Les solutions, les produits qui rendent libres existent, il ne reste qu'à les diffuser le plus largement possible au sein de l’Éducation dite nationale.

Olivier Dupré
#908, le 17/02/2015 - 10:47

La plupart des DOCX ne peuvent pas être ouvert correctement avec les logiciels libres que sont LibreOffice ou OpenOffice.

Dès lors qu'il y a une mise en forme qui dépasse la simple mise en page avec titre/sous-titre/... et corps de page, OOo et LO n'arrivent pas à interpréter les instructions propriétaires et ne rendent pas le document tel qu'il devrait l'être.

Et je ne parle bien sûr pas de documents évolués avec des macros et consorts. Non un simple tableau dans un DOCX par exemple suffit à mettre l'affichage en vrac. Je ne parle même pas de l'enregistrement !

 

De plus, s'il faut manipuler ces documents programmatiquement, ça devient un enfer. J'entends par là qu'on peut être amené à avoir un logiciel dont l'objectif est d'extraire certaines données/infos des documents Office. C'est très facile et rapide à faire pour des formats libre, extrèmement compliqué avec des formats fermés. À l'heure de l'OpenData c'est égalemen un point à prendre en compte : de certains documents peuvent être extraites des données propulsées sur les plateformes d'OpenData. Les formats ouverts le permettent facilement et rapidement. Et l'OpenData est une directive Européenne à côté de laquelle nous ne pouvons pas passer...

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3 arguments contre ∨

Guillaume L
#1023, le 03/03/2015 - 19:47

Ouverts ou fermés, les fichiers sont condamnés !!

En introduction, un commentaire @electroluth : le navigateur Chromium (popularisé  sous le nom Chrome par Google) est tout aussi open source que Firefox; de même que Chrome OS, Android, Webkit et d'innombrables autres projets open source pilotés directement ou indirectement par Google, qui est devenu l'un des principaux contributeurs planétaires à l'open source. Le manichéisme logiciel fermé / logiciel ouvert tenait du temps (révolu) où Microsoft dominait le monde... (quoi que dans ces temps reculés, les grands projets open source étaient déjà trés largement le fait d'entreprises comme IBM, Sun, etc., donc pas franchement des ONG). 

La tendance de fonds de ces dernières années est la migration (l'exode même) des applications vers des technologies "full web", c'est à dire s'exécutant dans le navigateur internet. Cela condamne à court terme (en tout cas selon la temporalité propre à  l'Education Nationale...) à une disparition pure et simple de la notion même des fichiers, donc de leurs formats, les contenus générés (en HTML) étant stockés et accessibles par des requêtes. C'est donc plus l'ouverture des plateformes qui stockent ces contenus et leur capacité à coopérer (notion d'"open API") qu'il faudra désormais promouvoir et pousser pour la pérennité et la diffusion des usages numériques.

 

bNach
#1019, le 03/03/2015 - 08:35

Juste un point de détail :

DOCX est un format ouvert. Il est documenté et certifié ISO.

http://blogs.msdn.com/b/chrisrae/archive/2010/09/25/where-is-the-documen...

Sinon je partage votre analyse. Qui dit format libre dit logiciel libre capable de le lire.

Sellisrev
#898, le 16/02/2015 - 21:23

Alors DOC n'est pas un format ouvert au sens d'un standard ouvert bien entendu, c'est un format commercial et propriétaire

MAIS

N'importe qui aujourd'hui peut ouvrir et modifier un DOC ou un DOCX, gratuitement, en utilisant des outils libres et gratuits (Open Office), ou en utilisant d'autres services (Google Docs), gratuits également. Qui plus est, ces outils permettent généralement de convertir facilement (souvent une simple sauvegarde) les documents vers des formats ouverts.

Pour ce qui est de l'interopérabilité, il y a donc déjà des solutions pratiques qui existent. Alors si un problème persiste, il s'agit peut-être plus d'une question de formation aux solutions existantes qu'autre chose.

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  • Rémi BOULLE
    le 15/02/2015 - 12:21

    Avis du CESE qui va aussi dans ce sens

    Lois et règlements

    Avis du Conseil économique, social et environnemental de janvier 2015. Voir page 81.
    On y lit : "Pour permettre l’indispensable compatibilité entre une vraie liberté pédagogique et
    un travail collaboratif, le CESE recommande que soit systématisé dans l’éducation nationale
    le recours aux applications et aux formats libres et ouverts."

  • Rémi BOULLE
    le 15/02/2015 - 12:26

    Le Royaume-Uni impose des standards ouverts à ses administrations

    Article de presse

    le choix du Royaume-Uni s’est porté sur :
    ->Le format ODF (Open Document Format) en version 1.2 pour les documents collaboratifs ou ayant vocation à être partagés - sachant que ce format compte parmi ses rangs les extensions .odt ou .ods pour les documents de traitement de texte et de tableur notamment,
    -> Le format PDF/A ou HTML pour la simple visualisation de documents.

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