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La contribution #812

Jérôme Martin
#812, le 13/02/2015 - 00:01

Ne pas faire d'économie sur le dos des personnels

Introduction -

A besoins nouveaux, activité supplémentaire, qui ne peut reposer sur le seul bénévolat : 1/ l'Etat doit dégager les fonds suffisants pour payer les responsables de l'informatique en milieu scolaire comme ils et elles doivent l'être. Ce ne peut plus être un poste où faire des économies - d'autant plus que ces économies sur le dos du personnel se traduisent en véritable gâchis d'argent sur le matériel. 2/ Les économies peuvent être réalisées ailleurs : en recyclant les ordinateurs, en utilisant les ressources du logiciel libre, en interrogeant les évidences de nouvelles technologies qu'on nous présente comme indispensables.

1/

Dans les établissements du secondaire, le travail des responsables informatiques a longtemps été reconnu sous la forme de décharge horaire. Cette reconnaissance sous-évaluait la réalité du travail effectif, et des besoins. Il n'est pas réaliste d'imaginer qu'on puisse entretenir un parc informatique de plusieurs dizaines, voire centaines de stations sans au moins un temps plein. Depuis quelques années, ce travail tend à être rétribué sous forme d'indemnités qui sous-évaluent encore plus la charge de travail et défossent l'Etat de ses responsabilités d'Employeur en matière de cotisation sociale. De telles pratiques, qui impliquent que les tâches de responsables informatiques ne sont pas du "vrai" travail, sont incompatibles avec les objectifs affichés de faire du numérique une priorité. Ces économies se font sur le dos des personnels, exigent d'eux et d'elles, tacitement, du travail bénévole, de la culpablité face à une tâche impossible. De plus, si le Ministère raisonne en terme d'économie, il se doit d'étudier les conséquences de ces pratiques sur le matériel lui-même. Comment peut-on imaginer que deux cents ordinateurs, entretenus pour l'équivalent de deux heures hebdomadaires de travail, ne se dégradent pas plus vite que s'ils étaient supervisés par un temps plein ? Les coûts matériels de l'économie sur le personnel ont-ils été estimés ?

 

2/

Si l'Etat doit économiser, c'est en recyclant les anciens ordinateurs et en refusant les logiques d'obsolescence programmée. C'est en utilisant des ressources libres, si ce n'est gratuites, du moins bien moins chères que les ressources privatrices. C'est enfin en interrogeant la pertinence de nouveaux gadgets qu'on ne cesse de vouloir nous vendre comme des révolutions pédagogiques : en quoi l'usage systématique de tablettes est-il par exemple pertinent ?

3 arguments pour ∨

LaurentQ
#948, le 20/02/2015 - 14:42

Il faudrait que le ministère définisse quelques configurations standards, a minima :

  • Clients lourds sous solutions libres
  • Clients légers sous solutions libres + serveur sous solutions libres
  • Clients légers sous solutions hétérogènes + serveur sous solutions libres
  • Clients lourds sous solutions propriétaires
  • Clients légers sous solutions propriétaires + serveur sous solutions propriétaires

que les collectivités territoriales (Régions, Départements/Métropoles, Communautés de Communes) mettent les moyens de les proposer toutes et de les gerer avec une bonne qualité de service (personnels propres ou prestataire),

que les équipes éducatives nomment seulement un interlocuteur vers le prestataire, et puissent avoir le libre choix de la configuration en fonction des capacités réseau, des matériels disponibles et des coûts logiciels associés (dont coût des licences ET participation financière développement/maintenance des solutions libres utilisées).

Cyril
#820, le 14/02/2015 - 02:56

Bien d'accord. Je me demande dans quelle mesure les entreprises, administrations et même les particuliers pourraient être solicités lors du renouvellement de leur parc informatique et faire don de leurs anciens ordinateurs à l'EN.

Formater les disques durs pour y installer une distribution Linux, qui s'adapte bien aux configuration plus ancienne, est aussi facile qu'économique.

Marie-Odile
#814, le 13/02/2015 - 09:50

Effectivement : peut-on encore envisager une croissance infinie dans un monde fin ? Les décideurs doivent relire (ou lire) les ouvrages de Serge Latouche.

 

Revenir aux fondamentaux :

Jacques Ellul - Le bluf technologique

L'univers du gadget

"Que peut-on entendre tout d'abord par gadget ? Dans le vocabulaire courant c'est un objet, mécanique ou électrique, qui est amusant, distrayant, qu'on prend ou qu'on laisse à son gré... C'est toujours plus ou moins un jeu.

Qu'est-ce donc qui caractérise un gadget ? Tout d'abord il s'agit maintenant d'un appareil d'une extrême complexité technique, représentant une somme considérable d'intelligence, de combinaisons techniques savantes et aussi une somme considérables d'investissements. Car le gadget est le principal produit de l'ensemble de nos industries et c'est une source illimitée de profits. C'est un objet qui est toujours d'une «composition très avancée» et toujours (selon le terme absurde mais consacré par l'usage) très sophistiqué. Mais il présente un second caractère qui fait vraiment de lui un gadget : le résultat de ces efforts et habiletés ne répond à aucun besoin effectif. Le gadget, et c'est cela son caractère, présente une utilité totalement disproportionnée à l'investissement multiple qu'il implique. Il rend des services absolument sans commune mesure avec le prodigieux raffinement technique qui préside à sa conception. Autrement dit, est gadget ce qui implique une application de high-tech pour une utilité tendant vers zéro. C'est cette opposition qui fait le gadget."

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