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La contribution #733

frksr
#733, le 08/02/2015 - 21:29

Et si le numérique était la pire des solutions ?

Bonjour,

je vais endosser le rôle de l’avocat du diable, non pas que je sois opposé au numérique sous toutes ses formes mais parce que j’ai lu l’ouvrage de Nicholas Carr Internet rend-il bête ? (The Shallows - What the Internet Is Doing to Our Brains). Et je trouve qu’il y pose des questions intéressantes et un peu à contre-courant. Il aborde les problèmes de mémorisation liés aux distractions permanentes et comment la plasticité du cerveau réagit à notre environnement « moderne » en developpant la mémoire transactive, voire, en délégant à une mémoire externe (il y a une petite dose de neurosciences, mais ça reste abordable). C’est intéressant sur plus d’un point car cela laisse entendre que le cerveau même des élèves d’aujourd’hui ne fonctionne plus comme celui de ceux de la génération précédente. Je ne peux que vous inciter à le lire bien qu’il soit quelque peu à charge, mais si certains pensent que l’avenir de l’homme c’est l’homme connecté, individuellement l’internet n’est peut-être pas un bienfait. C’est débatable et quelque peu paradoxal car ceux qui ont vécu sans voient clairement les bénéfices en raison de la période de transition d’une technique à une autre et maîtrisent de fait plusieurs savoir-faire (comme lors du passage des tables de logarithmes à la calculatrice, la maîtrise de l’orthographe avant l’apparition des correcteurs orthographiques, le sens de l’orientation et la capacité à lire une carte avant la généralisation du GPS). Alors quand je lis ici que le numérique devrait favoriser l’autonomie, je pose la question l’autonomie vis-à-vis du professeur, oui… sûrement, mais qu'en est-il vis-à-vis de la machine ? Le piège n’est-il pas dans le fait qu’en définitive Internet c’est facile, beaucoup trop facile ? Aurait-on besoin de telles mesures si l’on doublait le personnel enseignant présent dans une classe ? Que va t’on faire avec les élèves sur qui la magie du numérique n’opère pas, ceux qui intègrent mieux l’information à partir d’un support papier ou en écrivant manuellement sur un tel support ?

Vidéo YouTube What the Internet is Doing to Our Brains illustrant certains propos du livre.

Internet rend-il bête ? chez Robert Laffont.

1 argument pour ∨

Letty06
#748, le 09/02/2015 - 22:21

Article très intéressant sur:http://www.express.be/business/fr/technology/pourquoi-steve-jobs-et-cie-...

Les dirigeants de la Silicon Valley transforment le monde en un environnement totalement technologique, mais se montrent comme parents particulièrement réticents à l'égard de ces applications innovantes, écrit Nick Bilton, journaliste spécialiste de la technologie auprès du journal américain The New York Times. Bilton a en effet constaté que l'élite de la Silicon Valley contrôle de manière stricte l'utilisation de la technologie par leurs enfants.

« Le défunt Steve Jobs a admis à l'époque que ses enfants n'avaient jamais utilisé un iPad, un des grands succès d’Apple », explique Nick Bilton. Jobs faisait également remarquer aussi quel'utilisation de la technologie était particulièrement limitée dans sa maison.

Plus tard, il est apparu que Jobs n'était pas une exception. Dans la famille de Evan Williams, un des fondateurs de Twitter, les enfants n'ont pas non plus de tablettes et en outre, la lecture de livres imprimés est encouragée. Chris Anderson, ancien rédacteur en chef du magazine de technologie Wired, a même admis qu'il ne tolérait pas d'écran d'ordinateur dans la chambre de ses enfants.

« Nous avons constaté en premier les dangers de cette technologie et je ne veux pas que mes enfants puissent être confrontés à ces problèmes », a affirmé Anderson pour justifier ces restrictions.

Bilton dit avoir constaté que la plupart des pionniers de la technologie limitent l'utilisation de gadgets comme les tablettes ou les smartphones par leurs enfants à 30 minutes par jour pendant la semaine, alors que d'autres ne tolèrent l'usage de la technologie que pendant le week-end.

A partir de l'âge de dix ans, les enfants de ces pionniers peuvent, selon le journaliste, utiliser pour la plupart un ordinateur, mais uniquement pour leurs travaux scolaires.

Hannah Rosin, journaliste auprès de The Atlantic, a constaté un phénomène similaire chez les concepteurs d'applications pour enfants. « Là aussi, il a semblé que le divertissement numérique est tabou pendant la semaine », dit-elle.

Les restrictions par rapport à la technologie se reflètent aussi souvent selon les observateurs dans le choix des écoles que les entrepreneurs de Silicon Valley réservent à leurs enfants.

Beaucoup de cadres d'entreprises de Google, Yahoo, Apple et eBay semblent en effet avoir inscrit leurs enfants à la Waldorf School dont la philosophie ne laisse aucune place à la technologie qui selon la direction, représente une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des élèves.

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2 arguments contre ∨

Olivier Duprez
#745, le 09/02/2015 - 18:21

Qu'un élève devenu adulte souhaite rejetter les outils numériques, c'est possible. Mais il sera malgré tout contraint de s'y mettre que ce soit pour sa vie professionnelle ou personnelle.

mistercharles
#739, le 09/02/2015 - 10:46

Vous devriez, je pense, essayer de varier les points de vue. je vous suggère le livre de Michel Serre, Petite Poucette qui je pense, envisage la situation d'un point de vue intéressant. La question n'est plus de savoir si cela est bien que les enfants vivent ou non dans le numérique car qu'on le veuille ou non, ils sont nés avec. La question que l'éducation nationale doit se poser et que nous devons nous poser à présent, c'est comment nous pouvons aider cette génération à faire face à cette (r)évolution. Comment évolue notre rôle pour les accompagner et leur donner les compétences et les outils pour survivre dans cet univers qui nous/les dépasse! L'école et l'enseignant doit, selon moi, se repositionner car contraiement à ce que vous dites, Internet, ce n'est pas facile. C'est très compliqué et notre rôle est de rendre cet outil utile et sans danger. Conduire une voiture, c'est facile, pour celui qui a appris à la manier sans danger. Mais sans formation, cela reste une arme dangereuse. Nos élèves sont sur une autoroute, mais ils ne comprennent pas les signaux, et ils avancent à toute vitesse. Nous devons leur apprendre à maîtriser leurs véhicules et les accompagner.

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