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La contribution #674

f thom
#674, le 06/02/2015 - 18:51

la nouvelle mode du numérique

j'ai lu quelques avis et je suis étonnée de voir que les gens (parents) sont plus inquiets qu'autre chose face à toutes ces nouvelles technologies...

Primo, les cartables du collège sont lourds, certes, mais une réorganisation autre est sans doute possible pour les alléger : casier à cadenas, classeurs pour toutes les matières plutôt que cahiers, partage du'n livre pour 2... on a survécu à ça pourquoi nos enfants ne le pourraient pas ?

Dozio, le numérique est attrayant, motivant... oui pour combien de temps ? Pour moi c'est une mode dont on ne maîtrise absolument pas les conséquences (voir nombre de procès dus aux dérapages du net), qui évolue très (trop ?) vite et qui finira par nous desservir (je crois que c déjà le cas...). Jusqu'à la prochaine invention révolutionnaire...

Le numérique peut être un fabuleux outil de travail, mais il ne résoudra pas le problème de fond de tous les élèves de France : pourquoi aller à l'école et apprendre ?

Il y a bien d'autres façons de leur faire comprendre que l'école est une clé de réussite : certains films le montrent très bien (sur le chemin de l'école par exemple). Je ne dis pas que faire des études est indispensable : un plombier avec un CAP a plus de boulot qu'un bac +3 en langues... mais l'école et le collège sont quand même les bases !! Quand on voit un élève de CE2 déjà très faible scolairement, franchement je doute que le numérique soit magique et le rende excellent l'année suivante ! Et pour obtenir un métier plus tard, il faut savoir lire et écrire un minimum (lettre, CV).

Le numérique est attrayant car les enfants pensent ne pas travailler, ne pas faire d'efforts. Pour eux, c'est un jeu : apprendre ses tables, calculer, lire vite... sauf que dans leur vie d'adulte, tout ne sera pas jeu ! Apprendre ses leçons, ses tables... oui c'est pénible, mais c'est un passage obligé. Comme celui d'apprendre le code de la route pour pouvoir conduire, ou apprendre les notes pour jouer d'un instrument. On n'en meurt pas ! Arrêtons de les surprotéger, de leur macher le travail, de les assister, les plaindre... Pourquoi en serait-il autrement des maths et du français ? Je veux bien qu'on joue de temps en temps, pour éveiller et se détendre, mais je trouve très hypocrite de dire qu'avec une tablette ou un PC tout sera merveilleux, plus facile, plus accessible... bref mieux.

Alors pour un élève qui a décroché en primaire, oui le numérique peut s'avérer motivant et le "raccrocher". Mais cela doit se limiter à ce cas de figure. Des élèves de CP ou CE1 n'ont rien à faire sur des ordinateurs : il faut déjà savoir lire et écrire sur du papier avant de le faire sur des écrans, tout comme il faut d'abord savoir tenir en équilibre pour pouvoir faire du vélo.

2 arguments pour ∨

Mathieu B.
#710, le 08/02/2015 - 03:26

Je partage votre avis sur le peu d'efforts que font les élèves. Mais les outils numériques, en apportant un peu de ludique, peuvent donner l'illusion aux élèves qu'ils s'amusent alors qu'ils travaillent...

Mais je constate aussi dans le même temps, qu'on fait tellement pour nos élèves, que si on en fait encore à peine plus, on fera le travail à leur place...

Sylvain Kozlik
#678, le 06/02/2015 - 20:39

Je suis globalement d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas penser le numérique comme une solution aux échecs des apprentissages scolaires usuels. Et je suis églement d'accord avec l'idée qu'on ressent bien au travers votre contribution qu'il est important de savoir se débrouiller sans les technologies du numérique pour ce qui peut être fait sans.

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5 arguments contre ∨

Bernard Yor
#892, le 16/02/2015 - 18:19

Ma grand-mère était institutrice et, dans les années 1930, elle s'est payée de ses propres deniers un appareil Educa pour montrer à ses élèves la France entière en 3D SVP.

Elle ne s'est pas dit que des livres suffisaient, elle a utilisé un nouveau moyen afin d'ouvrir le monde à ses élèves.

Peut-on refuser  d'utiliser des moyens contemporains ?

Grégoire Meyer
#730, le 08/02/2015 - 13:29

Le numérique n'est pas une "mode", l'utilisation d'ordinateurs et d'Internet est très répandu depuis plus de 10 ans, et les premiers smartphones Apple ont 8 ans. Comme l'a dit xavierp, près de 80% des jeunes se connectent quotidiennement à Internet, il me semble donc logique et naturel que l'école admette ce changement de pratique et s'adapte.

Bien entendu, il ne faut pas voir le numérique à l'école comme la solution à tout, et cela ne va certainement pas arrêter complètement le décrochage scolaire, mais le numérique comporte énormément d'avantages et de potentiel éducatif qu'il serait dommage, voire idiot, de l'ignorer. Le TBI, par exemple, possède un énorme potentiel, comme j'ai pu moi-même expérimenter quand j'étais au collège, il n'y a pas si longtemps.

"Des elèves de CP ou de CE1 n'ont rien à faire sur un ordinateur": comment pouvez-vous dire cela? En plus c'est faux. Apprendre de manière ludique est bien plus efficace et enrichissant que devant un cahier à écrire des choses et dessiner des chiffres. J'ai moi-même eu des cours d'informatique en CE1, où l'on apprenait l'histoire, la géographie et d'autres matières annexes (en plus des cours standard sur papier), j'en garde un excellent souvenir et j'ai appris beaucoup de chose grâce à ces cours.

"Il faut déjà savoir lire et écrire sur papier avant de le faire sur des écrans": faux,  et sans aucune preuve en plus. Les écrans fatiguent plus les yeux certes, mais de simples lunettes spécialisées, avec des verres de couleur jaune et un prix de 5 euros la paire, permettent d'annuler cet effet sans modifier la vison.

De plus, une grande majorité des métiers actuels se font devant un ordinateur, donc c'est tout à fait normal d'enseigner aux jeunes la bonne utilisation d'un ordinateur et d'Internet, ainsi que former aux pratiques de travail nouvelles pour les lycéens (groupes à effectifs réduits, projets annuels, utilisation du Cloud...).

Mais au fond je vous comprends f thom, c'est simplement la peur du nouveau, la peur du changement. Moi aussi je la ressentirai un jour, mais il faut bien comprendre que ce n'est pas parce que les gens de 50 ans (et +) ont peur du changement et se raccrochent à des pratiques plus vraiment d'actualité qu'il faut pénaliser les jeunes en leur infligeant un système scolaire obsolète et en retard.

xavierp
#722, le 08/02/2015 - 10:33

Bonjour à toutes et tous,

Des données essentielles sont indiquées en introduction de ce premier axe de réflexion de cette consultation : 79% des 12/17 ans se connectent tous les jours à Internet. 41% de cette même tranche d'âge dispose d'une tablette.

En conséquence, l'école ne peut passer au travers d'un usage responsable, raisonné et accompagné de ce nouvel outil pour apprendre.

Il me semble en effet illusoire de construire une modification de pratique pédagogique basée exclusivement sur l'aspect ludique, motivant de l'outil (cela passera vraisemblement avec le temps) pour autant il ne faut pas non plus l'occulter : dans le cadre de la réussite de tous les élèves, il est fondamental de pouvoir utiliser ce levier. D'autant que l'école construit maintenant des parcours scolaires pour les élèves. Via l'outil numérique, ces parcours sont plus facilement centralisables, consultables : pour l'enseignant, les responsables légaux mais surtout l'élève ! Via la mise en place de portfolios numériques, banques de données des compétences travaillées, validées ou non encore acquises ; cela peut faire sens.

Alors, quel outil ? Il me semble que depuis IPT en 1985, l'école a trop souvent basé l'usage de "l'informatique scolaire" sur la mise en place d'outils  MO5, PC, Mac, TBI, VPI et maintenant tablettes, applications en ligne etc...) : souvent sans concertation avec les enseignants et surtout sans formation !

Hors, lorsqu'on parle pédagogie et modification de pratiques cela passe par la formation de ces prtaiques. Pourquoi ce qui est vrai dans de nombreux domaines de la pédagogie scolaire ne l'est pas réellement dans celui de l'usage du "numérique scolaire" ?

En conséquence, au-delà du matériel (qu'il ne faut pas négliger mais qui, pour ma part, doit être interrogé dans les axes 4 et 5 des cette consultation), pour qu'il y ait une plus value pour apprendre avec le numérique pour la réussite de tous les élèves, il est indispensable de repenser la classe et les pratiques pédagogiques. Si le TBI ne sert qu'à la vidéoprojection c'est beau mais ça ne rend pas l'élève acteur de ses apprentissages. Si la tablette remplace les manuels scolaires c'est bien, le cartable ne pésera plus que 500 grammes, mais les apprentissages et les manières d'apprendre, d'évaluer ne seront pas questionnées. Hors l'école se doit de connaître la société et de s'adapter à elle. L'école inclusive n'est pas un vain mot, pour la réussir le numérique est une nécessité, encore faut-il mettre les moyens pour que les enseignants soient formés à cela !

Bien cordialement,

Mathieu B.
#709, le 08/02/2015 - 03:18

Sylvain, la pensée écrite fonctionne par induction motrice, c'est à dire que l'action d'écrire induit la pensée. Et les études actuelles semblent montrer (elles ne sont pas en nombre suffisant pour établir des constats objectifs) que cela ne fonctionne pas aussi bien avec des ordinateurs. Le plus gênant est que la vitesse supérieure de frappe sur un clavier à l'écriture manuscrite conduit les étudiants à tout écrire sans qu'un travail de tri ne soit fait car non nécessaire. Les profs de fac le déplorent tous. Et c'est apparemment l'imagination qui trinque le plus avec le numérique.

Vous avez raison, elles doivent y entrer, mais pas trop tôt.

Et je pense d'ailleurs que l'aspect raisonnable de l'utilisation du numérique, les fameuses limites sont de la responsabilité des parents, pas celle des enseignants.

Sylvain Kozlik
#680, le 06/02/2015 - 20:44

Je ne crois pas que l'aspect motivationnel soit le centre de l'intérêt des technologies du numérique. Mais je crois bien que l'école veut avancer en parallèle du monde qui se numérise. Et pour éduquer à des usages intelligents des technologies à l'école, il faut bien qu'elles y entrent... de façons intelligente bien entendu.

À propos de votre conclusion : "il faut déjà savoir lire et écrire sur du papier avant de le faire sur des écrans", comment prouvez-vous cela ?

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