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La contribution #44

Yann Houry
#44, le 20/01/2015 - 21:43

Différencier la pédagogie

Depuis que j'ai commencé à enseigner, je ne cesse de me poser cette question : comment, moi, tout seul, je peux faire face à toute une classe, même à faible effectif, composée au moins d'une vingtaine d'élèves ? Comment prendre en compte cette hétérogénéité (qui ne peut pas ne pas être) ? Comment éviter de laisser un élève dormir au fond de la classe ?

Le numérique est une réponse. Ce n'est peut-être pas la réponse. Ce n'est certainement pas la panacée, mais les ordinateurs, les tablettes m'aident à faire la classe à plus d'une vingtaine de personnes à la fois.

Par exemple, je ne peux plus et ne veux plus faire une seule dictée à toute une classe chargée de suivre comme un seul homme, en même temps, au même rythme, quelles que soient les difficultés des uns et des autres. Je ne peux pas donner une dictée qui recevra inéluctablement des zéros et des vingt. C'est pourquoi mes élèves travaillent leurs dictées sur leurs ordinateurs ou leurs tablettes, à leur rythme et surtout selon leurs difficultés. Certains mettent un temps infini, et ce temps leur est offert, d'autres carburent à vitesse grand v, passent ensuite à autre chose. Certains sont parfaitement autonomes, d'autres ont besoin que je sois là pour eux. Cela n'est possible qu'avec une dizaine d'enseignants dans la classe ou le numérique.

 

 

 

 

7 arguments pour ∨

EmmanuelP
#863, le 15/02/2015 - 20:29

C'est le premier argument que je donne, donnais et donnerai pour l'utilisation du numérique à l'école.

Ayant eu pendant quelques années, une dizaine, des élèves de CP/CE1, le fait de pouvoir avoir des logiciels permettant de différencier mes textes avec plus de rapidité que je ne l'aurais fait manuellement, de pouvoir apporter une différenciation dans le rythme de certains exercices oraux à l'aide de dictaphones, ce qui a permis à des élèves en grande difficulté d'avancer à un rythme différent sans impacter le rythme des autres élèves de la classe; mais aussi d'avoir des ressources permettant à chacun d'avancer à son rythme, certains bien plus vite que d'autres, et découvrant des notions qu'ils n'auraient vu qu'un an après, faute de temps s'ils avaient suivi le pogramme "à l'ancienne"..

Tout dépend en effet des ressources proposées, qui doivent être pertinentes s'il s'agit de 'consommables' et surtout d'apporter une plus-value pédagogique : si on fait exactement pareil qu'avec un papier et un crayon, ces derniers sont très bien et plus rapide.

Si par contre cela nous permet d'apporter une autonomie, une aide que l'on ne pourrait avoir autrement que par la présence constante du professeur (qui doit s'occuper aussi des autres élèves), ou par la motivation (que ce soit de l'auto-motivation, de la motivation par la communication vers l'extérieur...), alors je ne vois pas où est le problème.

Et non, je ne prive pas mes élèves d'aides pour continuer à apprendre à lire sous prétexte qu'à la fin du CE1, ils devraient savoir lire tout seul sans aide...

Castera
#611, le 04/02/2015 - 17:22

Les outils numérqiues nous ont permis en langues vivantes d'évoluer dans nos pratiques et de mettre en place une pédagogie plus active , dans laquelle chaque élève a la possiblité d'acquérir à son rythme ,différents modes opératoires  le menant  au fil du temps à être autonome pour comprendre  un document audio ou vidéo authentique .

L'expression orale y a aussi trouvé son compte , il est plus simple de faire progresser les élèves à l'oral en leur permettant individuellement d'entrainer la prononciation , la prosodie de la langue . Plus aisé aussi de motiver , d'impliquer  les élèves dans  différents projets mobilisant les outils numériques .

Et je  ne parle pas du gain de temps à  évaluer ou à entrainer des élèves produisant en simultanée un  travail .

Bref , une vraie révolution !

 

 

 

Mathieu B.
#592, le 03/02/2015 - 20:31

La différenciation pédagogique peut se faire grâce aux ressources du numérique mais pas seulement. En EPS, nous n'avons pas cette possibilité, et pourtant, la différenciation s'opère systématiquement, d'elle même souvent, ou sous l'impulsion de l'enseignant. On peut adapter les exigences, le volume de travail, les dispositifs...enfin rien de neuf quoi...

Yann Houry
#219, le 22/01/2015 - 15:08

Je réponds ici à Thibault Cordier dont les propos me sidèrent.

Tout d'abord, mon rôle n'est absolument pas de préparer des élèves à aller au lycée ni à l'université. Tous n'ont pas envie d'y aller, tous n'iront pas. Pensez à ceux qui iront en apprentissage le plus tôt possible ou même à ceux qui iront dans une grande école. Mon rôle est de prendre en compte tous ces élèves, pas de faire comme si tout le monde allait faire la même chose.

Ensuite, je ne vois vraiment pas comment j'ai pu m'exprimer aussi mal pour donner à penser que je créais des assistés ! Et, précisément, nous visons à obtenir un peu d'autonomie chez ces élèves qui ont pour consigne de se débrouiller comme des grands avec leur dictionnaire ou toutes les ressources que fournit internet. Ce n'est que lorsqu'ils ont fait un véritable travail que je daigne regarder ce qu'ils ont fait. C'est d'ailleurs la même chose avec la rédaction.

Quant au brevet, que dire ??? Les bras m'en tombent. On ne va tout de même pas faire des dictées d'un quart d'heure, des dictées non corrigées pendant 4 ans au motif que ce sera ce qu'ils auront au brevet : une dictée non corrigée (du moins les élèves n'auront pas la correction, examen oblige) d'un quart d'heure.

À quoi servirait de forcer l'allure avec des élèves qui n'arrivent pas à écrire une phrase sans faire 10 fautes. Patience et longueur de temps, etc. Le temps de l'examen viendra ensuite.

Et ce monde du travail ! Tenez ! imaginez : "Chers élèves, je vais vous préparer au monde du travail dans la publicité. Voilà ! c'est fini. La langue française y étant tellement massacrée que vous n'avez pas besoin de moi !"

Romance Cornet
#130, le 21/01/2015 - 14:50

J'utilise aussi les ordinateurs en complément pour différencier.

  • Ils me sont utiles en 1er pour les élèves relevant de troubles DYS. Quelle bonheur de pouvoir facilement leur proposer des textes agrandis, en couleur, des contrôles qu'ils peuvent compléter si besoin par traitement de texte...

 

  • Ils me sont aussi utiles pour différencier en quantité et dans le temps certains travaux qui me demanderaient une quantité de photocopies certaine.

 

  • Les élèves ont une motivation de plus à travers cet outil (ordinateur pour ma part) et en plus, ils coopèrent puisque je n'ai pas un ordinateur pour chacun.

 

Je précise, pour ma part, que le nombre d'élèves dans mon double-niveau CM1/CM2 oscille entre 22 ("les meilleures années") et 28.

 

michel suret-canale
#398, le 26/01/2015 - 19:04

L'exemple cité par Yann Houry est vraiment un cas... D 'école ! En effet, le grand problème de l'utilisation des TIC, c'est qu'on peut, comme avec beaucoup d'outils, en tirer le pire comme le meilleur. Les TIC doivent être un moteur de progrès. On sait (depuis Socrates !) que la pédagogie différenciée est très efficace, et dans l'exemple choisi les TIC sont utilisées avec une totale pertinence.

Mais mettre en place une pédagogie différenciée n'est pas simple, elle demande de grandes compétences, elles sont ici visiblement au rendez vous, mais il faut être pleinement conscient que ces compétences mises en œuvres sont celles du professeur, en l'occurence Yann Houry.

En tant que spécialiste des TIC et des applications hypermedia pédagogiques depuis 1995, j'ai mesuré à quelle point la difficulté à mettre ces outils en œuvre résidaient beaucoup plus dans la difficulté à trouver / à former les personnels disposant des prés-requis. Sans les compétences dont fait par exemple preuve ce professeur dans l'exemple qu'il donne, l'utilisation des TIC peut très vite devenir un acte de consommation suplémentaire de produits Hight Tec, ou de culture Hight Tec, et dans ce cas on obtient le résultat absolument inverse, on n'est plus dans l'enseignement mais dans la réitération à sens perdu de messages publicitaires. C'est un vrai problème qui est en vérité assez difficile à résoudre.

Fabien Hobart
#116, le 21/01/2015 - 11:58

Quel bonheur de retrouver un défricheur comme Yann qui fait état de ses pratiques issues d'une véritable réflexion pédagogique et de convictions ... Un bâtisseur qui expérimente, analyse, réajuste, partage ... interroge : voilà comment le numérique permet aux professionels convaincus et engagées de questionner les pratiques pour mettre en oeuvre des apprentissages qui correspondent aux besoins d'apprentissage de tous et de chacun ... à 8, à 20, à 30 !

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4 arguments contre ∨

Thibault Cordier
#140, le 21/01/2015 - 17:35

Comment feront tes élèves lorsqu'ils devront tous s'adapter au rythme de la dictée du brevet? Je comprends et félicite ton dévouement pour combler les difficultés de tes élèves. Toutefois, notre rôle est aussi de les préparer au lycée, l'université et pourquoi pas au monde du travail, où l'autonomie est une compétence essentielle. Attention à ne pas faire de nos élèves des assistés, car ils ne pourront pas survivre dans le monde implacable dans lequel nous vivons.
 

Fabien Hobart
#117, le 21/01/2015 - 12:01

Sur le coup des appareils ... cf les articles sur le BYOD.

Yann Houry
#93, le 21/01/2015 - 10:17

20 élèves,  c'est une moyenne, mais de toute façon, quand bien même, on n'aurait que dix élèves, il serait illusoire de penser que tous progressent au même rythme. Il faut différencier. 

Et puis 30 élèves ! Ça ne veut rien dire. Cette année, en 4e, j'en ai près de 30. Ils sont plutôt calmes, et ça ne pose pas particulièremement de problèmes. L'an dernier, c'était un peu différent...

[Je voulais répondre à GJM W.]

GJM W
#73, le 21/01/2015 - 08:54

Ah, si seulement nos classes étaient réellement constituées de 20 élèves... et non de 30. La baisse des effectifs pour permettre de prendre en comtpe chaque élève, une urgence bien plus réelle que de donner une coûteuse tablette à chaque élève.

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