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La contribution #286

Yves Log
#286, le 23/01/2015 - 14:04

Le numérique à l'école

L'apprentissage du numérique à l'école doit passer par une application dédiée imposant le statut de l'ordinateur "maître", celui du professeur, et des tablettes "esclaves", celles des élèves...

Toute autre liberté d'action des élèves depuis leurs tablettes doit-être à mon avis proscrite.

A l'image d'un laboratoire de langues, chaque tablette fonctionnant selon le même système d'exploitation imposé par l'école, androïd par exemple, est connectée via son mini-port USB assurant l'alimentation permanente et la connexion directe à l'ordinateur maître.

Cette connexion directe empêcherait, selon le logiciel d'échanges entre professeur et élèves, toute connexion autre, telle que la wifi par exemple...

Ainsi, le professeur pourrait-il contrôler en permanence sur son propre écran la situation de chacun de ses élèves et leur délivrer les accès autorisés afin de progresser dans l'enseignement.

Un simple logiciel peut, toujours à mon avis, résoudre ce principe de connectivité sans passer par de multiples systèmes de connections sans fil et autres possibilités de surfer librement sur la toile durant les heures de cours.

De plus, le fournisseur d'accès délivrant au professeur et par transfert d'autorisations, aux élèves, l'ensemble des informations du web, doit garantir un réseau d'accessibilité 100% anti-virus et sites interdits afin de ne pas nuire aux élèves, ni aux systèmes. Une boucle de sécurité totale.

Enfin, une sauvegarde automatique par élève doit être établie en permanence afin d'assurer une garantie sans faille dans la continuité de l'enseignement, même en cas de défaillance ou perte de la tablette d'un élève. 

Pourquoi un ordinateur "maître" et non pas une tablette "maître ?...

Pour offrir au professeur un écran tactile suffisamment grand afin d'être divisé en deux parties:
- la partie "contrôle" de la classe 
- la partie assurant la distribution de l'enseignement, cette dernière pouvant être simulée par une tablette virtuelle afin de respecter le format utilisé par les élèves.

Un site dédié et fortement protégé, accessible par mot de passe délivré en mode secret et lié à l'adresse de la tablette afin que l'élève ne puisse en prendre connaissance pour le diffuser à ses camarades ou autres, doit permettre à l'élève de réviser ses cours hors de l'établissement.

L'élève ne pouvant accéder à la suite de l'enseignement offert sur le site dédié qu'en fonction de sa progression personnelle mémorisée à l'école.

La formation doit être ludique, impliquant la correction de l’orthographe, et offrant des animations flash interactives, comme celle-ci par exemple prise au hasard du net:

http://site.ac-martinique.fr/spc/wp-content/uploads/file/college/lampes_...

Ou ces genres de gifs pédagogiques:

http://www.e-monsite.com/s/2008/01/17/tperadioactivite-s4/fonctionnement...
ou
http://www.nbpower.com/html/fr/safety_learning/learning/electricity_gene...

permettant à l'élève de lier la théorie aux applications.

Pensez également que toute lecture vidéo pourrait vite devenir une catastrophe cacophonique en autorisant le son sur chaque tablette a moins d'utiliser l'emploi d'écouteurs individuels, sources de pannes et d'isolement de l'élève.

Le but d'une formation "numérique" est l'éveil des ressources de l'individu aux ressources fantastiques de la toile. Ainsi doit-il en comprendre les "mécanismes" afin d'y adapter ses propres capacités.
Nous sommes tous différents face à l'apprentissage des connaissances.
Le cerveau humain est un ordinateur surpuissant, avec sa RAM, sa ROM, son système d'exploitation transmis par l'ADN, mais également transformé par l'entourage, l'éducation, etc...Ses connections plus ou moins complexes sont le QI intervenant en tant qu'accélérateur analytique afin d'accéder à une compréhension en 2 ou 3D selon l'individu, voire 4 ou 5 D selon le degré d'anticipation et de conscience.
Les 4 et 5 D étant des notions de capacités évolutives d'une idée ou d'un produit dans le temps ainsi que son taux d'obsolescence.

L'usage d'une tablette ne doit pas être une surcharge visuelle pour l'enfant.
Une page de lecture doit être allégée, aérienne. Pensez que, lorsque l'enfant lit une revue, une bande dessinée ou un roman, il marque une pause plus ou moins longue à chaque changement de page. Sur une tablette, la transition est quasiment immédiate, et donc source de nuisances pour ce cerveau si fragile, car ouvert à la connaissance ou à la compréhension.
C'est pour cette simple raison que je pense que la lecture "numérique" est "à risques" et ne doit pas rejeter le livre "papier" aux oubliettes.
La lecture doit rester une ouverture vers le rêve et la construction de l'imaginaire et non pas une succession de données indigestes.

Ceci n'étant, bien sûr que mon avis personnel sur cette formidable ouverture que l'éducation pourrait offrir à nos chères petites têtes avides de savoir.

Et pour conclure, j'espère que les tablettes numériques seront...Françaises !...

Yves Log

1 argument pour ∨

Yves Log
#416, le 27/01/2015 - 13:09

Bonjour à toutes et tous...

Je peux comprendre vos contre-arguments, mais je n'ai pas oublié ma propre scolarité et ma tendre enfance faite de Legos et autres jeux de mécanos...

Nous "parlons" bien ici de la tablette, et non de l'ordinateur !

Apprendre l'informatique, c'est en connaître ses composants et ses divers langages...Point besoin de tablette pour cet apprentissage.

Par contre, le côté ludique, comme déjà avancé, permet de mieux en comprendre les systèmes...Tous les systèmes !

Le numérique doit rester un outil de compréhension et de transmission de l'information. La théorie sera toujours de mise sur papier, mais les applications doivent être mises en oeuvre par la pratique à l'aide d'un écran et d'un clavier, ce qui ne serait pas chose aisée sur une tablette.

Il vaut donc mieux réserver celle-ci pour le ludique et l'explication visuelle grâce aux animations flash et autres applications telles que les petits montages vidéos et diaporamas...

Le cerveau de l'enfant se formate rapidement avec les portables et tablettes. Qui n'a pas déjà observé un enfant "singeant" le parent en lui subtilisant son portable ?

Les outils numériques doivent, a mon avis, être liés à l'âge de la compréhension. Vouloir faire de nos chers bambins des informaticiens en herbe avant l'âge serait pure folie !

Pour exemple, alors qu'un soir je dînais dans un self, je me mis à observer un groupe d'adultes discutant de leurs propres téléphones portables...Quelle fierté dans leurs opinions sur leur nouveau joujou !...Un vrai concours de performances sur leurs gadgets !...Mais aucune remarque sur les concepteurs des appareils, ou sur les créateurs d'applications...
On a tendance à s'approprier rapidement une nouvelle technologie en oubliant les efforts ayant permis cette évolution. Et pourtant, le sujet de ce débat est bien d'orienter nos enfants vers le comment du pourquoi, et non l'usage basique de l'appareil !

De la tablette pour les plus jeunes à l'ordinateur pour les plus grands, il n'y a qu'un pas. Il s'agit ici d'une progression logique amenant l'enfant à se familiariser progressivement au binaire et aux applications.

Par contre, et là est bien le risque, pensez aux RESPONSABILITÉS !...

L'école doit rester un domaine protégé dans lequel la transmission de l'information doit respecter les desiderata des parents.

J'observe que certains intervenants aimeraient que leurs enfants puissent surfer sur le net en toute liberté à l'école ?...Cette responsabilité est d'ordre familiale et non scolaire, à moins d'un contrôle total de l'équipe pédagogique, d'où cette nécessité du concept "ordinateur maître" contrôlant les interventions sur tablettes en classe !

Le professeur doit pouvoir contrôler TOTALEMENT l'usage de la tablette et les sites à rendre disponible aux élèves sans nuire à la formation. De même, l'échange entre élèves doit être rendu possible, EN CLASSE, mais toujours sous le contrôle strict de l'enseignant !

Chez lui, l'enfant est sous l'autorité parentale et son apprentissage scolaire dans le domaine du numérique peut être "libéré" ou du moins suivi par cette autorité, mais l'école ne peut offrir ces mêmes services aléatoires et quasiment incontrôlables, à moins de passer par ce que j'ai proposé.

L'enfant ne doit pas être bridé, mais guidé, orienté, protégé et...instruit !
C'est comme si, en cours de chimie, vous acceptiez que les élèves puissent faire usage de tous les produits, même à risques, afin de créer, voire...détruire !...De la même façon, laisseriez-vous un enfant concevoir un circuit électrique sans tenir compte de l'intensité et ou du voltage ?

Bien sûr que la tablette doit offrir ces possibilités de transmettre des données, faire de la vidéo, du montage, de la capture ou accéder à certains sites, MAIS SOUS CONTRÔLE TOTAL DE L'ENSEIGNANT !...

Réfléchissez donc encore à ce mot "RESPONSABILITÉ" !

La tablette doit être l'intermédiaire entre ce que nous utilisions jadis, à savoir le rétro-projecteur, et l'ordinateur, la théorie devant être maintenue sur papier !

Bien à vous...

Log 

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8 arguments contre ∨

o10nez
#732, le 08/02/2015 - 16:11

Le livre est le meilleur des systèmes fermés et son coût reste imbattable...

L'ouverture des outils numériques se doit d'être accompagnée d'un usage responsable et citoyen et non se voir restreinte de la sorte.

Raito Bezarius
#450, le 28/01/2015 - 15:05

Puis un jour viendra où un élève un peu trop curieux connectera la tablette sur son ordinateur, bidouillera, et oops! Il a trouvé une faille de sécurité à cette boucle de sécurité totale, rien n'est infaillible. Et je rejoins tout le monde sur que d'un côté, ça provoquera un rejet des élèves, et que de l'autre, cette sécurité est illusoire.

Cordialement,

R. Bezarius.

bNach
#314, le 23/01/2015 - 18:49

A mon sens c'est LA solution technique qu'il ne faut pas faire.

La tablette de l'école sera la même que celle de la maison en pas fun... Les élèves n'en prendront pas soins, ce sera un rejet complet de l'objet.

Pour lire un livre et parler au professeur à 3m de soit une liseuse est bien plus pertinante et moins chère.

Une tablette est un outil connecté à Internet et donc au monde. Votre proposition serait de la brider pour ne pas pouvoir discuter avec le voisin.

Je partage l'avis de M. PIERRON. Apprendre l'informatique ce n'est pas manipuler un format numérique, éventuellement animé en Flash, d'un document papier.

Mon fils sera aussi un hacker ! J'ai commencé comme ça. J'ai bidouillé l'ordinateur de la maison, je l'ai cassé, planté, dépanné, overclocké, re-cassé, démonté, optimisé, upgradé. En première (1999) c'est moi qu'on venait chercher pour dépanner la machine du CDI. A cette époque je n'avais pas de cours d'informatique ni même Internet, j'ai appris les bases tout seul. Une fois qu'on a compris la logique tout est facile.

Peut-on reproduire ce schéma avec une tablette ? Non car c'est un format completement fermé où même les ROM custom ne permettent pas grand chose de plus. Sur les ordinateurs de l'école ? Non plus car il ne faut surtout rien casser.

Sur la partie technique de l'informatique j'aimerai qu'un jour mon fils apprène à installer un système, sache à quoi sert un DNS, un DHCP, ce qu'est l'UEFI. C'est possible ? Oui, avec des machines virtuelles. Sur une tablette ? Non par manque de puissance et par manque d'ouverture.

M. LOG, je vous rejoins juste sur le point que vous sous entendez : peut-on faire confiance à l'auto discipline des élèves. Je suis aussi pessimiste que vous pourtant je ne crois pas en votre solution.

Stéphanie de Vanssay
#299, le 23/01/2015 - 16:45

C'est hélas ce qui se profile et c'est à mon sens une énorme erreur car on interdit de facto tous les usages vraiment intéressants où les élèves sont auteurs, créateurs, acteurs.

Voir mon billet sur le sujet ici : https://ecolededemain.wordpress.com/2014/12/04/des-tablettes-a-lecole-pour-quoi-faire/ 

gtouze
#303, le 23/01/2015 - 17:30

Mettre le numérique au service du contrôle et d'un mode d'enseignement obsolète, c'est vraiment passer à côté de la transition que la société toute entière est en train de vivre...

Mon billet aussi :-) http://blog.sgen.net/numerique/?p=935

 

FREDERIC PIERRON
#304, le 23/01/2015 - 17:30

C'est une vision rétrograde de l'informatique, du eLearning et de la relation enseignant-élève.

Si vous voulez juste que l'élève tourne une page virtuelle au moment où vous lui demandez, il est inutile de dépenser autant d'argent dans l'achat de matériel numérique.

Il vous suffira de dire : "Prenez votre manuel page 34 et faites l'exercice 3 puis 5", c'est beaucoup moins cher.

Déjà, le choix d'une tablette est la marque de soumission au marché. C'est faire de l'élève un consommateur béat devant un contenu préformatté. Je préfèrerai largement que mes enfants apprennent sur un ordinateur à coder, hacker, et fabriquer eux-mêmes de logiciels, tout en insérant dans la communauté de l'open source. Il n'existe pas de tablette qui permette cela pour des raisons de sécurité et de restriction commerciale du produit : le but étant de vendre des apps limitées dans leur usage et de produire un environnement captif pour l'utilisateur.

FloZ
#308, le 23/01/2015 - 17:53

A mon humble avis de parent qui a encore un jeune au collège, l'usage d'une tablette tel que vous le décrivez ne change pas beaucoup par rapport à l'usage d'un livre. Du coup son intérêt resterait limité. De toutes manières les enfants accèderont au numérique par leurs propres moyens : les limitations que vous proposez ne leur permettront pas, je crois, de disposer des outils suffisant pour maîtriser réellemnt l'usage qu'ils en feront hors de la classe.

Louis Billiet
#305, le 23/01/2015 - 17:37

Cette vision du "numérique" est totalement obsolète et à côté des besoins en connaissances. Ce que vous décrivez ne sont rien de plus que des contenus interactifs, qui sont déjà créés et accessibles via un pc et une simple connexion internet. Imposer des tablettes (qui plus est tellement limités qu'elles n'auront rien à voir avec ce qu'ils pourront voir au quotidien) n'apportera absoluement rien. Je suis de l'avis de FREDERIC PIERRON : gardez les livres papiers pour les simples connaissances théorique, ou alors permettez-vous des MOOCS et contenus interactifs accessibles en ligne pour les points interessants. Le numérique n'est pas un problème de contenant (passer des livres à la tablette), mais de contenus (il faut apprendre aux élèves ce que sont les internets).

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