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La contribution #262

bNach
#262, le 23/01/2015 - 10:39

Le choix du matériel et les problématiques à prendre en compte

Voici, selon moi, une liste d'éléments à prendre en compte pour les choix techniques. Cette réflexion se veut uniquement technique, ne concerne que les tablettes et ne tient pas compte du bien fondé d’un tel projet. 

 

- L'autonomie. Aujourd'hui les tablettes haut de gamme annoncent environ 10h d'autonomie mais c’est une valeur maximum qui ne prend pas en compte l'usure de la batterie. Après un an d'utilisation et environ 200 cycles de charge il sera normal de tomber à environ 8h. Il faudra donc rapidement que les élèves rechargent leurs tablettes tous les jours. 

En cas d'oubli, l'élève se retrouvera lourdement pénalisé car un contenu interactif se partage bien moins facilement qu’un livre. Les établissements pourraient proposer des batteries nomades ce qui éviterait de devoir effectuer des travaux pour apporter du courant fort dans les classes mais aussi la manipulation des prises de courant par les élèves. La recharge sans fil pourrait être intéressante car les prises des tablettes seraient moins sollicitées et elle réduirait les pannes. 

 

- L’accès à Internet. L’accès en haut débit par chaque périphérique n’est pas indispensable, une vitesse d’accès de type ADSL classique est largement suffisante. La vraie problématique est de permettre l’accès à des vidéos HD de manière fluide. Pour cela, il faudrait une connexion dimensionnée pour le nombre d’élève et une répartition équitable de la bande passante entre les utilisateurs. 

 

- Les données utilisateurs. Beaucoup de solutions existent aujourd’hui pour le stockage des données : en local, le profil utilisateur déporté sur un serveur, le cloud etc. Il est aussi possible d’automatiser les sauvegardes. A mon sens, il y a une grande vertu pédagogique à apprendre aux élèves à faire des sauvegardes. La perte de données coûte une fortune aux entreprises et elles n’ont pas toutes les moyens d’avoir des systèmes automatisés. 

 

- L’interopérabilité. Le choix entre Windows/Android/Apple n’est pas le bon débat. Je pense qu’il vaut mieux se demander quels logiciels permettront aux élèves de lire et modifier leurs documents sur n’importe quel autre ordinateur ou tablette. Ceci ouvre aussi la possibilité du BYOD même si je n’y suis pas favorable. 

 

- Les dépannages. Le remplacement d’une batterie ou d’un écran est compliqué sur des modèles grand public, certains y verront de l’obsolescence programmée d’autres des contraintes techniques pour la miniaturisation. Les établissements devraient pouvoir centraliser les SAV. Il pourrait être demandé à l’équipementier, d’une part, de rendre certains organes d’usure et fragiles facilement remplaçables et, d’autre part, de mettre en place un réseau de techniciens locaux via des certifications. Dans les grandes et moyennes villes ceci créerait de l’emploi local. 

 

- L’impression. Tous les responsables informatiques vous confirmeront que l’objectif zéro papier est quelque chose d’extrêmement compliqué à atteindre, il faut donc prévoir la possibilité d’éditer et pour cela les tablettes ne sont pas toujours équipées. 

 

- Les contenus d’occasion. L’achat des livres scolaires est un poste de dépense important à la rentrée. Les éditeurs voudront forcément protéger contre la copie leurs ouvrages en utilisant des DRM qui sont aussi des potentielles entraves au marché de l’occasion. 

 

- La position de travail. Il serait intéressant de demander l’avis du corps médical sur l’ergonomie du poste de travail avec écran à plat. Il ne faut pas oublier que les écrans ont des angles de vision optimum et que, suivant la qualité de celui sélectionné, il sera nécessaire de se positionner juste au-dessus ou non. Un simple pupitre pourrait solutionner le problème. 

 

- L’interface de saisie. Il serait dommage d’utiliser les tablettes comme des minitels tactiles si le but n’était que de consulter car, dans ce cas, des liseuses feraient tout aussi bien l’affaire. L’utilisation du clavier virtuel pose le problème de la réduction de l’espace de travail à l'écran. De plus, pour tout ce qui concerne la programmation, l’accès aux caractères spéciaux est beaucoup plus compliqué. La solution serait d’utiliser des claviers Bluetooth. 

 

- Les applications. Les Stores sont intéressant car ils permettent une installation des programmes extrêmement simple et à la portée de tous. Par contre, ils mettent principalement en avant les contenus de divertissement. Il faudrait un Store dédié à l’éducation où les applications n’y seraient publiées que si elles ont un intérêt pédagogique, qu’elles respectent les données personnelles des élèves et qu’elles respectent les contraintes d’interopérabilité. 

 

- La programmation. A ma connaissance il n’y a pas grand-chose de prévu sur Android ni Apple. Il est envisageable d’utiliser du Windows ou Linux via du VDI pour du développement graphique de type VBA, .Net ou Qt mais  la taille de l’écran va être un très gros problème. L’utilisation d’une console SSH pour faire du Perl ou du PHP par exemple serait idéale. Les outils sont libres, gratuit, existants, très bien documentés et faciles à mettre en place. 

 

- Les restrictions. Faut-il une adresse email ? Comment partager des fichiers ? Je ne peux pas me prononcer sur ce point. Je ne suis pas en contact d’élèves et je ne sais pas dans quelle mesure ils sont capables de détourner le système pour se distraire. 

 

Attention à certains points : 

- Les caméras intégrées : les enseignants risquent de ne pas du tout apprécier. 

- L’aspect massif de la tablette : si le modèle permet un accès à la batterie et est renforcé, cela donnera une impression de modèle dépassé et amplifier les critiques sur le projet. 

- Le temps nécessaire aux enseignants pour les corrections : aujourd’hui l’annotation au crayon est simple. Demain soit ils devront tout imprimer soit ils devront utiliser un système de stylet. 

- Les ondes : il faudra surement prévoir une borne Wifi pour une ou deux classes et dans les bâtiments de grande taille la multiplication des ondes sera un mal nécessaire. Si une borne semble inoffensive, que pensent les agences sanitaires de l’exposition continue des enfants à un grand nombre de bornes ? Que faire d’un enfant qui serait électro-sensible ? 

2 arguments pour ∨

bNach
#330, le 24/01/2015 - 08:53

M. Devigne, l'Ethernet est biensur une meilleur solution que le wifi mais les tablettes avec ce genre de connectique n'existent pas (je parle de tablettes, pas d'ordinateurs sans clavier et hors budget). De plus je ne suis pas certain que les cordons résistes bien longtemps...

Voila pourquoi j'ai écarté cette solution.

Maxence Devigne
#282, le 23/01/2015 - 13:06

"- Les ondes : il faudra surement prévoir une borne Wifi pour une ou deux classes et dans les bâtiments de grande taille la multiplication des ondes sera un mal nécessaire. Si une borne semble inoffensive, que pensent les agences sanitaires de l’exposition continue des enfants à un grand nombre de bornes ? Que faire d’un enfant qui serait électro-sensible ? "

Ou alors faudrait une très grande connexion Ethernet mais faudrait qu'elle soit puissante et non pas du 1,5 Méga de débit comme dans mon collège.

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