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La contribution #252

Jonathan De Loeuw
#252, le 23/01/2015 - 06:39

Des outils, c'est bien, un lieu pour travailler, c'est mieux !

J'ajouterai à ces argumentations intéressantes qu'il faut régler le problème de la négligence totale portée dans la conception même des bâtiments et classes aux besoins et mécanismes sociaux chez l'Homme en général et le jeune en particulier : celui d'espace. Nous avons pour mission principale de socialiser de petits mammifères pour en faire avec l'enrichissement culturel des homo sapiens dignes de conduire nos sociétés vers l'avenir sans avoir à rougir de leurs actes. Or, on se contente le plus souvent à simplement gérer le degré des débordements inhérents à notre nature animale : agressivité de domintion, de territoire, d'identité...

 

La cause essentielle est qu'on entasse, logique comptable oblige, le plus d'élèves possible dans chaque classe : 35 dans des classes de 35, 20 dans des classes de 20, etc. Résultat : oui, on joue sur le ratio adulte-élève pour "faire un effort" d'adaptation au public mais, en réalité, les classes étant plus petites, ces élèves déjà en difficulté scolaire et sociale le plus souvent, se retrouvent aglutinés les uns aux autres, et donc complètement parasités dans leur concentration et leur sentiment de sécurité par la présence de cet autre, gênant, qui le stimule sans cesse pour le conduire hors de ses raisonnements et efforts, dans une interaction perpétuelle et souvent conflictuelle avec ses pairs. Et c'est là que je repense avec nostalgie au laboratoire de langue où j'allais parfois au collège, élève : des boxes individuels, un pupitre personnel et un casque me reliant directement à mon enseignant : un cours particulier ou presque, hors groupe et face à l'enseignant, médiatisé par des outils attractifs (à l'époque un magnétophone).

 

De même, la taille trop réduite des salles de classe, toujours suivant cette même logique comptable qui mène nos politiques à annuler l'idéal par des dispositions budgétaires contreproductives, empêche l'organisation d'espaces dédiés permettant à l'enfant, comme en primaire et maternelle, d'organiser son temps de travail de manière autonome, ou de rentabiliser le travail de groupe, d'isoler les éléments les plus excitables afin de leur permettre de se concentrer.

 

Enfin, le fonctionnement-même du secondaire, en particulier dans ce collège unique, rend difficile la différenciation pédagogique par l'excitation produite par le jeu des chaises musicales chronométrées : on change de salle, de place, de matériel, de référent, toutes les 55 minutes, avec l'espace de friction que cela installe dans les temps de transit et d'installation, tout comme dans le diversité des intervenants.

 

Ainsi, l'augmentation du numérique, si l'écran et la machine ont un pouvoir de captation plus fort sur l'enfant que le professeur, ne sera une solution qu'une fois éliminés les parasites qui font obstacle au savoir être élève de nombre d'apprenants.

 

Pour conclure, toute réforme efficace de l'enseignement devrait être accompagnée en amont d'un dispositif réduisant l'immersion de l'enfant parmi ses pairs, où la loi du plus fort et du plus bête a souvent tendance à générer les effets de masse et de bêtification à l'origine de la dégradation des conditions de classe, et en augmentant conséquemment l'immersion dans la relation à l'éducateur, formé à enrichir et tirer vers le haut ces jeunes que l'on veut faire mûrir.

 

C'est à ce prix humain que nous gagnerons en humanité dans nos sociétés et dans nos jeunes.

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