La période de participation est maintenant fermée. Merci à tous d'avoir participé.

Vous êtes sur la page de contribution de S.J. sur le débat « Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves ».

Retourner au débat

La contribution #233

S.J.
#233, le 22/01/2015 - 19:02

Utilité et utilisation du numérique dans le monde du travail et dans la vie professionnelle: quels besoins ?

Tout le monde s'accorde à dire que l'on vit dans un monde imprégné de numérique, tant dans la vie professionnelle que privée, et que par conséquent il est important de former et informer les jeunes. Mais justement, de quoi auront-ils besoin dans le monde du travail ? Et dans leur vie privée ? En répondant à cette question, il sera alors possible de mieux cibler les objectifs à atteindre à l'école, et où mettre les priorités. Spontanément, je pense à 3 choses:

* la capacité d'adaptation: c'est un atout majeur pour un jeune, qui lui ouvrira des portes dans le monde du travail, atout que les entreprises recherchent. Dans sa vie privée, il pourra s'ouvrir aux autres plus facilement, s'intégrer, mais aussi profiter de la vie comme il l'entend. Mais là, problème: comment leur apprendre cette capacité d'adaptation et en quoi le numérique peut-il y contribuer ? Peut-elle s'apprendre d'ailleurs ou est-ce plus ou moins "inné" ?Je pense que l'on peut contribuer à la mettre en place, que chacun essaye au moins de la développer, mais que cela ne peut se faire que dans le temps. Sauf que concrètement, dans mes cours quotidiens, je ne vois pas ce que je peux faire en ce sens en tant qu'enseignante au collège, avec un outil numérique...

* les compétences: un jeune formé correctement, qui connaît son travail et son rôle, efficace, volontaire, sera une valeur appréciée et reconnue dans son entreprise. Tous n'auront pas les mêmes besoins numériques suivant le secteur d'activité dans lequel ils évolueront. Les compétences "basiques" en informatique sont pour l'instant listées et évaluées par le B2I notamment. Ne serait-il pas  nécessaire de le revoir et de l'adapter aux réels besoins actuels (puisque ces derniers changent rapidement suivant l'évolution des technologies...)? Quitte à l'alléger, ne garder que le primordial, que toutes les matières de l'école/collège/lycée pourront utiliser voire évaluer, et qui seront vraiment utiles pour l'avenir des jeunes...

* l'esprit critique: indispensable devant le flot d'informations que fourni le numérique. Tant dans le monde du travail que dans la vie privée, il est nécessaire de savoir et pouvoir se faire sa propre opinion sur un sujet donné, et pour cela rechercher les informations et les croiser de diverses façons.  Là encore, comment concrètement, lors de mes cours, leur apprendre à avoir cet esprit critique et en quoi le numérique peut y contribuer ?

Il y a probablement d'autres besoins à cibler. Pourquoi ne pas interroger les écoles post-bacs, les entreprises, les centres de formation...: quel "bagage numérique" (savoirs, savoir-faire, savoir-être, face au numérique) les jeunes doivent-ils avoir pour être pris et/ou réussir chez vous ?

On pourrait aussi demander aux jeunes leurs besoins mais il faut déjà un certain recul et une certaine maturité pour les définir...

Voilà beaucoup de questions sans réponse et je ne sais pas du tout ce que cette concertation et cette réforme pourront apporter, si elles apportent quelque chose...

Enfin, je me pose une autre question: le numérique est aussi un outil pour les enseignants pour aider les élèves en réelle difficulté (dys... en tout genre, handicapés...). Et heureusement que ces jeunes ont cette aide (je parle d'aide nécessaire et non d'assistanat comme c'est parfois le cas...). Mais qu'en est-il dans les écoles post-bacs, les grandes écoles, et même les entreprises ? Je ne suis pas du tout sûre qu'il y ait la même "bienveillance" envers ces jeunes. Je crains parfois qu'on leur donne une béquille pour qu'ils puissent avancer, mais qu'ils ne pourront pas garder par la suite... ce n'est peut-être qu'une impression.

1 argument pour ∨

frksr
#735, le 09/02/2015 - 00:40

Ce n’est peut-être pas très connu, mais actuellement il y a pas mal de personnes qui travaillent dans l’informatique mais qui ont suivi un cursus bien différent en particulier des chimistes. Ce que l’on demande à la base c’est d’être capable de raisonner et dans certains secteurs comme les banques (le COBOL ne fait pas rêver semble-t-il) ou les agences Web (pas mal d’autodidactes) il n’y a de toute façons pas assez de personnes formées de manières adéquates.

La consultation est fermée

1 argument contre ∨

Clara Lune
#902, le 17/02/2015 - 08:40

Mais qu'en est-il dans les écoles post-bacs, les grandes écoles, et même les entreprises ? Je ne suis pas du tout sûre qu'il y ait la même "bienveillance" envers ces jeunes. Je crains parfois qu'on leur donne une béquille pour qu'ils puissent avancer, mais qu'ils ne pourront pas garder par la suite... ce n'est peut-être qu'une impression.

Oui, c'est une impression. Le premier élément est que le numérique a envahi le monde professionnel. Il est actuellement inimaginable de rendre un rapport écrit à la main dans la très grande majorité des métiers. L'écriture manuscrite que l'école considère comme l'un des moyens essentiels de rendus de travail n'existe quasiment plus. Ne pas savoir utiliser un traitement de texte est donc bien plus handicapant dans le monde du travail que de ne pas pouvoir écrire à la main.

Le second point est que dans le monde du travail, on ne regarde pas comment vous faites pour arriver au résultat mais plutôt quel est votre résultat. Que vous ayez lu les documents pour en faire une synthèse en utilisant une lecture vocale ou que vous les ayez lus de façon plus classique ne pose aucun problème à une entreprise du moment que votre synthèse est bien faite.

Troisième point, on choisit son métier en fonction de ses talents. On vous embauche pour ce que vous savez et pouvez faire. Vous ne pouvez pas faire du badmington, ça pose problème au collège mais dans votre entreprise, ça n'en pose aucun. Même chose si vous ne pouvez pas dessiner, si vous chantez faux, si vous ne pouvez calculer sans votre calculatrice etc... Toutes ces compétences qui sont requises et évaluées juqu'à la troisième ne sont pas indispensables dans tous les métiers. Il faut juste choisir celui qui correspond à vos possibilités et impossibilités.

Enfin, très peu d'enfants en situation de handicap font des études. Les entreprises sont tenues de recruter des personnes en situation de handicap. Elles cherchent des personnes en situation de handicap diplomées et elles mettent en place des aménagements des postes de travail. Certaines commencent même à mettre en place des programmes d'accompagnement d'étudiants en situation de handicap (coaching etc...) pour pouvoir les recruter ensuite.

L'idée selon laquelle mettre en place les moyens de compensation des handicaps à l'école gênera les adultes que ces enfants deviendront est donc fausse. C'est même plutôt le contraire. Plus vous donnez les moyens à ces enfants de mettre en avant leurs compétences en contournant leurs déficits, plus vous leur donnez de possibilité de prendre leur place dans leur société.

 

La consultation est fermée

Aucune source déposée

La consultation est fermée