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La contribution #1112

Syntec Numérique
#1112, le 09/03/2015 - 12:55

De la nécessité d’une école s’appropriant le numérique

Accélérer le numérique à l’école ne doit pas être considéré comme un effet de mode, mais une opportunité pour renouveler la pédagogie, favoriser l’inclusion et l’autonomie des élèves qui évolueront un monde numérique, dans lequel il est préférable qu’ils soient les créateurs plutôt que de simples consommateurs

a) Apprentissage et littératie numérique dés le plus jeune âge

  • Renforcer l’attention donnée à la modélisation dans l’enseignement informatique et ne pas réduire sa finalité à la science informatique elle-même.

L’enseignement de l’informatique et du numérique doit avant tout permettre à l’élève l’apprentissage de la modélisation et l’étude des systèmes, un besoin fondamental du XXIème siècle. C’est une école pour développer et comprendre l’abstraction.

Enseigner la modélisation et les concepts de la systémique permet de préparer les élèves à comprendre les grands systèmes complexes (énergie, transports, communications…) qui sous-tendent le fonctionnement de la société. C’est aussi les préparer aux emplois d’avenir et faciliter en particulier leur intégration dans les organisations industrielles, où l’amélioration continue des procédés repose sur la modélisation.

 

  • Introduire un enseignement d’informatique à tous les niveaux de l'enseignement général

Cette proposition est nécessaire pour lutter contre la désaffection des jeunes pour la science et la technologie, leur donner le goût de faire et leur ouvrir le chemin de l'innovation. Nous pourrions ainsi imaginer de contrôler l’acquisition des compétences des élèves tout au long de leur scolarité, avec une valorisation de cet enseignement par un contrôle continu intégré aux notes du baccalauréat.

 

  • Généraliser l’option Informatique et science du numérique (ISN).

Aujourd’hui spécialité de la section scientifique au bac, cette généralisation à l’ensemble des sections en classe de terminale est une manière simple d’accélérer le mouvement.

 

Ainsi, la compréhension d’internet et des réseaux sociaux, mais également des enjeux majeurs de l’usage et la protection des données personnelles serait facilitée. L’intégration d’aspects éthiques et de culture générale à cet enseignement est le pendant essentiel à une formation plus technique, pour que les élèves deviennent des acteurs éclairés, des citoyens de cet écosystème et non plus de simples consommateurs du numérique.

b) Pour un décloissement des disciplines

Une partie des critiques que la communauté des acteurs du numérique porte sur l'enseignement numérique a trait à la trop grande segmentation et spécialisation des domaines de connaissances. Donner un socle pratique fondé sur les projets et l’apprentissage collaboratif est une façon de répondre à ces objections. Mais avant tout, l’enseignement de l’informatique doit passer par un décloisonnement des disciplines en introduisant, par exemple des cours de physique sur la technologie informatique, ou en s’intéressant aux données, à leur sémantique et aux nombreuses questions relatives à leurs usages : volume, pérennité, respect de la vie privée et de la propriété, distribution, copie… 

L’informatique joue un rôle transverse d’intégration. Cette contribution fondamentale à l’activité humaine du XXIème siècle exige que la science informatique ne soit pas restreinte à une vision logicielle et matérielle, mais embrasse une ambition systémique et une approche pluridisciplinaire, dans la pratique comme dans l’enseignement. Ce décloisonnement nécessaire a également un impact sur les critères de recrutement des professeurs.

c) Adapter l’enseignement, notamment supérieur, aux enjeux du numérique

Au-delà de cet apprentissage dans le Primaire et le Secondaire, nous pensons  que l’enseignement supérieur doit être davantage en prise avec les besoins des entreprises à l'heure du numérique pour former des talents ensuite mobilisables (développeurs, data analysts, juristes spécialisés…). A cet égard, le Contrat d’étude prospective, qui analyse les besoins en compétences et en recrutement de la filière numérique à horizon 2018, est une référence.

La multiplication d’écoles du web d’un genre nouveau, qui émanent d’initiatives privées, associatives et très variées (Simplon.co, Ecole 42, Web School Factory, etc.) et qui se créent en parallèle des systèmes scolaires et universitaires, doivent être une source d'inspiration pour les universités.

Nos propositions en ce domaine sont les suivantes :

  • Permettre le développement de partenariats entre les initiatives privées et les universités (passerelles de reconnaissance réciproque des cursus suivis par l’étudiant afin de faciliter l’accès au diplôme),
  • Intégrer les académies et universités dans les réflexions conduites par les branches professionnelles en termes de perspectives emploi/formation : l’identification des besoins en recrutement actuels et/ou à venir ainsi que de métiers émergents doit systématiquement être accompagnée d’une cartographie de l’offre de formation existante
  • Intégrer davantage les entreprises dans les conseils de perfectionnement des établissements d’enseignement supérieur, une fois les besoins identifiés. Les délais de constitution d’un nouveau parcours diplômant (2 à 3 ans aujourd’hui) doivent être significativement revus à la baisse afin de mieux correspondre aux évolutions économiques et technologiques (a fortiori dans la filière numérique où les besoins évoluent extrêmement vite).

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