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La contribution #1060

Jean-Michel Perron
#1060, le 06/03/2015 - 18:52

Le numérique, les apprentissages et la réussite de tous les élèves-Jean-Michel Perron-1425664390

Le réseau Canopé, éditeur transmédia, produit des ressources, des services, des animations et des formations pour la communauté éducative. Les projets de veille et de R&D que nous menons, nous donnent beaucoup d’informations sur les enseignants et les pratiques d’enseignement. Afin d’apporter un éclairage sur le développement du numérique éducatif, nous publions une base de connaissance intitulée « Que dit la recherche ? », résultat de notre veille sur les écrits produits par la recherche scientifique internationale sur les usages du numérique pour l’éducation.[1]

En quoi, le numérique favorise-t-il les apprentissages et les résultats des élèves ?

Nous savons que dans la littérature scientifique produite dans le monde à ce sujet, il y a autant d’études sur des expérimentations des usages d’outils, de ressources et des services numériques qui mesurent des effets positifs sur la réussite des élèves, que d’études qui ne constatent aucun effet.
Ceci noté, plusieurs des études qui expriment des résultats positifs montrent que deux  conditions sont propices à la réussite des élèves. : 1) l’engagement des professeurs, 2) l’adaptation des activités d’apprentissage aux potentialités du numérique

Il s’agit tout d’abord pour les professeurs d’être engagés mais aussi qu’ils adaptent les activités aux potentialités du numérique :

D’abord l’engagement : même si les enseignants sont des professionnels reconnus dans leur métier et discipline,  ils doiventt passer par plusieurs stades (de débutant à expert), acquérir de nouvelles connaissances et compétences qui associent une réflexion construite sur le rapport entre théorie de l’apprentissage, didactique des disciplines et usages experts des outils et ressources  numériques. Ils ne peuvent s’engager que lorsqu’ils sont  suffisamment « outillés » intellectuellement et méthodologiquement et s’ils disposent d’une solide culture numérique.[2] Ceci nécessite de leur part une acculturation : une connaissance réelle des possibilités et une appropriation suffisante. Il est donc nécessaire que les enseignants construisent des situations d’apprentissage à partir de leur niveau de maîtrise des outils à disposition.

Comme le montre une étude du BECTA sur l’usage du TNI[3], les enseignants doivent adapter leurs activités aux potentialités apportées par le  numérique. Citons quelques exemples des potentialités :

  • La dématérialisation et la multiplication des contenus et des données sur les réseaux, la facilité d’accès avec un bon niveau de débit et la multiplication des équipements favorisent l’accès aux savoirs mondiaux et une expérience utilisateur interactive riche, l’élève peut consulter, s’informer, s’entraîner, recommencer, jouer, s’évaluer et chercher sur d’innombrables plateformes d’apprentissages et d’informations ;
  • La simplification des processus de production de contenus et la convergence des médias permettent de produire à peu de frais des objets multimédias virtuels nombreux,  l’élève peut concevoir, produire, vérifier si sa production vidéo, sonore, textuel est réussie ou pas, recommencer, corriger.
  • De plus, la miniaturisation des composants et la puissance de calcul des ordinateurs favorisent la création de ses propres programmes dans une démarche expérimentale, les essais erreurs, l’interprétation, l’analyse des données ainsi que leur classification et leur recherche ; l’élève peut émettre des hypothèses, les vérifier, recommencer, conserver ses productions ou ses étapes  de création, celui-ci développe son expérience et en même temps sa créativité ;
  • La simplification et le développement des réseaux multiplient les actes de communication. L’élève peut coopérer et collaborer, trouver de l’aide, du soutien, argumenter, apprendre une forme de socialisation, l’empathie et le respect des avis des autres élèves. 

Tous les exemples choisis concourent à penser qu’avec le numérique, l’élève peut facilement être acteur de son apprentissage. Le numérique nécessite donc toujours, constamment une réflexion importante sur l’organisation des espaces physiques et virtuels et sur l’organisation des activités d’apprentissage qui propose une évolution du rôle du professeur et/ou des enseignements par les équipes éducatives. Sans une maîtrise importante, sans une réflexion pédagogique solide et sans cette acceptation de nouvelles tâches à accomplir, difficile de bénéficier des potentialités du numérique et donc de favoriser la réussite des élèves.

 

[1] La rubrique « Que dit la recherche ? », Agence des usages des TICE. (2015). http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/

[2] http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l-usage-du-tbi-une-amelioration-des-resultats-des-eleves-42.htm

[3] http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/l-usage-du-tbi-formation-et-etapes-a-franchir-43.htm

1 argument pour ∨

Ecollet
#1075, le 07/03/2015 - 18:02

A 100% d'accord. Le problème est que la majorité des enseignants ne possède pas aujourd'hui cette culture numérique leur permettant de percevoir et d'exploiter les potentialités des outils. Il me semble qu'il s'agit effectivement d'un enjeu majeur que de leur permettre d'acquérir et de partager cette culture.

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