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La contribution #1011

Ninon Louise LePage
#1011, le 03/03/2015 - 01:26

L’école et le numérique : mes axes de réflexion

A - L’école, l’enseignant et l’écolier

 

1 - L’école

 

J’ai hésité.  Dois-je traiter de l’école au début ou à la fin de cette réflexion?  Puis le choix m’est apparu évident, en pensant à Clair, au Centre d'apprentissage du Haut-Madawaska qui accueille les élèves de la maternelle à la 8e année. Cette petite école rurale, perdue en pleine campagne,  reçoit chaque année une délégation internationale d’éducateurs.  Clair au Nouveau Brunswick est un exemple «d’école autrement».  Clair est un exemple que la techno-pédagogie, c’est au niveau de l’école que ça se passe.  Clair est devenu ce centre d’inspiration pédagogique grâce au dynamisme du directeur, à son esprit entrepreneurial,  monsieur Roberto Gauvin. 

 

http://clair2015.wikispaces.com/Page+d%27accueil

 

L’innovation et l’implication dans l’usage du numérique est la responsabilité de chaque école.  C’est à leur communauté que la direction d’école et les enseignants doivent faire connaître leurs besoins, leurs ambitions.  Nous sommes loin de l’époque où l’école était le centre de la culture en milieu rural. Le savoir est partout.  

 

Si en Afrique, il faut un village pour éduquer un enfant, dans nos sociétés complexes, il faut peut-être un village, un quartier pour créer une école.

 

On entend ici et là que «la collaboration» est l’une des compétences fondamentale à développer chez nos écoliers.  L’imitation est un des fondements de l’apprentissage.  La collaboration entre les enseignants d’une école pour l’usage du numérique  est un formidable exemple de collaboration pour les écoliers.

 

Puis l’intervention de Mme le Recteur de Montpellier confirme que c’est le dynamisme local qui fera la révolution numérique :

 

http://www.ludovia.com/2015/02/la-revolution-du-numerique-un-passage-oblige-pour-lecole/

 

L’enseignante de sciences au primaire que je suis propose l’analogie suivante.  Un plan d’eau ne gèle pas d’un bloc.  Il y a solidification graduelle de l’eau, les cristaux de glace se regroupent et éventuellement tout le plan d’eau est gelé. Je crois que c’est ainsi que l’on doive concevoir l’appropriation du numérique par les écoles.  La direction formera avec les enseignants d’une école un groupe d’éducateurs enthousiastes.  Deux ans plus tard, on parlera dans la région de cette école différente, exceptionnelle.  Les parents des établissements voisins demandent qu’on offre les mêmes avantages à leurs enfants.  Peu à peu, le numérique s’installe partout.  C’est au niveau local que se fera le passage vers ce nouveau modèle éducatif.

 

2- L’enseignant

 

Qui se souvient du contenu de ses cours de 6ème?  Mais tous gardons souvenir du maître borné qui n’a que réussi à nous faire détester la géographie ou la physique mais aussi du maître inspiré qui par sa sensibilité, son intelligence et son enthousiasme a touché notre esprit, éveillé notre intérêt. L’éducateur inspirant pour l’un sera d’un mortel ennui pour l’autre.   Plus que par son savoir, c’est par sa personnalité qu’un éducateur réussira à «éduquer» et il n’y a pas de recette miracle.  Ce qui n’est pas mal en soi, car ça donne la chance à chacun d’entre nous d’être inspirant. 

 

Éduquer demeure une relation humaine, malgré tout le e-learning.

 

2,1 BRISER L’ISOLEMENT

 

«Régis Forgione, qui a compris les vertus du partage, rêve d’« une salle des professeurs à l’échelle mondiale pour partager… coopérer , s’entraider ». 

http://www.culture-numerique.fr/?p=2723

Et bien, cher monsieur Forgione voici quelques sites qui répondent à votre rêve :

Les «TIC en éducation» un groupe Facebook d’échange et de partage des ressources pour enseignants branchés .

 

Tapez ChallengeU  à partir du moteur de recherche Chrome  de Google et vous n’avez qu’à vous inscrire pour devenir membre d’une communauté d’enseignants passionnés. C’est gratuit.

http://info.challengeu.com/education

 

Ces vidéos présentent des tutoriels sur Youtube :

 

https://www.youtube.com/watch?v=eB9Vr2ymgT

 

https://www.youtube.com/watch?v=LD7HYwAN4AE

 

«Enfin, il faut rappeler qu’une bonne ressource est une ressource qui circule et qui, de cette manière, s’enrichit de sa mise en œuvre successive dans des situations d’apprentissage différentes. Ainsi, vouloir la stocker, comme le proposent certains sans doute parce qu’ils y trouvent du confort, est une erreur et vient en contradiction avec les valeurs du partage ou de la diffusion énoncées par ailleurs.»   

 http://www.culture-numerique.fr/?p=2723  

ChallengeU répond à ce désir de partage.  Pourquoi réinventer la roue?

Parfois un enseignant partage ses découvertes :

http://www.pearltrees.com/martinbouthiette/outils-tics/id13285721 

et d’autres, comme le site Edulogia.com de  Sébastien Wart, tentent de mettre un peu d’ordre et offrir «Des exemples inspirants pour aider à l’intégration des technologies en éducation.»

http://www.edulogia.com/a-propos/

 

2,2 LES LOGICIELS de gestion de classe

 

Il existe plusieurs logiciels de gestion de classe où l’enseignant écrit les noms de ses élèves (et peut aussi y placer leurs photos), note leur présence en classe, les travaux qu’ils ont réalisés, leurs résultats,  communique directement avec les parents par courriel, etc

 

Outre ceux proposés par monsieur Bouthiette ci-dessus, l’Apps i Doceo, un carnet de notes fonctionnel et payant pour iPad disponible par App Store  m’a été fortement recommandée par une enseignante heureuse utilisatrice.

 

Google Classroom :

 

https://www.google.com/intl/fr/edu/classroom/

 

. . .et plusieurs autres.

 

Entrer les informations sur l’une ou l’autre de ces applications demande beaucoup de temps au début, parfois plusieurs heures.  Cependant cet investissement rapporte à long terme car quantités  de tâches de gestion de classe s’en trouvent facilitées.

 

 

3 - L’écolier

 

Celui qui est au centre au processus éducatif.

 

Plusieurs se questionnent sur l’usage du numérique par nos écoliers.  Les points B et C de ma présentation traitent de cet aspect.   

 

 

3,1 Mettre carte sur table

 

Dès le début de l’année scolaire ou de l’introduction des outils numériques dans une classe,  Pierre Gagnon, directeur de la formation chez ChallengeU et qui enseignait il y a quelques années une classe cinquième année du primaire très «branchée» insiste sur l’importance de mettre les élèves au fait de ce que l’on attend d’eux.  

 

Prendre le temps nécessaire et faire devant la classe une présentation magistrale, précise et détaillée du rôle et des responsabilités de l’écolier.  

 

Selon leur âge, car il est bon de reprendre ce discours à chaque année scolaire, présenter les lois applicables à l’usage du numérique incluant le respect de la propriété intellectuelle, présenter les lignes directrices et les politiques de la classe et de l’école dans ce domaine.   Proposer un contrat d’engagement qui sera signé par le parent et par l’élève.

 

Cinquante enseignants se sont confiés à Brigitte Léonard sur les avantages et difficultés liés à l’usage des tablettes en classe, un compte-rendu à lire :

 http://www.infobourg.com/auteur/brigitte-leonard/

 

 

3,2  La recherche d’équilibre

 

Au-delà de la formation «au» et «par» le numérique, l’éducation de base doit aussi contrebalancer le virtuel omniprésent dans le quotidien des écoliers. 

 

L’enfant ne joue plus avec les copains, il discute sur Facebook, Twitter, Instagram, . .. Il ne construit plus des châteaux de carton dans les terrains vagues, il joue sur iPod au chevalier qui attaque des ennemis virtuels ou des cochonnets voleurs d’oeufs.   Il ne pêche plus à la ligne, il pêche le thon dans les eaux virtuelles de son iPad.  

 

L’école d’aujourd’hui doit donc favoriser l’apprentissage concret, encourager l’écolier à mettre «La main à la pâte».  L’étude des sciences et des technologies favorise particulièrement ce type d’apprentissage qui stimule la réflexion de l’écolier et éveille son esprit critique.  

 

L’attachement à sa terre devrait être favorisée, les sorties éducatives dans le quartier  pour apprendre que Réaumur, Anatole France ou Louis Aragon ne sont pas uniquement des stations de métro, l’agriculture urbaine, la cuisine et la couture, le dessin et la calligraphie, la culture, l’architecture et la flore locales sont autant d’apprentissages à remettre en valeur. . .  

 

Le pas en avant que force le numérique doit être égalisé par un pas en arrière,  le «fait numérique» équilibré par le «fait main», l’accès à «tous les savoirs» par l’initiation aux démarches qui ont mené à ces savoirs : l’évolution de la pensée scientifique, l’évolution de la pensée littéraire, les grands explorateurs, les cultures primitives, . . .

 

Il est bon ton de rappeler aux écoliers leurs besoins essentiels : de l’air, de l’eau, de la nourriture, un lieu où se reposer, des vêtements pour se protéger des éléments et puis  quelques «réelles» personnes agréables avec lesquelles on peut devenir ami.

 

 

Tous les textes de la série"Le numérique : mes axes de réflexion" sont publiés sous CC-BY-NC-SA

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