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La contribution #916

Vincent Dromby
#916, le 17/02/2015 - 13:28

Pas de développement du numérique sans équipements et formation de masse !

En préalable à tout débat sur le bien fondé de l'utilisation des technologies fondées sur le numérique il faut à mon avis distinguer deux choses essentielles, qui ne sont pas toujours clairement énoncées. L'utilisation du point de vue de l'enseignement et du point de vue des apprentissages.

En effet, les professionnels de l'école ont, par expérience, toujours du mal à différencier ce qui ressort de l'enseignement (point de vue du prof) et ce qui ressort des apprentissages (point de vue de l'apprenant). Sans aller plus loin dans l'étude ce cette dichotomie dont les éléments s'inter-pénètrent et qui sont en relation constante et complexe dans la classe... Il faut constater que les enseignants qui utilisent le numérique (pour faire court) pour leur travail de classe, sont de plus en plus nombreux. Pour ceux qui arrivent dans le système, les jeunes titulaires et les moins jeunes d'ailleurs, c'est quasiment une évidence : cahier journal, fiches de préparation, supports de travail (quand ils ne sont pas récupérés et réutilisées tels quels sur Internet)... Mais, dans une très forte majorité des cas, cet ambryon de culture numérique n'est pas transposé dans les processus d'apprentissages des élèves... ! J'ose espérer que lorqu'on parle de refonder l'école et de la nécessité d'y développer le numérique, on se place bien du point de vue des apprentissages sinon, quel en serait l'intérêt ?

Pourquoi ? Parce que c'est difficile ! Parce qu'également, ça s'apprend ! Même dans une école où les équipements sont suffisants, les enseignants sont rares à se lancer dans l'utilisation des machines (ordinateurs dans la plupart des cas). Certes il faut partir d'un postulat : l'utilisation des outils numériques, des logiciels...sont un levier, une plus value pour les apprentissages, notemment pour les élèves en difficultés...

Et puis...cela nécessite de se mettre en danger, potentiellement en échec, face à des outils dont on suppose une meilleure maîtrise de la part de ses propres élèves ! C'est ce manque de culture du numérique, de ce point de vue, qui manque cruellement. Il faut donc une formation de masse de tous les enseignants, même pour ceux qui sont à quelques années de la retraite ! Pas sur deux jours ou une semaine, mais plusieurs semaines, avec des allers et retours en classe pour mettre en place et tester des pratiques, des logiciels...Il faut donc créer une véritable "armée" de remplaçants pour former tout le monde. Et quand bien même, cela ne suffira pas... car toute formation destinée à bousculer des pratiques bien en place depuis des dizaines d'années nécessite un accompagnement une fois de retour en classe. Dans cette formation et cet accompagnement, les "x" tice jouent un rôle prépondérant. Car il s'agit bien de changer, faire évoluer des pratiques de classe, des habitudes fondées le plus souvent sur un enseignement frontal devant un tableau...

J'entends parfaitement bien les enseignants qui se seraient bien engagés dans de nouvelles pratiques mais qui ne le peuvent pas à cause du manque de formation, malgré la présence de matériels dans leur école. Les enseignants qui franchissent le pas, et qu'on peut encore considérer comme des pionniers se comptent encore sur les doigts de la main. J'entends aussi parfaitement bien les enseignants qui ne peuvent pas s'engager à cause du "manque de matériel" dans leur école. Et puis...

Tout cela pour en venir au problème des équipements. Nous dépendons à l'école du bon vouloir et des choix politiques des communes. Cela crée de très fortes inégalités entre les écoles de communes qui sont parfois très proches, voire entre les écoles d'une même commune, dont certaines seront très bien équipées et les autres pas du tout. Le vidéoprojecteur se généralise malgré tout en tant qu'outil d'enseignement, mais pour que les élèves puissent manipuler, il faut des ordinateurs ou des tablettes ! Le problème de la maintenance et de la mise à niveau n'est pas non plus à négliger. Des communes s'engagent maladroitement dans des projets d'équipements, sans prendre en compte ce facteur pourtant primordial. Là aussi le "x"tice est d'une aide précieuse dans la conception et le suivi des marchés.

Ainsi, toute volonté d'impliquer les enseignants dans le numérique sera mise à mal si l'état ne s'implique pas lui-même dans un plan d'équipement en concertation avec les communes (pour les écoles)... En évitant les affres du plan de 1985 bien évidemment !

Pour conclure il n'y aura pas de développement du numérique à l'école sans équipements judicieusement choisis et répartis de façon équitable et sans formation de masse destinée à changer les pratiques et habitudes des enseignants et l'organisation de la classe !

3 arguments pour ∨

Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1067, le 07/03/2015 - 14:17

Bonjour,

Voici un équipement de formation de masse : c'est le Personal MOOC.

Le Personal MOOC est un outil individuel gratuit [1] d'auto-édition et d'auto-publication de modules de cours en ligne (video + quiz) qui permet à l'enseignant de décider en totale indépendance du régime d'accès, du régime de droits d'auteur et des régimes des données et traces d'apprentissage personnelles

Site de la genèse du Personal MOOC

[1] Gratuit : pour les enseignants, les parents, les enfants, les collectivités locales et l'Etat,  dès lors que l'enseignant a un PC et un accès internet.

Avertissement : la formule "Personal MOOC" est réservée.

elsass leonie
#936, le 18/02/2015 - 22:19

pas d'engagement de frais sans réflexion de fond. les formations au ntic doivent être dynamique et intégrer des accès à la plateforme cned. On doit viser autre chose que l'enseignement magistral et rendre les élèves autonomes comme en Allemagne. Dans l'ensemble, je note que même le cned ne joue pas le jeu de l'interactivité pour les élèves, il y a passivité des supports. Souvent, l'informatique sert simplement à remplacer le support papier. On doit aller vers une haute qualité de formation et employer des informaticiens aussi dans les écoles afin que ce ne soit plus simplement des profs de technologie qui s'y collent ou un prof un peu débrouillard. il doit y avoir partenariat entre les jeunes formés à l'université de façon pertinente à l'usage des ntic et les anciens en poste avec transfert de compétences du jeune vers l'ancien et intégration dans un projet de classe qui met le pied à l'étrier pour les jeunes qui découvrent le terrain. tout le monde y gagne. l'accent doit être mis sur le partenariat avec les pays européens qui ont un haut niveau de compétence en la matière, je pense à l'allemagne pour la pédagogie autre que le magistral, je pense à la suède, la finlande pour les hautes technologies.  les enseignants doivent au moins être mis en mesure de mutualiser les ressources créées qui prennent du temps dans et entre les académies. Notamment, l'utilisation d'un logiciel de quizz pouvant inclure des vidéos doit être maîtrisé comme net quizz qui est très interactif. Le Canada et les USA ayant une grande avance sur la question, pourquoi ne pas travailler avec eux. Le partenariat est important sur ces questions. Si on associe notre recherche aux réfléxions en cours, on pourra même sûrement envisager des dépots de brevet. Il faut réfléchir où nous voulons aller et ce que nous voulons en faire. Avoir du matériel sophistiqué ne résoud pas les questions de fond de la motivation et la participation des élèves. Pourquoi ne pas les interroger aussi sur leurs propres attentes. ils sont importants en tant qu'utilisateurs et ont sûrement des idées voire des compétences pour certains.

Gsxfred
#933, le 18/02/2015 - 15:06

 

Un des freins au numérique est la formation des enseignants. Comme vous l'écrivez un vrai accompagnement est nécessaire, c'est à dire ce que vous préconisez. Le seul bémol est de croire que parce que la plupart des enseignants utilise un ordinateur pour faire leurs préparations ils seront capables d'utiliser facilement les tablettes ou les tni.

 

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