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La contribution #914

SNUipp-FSU
#914, le 17/02/2015 - 12:05

Numérique à l’école : ce qu'en dit le SNUipp-FSU

L'entrée du numérique à l'école ne se décrète pas. Elle se prépare et s'accompagne. En la matière, ce n'est pas l'outil en tant que tel qui permet aux élèves d'obtenir de meilleurs résultats mais l'usage qui en est fait, et ce sont les enseignants, professionnels, médiateurs, qui doivent avoir la main. Dans ce sens, il est indispensable qu’ils soient formés et fortement accompagnés, ce qui nécessite un effort sur le long terme pour les aider à s’adapter, à se familiariser avec les outils numériques puis à en intégrer les fonctionnalités à leurs pratiques.  Les supports

numériques ont toute leur place à l’école à condition que les objectifs et leurs modalités d’usage soient mis au service d’une activité réelle.

 

 

Dans l'absolu, les usages pédagogiques liés aux nouvelles technologies sont variés :

 

- L'utilisation des TBI et des classes mobiles permet d'enrichir le cours et d'accéder à des ressources riches, variées et de grande qualité (Ressources de musées comme celui du Louvres, utilisation de cartes, de tableaux pour les mathématiques...) Elle permet d'alterner des formes interactives, collaboratives avec des temps plus individualisés.

 

- Le numérique permet également aux élèves de se lancer dans des recherches documentaires, de s'exercer au traitement de texte, de travailler de manière individuelle sur des logiciels d'apprentissage ou de révision.

 

- Le recours à Internet et à un mode de communication de notre temps permettent des échanges à distance (journaux, blogs, sites, tweets ...) et facilite l'apprentissage des langues vivantes par exemple avec le E-Twinning.

 

- L'aspect multimodal de ces outils (son, image, texte) diversifie les entrées dans les activités et peut ainsi aider certains élèves pour un meilleur investissement scolaire.

 

- La mutualisation d'outils (comme par exemple sur le site INJA) permet de mieux adapter son enseignement aux élèves en situation de handicap. Les «jeux sérieux» peuvent aussi constituer des outils porteurs de savoirs.

 

Propositions pour que tous les élèves puissent bénéficier des effets positifs de l'utilisation du numérique.

 

  • garantir partout l’accès au très haut débit, donner la possibilité de s’équiper pour mener à bien des projets intégrant les outils numériques, assurer la maintenance… l’Etat prescrit, mais qui doit payer ? Réussir l’école numérique, c’est poser la question des financements. Il faut préciser et clarifier les responsabilités de chacun.

 

  • Quand les écarts de financement des écoles peuvent aller  de 1 à 10 en matière de fonctionnement  et  d’investissement, il faut réduire les inégalités en créant  un  fonds  de  péréquation  afin  d'aider  les communes qui en ont besoin.

 

  • Donner une possibilité d’accès à chaque enseignant, notamment sous forme de prêts, à tous les équipements (TBI, classes mobiles, vidéo projecteurs, tablettes…) et ressources utiles en fonction du projet ou des séquences pour lesquelles il juge utile le recours au numérique.

 

  • Pour gagner du temps et se repérer dans une offre pléthorique, les enseignants doivent avoir accès à des ressources « ouvertes et interactives, utilisables dans des conditions d’usage mobile et individualisé », organisées, gratuites et accéder rapidement aux bons liens, pour trouver la bonne ressource au bon moment.

 

  • Mettre en place un observatoire de l'équipement et des pratiques pédagogiques permettrait d'assurer de la transparence.

 

Les enseignants du premier degré, école qui fait l'objet dans le discours gouvernemental d'une priorité, ne se sentent souvent pas suffisamment soutenus dans les projets « numériques » qu'ils peuvent initier localement, que ce soit sur le plan matériel comme sur celui de l'accompagnement et de la formation. Trop souvent encore, l'attention se porte moins sur le premier que sur le second degré. Pourtant, les usages pédagogiques sont plus développés dans les classes maternelles et élémentaires alors que le second degré bénéficie d'un niveau d'équipement bien supérieur.

Les enseignants du primaire ont bel et bien la conviction professionnelle que le numérique a sa place dans les classes, qu'il peut jouer un rôle positif dans les apprentissages. Ils pensent aussi, à juste titre, que les élèves se doivent de maîtriser les nouvelles technologies, d'en comprendre les usages dans un monde complexe où le numérique prend une place prépondérante. Il est clair également que la polyvalence des enseignants du premier degré leur permet d'intégrer le numérique à tout moment lors d'une séance de travail.

La formation initiale doit former solidement aux TICE. On constate sur le terrain que si les maquettes de master intègrent cette dimension, toutes les universités ne dispensent pas cet enseignement. La formation initiale constitue une base sur laquelle les stages de formation continue devraient pouvoir prendre appui pour actualiser les connaissances et faire évoluer les pratiques.

 

Propositions pour contribuer au renouvellement et à la diversification des pratiques pédagogiques.

Sans formation initiale et continue, il n’y aura pas de révolution numérique. Les enseignants, acteurs de terrain, sont les réels leviers des changements.

  • Une formation au numérique  nécessite des temps de formation à l’utilisation et à l’intégration des outils aux pratiques pédagogiques. Elle passe notamment par des apports de la recherche et des temps d’échanges autour des pratiques, dans des cadres de formation en « présentiel ».
  • Un référentiel national de formation aux usages des TICE qui décline un contenu de formation et des modalités d’accompagnement des enseignants aurait toute sa pertinence, tant en formation initiale que continue, ainsi que l'élaboration d'outils et de dispositifs qui s'appuient sur les compétences et expériences de terrain.
  • Il faut donner plus de temps aux équipes d'écoles pour mutualiser et échanger.
  • Création d'un site web, protection du droit à l'image, protection des droits d'auteur, données personnelles, internet et responsabilités ... autant de questions importantes qui méritent aussi des temps de formation.
  • Animateurs formateurs TICE, conseillers pédagogiques de circonscription, cadres de l’Education nationale, doivent avoir les moyens et la formation nécessaire pour assurer l’accompagnement et la formation des enseignants. Ils doivent être reconnus et recrutés en nombre suffisant.
  • Les universités  doivent intégrer toutes les dimensions du numérique lors  de l’élaboration  des  masters  préparant  aux  métiers  de l’enseignement.
  • Nous connaissons l'importance de l'investissement individuel et personnel dans le domaine du numérique des enseignants. Ceux qui souhaitent travailler avec ces outils n'ont bien souvent pas d'autres choix. C'est souvent à partir de ces investissements qu'ont lieu des innovations et des pratiques pédagogiques les plus adaptés au besoin des élèves et des pratiques de classe. Le SNUipp-FSU réitère sa demande d'une prime d'équipement de 1500€ tous les 5 ans.

 

Or les offres de formation continue, la formation initiale, ont fondu voire disparu. Il serait illusoire de ne décliner à nouveau la formation aux pratiques liées au numérique comme une nouvelle priorité sans mettre en face des moyens. Avec 300 000 professeurs des écoles devant élèves et une semaine de stage pour tous, un plan de formation étalé sur 5 ans nécessiterait de créer 1400 postes de brigades pour remplacer les stagiaires : ce n'est pas irréaliste si l'on considère que la formation aux pratiques liées au numérique constitue une vraie priorité.

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