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La contribution #6

Michel Guillou
#6, le 19/01/2015 - 00:52

Transformer la formation initiale

C'est très compliqué de répondre à cette question par un défi, sachant que les pratiques risquent fort d’évoluer. Cependant, l’innovation doit d’abord être là, au cœur des dispositifs d’accompagnement et de formation.

Il faut prendre conscience que le cœur du problème est d’abord dans la radicale transformation de la formation initiale dont il convient de changer en profondeur les modalités, ancrées dans des pratiques d’un autre millénaire. Cela, je le crois, ne pourra se faire sans se préoccuper à aucun moment des ressources humaines.

5 arguments pour ∨

Ninon Louise LePage
#894, le 16/02/2015 - 20:39

Un mot pour monsieur Muniga,

Effectivement un programmeur n'est ni éducateur, ni géographe.  C'est pourquoi qu'il me semble que toute avancée se fera par le travail conjoint d'équipes multidisciplaires.

JACQUES MUNIGA
#588, le 03/02/2015 - 18:45

Une formation initiale oui, une formation continue aussi.

Mais de quoi parle-t-on ?

Etre formé pour allumer un ordinateur ?

Etre formé pour écrire une petite lettre avec Word ou un logiciel similaire ?

Etre formé pour faire un petit tableau Excel ?

Etre formé pour envoyer un mail ?

Le véritable problème est en fait là.

Il n’y a pas d’offre numérique. Pourquoi ?

Parce que les éditeurs ne s’y retrouvent pas. Observez, tous les manuels scolaires sont rédigés par des enseignants sous la « coupe » du commercial. L’enseignant propose, le commercial rectifie pour que le manuel produisent le plus de bénéfices possibles. On y va de la mise ne page, des couleurs modes etc…

Mais l’offre numérique ? Un excellent programmateur ne saura pas faire un bon logiciel de géographie. Il n’est ni enseignant, ni géographe. Il faut donc un enseignant qui maitrise suffisamment l’ordinateur et son langage afin de faire des propositions pédagogiques à un éditeur. Or comme les enseignants depuis plus de 15 ans passent leur temps en concertation et en forum, on ne sait toujours pas dans quel sens il faut travailler.

Il reste donc les sites personnels qui fleurissent sur le net. Oui c’est bien même parfois excellent sauf que la hiérarchie  est frileuse parce que elle-même incompétente. Etre garant de la production d’un site personnel peut être dangereux car les places sont chères. Donc on tourne en rond. Mais pour combien de temps encore. Le numérique n’est plus un OVNI, il a envahi notre quotidien, dans l’automobile, à la maison, partout, partout sauf à l’école !

Jacques MUNIGA, inconditionnel du numérique et pionnier depuis presque deux décennies

http://geographie-muniga.org/

Thierry Bonnafous
#466, le 28/01/2015 - 23:40

Mon argument est pour mais il pourrait tout aussi bien être contre.

Ayant sur deux années donné un coup de main à une amie gérant le C2i2e, j'ai vu les candidats aux concours face aux ordis. Ceux à qui on confierait des élèves six mois plus tard. Leur attitude était quasiment celle de beaucoup d'enseignants : ils ne voyaient pas pourquoi on leur demandait de faire ça puisque ils savent, eux (sous-entendus parce qu'ils sont jeunes et pas ringards) utiliser un ordi. C'était donc vécu comme une perte de temps, la priorité étant évidemment les épreuves du CAPES. Donc, pas d'implication, aucune écoute des conseils, aucune volonté de saisir qu'il ne suffisait pas de savoir faire un powerpoint pour faire un powerpoint efficace pour aider les élèves à progresser ou à apprendre quelque chose. De vrais étudiants immatures. Sur un groupe d'une quinzaine, 2 ou 3 réfléchissaient vraiment.

Donc, a-t-on besoin de revoir la formation initiale si les choses sont déjà vues ? N'est-ce pas plutôt parce que ces futurs profs n'ont aucune idée concrète du terrain qu'ils ne voient pas l'intérêt de la formation ? Qu'on oblige déjà à utiliser un ordinateur dans une séance de leçon ou de commentaire à l'oral des concours et cela commencerait effectivement à les obliger à y penser. Mais, d'un autre côté, il est aberrant de savoir que les mauvaises notes au C2i2e obtenues par ceux qui n'ont rien fait ou à peine et qui devraient les éliminer sont trafiquées par les responsables. Il n'a pas fait ce qu'il fallait mais il a quand même son concours. Doit-on s'étonner dès lors que ce volet de la formation ne soit pas pris au sérieux ?

Ghislain Dominé
#16, le 20/01/2015 - 11:15

Equiper oui, accompagner c'est mieux

La question de la diffusion des expériences et des démarches est essentielle. Et il peut sembler logique de penser la question en la liant à la problématique du matériel. En effet, comment envisager une diffusion des pratiques numériques sans même disposer du minimum?

Mais cette approche pose plusieurs problèmes.
Tout d'abord, c'est dissocier équipement et formation. Le premier arrivant systématiquement en amont laissant les enseignants dans un certain désarroi.
Par ailleurs, les politiques d'équipement se font naturellement à une échelle qui s'impose, sans forcément tenir compte des conditions et impératifs locaux.
Enfin, la question de l'équipement ne devrait pas négliger l'importance du BYOD (bring your on device, "prends avec toi ton appareil personnel") : le taux d'équipement est tel dans certains établissements, qu'il peut sembler bien peu pertinent d'envisager un apport supplémentaire de matériel! Sans compter que ce BYOD est le reflet de la diversité technologique du monde hors-scolaire.
En somme, pour assurer le renouvellement et la diffusion des pratiques pédagogiques en lien avec le numérique, la priorité doit être l'accompagnement. La formation sous toutes ses formes (initiale, continue, en présentiel et à distance...) doit être le coeur de toute politique éducative. Cela est d'autant plus vrai à l'heure du numérique.

flo_lafouch
#243, le 22/01/2015 - 21:54

La formation initiale des enseignants est archaïque. Quand on parle tri des déchets et développement durable, on dit qu'il faut éduquer les enfants. Là c'est pareil avec les jeunes enseignants. Comment peuvent-ils apprendre à apprendre à leurs élèves alors qu'ils n'ont pas été formés dans cette perspective? Comment inclueraient-ils les TICE dans leurs démarches pédagogiques alors qu'ils sont formés de manière frontale depuis leur enfance, alors que leurs compétences numériques ne sont pas inclues dans les autres mais superposées à d'autres (oui j'ai vécu ce C2i2e bidon comme les b2i)? Quand cesseront-ils de passer un CAPES manuscrit (pour la majorité)? Ce sont aussi les méthodes d'enseignement en MEEF qu'il faut revoir. N'oublions pas le puissant pouvoir d'imitation dans l'apprentissage à tout âge.

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