La période de participation est maintenant fermée. Merci à tous d'avoir participé.

Vous êtes sur la page de contribution de Laurent Blanquer sur le débat « Le numérique, renouvellement et diversification des pratiques pédagogiques et éducatives ».

Retourner au débat

La contribution #569

Laurent Blanquer
#569, le 03/02/2015 - 12:31

5 défis pour le numérique

Le numérique cristallise le débat sur la transformation de l'école. Il révèle le conflit entre les usages, la culture des élèves et le milieu scolaire. Il souligne la profonde mutation du métier d'enseignant, sa place dans la classe et dans l'institution. La transmission d'un savoir disciplinaire n'est plus sa fonction première, puisque les savoirs sont disponibles et accessibles pour (presque) tout le monde, en tous lieux. Cela interroge le travail demandé à l'élève: mémoriser et restituer par coeur n'a plus de sens.

Ces quelques évidences maintes fois répétées heurtent de front la représentation que se fait de l'école l'enseignant, mais aussi le parent, et plus généralement la société . Pour l'enseignant, il s'agit également de se déssaisir d'une partie de son pouvoir: son expertise peut être constestée dans sa classe où il n'est plus le seul producteur et évaluateur.

Quels défis, donc?

1 - Les programmes 

  • Ils doivent s'affranchir d'une logique disciplinaire. L'éducation, c'est d'abord enseigner des capacités et des compétences, dans des situations où les connaissances sont obligatoirement convoquées.​ Réécrire les programmes, c'est aussi repenser l'évaluation qui constitue un levier majeur de changement des pratiques pédagogiques.

​2 - La formation

  • Le coeur et les modalités de la formation des enseignants doivent être la pédagogie de projet et le développement des méthodes agiles. La didactique disciplinaire ne doit plus constituer la majeure partie de la formation.
  • Opérer une révolution culturelle: favoriser la prise de risque, valoriser l'erreur, et passer comme le dit fort justement Marcel Lebrun, "d'une culture de la réponse à une culture de la question".
  • Impliquer et former davantage les personnels de direction dans l'usage des TICE pour un meilleur pilotage pédagogique
  • créer à l'échelle nationale une chaîne TV en ligne dédiée aux expérimentations pédagogqiues et proposant des reportages sur le terrain (voir Teachers TV au Royaume-Uni)

​3 - L'organisation du temps de service et les missions

  • Développer la pratique réflexive en incluant dans le temps de service de l'enseignant une à deux heures de co-observation
  • Créer pour assurer la transition vers le numérique la fonction d'ingénieur pédagogique à l'échelle d'un établissement ou d'un bassin. Il s'agit d'accompagner les enseignants à la scénarisation de leurs cours. Cet accompagnement aurait le mérite de décharger dans un premier temps l'enseignant de la contrainte technique, ce qui est souvent un frein à un changement des pratiques pédagogiques. Cela aurait aussi le mérite de créer rapidement du contenu.
  • favoriser et valoriser les créations de contenu par les enseignants volontaires

4 - Les matériels et les locaux

  • Favoriser le BYOD
  • Libérer les choix pour les investissements matériels  qui doivent être au service d'un projet pédagogique local (ne plus - ou moins -  être soumis aux cahiers des charges de la collectivité)
  • A l'échelle d'un bassin, créer un Lab/incubateur d'idées et de pratiques pédagogiques, où l'on pourrait venir tester avec une classe de nouveaux matériels et de nouvelles pratiques.
  • Supprimer les salles informatiques dans les établissements
  • Développer les partenariats public/privé pour créer une véritable chaîne de valeur tant au niveau matériel, que logiciel et également dans la création de contenu

5 - La collecte de données

  • développer l'usage des datas collectées à l'échelle de l'établissement et du bassin pour mieux faire réussir les élèves. Il convient au préalable d'engager une réflexion sur la préservation de la vie privée et d'obtenir toutes les garanties de transparence dans l'usage de ces données. 
  • Créer de nouveaux outils pour l'exploitation de ces datas et former les personnels à leurs usages

Aucun argument pour

La consultation est fermée

2 arguments contre ∨

P. D.
#923, le 18/02/2015 - 00:09

Reprendre servilement les propositions pédagogistes... Bravo !

JACQUES MUNIGA
#583, le 03/02/2015 - 17:44

Voici justement l’angle par lequel il ne faut pas aborder le numérique.

Deux exemples :

  1. Quand j’étais « petit », on nous interdisait l’usage de la calculatrice en classe sous, presque, les prétextes. Aujourd’hui quel élève n’a plus droit à la calculatrice même la plus perfectionnée ? Qui s’en plaindrait si elle devenait soudain interdite ? Quel enseignant refuse de l’utiliser ? Le savoir est-il détenu par cette petite machine ou par l’enseignant ?
  2. Enfin, dans un autre domaine. Jeune, pour taper mes exposés et rapports j’avais appris à utiliser la machine à écrire. J’avais même investi dans une Japy. La frappe était régulière, les enseignants étaient satisfaits. Aujourd’hui plus personne n’utilise de machine à écrire, même pas dans les Pays les Moins Avancés. Qu’est-ce qui a changé ? Le confort oui. Mais qui est dépourvu du pouvoir de rédaction ? Le patron, l’étudiant, la secrétaire ? Personne, il s’agit simplement d’une bonne évolution.

Alors que conclure : quand on veut abattre son chien on l’accuse de rage !

Jacques MUNIGA, inconditionnel du numérique mais qui ne pense être dépourvu du savoir devant les élèves.

http://geographie-muniga.org/

La consultation est fermée

Aucune source déposée

La consultation est fermée