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La contribution #267

Michel Guillou
#267, le 23/01/2015 - 11:04

Modifier la loi et les règlements intérieurs des lycées pour la possession et l'utilisation des téléphones mobiles

La loi interdit l'usage des téléphones mobiles dans les écoles et collèges (article L511-5 du Code de l’Éducation). Cette loi doit être abrogée et la règle doit être l'autonomie et le choix des équipes de se servir ou pas de ces terminaux numériques.

Pour ce qui concerne les lycées, il devient urgent de modifier les règlemnts intérieurs. J'ai proposé, ci-dessous, un modèle qui peut, bien sûr, subir des adaptations : 

Règles de vie commune

L’usage des terminaux personnels mobiles numériques par les élèves est libre et autorisé dans l’ensemble des espaces du lycée, dans les couloirs et salles comme dans la cour. Il constitue, dans bien des cas, un apport non négligeable aux apprentissages qui doit être encouragé.

On distinguera cependant, selon les lieux, des conventions d’usage différentes.

En classe

Il va de soi que les enseignements en classe nécessitent attention et disponibilité qui ne sont pas compatibles avec l’usage personnel d’un téléphone mobile. C’est la raison pour laquelle les élèves s’abstiendront de la mise en œuvre de certaines fonctionnalités (musique, photographie, échanges téléphoniques ou par textos, échanges sur les réseaux sociaux, consultation du web, etc.) sauf autorisation expresse du professeur responsable.

Il en va de même des ordinateurs portables et tablettes dont l’usage en classe est réservé à la seule saisie de notes. De même que pour les téléphones mobiles, les élèves s’abstiendront avec ces outils de faire usage d’autres services, sauf s’ils sont autorisés à le faire à la demande du professeur.

Hors la classe

Dans les lieux de circulation et de détente, il est préférable que les appareils numériques de grande taille, tablettes et ordinateurs, soient rangés dans leur sacoche.

En revanche, il est permis de se servir des téléphones mobiles, des smartphones ou des baladeurs, y compris pour des usages personnels, dans le respect du voisinage et des activités pédagogiques en cours.

Formation des élèves

Dans la majorité des cas, l’ensemble des fonctionnalités offertes par l’appareillage numérique, quel qu’il soit, contribue à enrichir la pédagogie et les apprentissages. Néanmoins, dans certains cas, un usage excessif ou intrusif peut aboutir à dégrader sensiblement les relations dans la classe entre les élèves ou avec les adultes, professeurs ou personnels administratifs du lycée.

C’est pourquoi, avec l’aide des élus de la vie lycéenne et des représentants des parents, des temps de formation seront proposés chaque début d’année à tous les membres de la communauté éducative pour comprendre, expliquer et intégrer les règles de vie ci-dessus. Un moment particulier sera consacré aux responsabilités de chacun pour respecter et faire respecter un certain nombre de droits fondamentaux (image, intimité, lieux de silence et de calme, temps de concentration et de réflexion, santé…).

Mise à jour de ces règles de vie

En fin de chaque année scolaire, le bilan du bon fonctionnement de ces règles de vie commune sera fait, en liaison avec les représentants des diverses composantes de la communauté éducative, dont les élus lycéens de la vie lycéenne et des représentants des délégués. Des propositions seront éventuellement faites pour faire évoluer ces conventions, à la lumière des usages existants et des progrès techniques, les soumettre pour avis au Conseil de la vie lycéenne et à la commission permanente avant d’être portées au vote du Conseil d’administration.

Égalité

Pour respecter l’égalité des élèves quant aux enseignements qui leur sont dus, ceux qui en seraient dépourvus pourraient se faire prêter par le lycée, de manière non durable, des appareils numériques du type tablette leur permettant la saisie de notes et l’accès à des documents pédagogiques en ligne.

Sanctions

Contrevenir à ces règles de vie commune expose à des sanctions prévues par ailleurs au règlement intérieur.

 

4 arguments pour ∨

Nicolas Defaÿ
#816, le 13/02/2015 - 14:10

Entièrement d’accord, les RI doivent évoluer en fonction des besoins des équipes pédagogiques.
Pour plus de précisions, lire l’article intitulé "Le BYOD : pour quel projet pédagogique ?" rédigé par Karine Aillerie, chercheuse à l’université de Poitiers.

Lien : http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/le-byod-pour-quel-projet-pedagogique-78.htm

Ninon Louise LePage
#522, le 31/01/2015 - 22:12

Les lois de votre pays ne me concernent pas, ce n’est donc pas à l’aspect légal de votre communication que j’accorde mon appui, mais pour supporter votre plaidoyer en faveur  de l’usage des téléphones mobiles comme outil d’apprentissage.

 

Je cite deux exemples, parmi de nombreux autres, de l’usage des téléphones mobiles en éducation. D’accord, ces usages s’adressent à des populations aux conditions de vie très différentes de celle des écoliers et étudiants de France.  Mais peut-être est-il possible tirer de ces expériences quelques idées à appliquer?

 

Les Philippines sont formées d’un archipel de 7000 îles dont plus de 2000 sont habitées.  Grand-mère, le cousin ou le centre de formation sont parfois à des centaines de kilomètres. Ce qui explique que les philippins sont les champions du téléphone mobile.  On y enregistre plus de deux milliards de communications SMS par jour.  

 

En 2011, plus de six millions d’écoliers/étudiants philippins n’avaient pas accès à l’école.  Par contre la plupart de ces jeunes qui ne peuvent pas se rendre à une école,  disposent d’un  téléphone numérique.  Le taux de pénétration de ces appareils est de 105% aux Philippines.  

 

Pour répondre aux besoins des populations isolées, un partenariat a été créé entre des opérateurs de réseaux de téléphones mobiles locaux, Digitel, Globe Telecom et Smart Communication conjointement avec GSM Association, le ministère de l’éducation (DepEd) et le Technical Education and Skills Development Authority (TESDA)  du gouvernement philippin.  Les entreprises, pourtant hautement compétitives , se sont alliées pour ce projet dans le cadre des services de responsabilité sociale des entreprises.  

 

Le projet, nommé mEducation,  vise principalement les communautés géographiquement isolées,  l’éducation technique et la formation professionnelle. Ce modèle éducatif a pour but premier d’aider l’étudiant à être en mesure de gagner sa vie.  

 

Le portail est accessible sur diverses plate-formes : PC, tablettes, smartphones mais principalement sur de simples téléphones numériques car ce sont ces derniers qui sont les plus courants.   Les leçons sont livrées à l’étudiant par SMS ou par courriels vocaux.    Environs 80 cours différents sont accessibles en ligne dans une variété de domaines :  Technologies de l’information ,  Industrie touristique , Électronique,  Agriculture, Industrie automobile, Formateur en technique, Science de la santé,  Services sociaux. 

 

C’est en Asie qu’il y a le plus haut taux de mEducation au monde.

 

Le second exemple que j’ai choisi est celui de ENEZA - terme qui signifie «rejoindre» ou «propager» en Kiswahili.  Il s’agit d’un projet du Kenya qui vise à contacter 50 millions d’africains.  Il s’agit de programmes  d’étude scolaire classiques.  Enseignant isolé dans une école de brousse, parents d’enfants qui n’ont pas accès à une école ou tout autre personne qui désire s’éduquer,  s’inscrit à cette école virtuelle en tapant tout simplement  sur son téléphone :  Safaricom. 

 

L’option «search» permet de choisir parmi la diversité de sujets d’étude offerts.  Les sujets d’études sont classés par domaine et par niveaux scolaires : ainsi «Animals801» correspond à l’étude des animaux en classe de science de 8ème année, c’est-à-dire la deuxième année du collège en France.   

 

Des questions sont transmises par SMS au participant ainsi qu’un choix de réponses. Ce dernier recevra en retour un message adapté à sa réponse : s’il a fait une bonne réponse, il recevra des information supplémentaires sur le sujet d’étude, s’il a fait une mauvaise réponse le message sera plus complet et aidera l’écolier/étudiant à  comprendre le sujet.   Si l’étudiant a moins de 50% de réponses exactes, le système lui offre alors de revoir une leçon sur le même sujet.

 

 L’écolier/étudiant à accès à Wikipédia et il peut questionner un enseignant virtuel.  Les enseignants et/ou les parents qui utilisent ce système reçoivent un rapport hebdomadaire de la moyenne de réussite de tous les étudiants pour chacune des leçons.  L’enseignant, le parent et l’écolier/étudiant peut donc se comparer aux autres participants.  Les communautés qui n’ont pas d’électricité utilisent des capteurs solaires pour recharger leurs appareils.

 

Ces populations isolées semblent apprécier la possibilité d’étudier, recevoir un diplôme qui leur permettra de poursuivre des études supérieures, si tel est leur choix, ou acquérir une formation professionnelle par laquelle ils gagneront leur vie, tout ça grâce à ces merveilleuses technologies. 

 

Même planète mais conditions d’accès à l’éducation très différentes. 

 

Il y a 100 ans, l’éducation gratuite était encore considérée comme un cadeau de nos états occidentaux à ses populations.  L’instituteur transmettait fièrement le flambeau de la culture et des valeurs de l’État aux jeunesses montantes, et j’ai en tête ici le touchant portrait que Pagnol livre de son père, instituteur,  dans «La gloire de mon père».  Peut-être nos écoliers d’alors étaient-ils polis, disciplinés, désireux d’apprendre ou craignaient-ils une rude discipline maintenant disparue suite à des guerres et des révoltes populaires.  Ne soyons pas naïfs.  Ces heureuses conditions sont derrières nous.  Oh!, ils ne sont pas tous des petits monstres, même que la plupart d’entre eux sont de merveilleux enfants, des jeunes enthousiastes, ouverts à la vie.  Mais il y a les autres.  Ceux pour qui l’école est un champ de bataille.  

 

Soyons créatifs.  Demandons-nous comment l’école pourrait tirer avantage de l’usage des téléphones numériques?  Si au lieu de partir du haut, on partait du bas. Si on offrait à ces écoliers difficiles des sujets d’études qui stimulent leur intérêt, qui offrent des défis, accessibles à même leurs téléphones.  Si au lieu de perdre des notes en classe, ils pourraient en acquérir, tout comme ils acquièrent des points sur leurs jeux vidéos. Il faudra sans doute une certaine tolérance de la part de l’enseignant pour fermer les yeux sur les SMS privés.  Ce ne sera pas si grave si notre écolier complète ses travaux à la maison!  

 

Ah! le beau rêve que voilà.

jilpat
#491, le 30/01/2015 - 10:47

Lors d'un stage  avec d'autres professeurs de langues en Irlalnde , une collègue utilisait dans sa classe les téléphones portables pour faire enregistrer des productions élèves qu'elle rappatriait ensuite via bluetooth sur son ordinateur.

Idée qui contourne le manque de postes pour des travaux de groupes dans les classe.

Les tablettes ne sont pas là, les ordinateurs non plus, les téléphones, si. Il y a un potentiel. Certains laviers ( virtuels ou pas ) sont  adaptés à des textes brefs également, voire des activités de type dictée vocale ( reconnaissance vocale via le moteur de google .

Thierry Marchand
#356, le 24/01/2015 - 19:11

Quelques compléments pour approuver l'utilisation des portables au collège et au lycée :

  • ils sont utiles car ils permettent  l'accès à l'information 
  • ils peuvent faciliter les interactions (questions/réponses types boîtiers de réponses)
  • l'enseignant(e) doit pouvoir dire «Prenez vos téléphones ou tablettes» aussi bien que «Éteignez vos téléphones et vos tablettes» . Les élèves accepteront d'autant plus la seconde phrase qu'ils auront entendu la première. 

 

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1 argument contre ∨

Thierry Bonnafous
#472, le 29/01/2015 - 14:54

Une opposition qui n'est pas dogmatique (je suis d'accord ainsi avec le troisième point de Thierry Marchand) mais pratique. Il y a franchement trop de choses qu'on ne peut pas faire ou bien faire avec un écran tactile. Donc s'il faut le smartphone et autre chose pour travailler, contentons-nous de l'autre chose qui pourra tout faire.

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  • Nicolas Defaÿ
    le 13/02/2015 - 14:21

    Le BYOD : pour quel projet pédagogique ?

    Rapport/étude

    Article de Karine Aillerie, chercheuse à l’université de Poitiers dont voici le résumé :
    « La possibilité de recourir aux téléphones, tablettes ou autres appareils personnels des élèves et des enseignants en classe a fait son chemin dans le paysage éducatif mondial. Qu’en est-il des conditions logistiques et pédagogiques d’une telle intégration, parfois en contradiction avec les dispositions réglementaires, comme c’est le cas en France ? Quelles potentialités éducatives du BYOD ont pu être identifiées à ce jour ? Autant de questions que se pose la communauté éducative et que la recherche peut contribuer à circonscrire en insistant sur le rôle fondamental de la réflexion pédagogique et de la structuration des scénarios en ce domaine. »

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