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La contribution #190

Alain Arsane
#190, le 22/01/2015 - 10:00

De l'utilisation pédagogique des Quizz

Bonjour à tous,

Enseignant en BTS SIO (informatique) au Lycée La Martinière Duchère à Lyon, j'ai conçu une application me permettant de rédiger des Quizz et de les proposer à mes élèves (http://www.eduqcm.fr).

J'ai pensé cette application comme un outil pédagogique pouvant participer à l'évaluation formative ou sommative. Et j'ai bien dit participer et non se substituer aux autres formes d'évaluation et je vous propose de vous rendre compte de mon expérience ainsi que celle de mes collègues.

D'une manière générale on distingue deux types d'évaluation, l'évaluation formative et l'évaluation sommative.

L'évaluation formative

J'utilise des Quizz de type entraînement comme un moyen de pratiquer ce type d'évaluation. Tous les Quizz proposent un corrigé et selon l'objectif visé, on peut faire en sorte que les apprenants aient accès ou non à ce corrigé.

Un Quizz d'entraînement sans corrigé

On place l'apprenant en situation d'interrogation : où en suis-je par rapport à telle ou telle connaissance ou compétence ?

Dans ce cas je n'active pas le corrigé. Le but étant par exemple de placer l'apprenant en situation d'auto-interrogation et d'en tirer les conséquences en termes de révisions par exemple. Pour pouvoir répondre à telle ou telle question, il me faut travailler telle ou telle partie du cours.

C'est typiquement le cas d'une préparation d'un DS (Devoir Surveillé). Je propose un Quizz d'entraînement dont j'annonce qu'il s'appuiera sur tout ou partie des questions qui seront données lors d'un prochain DS, sans donner les corrigés, ce qui oblige l'apprenant à aller chercher lui-même les réponses aux questions dans les ressources à sa dispositions (cours, TP …).

Je ne fais pas non plus dans "l'angélisme", tous les élèves ne précipitent pas sur l'heure pour faire le Quizz, il faut parfois les rappeler à l'ordre pour qu'ils passent le Quizz avant sa clôture, mais globalement cela marche plutôt bien, les élèves adhèrent à ce genre de pratique.

Un Quizz d'entraînement avec corrigé

Cette situation permet à l'élève de se situer par rapport à l'état de ses connaissances. Ici j'ai donné la possibilité d'activé le corrigé soit après chaque question soit à la fin du Quizz.

Après chaque question

Cette approche est la plus formative, elle permet à l'apprenant de mesurer immédiatement l'état de ses connaissances et l'accès aux justificatifs des réponses peut participer à la réactualisation des connaissances sur le domaine étudié.

Après la fin du Quizz

Cette approche est plus normative, elle permet à l'apprenant d'effectuer une auto-évaluation qui n'aura pas de conséquence en terme de notation et lui permettra quand même de se situer.

Il faut préciser que j'ai fait en sorte que les Quizz de type entraînement ne soient pas "notés", à aucun moment le professeur n'aura accès aux résultats des élèves. La seule information accessible étant l'heure et la date à laquelle les élèves ont passé le Quizz. Cela permet aux élèves de faire le Quizz en toute quiétude, il n'est pas "jugé". De plus un élève peut refaire le Quizz autant de fois qu'il le désire, c'est à la fois très formateur et chose non négligeable très rassurant pour l'apprenant.

L'évaluation sommative

C'est la plus classique des situations, le but étant de situer des apprenants par rapport à un référentiel de connaissances. De façon très prosaïque, cela me permet d'avoir un panel de notes bien plus important qu'avec les classiques DS papier. Les élèves y trouvent aussi leur compte, car l'expérience montre que cela lisse quelque peu les résultats et permet de diluer un accident (après tout nous aussi nous ne sommes pas systématiquement tous au mieux de notre forme à tous moments !).

Je pratique des Quizz DS courts, entre 12 et 16 questions, au-delà les élèves ont tendance à décrocher, il ne faut pas oublier que la lecture écran est assez fatigante et puis l'exploitation pédagogique (corrigé, réponses aux questions) peut être faite dans la foulée, avec 30 question, c'est pratiquement impossible !

Maintenant que j'ai mis en ligne sur Internet mon application, on peut pratiquer les Quizz DS aussi bien dans l'établissement que hors établissement, même si la première manière est la plus courante (en BTS SIO on a des salles informatiques bien équipées, en tous cas dans mon Lycée).

Dans l'établissement

Evidemment il faut des salles avec un nombre suffisant de machines (une par élève), mais on peut aussi faire passer un groupe pendant qu'on fait autre chose avec un autre groupe.

Les élèves ont un temps limité pour répondre aux questions et ils ont accès ensuite au corrigé après que le dernier élève ait fini de passer le Quizz ou quand l'autre groupe l'a passé.

Après que chaque élève ait pu parcourir le corrigé de son Quizz et ainsi comparer ses réponses au corrigé, je projette au vidéoprojecteur le corrigé type du Quizz (donc sans les réponses des élèves, cela évite d'exposer les résultats d'un élève aux yeux de tous !), transformant ainsi une situation sommative en une situation formative.

C'est typiquement le moment des questions/réponses entre les élèves et moi. Cela donne parfois lieu à des discussions sur la pertinence de telle ou telle question, mais après tout cela aussi est formateur (aussi bien pour l'enseignant que pour l'élève).

Hors établissement

Typiquement les élèves effectuent le DS à leur domicile au moment où ils le désirent, dans le cadre bien sûr d'une plage de disponibilité définie par le professeur.

Ici on a tendance à réduire le temps de réponse de manière à éviter la tentation d'aller consulter des ressources (cours, internet …) pour répondre aux questions.

Dans cette situation le corrigé est soit activé lors d'un retour dans l'établissement soit plus tard, lorsqu'on se sera assuré que l'ensemble des élèves a bien passé le Quizz.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser l'écart entre les notes obtenues entre un DS passé hors établissement et le même DS passé dans le cadre de l'établissement est très faible, en tous cas non significatif.

La plupart du temps ces sortes de DM (Devoir à la Maison) n'ont pas le même poids que ceux réalisés dans les locaux de l'établissement. Mais c'est là une situation tout à fait classique, totalement identique à ce qui se passait déjà avec les DM papier !

On le voit, ce type d'application ne se substitue pas à l'évaluation classique, mais propose des outils plus souples, moins formels et qui surtout plaisent énormément aux élèves. Je peux vous garantir que lorsqu'ils passent un Quizz on entendrait voler une mouche (s'il y avait des mouches au Lycée La Martinière Duchère bien sûr !). Je ne dis pas non plus qu'il faille systématiser ce genre d'outil, mais c'est un complément dont j'aurais maintenant du mal (et mes collègues avec moi) à me passer.

Exploitation pédagogique

Evaluer, c'est bien, mais pour quoi faire ?

J'ai mis en place un outil statistique qui permet d'avoir entre autres les pourcentages de bonnes et mauvaises réponses à chaque question et quand je vois qu'une question a par exemple plus de 50 % de mauvaises réponses, du coup j'en tire des conséquences.

Par exemple que cette question était mal posée ou qu'elle arrivait trop tôt ou même qu'elle n'avait pas lieu d'être, bref que je m'étais "planté", moi et pas mes apprenants !

Du coup j'ai mis en place une fonctionnalité de neutralisation de la ou les questions posant problème. Les élèves apprécient beaucoup cette pratique, elle introduit une relation de confiance entre eux et moi et le sentiment que le professeur est attentif à leur situation vis à vis de la formation.

Et surtout, j'en tire les conséquences sur le plan de la formation, si une question essuie tant d'échecs, c'est peut-être que le sujet n'a pas été compris et donc qu'il faut revenir dessus.

Conclusion

Tout ça n'a rien de révolutionnaire et je ne prétends pas que cela change radicalement l'évaluation au Lycée ni même que cela soit systématiquement généralisable, mais c'est un outil (bien pratique) comme les autres au service de la formation.

Alain Arsane

5 arguments pour ∨

Ninon Louise LePage
#707, le 07/02/2015 - 22:32

Bonjour M. Alain Arsane,

Je vous remercie pour les précisions,  Cordialement,  Ninon Louise LePage

Alain Arsane
#560, le 02/02/2015 - 22:56

Bonjour,

Je voudrais répondre à madame Ninon Louise LePage.

Tout d'abord je vous remercie pour votre contibution très positive, avec toutefois une précision : d'une manière générale, les logiciels de Quizz et le mien en particulier, ne nécessitent pas de connaître la programmation pour être utilisés. La preuve, mes collègues d'Economie/Droit, de Comptabilité ... n'ont pas de connaissances particulières en informatique et l'utilisent couramment.

D'autre part c'est un outil que nous utilisons essentiellement en présentiel, donc il n'est pas exclusif du dialogue avec les élèves, bien au contraire puisqu'il suscite très souvent des échanges autour des questions et de leurs réponses possibles.

Cordialement,

Alain Arsane

 

Ninon Louise LePage
#535, le 01/02/2015 - 14:18

Monsieur, voilà un usage pédagogique du numérique.  Je supporte votre travail et vous en félicite.  Le quizz est utilisé par plusieurs programmes d'éducation à distance par divers pays dont les clientèles scolaires sont isolées.  Cet outil de travail, que vous nommez le quizz - car s'en est un - peut aussi être appliqué aux téléphones numériques, même si ce ne sont pas des smartphones.   Il s'agit bien d'un outil d'évaluation formative, sommative et normative, comme le présente très clairement votre communication. 

 L'usage de la technologie stimule l'intérêt des élèves, comme vous l'indiquez, pour un exercice éducatif.  Le même exercice fait sur papier ne leur apporterait qu'ennuie. Ce sont des jeunes qui vivent à l'ére du numérique.

Le travail que vous avez réalisé, par contre ne peut pas être attendu de tous les enseignants.  Être enseignant, c'est être présent en classe auprès de ses élèves, être attentifs aux forces et faiblesses de chacun dans la limite du possible, leur tenir la main au long de ce parcours qui mène à leur éveil intellectuel, à leur apprendre à apprendre dans notre monde où les connaissances sont à la portée de leurs doigts, leur présenter les concepts fondamentaux qui leur permettra  de s’orienter sur la mer d’information qui les submerge. . . 

À moins que l’informatique soit un domaine où l’enseignant excelle, comme c’est votre cas,  il est à mon avis, contre productif et irréaliste d’exiger de ce dernier qu’il connaisse la programmation.  

 

Ninon Louise LePage
#534, le 01/02/2015 - 13:32

Monsieur, voilà un usage pédagogique du numérique.  Je supporte votre travail et vous en félicite.  Le quizz est utilisé par plusieurs programmes d'éducation à distance par divers pays dont les clientèles scolaires sont isolées.  Cet outil de travail, que vous nommez le quizz - car s'en est un - peut aussi être appliqué aux téléphones numériques, même si ce ne sont pas des smartphones.  Il s'agit bien d'un outil d'évaluation formative, sommative et normative, comme le présente très clairement votre communication. 

 L'usage de la technologie stimule l'intérêt des élèves, comme vous l'indiquez, pour un exercice éducatif.  Le même exercice fait sur papier ne leur apporterait qu'ennuie. Ce sont des jeunes qui vivent à l'ére du numérique.

Le travail que vous avez réalisé, par contre ne peut pas être attendu de tous les enseignants.  Être enseignant, c'est être présent en classe auprès de ses élèves, être attentifs aux forces et faiblesses de chacun dans la limite du possible, leur tenir la main au long de ce parcours qui mène à leur éveil intellectuel, à leur apprendre à apprendre dans notre monde où les connaissances sont à la portée de leurs doigts, leur présenter les concepts fondamentaux qui leur permettra de s’orienter sur la mer d’information qui les submerge. . .

À moins que l’informatique soit un domaine où l’enseignant excelle, comme c’est votre cas,  il est à mon avis, contre productif et irréaliste d’exiger de ce dernier qu’il connaisse la programmation.  

 

Alain Arsane
#296, le 23/01/2015 - 15:55

Bonjour,

Je ne serais pas contre une mutualisation, mais il faut bien couvrir les frais d'hébergement et en l'occurrence, il faut un serveur dédié. Si vous plaidez en ma faveur auprès du ministère pour qu'il prenne en charge les frais (et tout ce qui va avec, notamment la maintenance, le suivi, l'évolution ...), je veux bien.

Mais il faut quand même savoir que dans ce cas, ce sera avec vos impôts, êtes-vous certain de vouloir cela ? Etes-vous certain que tout le monde sera d'accord ?

D'autre part en quoi, y a-t-il escroquerie ? Mesurez-vous la portée de vos propos ? Ai-je volé quelqu'un, ai-je escroqué des personnes, si c'est le cas, il faut vite déposer plainte auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche !

Si ce n'est pas le cas, il faudra retirer ces propos, sinon, c'est moi qui en prendrai ombrage !

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2 arguments contre ∨

Vincent Lagarde
#224, le 22/01/2015 - 16:21

J'ai dans l'idée, et dans les tripes que les logiques commerciales ne doivent plus jamais envahir le monde de l'éducation... Il faut se protéger, s'indigner et résister contre toutes les propositions d'outils qui, développés par des enseignants, pour les enseignants ne sont au final pas mutualisés... L'école de demain, inclusive et pour tous, c'est une école au sein de laquelle, le travail des enseignants sera aussi de programmer, de concevoir des outils adaptés et partagés... GRATUITEMENT... Halte à l'escroquerie!

 

Rendez possible ces temps de créations mutalisées, c'est aussi vrai pour la concertation des équipes... Ne laissez plus la place aux vendeurs d'outils... C'est notre travail à tous!!!

Bac Pro Sécurité Prévention
#199, le 22/01/2015 - 10:49

Ah oui... L'informatique est donc bien ton domaine de prédilection.... C'est bien, continues...

De mon côté, j'ai pas vraiment le temps.....

Cordialement, Pierre.

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