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La contribution #18

Caroline Murgue
#18, le 20/01/2015 - 13:03

Comment éviter les pièges psychosociaux du numérique?

Le numérique offre une panoplie d'avantages non négligeables, cependant comme toute technique, il comporte des effets indésirables dont les conséquences sont connues: isolement social, dépendance, repli sur soi (malgré l'impression d'être dans le monde), dédoublement de personnalité...

Je suis surprise que le questionnaire en ligne, auquel j'ai répondu, ne mentionne à aucun moment, ces pièges dans lesquels les enfants, les adolescents, les jeunes mais aussi les adultes peuvent tomber.

L'éducation est une affaire humaine avant tout, le numérique ne représente qu'un outil qui peut faire du bien et du mal. Prenons le marteau comme exemple, si on ne sait pas le manier on peut se faire très mal aux doigts.

D'où mon interrogation sur la façon d'encadrer ce nouveau lieu de manière éducative, tout en favorisant les échanges, l'innovation, la créativité, sans toutefois tomber dans la répression et le contrôle social.

5 arguments pour ∨

chrislaut68
#942, le 19/02/2015 - 09:32

Ta remarque est juste. 

J'ajouterais simplement (d'après un article du Monde, il me semble) que les enfants des ingénieurs de la silicon valley sont inscrits de préférence dans des écoles sans informatique !!!

Vandymath
#644, le 05/02/2015 - 23:57

Addiction, réalité du lien social, santé. Voilà de vrais problèmes qui ne sont pas du tout abordés dans la concertation, comme s'il le tout numérique ne pouvait avoir que des effets bénéfiques.

Que penser des yeux qui fatiguent beaucoup plus vite à cause de la multiplicité des écrans ? Du fait que nos élèves nous disent "mais monsieur, vous ne comprenez, si on n'a pas notre smartphone, on n'a plus aucun lien social".
La dépendance au numérique n'est pas peut-être pas médicalement reconnue, mais comment expliquer que mes élèves ont leur téléphone en main à peine sortie de la salle, pour le ranger en entrant dans la salle d'à côté. Qu'eux-mêmes reconnaissent qu'il est branché même la nuit des fois qu'un copain envoie un SMS à 4h du matin. 

Les adultes ne sont pas mieux. Quand j'explique que donner mon numéro de portable ne sert à rien puisque de toutes façons, je ne peux pas répondre (je ne vais pas décrocher face à mes élèves), mon interlocuteur a souvent du mal à comprendre. La patience disparait de plus en plus. On envoie un mail, et on s'attend à une réponse dans les 2 minutes. 

Il y a une vigilence médicale à avoir. Et je n'ai pas la sensation qu'elle soit prise en compte par les créateurs de cette concertation.

Anne Chay
#254, le 23/01/2015 - 08:47

J'essaie au maximum de remettre mon enseignement en question, d'y intégrer l'usage du numérique car, il fait désormais partie de nos vies, qu'on le veuille ou non.

Cependant, je suis tout à fait d'accord avec cette observation. J'ai en effet des réserves sur le tout numérique :

En effet, on pense souvent que l'usage du numérique est une opportunité de remotiver les élèves. Si cela est indéniable pour certains d'entre eux, je ne pense pas que cela soit pourtant la clé d'un succès systématique: beaucoup d'élèves sont déjà équipés d'ordinateurs et de tablettes tactiles à la maison. Pour un grand nombre d'entre eux, le temps passé en dehors de l'école l'est souvent devant un écran (télévision, smartphone, ordinateur, tablette, console de jeu...). Si ces écrans viennent occuper égalment tout le temps scolaire: quand vont-ils décrocher pour regarder autour d'eux? Le livre sera bientôt un outil novateur dans leur univers...

Certes, notre rôle est de leur apprendre à manier cet outil afin de l'utiliser de façon responsable, mais je pense aussi qu'il appartient aux parents de prendre part à cette éducation lorsque les enfants ont un libre accès à cet outil à la maison. L'enseignant ne peut pas assumer seul toutes les missions d'éducation. 

L'école c'est aussi l'ouverture! Alors oui au numérique, mais sans jamais perdre de vue qu'il est un outil, un moyen et non une fin en soi.

FPC
#87, le 21/01/2015 - 09:53

L'outil numérique prend parfois trop de place dans nos vies:

Personnellement: préparation des cours, démarches administratives, courses, communication avec ses proches devenus lointains...

Pour les enfants: jeux, recherche documentaire pour leurs devoirs, communication entre copains...

Je regarde le pouce et les yeux de mon fils et je m'interroge sur les effets du numérique sur notre santé.

 

Bac Pro Sécurité Prévention
#204, le 22/01/2015 - 11:09

YES... On ne peut pas parler de l'isolement social et de communication d'une part, et proner le numériaque à tout va en même temps. Bien sur, il faudra apprendre tout ceci aux élèves.. Mais quand, comment.... Je n'ai ni le temps pédagogique nécessaire (prof en LP et donc gros taf en enseignement pro) ni les compétences....

 

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4 arguments contre ∨

Pierre Snaet
#934, le 18/02/2015 - 16:20

Lors de l'utilisation de l'ENT expérimental avec ma classe de CP j'ai pu constater qu'effectivement ma relation avec les élèves avait changé... En bien. Une connivence nouvelle s'est installée entre eux et moi. Ce que je veux dire par là, c'est que le numérique n'est pas forcément inhumain. Derrière les machines il y a des gens, des enseignants, des élèves.

Par contre, un des dangers de cette façon de faire est de laisser à penser à nos élèves que - à cause du numérique - il faudrait être disponible tout le temps et partout. C'est un travers que les futurs employeurs sauront exploiter, n'en doutons pas, et dont il faut apprendre à se défaire parfois. Apprenons à nos élèves à ne pas tomber dedans !

Stéphanie de Vanssay
#302, le 23/01/2015 - 17:22

Pour éviter les pièges il faut justement éduquer au numérique et à ses usages en contexte d'utilisation réelle à l'école. On ne peut laisser les parents gérer seuls ces aspects sans apporter, nous enseignants, notre contribution.

Après le numérique n'isole pas, bien utilisé il ouvre au contraire et la "dépendance au numérique" n'est pas médicalement reconnue.

Bertrand Collet
#210, le 22/01/2015 - 11:55

Je comprends bien l'argument mis en avant par Caroline, et, en fait je ne souhaite pas le récuser, mais juste le critiquer (au sens positif de la critique).

Je suis effectivement convaincu que les usages numériques entraînent ces risques psychosociaux ( par exemple des phénomènes de dépendance   ...) et ne pas intégrer cette problématique serait une impasse très importante.

Cependant, je pense que si l'éducation (ou plutôt l'apprentissage) comporte une large part liée aux relations interpersonnelle et à la communication entre les individus, l'usage des numériques permet de multiplier les "lieux" ("Ba" pour Nonaka et Tacheuschi :  ) d'apprentissage, avec à chaque "lieu" des formulations différentes, des codes renouvellés, etc ...

Permettant des expressions diverses, et donc aussi, à des élèves qui ne s'expriment pas au sein d'une classe (par exemple) d'enfin avoir des possibilités d'expression, sur d'autres supports, d'autres "lieux".

Enfin, cette multiplicité de "lieux"permet un passage facilité du tacite à l'explicite et l'expression de créativités.

o10nez
#88, le 21/01/2015 - 10:03

L'enjeu pour l'école est bien là : apprendre aux élèves à se servir des outils numériques afin qu'ils ne se tapent pas sur les doigts. 

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