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La contribution #1131

Dan Lty
#1131, le 09/03/2015 - 18:27

Le numérique pour faire évoluer le travail en lycée

 >> « Numérique éducatif : faut-il désespérer des politiques publiques ? »
d’accord dans l’ensemble avec l’analyse de Jean-François Cerisier (Labo TECHNE, U. Poitiers)
sur la nécessité d’une dynamique collective, favorable à la prise d'initiatives, dans l’articulation entre programmes officiels et injonctions de l’inspection, travail au quotidien en classe et état de la recherche.
http://www.forum.ecolenumerique.education.gouv.fr/debat/33/avis/971
Le CNNum a aussi rédigé un rapport Jules Ferry 3.0

Ce « forum » n’évite pas les défauts : une approche trop généraliste pour être vraiment efficace (utiliser un ordi en cycle 2, est-ce la même chose que de le faire en classe de première, scientifique ou littéraire ?), 200 contributeurs pour la question la plus populaire, une juxtaposition de points de vue plutôt qu’un dialogue entre acteurs sur le fond.

La question de l’informatique puis du numérique en Education est récurrente depuis plus d’une génération.
Avec une double dérive fréquente :
- Oublier ou dénigrer ce qui a été tenté par nos devanciers en fonction de la technique alors disponible (comment faire de la cartographie avec un écran en 40 colonnes !).
- Accorder trop de place aux communicants dont le métier repose en partie sur l’abus des superlatifs et des promesses intenables. Les discours maximalistes de rupture sont dangereux. Pourquoi laisser croire qu’une machine pourrait remplacer des professeurs ? Pourquoi exiger de l’informatique de remplacer tout ce qui marche en ce moment ? Veut-on faire de tous lycéens des programmeurs professionnels ?

A l’échelle des lycées, l’essentiel c’est de partir de ce que l’on veut enseigner et de ce qu’un ordi peut apporter au travail des élèves dans la classe.
Veut-on donner la priorité aux outils qui permettent de Traiter des données (cf la carto en géo) ?
Veut-on seulement exploiter la capacité de publication et de consultation en ligne ?
Pour les séries techniques et technologiques, la réflexion a été faite.
C’est moins simple pour les séries générales, surtout littéraires.

Si l’on veut se donner des chances de réussite, il faut partir des conditions réelles de travail en classe.
Dans les séries techniques, les effectifs sont adaptés à l’équipement des salles. En série générale, travailler avec des ordis dans une classe de 36 lycéens, c’est techniquement difficile et c’est un non-sens sur le plan de la pédagogie.
Salles équipées ou BYOD (matériel personnel), la question des machines a été évoquée par d’autres. Il paraît raisonnable de partir des usages développés par les jeunes avec les outils numériques d’aujourd’hui.
La gestion du temps est aussi essentielle : des programmes conçus pour être traités en survol speedé ne permettent pas une réelle appropriation par tous les lycéens. Faire des études de cas exige un temps précieux : ainsi concevoir, afficher et analyser une carte statistique prend davantage de temps que la paraphrase d’une carte déjà présente dans un manuel.

Deux pistes ont été mises en avant lors de l’arrivée des ordinateurs : l’écriture collective, la correspondance scolaire. Elles n’ont guère réussi.
La correspondance a été, avec l’imprimerie de textes écrits par les élèves, un des éléments forts de la pédagogie Freinet. Elle aurait pu se développer en bénéficiant de l’évolution technique. Pour l’instant, il n’en a rien été.

L’écriture à plusieurs mains était envisageable, même si les traitements de texte ne le permettent pas toujours. Dans un système scolaire fondé sur la compétition et la notation individuelle, la hantise du plagiat l’a emporté sur les promesses de la coopération et de la mutualisation.
Paradoxalement, c’est en dehors du lycée que l’écriture collective a connu sa plus grande réussite. Les articles de Wikipedia sont écrits par des milliers d’internautes passionnés par un sujet, chacun pouvait affiner, enrichir (voire contredire) le travail amorcé par d’autres.  Des versions spécifiques développées pour un public de collégiens ou de lycéens existent. Elles auraient pu tirer parti de l’intelligence collective des lycéens et des enseignants. A ce jour, elles sont peu fréquentées, et elles végètent, faute de contributeurs convaincus de l’intérêt d’un tel support scolaire. Une piste à explorer à la lumière de l’Ecole numérique ?

 

 

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