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La contribution #358

Sébastien Domergue
#358, le 25/01/2015 - 11:05

L'utilisation plutôt que la programmation

Après plusieurs annonces et articles, je pense qu'il y a plusieurs niveaux à différencier dans l'apprentissage du numérique à l'école. Je suis chef de projet Web, je pense donc pouvoir parler en connaissance de cause.

L'utilisation des outils

L'outil numérique s'est diversifié, complexifié et surtout imposé dans notre quotidien. Je pense donc qu'il est important d'en faire son apprentissage. Je pense également qu'il s'agit du point le plus important car il faut apprendre les "bases" (traitement de texte, tableur, emails, internet) tout en sensibilisant les élèves aux risques, surtout sur les réseaux sociaux. Le problème n'est pas l'outil en lui-même mais les informations données volontairement par les utilisateurs sans connaissance de ce qui en sera fait (photos, messages publics, localisation...). On sensibilise déjà les élèves au code de la route, cela serait dans la continuité.

La création de l'outil numérique

Il s'agit du point qui me dérange le plus. J'ai lu sur plusieurs articles qu'il était envisagé d'apprendre la programmation à l'école et cela est à mon sens une erreur. Avant tout, la programmation est multiple tant par les technologies employées que par les modes de programmation (impérative, fonctionnelle, orientée objet). Si une méthode de programmation devait être choisie (car je doute qu'il soit possible d'en faire plusieurs en parallèle vu le temps imparti), elle serait au mieux parcellaire, au pire carticaturale. La programmation, que ce soit pour réaliser un programme ou pour "créer du contenu web" nécessite une méthode, la compréhension des structures utilisées. Je ne pense pas qu'un élève de primaire ou de collège saisisse les notions de fonction ou de balises html par exemple. Pour la première il faut avoir un bagage mathématique et pour la seconde, il faut comprendre la syntaxe associée. Un exemple parmi tant d'autres est la multiplication : en primaire on apprend que multiplier un nombre par 2 est équivalent à l'additionner avec lui-même. Il s'agit du concept de boucle en programmation mais les élèves apprennent les tables par coeur et n'assimilent pas nécessairement l'idée de boucle.

Pour reprendre mon analogie précédente, on sensibilise les élèves au code de la route mais on ne leur demande pas de savoir tracer les routes ou bien de construire une voiture. De plus, la programmation devrait être maitrisée par les professeurs. Je parle ici de maitrise et pas d'une formation express. Ce n'est pas un hasard si pour former des développeurs, la formation post bac prend au minimum 2 ans.

En revanche, l'apprentissage de l'algorithmique pourrait être bénéfique dans ce contexte. Cela permet de structurer son raisonnement tout en étant agnostique du système de programmation utilisé. Par contre là aussi cela suppose une rigueur mathématique préalable.

1 argument pour ∨

gtouze
#579, le 03/02/2015 - 16:56

Plutôt un argument contre les arguments contres ci-contre :

La programmation n'est qu'un habillage ou une traduction d'un algorithme.

Il faut bien sûr initier au raisonnement algorithmique et ce devrait être le rôle d'une discipline mathématique renouvelée. LOGO a montré qu'il n'y avait pas besoin d'un enseignement de la programmation pour cela.

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4 arguments contre ∨

Dom68500
#1089, le 08/03/2015 - 10:54

La programmation au collège, ça marche !

Plusieurs arguments me semblent contestables 

- ..... il était envisagé d'apprendre la programmation à l'école et cela est à mon sens une erreur... : 

en tant que professeur de Technologie en collège,   nous abordons en 4°, des projets de robotique, domotique et automatisme et les élèves y arrivent plutôt bien et aiment ça !

_ .... Pour reprendre mon analogie précédente, on sensibilise les élèves au code de la route mais on ne leur demande pas de savoir tracer les routes ou bien de construire une voiture... :

là encore on est bien loin de ce que peut apporter la Science : pourquoi ne pas expliquer à nos enfants, le monde dans lequel nous vivons, "comment on trace une route", ou "comment on fabrique une voiture" : là encore nous essayons en Sciences et Techniques d'aborder ces sujets au collège de la 6° à la 3° !

Quand au "NUMERIQUE", nous l'exerçons tant bien que mal depuis de nombreuses années avec le matériel, les effectifs et la formation dont nous disposons.

La Technologie en collège gagnerait à être mieux connue et peut-être même reconnue !!!

JMB
#925, le 18/02/2015 - 00:23

Avant tout, la programmation permet l'apprentissage de choses fondamentales au quotidien qui ne sont pas informatiques : 

  • décomposition d'une tâche complexe en tâches simples : c'est utile dans la vie tout court, quel que soit le niveau d'études
  • savoir qu'un ordinateur est "bête" à la base : c'est utile pour savoir où placer sa confiance
  • apprentissage de la rigueur : le point virgule qu'on oublie, c'est "grave" en informatique; mais dans la vie aussi, il y a des choses qu'il ne faut pas oublier(exemple : la date limite de déclaration des impôts :)

Le débat de savoir si c'est du C, du Python, du portnawak importe peu, les structures de réflexion apportées par la pratique de la programmation quel que soit le langage sont réexploitables de manière beaucoup plus large que le cadre scolaire.

En revanche, sans vouloir "vexer" les profs de Maths, vouloir le faire uniquement via de l'algorithmique comme le propose #579 c'est enlever le côté ludique et satisfaisant d'avoir produit quelque chose de "concret"; les matheux ne sont dans leur grande majorité pas très bon en "concret" et encore moins en "ludique"...

Je suis de la génération LOGO en CM2... et les quelques heures que nous avons fait sur les MO5/TO5 de l'époque avec des AVANCE TORTUE, BAISSE CRAYON, REPETE 5, ...m'ont plus apporté que beaucoup d'autres heures d'enseignement (y compris de maths).

yoannd
#405, le 27/01/2015 - 10:49

Je pense qu'il est possible de transmettre les bases de la programmation ; dans votre exemple vous citer des systèmes complexes qui impliquent de nombreux composants. Mais si nous parlons de programmation, plusieurs langages existent et sont simple d'approche, ne nécessitant pas la base de connaissances que vous citez !

Par exemple, je mène actuellement une initiation aux enfants de 6-12 ans; 12-16 ans; 17 et + au "monde du numérique", pour ne pas se borner qu'à la programmation. Et bien les jeunes n'ont eu aucun problème à apprivoiser Scracth et faire un mini jeux (dans le cas actuelle un casse brique), pour les pré-ado/ado, nous nous sommes lancé dans la programmation python pour réaliser un jeu de labyrinthe multi joueur et graphique (et bien sûre aucune connaissance n'était exigé au départ, et nous n'entrons pas non plus dans le détail des méandres du comment fonctionne un réseau). Nous avons également démarré avec les plus jeunes, l’utilisation d’un outil de « design » 3d basé sur une approche « MineCraft » pour ensuite imprimer la création avec une imprimante 3d. Nous utilisons également Arduino pour une initiation aux objets électroniques programmables.

Bref tout cela pour avancer l'idée que programmer quelque chose ne nécessite pas forcement de rigueur et de lourd bagage en mathématique. Par contre cela ouvre un nouveau champ qui pour moi et plus important : C'est la conception/modélisation, c'est à dire l'art et la manière d'appréhender la description d'une méthode face à un objectif/besoin. Après il en découle une solution dans un/des langages et/ou outils informatiques pour passer à la pratique.

En général les outils et langages modernes incluent suffisamment de bibliothèques ou bases pour abstraire la complexité des technologies. Et pour le peut que nous sélectionnons des outils ouvert et multiplateforme, alors il y a de grande chance de trouver des documents de référence et de qualité (à commencer par l’INRIA, le CNRS etc…)

 

jimrolland
#373, le 25/01/2015 - 16:26

A l’heure où nos dirigeants prennent conscience d’une lacune importante dans l’éducation de nos enfants et ne savent pas comment y faire face, je pense que le logiciel Processing est un outil qui constitue une solution efficace. Aujourd’hui, une majorité des développeurs informatiques viennent d’Inde et ont appris la programmation informatique dès l’âge de dix ans, comme une langue étrangère. Processing est un logiciel libre qui a été élaboré par deux chercheurs du MIT pour les artistes. Il permet d’écrire des programmes dans un langage Java simplifié, accessible à tous, et pas seulement dans le domaine artistique. On peut en effet s’en servir pour créer des jeux, des applications de calcul et bien d’autres choses encore. Je suis persuadé qu’un enfant qui aura appris à coder sous Processing de façon ludique et créative aura plus de chances d’avoir envie de devenir développeur d’applications et aura des bases très solides pour poursuivre ses études dans cette voie.

On peut acquérir les bases nécessaires de ce logiciel en quelques jours. On commence par créer des formes, puis on les anime, on les met en mouvement. On rajoute du son, on apprend à gérer la vidéo, on introduit l’interactivité et on arrive rapidement à créer tout ce qui nous passe par la tête. Ce qui est important, c’est qu’à l’issue d’un formation courte (une trentaine d’heures), l’élève motivé est capable d’accroître ses compétences par lui-même. Une fois le fonctionnement du logiciel compris, un index du langage et des exemples de programmes disponibles sur Internet permettent au jeune développeur de faire de cet outil ce qu’il en veut : animations, jeux, Vjing, outils de calcul et même robotique en utilisant des cartes Arduino pour un prix dérisoire. Bref, l’apprentissage d’un langage informatique peut permettre à nos jeunes de ne plus subir l’informatique de manière passive mais de réellement s’en servir, de renverser la relation homme-machine au bénéfice de l’homme.

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