La période de participation est maintenant fermée. Merci à tous d'avoir participé.

Vous êtes sur la page de contribution de Thierry Munoz sur le débat « Le numérique et la réduction des inégalités ».

Retourner au débat

La contribution #685

Thierry Munoz
#685, le 06/02/2015 - 21:21

Utilisons des solutions libres et mutualisons leur développement ainsi que la maintenance pour réduire les coûts

Au niveau du primaire, l'équipement des écoles mais surtout la maintenance/entretien est un frein au développement du numérique. Et on en revient toujours à la question du financement. Donc comment réduire les coûts ? Il y a plusieurs pistes aussi bien au niveau matériel que logiciel.

  1. Limitons la maintenance en recourant à des clients légers libres
    Il faudrait limiter les interventions au maximum sur les postes. Utiliser des clients légers permet de n'intervenir que sur le serveur (installation/déploiement des applications, stockage des données,...). De plus, les utilisateurs peuvent se connecter de n'importe quel poste pour retrouver leur document. Les clients légers n'ont pas de disque dur et sont donc moins sujet à panne...
    Il faut investir au départ dans le câblage Ethernet et dans un serveur puissant puis c'est tout, vu que le reste de l'équipement peut être récupéré assez facilement.
     
  2. Recyclons/réutilisons pour réduire les coûts
    À l'école nous n'avons pas besoin de bêtes de course, dernier cri pour travailler surtout si on utilise des clients légers (voir paragraphe ci-dessus). On peut très bien récupérer des ordinateurs (organismes, mairie, entreprises,...) à condition qu'ils puissent démarrer sur le réseau. On peut aussi en acheter pour des prix réduits vu leurs spécifications limitées, sans compter qu'on n'a pas besoin de payer de licence pour le système d'exploitation.
    En plus de la dimension économique, on a une action écologique concrète en évitant que du matériel finisse prématurément à la décharge à cause de la montée en version d'un OS (course à l'armement).
     
  3. Utilisons une solution clé en main fournie par l'Éducation Nationale qui existe déjà : Amonecole+
    La solution Amonecole+ développée dans l'académie de Dijon (projet EOLE) permet de gérer le système décrit ci-dessus. Elle est pleinement fonctionnelle et fournit toutes les garanties (notamment sécurité) pour être utilisée à l'école. Elle repose sur des logiciels libres dont le sytème GNU/Linux, ce qui fait que tout le monde peut l'utiliser "gratuitement".
    C'est vraiment un gâchis qu'elle soit si méconnue alors qu'elle est financée par l'EN et qu'elle permet de substantielles économies tout en limitant l'entretien.
    Si l'on soutenait les développeurs d'EOLE au lieu d'acheter des licences, cet outil pourrait être encore plus performant. D'où le point suivant.
     
  4. Payons le développement d'applications libres qui profiteront à tous
    Au lieu que chacun de son côté n'achète des licences (rentes pour les éditeurs), pourquoi ne consacrerions-nous pas une partie de ces dépenses (le reste serait des économies) au développement d'applications libres. Ainsi, ce que l'impôt aurait permis de financer, profiterait aux autres : on ne paie qu'une fois. L'argent qu'aurait consacré une collectivité au développement d'un outil servirait à une autre qui elle à son tour pourrait financer le dévelopement d'un autre outil et ainsi de suite. Tout le monde y gagnerait avec des améliorations permanentes.
     
  5. Mutualisons l'entretien sur un secteur plutôt que sur une seule école/localité.
    À l'échelle d'une commune, payer un technicien pour entretenir les ordinateurs n'est pas souvent envisageable. Par contre, au niveau d'une communauté de communes, ça peut être jouable. D'autant que cette personne aurait une vision globale du secteur. Elle pourrait aussi conseiller les politiques, les enseignants sur des solutions plus économiques que celles proposées par des entreprises qui ont d'autres intérêts (placement de produits sur lesquels elles margent, etc.).
    Cette personne serait capable d'administrer les serveurs permettant de faire fonctionner les clients légers.
    On pourrait aussi recourir à des sociétés rémunérées sur le service fourni plutôt que sur le placement de matériel.

Pour info, je suis un enseignant dans une école primaire de 14 classes qui a installé un serveur Amonécole+ pour une quarantaine de postes avec seulement du matériel de récupération (auprès de la mairie pour le serveur et les clients légers). Ce serveur héberge des solutions libres telles que SACoche, Iconito, ... Donc ce n'est pas de l'utopie, ça fonctionne avec l'inconvénient que tout le système ne tient qu'à une seule personne bénévole (pérennité ?) ...

En conclusion, il faudrait :

  • tout d'abord mieux informer les décideurs sur l'existence de telles solutions libres et sérieuses (pour un non-spécialiste ce qui est "gratuit" ne peut pas être crédible...) en dehors des éditeurs commerciaux qui ont pignon sur rue.
  • ensuite,  trouver des techniciens compétents dans ces domaines (Amonecole+ par exemple)... Si la demande est là, il ne devrait pas y avoir de problème.
  • Et ne pas oublier en dernier lieu la formation des enseignants à ces outils en les préparant/rassurant (les changements sont difficiles s'ils ne sont pas accompagnés).

 

5 arguments pour ∨

Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1078, le 07/03/2015 - 20:57

Pour éditer et produire des modules de cours en ligne (vidéo + quiz), voici une ingénierie frugale qui apporte une solution d'un outil personel et gratuit pour l'enseignant, les familles des élèves, les collectivités locales et l'Etat.

La première phase a permis la preuve du concept : l'outil a été élu Trophée innovation numérique par une association de responsables informatiques.

Pour la seconde étape de création d'une communauté de type open source pour assurer le développement de l'outil, nous recherchons des soutiens matériels et immatériels.

Site de la première étape de l'outil

Marie-Odile
#1017, le 03/03/2015 - 07:26

Tout à fait d'accord. Tous les avantages des solutions libres sont indiqués et elles permettront des réduire les inégalités non seulement à l'intéreur des établissements, non seulement entre divers étblissements, mais aussi auprès des familles.

Faisons que l'Ecole, utilisant le Libre dans ses classes, devienne  prescripteur des memes solutions à l'extérieur.

LaurentQ
#950, le 20/02/2015 - 15:12

Il faudrait que le ministère définisse quelques configurations standards, a minima :

  • Clients lourds sous solutions libres
  • Clients légers sous solutions libres + serveur sous solutions libres
  • Clients légers sous solutions hétérogènes + serveur sous solutions libres
  • Clients lourds sous solutions propriétaires
  • Clients légers sous solutions propriétaires + serveur sous solutions propriétaires

que les collectivités territoriales (Régions, Départements/Métropoles, Communautés de Communes) mettent les moyens de les proposer toutes et de les gerer avec une bonne qualité de service (personnels propres ou prestataire),

que les équipes éducatives nomment seulement un interlocuteur vers le prestataire, et puissent avoir le libre choix de la configuration en fonction des capacités réseau, des matériels disponibles et des coûts logiciels associés (dont coût des licences ET participation financière développement/maintenance des solutions libres utilisées).

ThomL
#819, le 13/02/2015 - 22:17

Tout à fait d'accord avec vous. Enseignant de Sciences physiques et d'ISN (Informatique et Sciences du Numériques) en lycée, j'administre (bénévolement) plusieurs salles informatiques sous linux et c'est d'une simplicité incroyable. Les outils et logiciels libres sont nombreux et parfaitements adaptés à l'enseignement. Sinon, il n'est pas si difficile de développer sa propre solution, par exemple, même sans être un grand programmeur (même plutôt débutant), je suis en train de développer un petit logiciel qui réalise les fonctionnalités d'un labo de langue (communication entre élèves, avec le prof, enregistrement et transfert de fichiers...etc),  le tout de manière assez simple et efficace. Malheureusement, tout ce que je fais dans mon coin avec mes modestes compétences ne profitera qu'à moi-même et quelques collègues. Pourquoi ne pas mutualiser les compétences afin d'utiliser des systèmes d'exploitation libres et de fabriquer nos propres logiciels libres et gratuits vraiment adaptés à nos besoins? Combien d'économies ferait-on ainsi? Il est plus qu'urgent de développer l'usage des logiciels et des systèmes d'exploitation libres dans l'éducation.

Rémi BOULLE
#832, le 15/02/2015 - 14:42

Tout à fait d'accord.

J'ai même vu dans un établissement tout un ensemble d'ordinateurs partir à la benne car jugés obsolètes alors qu'ils fonctionnaient très bien en mode "client léger".

Pourquoi ? Tout simplement, ce n'était pas dans les préconisations académiques. Pas de place à l'innovation en dehors de ce qui est préconisé...

La consultation est fermée

Aucun argument contre

La consultation est fermée

  • Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
    le 07/03/2015 - 21:06

    Le Personal MOOC, un cas d'ingénierie frugale

    Billet de blog

    Démarche d'ingénierie frugale qui a conduit à la réalisation d'un outil personnel d'auto-édition et d'auto-publication gratuit.
    Cet outil a été élu Trophée Innovation numérique par une association professionnelle de plus de 4000 responsables informatiques.

La consultation est fermée