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La contribution #335

Yahn LE PRETTRE
#335, le 24/01/2015 - 11:53

Réduire les inégalités demande de repenser à la base le problème

L'enseignement doit se doter, pour efficacement réduire la fracture numérique, de moyens à la hauteur des enjeux. Enseignant dans un établissement proposant des formations par alternance, j'utilise pour mes cours (de mathématiques notament) le support informatique. Je me retrouve en face de 3 problèmes récurents :

  1. L'absence d'accès à internet dans certaines familles, ou dans certaines zones rurales
  2. L'absence de matériel informatique dans le foyer ou à proximité.
  3. L'incompatibilité (parfois par manque de connaissances) du matériel ou des logiciels.

Pour répondre à ces 3 problèmes, il faut repenser à la base l'utilisation des technologies de l'information et de la communication.

1- l'absence d'accès à internet dans certaines familles, ou dans certaines zones rurales

Le maillage du territoire n'est objectivement pas équitable. Les fournisseurs d'accès ne jouent pas le jeu en zone rurale et les offres peinent à arriver dans les zones non considérées économiquement viables par les opérateurs actuels. L'enseignement ne doit pas dépendre de ces opérateurs. Il faut proposer un réseau de télécommunication éducatif à l'ensemble du territoire. On peut s'appuyer sur les réseaux 3G/4G existants peut être mais pourquoi ne pas développer un réseau à l'image de SYRACUSE ou RITA dans la défense? Ce réseau sera sécurisé et devra permettre un accès à internet.

Chaque établissement, où qu'il soit, doit pouvoir être connecté à un réseau fibre optique permettant des débits  de qualité.

2- l'absence de matériel informatique dans le foyer ou à proximité.

Le département des Landes où je réside, propose à chaque collégien un ordinateur portable. Il faut étendre ce principe à chaque jeune scolarisé. Le matériel doit être simple. Pourquoi ne pas s'appuyer sur des constructeurs français comme Archos pour concevoir une tablette (ou hybride) scolaire? Cette tablette, pour répondre aux enjeux, pourra être bi-système d'exploitation (Android et Linux). Elle doit permettre l'utilisation d'un stylet à différences de pression. En plus des caractéristiques classiques d'une tablette, pourquoi ne pas doter celles ci de fonctions permettant de la transformer en interface d'acquisition de données pour un usage en Sciences. De même, la tablette doit être en mesure de proposer la possibilité d'un accès en videoconférence. Une offre logicielle adaptée doit être accessible via une marketplace (comme google play ou windows store). Chaque tablette doit pouvoir en natif accéder au réseau avancé au premier point.

3- L'incompatibilité (parfois par manque de connaissances) du matériel.

Une fois les points 1 et 2 atteints, il de doit plus y avoir de problème de compatibilité si le système reste suffisament ouvert à la communauté du logiciel et du matériel libre.

 

5 arguments pour ∨

Yahn LE PRETTRE
#901, le 17/02/2015 - 07:27

J'oubliais dans cette proposition la possibilité que le compte de l'élève sur ce réseau pédagogique ou bien un portfolio puissent être synchronisés. ainsi chaque élève a une mémoire de son travail passé qui ne prend pas de place physiquement. L'enseignant peut donc aussi renvoyer à des notions passées vues dans les classes précédentes, accéder au portfolio de chaque jeune pour détecter une éventuelle lacune.

Wakatcha
#648, le 06/02/2015 - 07:47

Tout ceci relève du simple bon sens et de l'évidence dans un monde où la technologie permet de pallier le handicap, le problème de santé temporaire, une météo capricieuse qui peut empêcher l'acheminement jusqu'à l'école et ce particulièrement en milieu rural ou montagnard, les difficultés financières des parents, les conséquences d'un déménagement familial, l'absence, plus ou moins prolongée d'un professeur etc etc.

flo_lafouch
#360, le 25/01/2015 - 14:01

Je souscris à la contributions et aux arguements ci-dessus à 100%. L'idée d'un réseau éducation à l'échelle mondiale est excellente : cela permettrait de mettre fin à l'absurdité des ENT dans lesquels enseignants et élèves perdent leur travail et leur suivi lorsqu'ils changent d'académie (voire d'établissement !)

isabelle leroux
#347, le 24/01/2015 - 15:11

Certains cumulent les difficultés. Etant dans le Gers, département fortement rural, on peut encore rencontrer divers cas de figure : foyers dotés de matériel informatique mais n'ayant pas accès à internet, ou non dotés de matériel informatique, et/ou dont les connaissances ne permettent pas un accès à internet sécurisé.

Mon intervention est d'un autre ordre, purement médical. Il serait judicieux de développer un accès à internet, par le biais de tablettes, scolaires, sécurisées, dotées de stylets à différences de pression, aux enfants dont la situation médicale ne permet pas un suivi régulier des cours.

La maladie, le handicap, ne doivent pas être un frein à l'éducation. Certains enfants se trouvent dans des situations complexes de déscolarisation, n'ayant pour possibilité que de suivre les cours du CNED, quand ils ont encore accès à internet et à du matériel informatique.

Les procédures de reconnaissance du handicap sont longues, pendant ce temps, les cours sont mal ou pas suivis. Il faut ensuite re-donner le goût d'apprendre à ces enfants. Pourquoi ne pas simplifier et proposer des tablettes, qui peuvent être utilisées partout, en milieu hospitalier, lors de rendez-vous médicaux ou spécialisés, dans les trains...

Le monde du handicap est un monde trop souvent oublié. Redonnons à ces enfants une vie réelle au sein de la communauté, une aide morale et culturelle, un espoir d'avenir, le bonheur d'exister.

Yahn LE PRETTRE
#349, le 24/01/2015 - 16:10

Je ne peux qu'être pour cet argument. Si on ajoute à ça les possibilités pédagogiques qu'offrent les outils de formation à distance tutorées, chaque élève qui ne peut être présent physiquement en classe aura la possibilité de suivre une scolarité (presque) "normale" et pourquoi pas même intervenir en classe ou se faire interroger comme chaque élève.

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1 argument contre ∨

Tru Do-Khac consultant numérique auteur de MOOC
#1109, le 09/03/2015 - 11:08

Bonjour,

"repenser à la base du problème".

S'agit-il seulement de moyens technologiques (accès, matériel, logciel) ou faudrait-il adresser d'autres leviers (programe scolaire, méthodes pédagogiques,...) ?

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