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La contribution #679

Christian Gautellier Président du collectif Enjeux e-médias
#679, le 06/02/2015 - 20:47

L'école, les espaces d'éducation non formelle, les médias, tous concernés, dans un continuum éducatif !

Il faut fortement défendre, promouvoir une éducation aux médias, à l’information et au numérique, de manière systématique dès les premières situations d’éducation formelle, à l’école et tout au long de la vie, dans tous les espaces de loisirs périscolaires notamment, en prenant appui sur les pratiques numériques des jeunes. Il faut redéfinir les compétences et la formation à apporter aux jeunes aujourd’hui pour qu’ils participent comme citoyens à notre société de l’ère numérique. Mais, au-delà des apprentissages nécessaires, doivent être introduites également les dimensions institutionnelles et structurelles par rapport aux lieux d’éducation et en particulier par rapport à l’Ecole. Parce que, le fait de mettre en œuvre une éducation aux médias et à l’information au niveau des jeunes va questionner automatiquement l’organisation séculaire de l’école, « un enseignant, une classe, une heure », voire les espaces physiques et géographiques, en tout cas l’organisation de l’école. Les pédagogies d’une éducation aux médias et à l’information sont celles de l’Education nouvelle, des méthodes d’éducation active, en lien avec des démarches de projet, de production, demandant des alternances de temps longs de pratiques, elles posent le rapport au travail en équipe, dans des approches trans-disciplinaires4.

  Les lieux d’éducation non formelle également concernés

Aujourd’hui, la première des pratiques de loisirs des jeunes se déroule via les écrans. Une certaine concurrence s’installe entre les réseaux numériques où les jeunes sont largement présents et les structures de loisirs collectifs qui prônent l’importance de la rencontre, de la découverte de l’autre, l’agir à travers des activités de création, l’engagement et la prise de responsabilité. Toutes ces dimensions, les jeunes disent les trouver sur l’Internet et les réseaux sociaux. Pour l’éducation non formelle, il convient d’exercer une véritable vigilance afin de renforcer sa spécificité. Son projet est un projet d’émancipation, ses espaces ont pour ambition de participer à la construction citoyenne, en laissant une grande place aux initiatives des jeunes. Aux industries de programmes dominées par des logiques permanentes de séduction et de consommation, il faut opposer des projets qui ont du sens, ludiques et pédagogiques.

 Une co-régulation citoyenne nécessaire

Pour Enjeux e-médias, tout projet politique d’éducation aux médias et à l’information, doit s’articuler avec une présence dans les débats sur les questions de régulation. Il s’agit d’affirmer le rôle de la société civile, comme espace de rassemblement de citoyens organisés5. L’on ne peut pas, en tant que société civile, agir seulement en termes d’éducation, soit pour prévenir, soit pour réparer les dégâts qui sont faits par ailleurs, en amont, par les industries dites culturelles, que sont les industries numériques. Nous nous sommes organisés en conséquence... pour pouvoir intervenir auprès d’instances officielles, usant d’un droit de saisine, être partie civile sur certains dossiers... Il s’agit d’engager tout un travail en amont vers les industries médiatiques pour défendre les citoyens, et en particulier les jeunes, et s’inscrire dans les débats entre les pouvoirs publics et les industries. Ceci suppose qu’il existe encore une régulation publique, repérée, forte..., Or dans le cadre des politiques européennes aujourd’hui, la plupart des directives ont fait sauter tous les verrous de régulation. Nous faisons l’analyse politique que, dans une approche très libérale de la société, on laisse dans un face-à-face, très inégal, les industries médiatiques et les usagers, en particulier les enfants et les jeunes. Avec un seul slogan : l’autorégulation, conséquence de l’affaiblissement voire la disparition de toute régulation publique. Une autorégulation du côté des industries et une autorégulation que l’on fait peser sur les utilisateurs, sur les familles, sur les enfants et sur les jeunes, qui n’y sont pas forcément préparés. Face à cette réalité, nous souhaitons faire exister une co-régulation citoyenne, qui portera notamment les enjeux d’éducation, de culture et les valeurs de citoyenneté, dans l’intérêt de l’enfant. Il faut donc construire, voire imposer, des espaces de dialogue avec les industries médiatiques pour les alerter, pour donner le point de vue de citoyens organisés, agissant dans les secteurs de l’enfance et de la jeunesse. Vis-à-vis des pouvoirs publics, à propos des politiques ministérielles, là aussi nous faisons des propositions. Il s’agit de faire émerger des espaces multi-acteurs où l’on retrouve à la fois la société civile donc des associations éducatives, citoyennes et culturelles, les industries et les pouvoirs publics.

Christian Gautellier pour le collectif Enjeux e-médias

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